Notre monde est détruit.
WWIII, l'ultime guerre, l'a anéanti il y a déjà deux ans.
Obligé de se cacher la première année, aucun survivant ne sait vraiment ce qui s’est produit.
Aujourd'hui, la terre n'est qu'un enfer perpétuel, où chacun tente de tenir un jour de plus.
Au cœur de cette horreur se trouve MadTown, seul vestige de notre civilisation passée.
Dans cette ville, la vie continue son cours, ignorant les affres de cette fin des temps.
Depuis sa découverte, les survivants se pressent aux parois du dôme.
Ceux qui refusent la surveillance permanente s'entassent aux alentours, quand ils ne rejoignent pas les rangs des dissidents.

Combien de temps encore, les immortels tiendront-ils la ville ?
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Echappée Sauvage [PV lens]

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Jeu 07 Juin 2018, 17:34
Comment réaliser les ressentiments d’un ours, face à l’étendue nuageux sous leurs yeux ? Kumio lui demandait pourtant d’y plonger, à l’aveugle, alors même que la ville était dès plus hostile à son égard. Si l’animal ne bougea pas, aux premières demandes sur sa patte avant... Finalement il s’aventura, pas à pas, cédant au caprice de ce sale gosse qu’elle avait en affection.

Le brouillard les entoura rapidement, rendant toute vision impossible. Des silences raisonnèrent, accompagné de présence furtive, au loin.. Comme s’ils étaient coupé du reste du monde, dans cet univers à la teinte grisâtre. Son sourire s’étira lorsqu’il senti l’orchidée le presser à accélérer. Tant bien que mal, il s’exécuta, augmentant sa cadence, tout en veillant à rester au possible aux côtés de son compagnon : s’ils se perdaient dans ce cocon humide, ils devraient attendre la lever du brouillard pour se retrouver.

Quelques minutes s’écoulèrent avant que la pénombre ne s’évapore, remplacer par une douce clarté que reflétait le duvé neigeux. Moelleuse et douce, nimbant les allées, les portes et les fenêtres, colorant l’hideux paysage en une pureté triomphante, neige et glace couvrait le vaste étendu sous leurs yeux.

- «  Voici ma ville.. Elle est tout à toi à présent ♥️ »

A quelque mètre devant l’imposante créature, l’informateur ouvrit grand ses bras, lui offrant MadTown tout entier. Qu’il crie, court, saute… Et en ravage chaque parcelle, sans qu’il n’ait à craindre pour ses actes.  Lens était libre. L’espace de quelques heures, qu’ils pourraient oublier Bio Hazard, leurs soucis, les années passées loin l’un de l’autre et toutes ces choses qui ombrageaient leur quotidien... Pour simplement célébrer leurs retrouvailles.

Où pouvait-il l’emmener ? Pas dans les souterrains et leur odeurs pestilentielle. Ni dans les commerce ou les résidences, trop peuplé et bruyant pour leur offrir cette intimité indispensable s’ils voulaient refaire connaissance. Rester ici n’était guère envisageable : juste à côté du centre, l’ombre même qu’il désirait, pour la journée, voir disparaître.
Bien qu’il puisse lui servir de guide, afin d’explorer ensemble chaque recoin de cette ville fantasque... Nul doute n’était permis, sur la zone qui pouvait ravir le chimera, tout en lui offrant d’exprimer sa nature sauvage.

L’œil pétillant, à peine visible sous son masque qu’il savait ne pas être au goût de son frère... Le bleu s’élança soudainement, à toute allure, non sans clamer.

- « Attrape- moi ! »

Le peu d’enfance qu’il avait pu avoir, c’était dans cette fourrure chaleureuse... Or à l’époque, éteint et vide, planifié ce genre d’enfantillage ou ne serait-ce qu’en éprouvé le désir, n’était pas imaginable... Même si par chance, son frère de cœur avait pallié ce type de désagrément...
Aujourd’hui, il pouvait partager pleinement cette joie de vivre avec sa famille. Faire les fous, autrement qu’en faisant pleuvoir du sang...

L’animal était plus rapide, et de loin, que ses jambes humaines, jamais vraiment en parfaite état... Par chance, le cobaye avait plus d’un atout dans sa manche. Il connaissait parfaitement la ville et n’hésiterait pas à utiliser toutes les rues que son cerveau malade trouverait.

Aussi, le chemin fut parsemer d’embuches. Tout d’abord, des ruelles étroite, difficile à emprunter par un mastodonte de son ampleur, l’obligeant à ralentir l’allure alors que la tête bleutée disparaissait devant elle..
Pour se stopper en haut d’un muret, lui faisant signe de le rejoindre.

Vint les espaces, plus large et plaisant, logeant quelques bâtiments sans importance. L’humanoïde, sans ralentir la cadence, s’élança aux rebords es fenêtre, se hissant le long des gouttières jusqu’à atteindre les toits. Là-haut, hors de porté de son bestial compagnon, il pouvait continuer à l’appeler, le narguant cruellement, lançant sur son passage, quand il craignait de le perdre de vue, quelque boule de neige. De cette façon, il pouvait gagner du terrain, en coupant les chemins, tout en gardant un œil sur son poursuivant.
Tant que les toitures se trouvaient coller les une ou autre, ou à peu d’intervalle de distance, l’informateur pouvait aisément s’en tirer..
Quand vint le vide béant, l’adorable créature à quelques enjambé de lui, il sut que sa chance venait de tourner. Alors, il sauta, descendant de terrasse en véranda, jusqu’à retrouver le bitume implacable.

Aussitôt, ses pieds reprirent leurs courses insensées, tandis qu’il renversait poubelle, landau et cabas sur le chemin de l’incomparable animal, gagnant quelques précieuses secondes. Un grillage se profila sous ses yeux, qu’il grimpa sans perdre une seconde, le souffle court, la joie au ventre.
Tous les moyens étaient bon pour faire durer cette cour insensée, suspendre le temps le temps de cette échappée sauvage.

Si pour eux, tout cela n’était qu’amusement, fraternité et chaleur...
Pour le reste du monde, un grizzly géant pourchassait quelque victime innocente en saccageant tout sur son passage. Les rares passants qui osait affronter la neige se tairaient dans leur coin, laissant ce duo improbable passer sans chercher à intervenir. Qu’ils appellent les cerbères en vain, personne ne les arrêterai.

Ce jeu improvisé avait un but, une raison d’être et Lens devait, s’il ne l’avait guère humé plus tôt, le réaliser...

Pour survivre, MadTown jouissait d’un bois impressionnant, dissimuler derrière les bâtisse, un peu partout sous le dôme. Eux qui avaient cavaler sans relâche jusque là se trouvait dans cette zone, boisée et touffus, où l’odeur exaltante de la faune cribler l’air.
Son ours avait-il déjà put s’ébattre librement dans une forêt, aux cœurs des arbres ?  Quel plus bel endroit aurait put leur convenir ?
Kumio Hakkyou
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Sam 23 Juin 2018, 23:10


Plus de retour en arrière possible, du moins, rien que ses yeux ne puissent voir pour retrouver l’entrée de la prison. Peut-être qu’une très légère effluve de sang pourrait guider la bête jusqu’à cet endroit mais rien n’est sûr. Et dans le fond, elle n’est pas prête à quitter cet homme pour se perdre, seule. Pour quelconque raison que ce soit d’ailleurs. Alors elle le suit, ne le lâchant pas du museau, même si certains bruits, étouffés lui font souvent tournés la tête dans leur direction, pour s’assurer qu’aucun danger ne vienne à leur rencontre. Elle a beau le suivre comme une aveugle qu’elle est, ce n’est pas pour autant qu’elle ne reste pas sur ses gardes et ne cherchera pas à le protéger. La seule chose –autre que la présence de son petit à ses côtés- qui semble lui faire du bien, c’est cette sensation de neige sous ses épaisses pattes et le bruit que cela produit. Cela faisait bien des années qu’elle ne les avait pas entendus, une époque où certains projets n’avaient pas encore eu lieu et où la joie était un peu plus présente pour son humain. Ca va changer maintenant. On l’a retrouvé. Et elle ne peut qu’être en accord avec les pensées de Lens. D’ailleurs, avant de sortir de ce brouillard, le grizzly s’amuse un instant à mâchouiller les cheveux du plus jeune, une de ses marques d’affection quelque peu spéciale.

C’est magnifique. Que de souvenirs et de temps passé dans ce genre de paysage. Autant des heures passées dans la neige, à se rouler dedans pour pas grand-chose, que des nuits enroulé autre de ce petit être faible dont les autres ne voulaient pas. Si la bête avait pu, elle les aurait tous bouffé et réduit à l’état de plus grand-chose. Mais il y avait toujours des gardes pour l’arrêter avant qu’elle ne fasse trop de dégâts. Elle lui lèche la nuque avant qu’il ne s’éloigne d’elle, à présent, son odorat lui servirait à le retrouver. Mais pour l’heure, elle se laisse tomber sur le sol et vient se rouler dedans. Son pelage, d’ordinaire foncé, se teinte de blanc. La fraicheur de la neige s’infiltre légèrement entre ses poils mais pas assez pour qu’elle en ressente une quelconque gêne.

Mais toute envie s’évapore lorsque le mouvement de son protégé l’interpelle. Elle se relève rapidement, en appuie sur ses quatre pattes et l’observe fuir. Elle regarde autour d’elle, suspecte d’un quelconque danger qui lui aurait échappé, jusque ce que ces deux mots lui soient lancé. L’attraper ? Une sorte de chasse ? L’animal ne se fait pas prier cette fois-ci pour le suivre. Elle s’élance même rapidement, bousculant le mobilier urbain sur son passage. Elle grogne néanmoins face à ce passage étroit qui manque de la retenir bloquée. Il ne fallait pas beaucoup moins d’écart pour la maintenir prisonnière ; mais ça passe et elle peut continuer sa route. Elle n’a pas besoin de lever les yeux pour savoir où il se trouve. Maintenant que le brouillard n’est plus là, son flair fonctionne correctement et elle pourrait le retrouver partout. Attention ! Il va glisser ! Les toits sont enneigés ! Attrape-le rapidement !

Si l’animal a toute confiance dans les aptitudes de Kumio, ou du moins, elle ne se rend pas forcément compte du réel danger que cela implique pour lui, Lens lui, hurle à sa bête de courir plus vite et d’arrêter d’être aussi lente. Et s’il tombait ? Il devait être là pour le rattraper ! Mais pour la concernée, c’est davantage l’envie de l’attraper pour gagner le jeu, qui la motive. Si bien que tout ce qui n’est pas assez résistant pour lui bloquer la route termine en morceau après son passage. Elle ne se préoccupe pas des dégâts qu’elle engendre, ni même de la peur des quelques rares individus à l’extérieur. Et s’ils le rapportent ? Alors ils auront probablement quelques ennuis mais pas assez pour les faire reculer. De toute façon, c’est la bête qui commande à cet instant et qu’importe le nombre de fois où Lens peut lui hurler dessus, il n’est pas assez combatif pour lui reprendre la place. L’animal est encore là pour un petit moment. Elle arrive même à différencier ses cris de ceux de d’habitude. Il lui laisse le champ libre car elle le mérite bien. Surtout avec les odeurs qui leur proviennent, qui incite les deux entités à aller plus vite.

Lorsque les premiers arbres se font voir, la bête semble heureuse de trouver autre chose que des murs de béton. Mais elle n’en oublie pas moins le but de tout ça : l’attraper. Et même si son envie d’aller se frotter contre l’un de ces végétaux est grande, elle vient d’abord lui sauter dessus, le faisant tomber de tout son long. De loin, pour un observateur, ce l’instant de la mise à mort de l’humain face à la bête. Elle plonge sa gueule au niveau de son estomac. Mais les crocs ne sont pas sortir et seul son museau froid, glisse sur la peau de son protégé. D’accord, quelques petits pincements de dents se font sentir mais rien qui ne puisse lui faire mal. Et ensuite, elle repart en trombe du côté des arbres. Elle court pendant plusieurs minutes, s’enfonçant dans la verdure avant de réapparaitre. Les arbres les plus petits et fragiles ne font pas le poids face à l’imposante bête et finissent déraciner. Ses coups de pattes sont particulièrement violents et sa mâchoire brise quelques troncs. Elle se défoule comme précédemment avec les prisonniers avant qu’elle ne revienne finalement s’écraser dans la neige, aux pieds de son jeune protégé. La suite ne se fait pas attendre et elle lui donne un coup de patte pour le faire tomber et elle l’attire contre elle. Son souffle est court à cause de toute cette excitation et cette course. Depuis combien de temps n’avait-elle pas pu faire ce qu’elle voulait ainsi ? Toujours ? Car jamais elle n’avait pu massacrer des individus uniquement par envie. Il s’agit souvent d’ordre donné ou de dérapages de sa part qui lui coute cher. Et les arbres ? Jamais elle n’avait pu agir comme elle l’entendait, sans avoir de spectateurs désireux de percer quelques secrets de son projet. Et comment lui montrer toute sa reconnaissance et son affection, autrement qu’en l’ayant contre son ventre, son museau dans ses cheveux ?

Et dans cette étreinte remplie uniquement de bonheur, Lens se rend compte d’une évidence : Kumio semble l’accepter totalement. Sa bestialité et les horreurs qu’il a commit sous ses yeux ne l’ont pas repoussé, bien au contraire. Et s’il y a bien une personne pour qui il aurait craint une telle réaction, c’était bien lui. A mon tour. Et si parfois, il doit lutter pour reprendre le contrôler et dépenser beaucoup d’énergie –mentale- pour gagner ce conflit interne, cette fois, la bête disparait, satisfaite de sa sortie. Le corps imposant du grizzly disparait comme il est apparut pour ne laisser place que celui, bien plus frêle de son hôte. Kumio toujours sur lui, s’il n’a pas bougé durant la métamorphose.

Et même s’il a bougé, je l’attrape rapidement dès que ma conscience à reprit tous ses droits sur mon corps, pour l’étreindre, avec force, avec mes propres bras. Moi aussi, je veux pouvoir le tenir contre moi et non pas être séparé de lui à cause d’une porte de prison.

« Je n’aurais pas pu rêver meilleures retrouvailles… Merci Kumio. »
Ma voix est légèrement plus grave que précédemment, juste le temps que mes cordes vocales retrouvent leur place.

Je lui retire son masque doucement et viens l’embrasser sur le front, comme mon envie précédente qui m’a pris mais que je n’ai pas pu assouvir.

« Mais courir sur les toits, quelle idée ! Tu aurais pu te briser la nuque en tombant ! »


Quoi ? Oui, je le dispute un peu, c’est plus fort que moi. Comment je pourrais supporter de le perdre le jour où je l’ai retrouvé ? Ce serait la pire des tortures et je doute que je pourrais réellement y survivre, mentalement parlant… Le corps dans la neige et le froid, j’apprécie cette sensation, bien qu’il fasse un peu frais. Oh… Et j’espère qu’il ne fera pas trop attention à ce tatouage hideux.


Lens
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Dim 24 Juin 2018, 15:59
Heurtant le sol sous la puissance de sa patte, le corps offert aux crocs de son assaillant, l’heure de la mise à mort sonne. Impossible de fuir, aucune échappatoire à l’horizon, personne ne se présentera pour le sauver de la cruelle créature. Entièrement à sa merci, son souffle chaud s’approche, bestiale, de sa peau… Tout prendra fin dans la prochaine seconde, ses dents acérés entameront son lent supplice, le videront de toutes ses forces.. Ses muscles se contractent en sentant l’inévitable...

- «  AAHHahahah !! C’est froid ! »

Le contact de son museau humide, contre sa peau tiède, déclenche de doux frisson sur ses chaires, alors que le plus jeune s’agitent, se tordent dans tous les sens, ses mains perdues dans la toison épaisse que parsème la neige. Chatouilleur, le bleu ? Qui sait... Le rire est l’expression de la joie la plus franche qu’il soit. Avant que son souffle ne lui manque, que l’air se rarifie, étranglé dans sa gorge, la punition que le vainqueur prend sur le perdant cesse d’elle-même.

Retrouvant difficilement le rythme de son palpitant, le voilà qui se redresse, un œil ouvert, surprit que tout se soit terminé si vite. Un spectacle éblouissant le saisit soudainement. Son ours se tient au loin, s’amusant avec les arbres et la végétation. Une pluie d’écorce l’entoure, flamboyante scène d’une pureté sauvage qui le saisit en plein cœur.

- «  Subarachi.. »

Un sourire ne peut qu’étirer ses lèvres, tandis qu’un doux sentiment se repend dans son torse. Comme si un lointain rêve venait de se réaliser... Mais peut-on désirait une chose que l’on est incapable de souhaiter ? Son rire, bien qu’emplie de tendresse, ne se tarie pas, en voyant le pelage disparaitre, puis revenir, aux grès de cette course en solitaire. Sans doute redécouvre-t-il les plaisirs du monde sauvage. Les effluves musquée des arbres, les bruits de la végétation et du règne animal, dont il est l’incontestable souverain ..
Quelle cruauté de privé un animal de cette connaissance.

Étonné que l’imposante masse s’abatte à ses pieds, un air moqueur orne ses traits tandis que, taquin, il s’apprête à s’approcher du mastodonte.

- « Déjà fatig…HeeEh.. ! »


Nouvel éclat de rire alors qu’encore une fois, sa grande patte le cueille pour l’attirer contre lui. Geste auquel il se joint volontiers, fondant dans sa douce étreinte, sentant son rythme irrégulier et le battement tonitruant de son cœur l’apaiser comme rien ne saurait le faire.

L’odeur de l’animal, sa chaleur, sa présence... C’était comme remonter le temps, dans un endroit plus libre que leur enfance. Personne ici ne les menaceraient, ne les sépareraient, ne les brimeraient... Un songe mielleux, pieu mensonge hypocrite... Combien de temps les bercerait-il, dans leur crédule bonheur de ces retrouvailles ?

Peu à peu, la créature majestueuse s’estompa sous ses doigts. Son charmant pelage laissa place à un cuire malléable, les muscles diminuèrent d’envergure...
S’enfuir, lui ? Non, maintenant que le destin maudit avait décider de se jouer d’eux en les rassemblant, il ne laisserait plus son frère s’éloigner. Encore un vœu irréaliste, laissons-le croire à ses chimères, la réalité n’en sera que plus affreuse.

L’informateur se hissa davantage contre lui, sentant ses bras, encore sous la puissance de la bête, le maintenir contre son être transcendant. Seulement, profitant de la différence de poids... Il le bascula, obligeant Lens à s’allonger sur le sol, toujours entre ses bras. Dos contre la neige, l‘emprisonnant sous sa masse pour se retrouver en position dominante, pouvant à loisir observer son être.
Ses jambes se déplacèrent, de tel sorte que les pans de son kimono couvraient au mieux celle de son partenaire... Car là était l’un des buts de la manœuvre, lui épargner un tant sois peu le froid sur son corps exposé.  

Merci... Quelle parole déplaisante ! Elles raisonnent mal à ses oreilles. Merci pour quoi ? Il ne pouvait lui mettre sous les pattes que quelque arbres, perdues en bordure de la ville. A peine un centimètre de neige, rien qui ne fasse frissonner sa toison ténébreuse...  Liberté factice, vouée à s’estomper dans la souffrance. Ce n’était rien, car non seulement il désirait lui offrir mainte fois plus... Mais s’en savait capable. Supprimer toutes les données à son sujet, le rendre intraçable, neutraliser sa puce... Lui offrir un monde sans BioHazard, hors du dôme, avec ceux qui vivent sans contrainte...

Alors, pourquoi ne le faisait-il pas ?
Parce que..  Sans BioHazard et son emprise, rien ne lui garantissait que Lens ne fasse pas comme Lucian : disparaisse, hors de son champ de vision. Ce serait le perdre à nouveau...
Pour le garder, il était près à le laisser vivre comme un chien. Quel être abject, n’est-ce pas ?

Et le chimera le remerciait pour cet os qu’il lui lançait misérable. La chaleur qui transpira sous sa peau se teinta d’une âpre colère devant sa propre injustice.

- « Ne me remercie pas, je n’ai rien fais..
C’est toi qui es sortie de ta cage, sans aucune aide. »


Ses bras le serrent, avec une force digne du désespoir, sous une brise neigeuse. Déjà, l’euphorie se dissipe, laissant entrevoir l’amer réalité. Peaux contre peaux, son visage repose dans le cou de son ainé, les yeux fermés, humant simplement son odeur. Même s’il n’a aucune compétence particulière, il aimerait seulement pouvoir se le remémorer...

Un rire, sans joie, lui échappe à cette mise en garde. Si une chose aussi infime avait put le tuer, alors il ne serait plus en vie à cette heure... S’il fallait tant de chose pour l’achever, alors sa vie ne serait pas comptée.

-«  Je fais des choses bien plus dangereuses, tu sais ~ »

Et c’était dit avec une touche de fierté, comme un sale gosse fier de ses bêtises. Courir pied nu sur les toits, sous la neige, ce n’était rien vu la vie qu’il menait. L’ours aurait de quoi se faire des cheveux blancs s’il avait une petite idée de la place omniprésente du danger et de la souffrance dans son existence... Et sans doute finirait-il par le savoir, d’une manière ou d’une autre.

Entrouvrant ses prunelles bleutées, en silence il contempla quelque seconde le visage du dernier membre de sa famille. Encore maintenant, l’avoir entre ses mains lui semblait irréaliste. S’il pouvait suspendre le temps... et rester ainsi pour toujours. Il suffirait de baisser la température de quelque degrés supplémentaires... transformer la neige en glace. Alors, leur corps gèlerait sur place. Quelle belle fin :  un cercueil de glace, les emprisonnant ensemble à jamais.

Déjà, un vent hivernal balaya le sol, alors que la neige redoublait d’intensité. Juste quelques degrés... Mais le verrou que Zero lui imposait l’empêcherait de mettre ses pensées morbides en œuvre. Parce que ça le tuerait, parce que ça nuirait aux récoltes, détruirait les plantes et donc leur source d’oxygène..
Un jour qui ne saurait tarder, il l’éliminera de ses propres mains, cette femme qui osait l’entraver.

- «  Si ton corps gèlerait.. Tu serais incapable de te régénérer et tu en mourais, nee ? »

L’innocence qui perle dans sa voix, à la tendresse éprouvante, ne cache en rien les sombres pensées qui le travers. Pourtant, la neige se calmera, la température n’ira pas plus bas. Non seulement, il ne pouvait pas... Et de toute manière, ce serait trop simple pour Biohazard de réveiller un homme cryogénisé.

Au lieu de cela, il s’approcha, pour murmure au creux de son oreille quelque doux murmures...
Ou plutôt, ses lèvres vinrent se poser sur les douces parois de son oreille... accompagné de ses dents tranchantes, qui brusquement s’abattirent dessus. Abruptement, sans l’ombre d’un doute, ce n’était pas une morsure...

- «  Tu as bon goût.. »

Lentement, sans aucune forme d’empressement, comme un prédateur dévorant sa proie. Lens allait se régénérer, n’est-ce pas ?  Aussi, il pourait, inlassablement, continuer sa macabre besogne jusqu’à se que son estomac n’en puisse plus. Avec un bon rythme, il n’irait pas plus loin que l’oreille... Sans quoi, il s’attaquerait à sa nuque, ses joues et jusqu’à sa clavicule.

Pourquoi ? Mieux valait ne pas trop s’interroger avec un fou. Peut-être avait-il seulement faim... Peut-être voulait il emporter un morceau de lui, quelque chose qu’on ne lui enlèverait pas … Ou simplement le voir souffrir, pour troubler ses chaleureuse retrouvaille. Lui rappeler que rien ne serait comment avant. Se rappeler que rien ne saurait plus comme avant.

Une fois que ses pensées se joignirent, calmant son élan cannibale... Il cligna simplement des yeux, se léchant les lèvres. Sa main alors se mouva, venant se poser sur le torse de son grand frère, appuyant délicatement à l’emplacement de son cœur.

- « Tu es tout ce que je possède..
Et je ne connais que ça de toi. »


Ça.. Ses sentiments. Sa personnalité – du moins ce qu’il avait pu en voir – Sous la chaleur de sa paume pulsait la vie de son frère... Son sourire s’étira, tandis qu’il se redressa, s’asseyant sur ses cuisses, toujours à califourchon sur l’ours. Son autre main fila vers son obi – sa ceinture – en tirant une lame. La tenant par la manche, son éclat se refléta dans ses prunelles démentes, lueur peu rassurante quand à la suite.

- «  Raconte-moi ton histoire.
Je veux savoir qui est mon frère. Je veux savoir qui est mon ours.
S’il te plait ♥️ »  


L’innocence, la douceur de son visage, découvert depuis un moment, n’était en rien assurant. Kumio n’avait pas besoin de colère, de haine, ni de quoi que ce soit d’autre pour faire souffrir. Aucune animosité ne s’échappait, il n’y avait que cette étrange affection, teint des conséquences de ses retrouvailles .

Pourtant, ses gestes, frénétique et mélodieux, ne tremblèrent pas un instant en pénétrant sa chaire, s’enfonçant profondément, comme pour s’encrer jusqu’à ses os. Planter au cœur de son tatouage, partant de son torse qu’il venait de caresser... Il entreprit de le parcourir intégralement, le redessinant à la pointe de sa lame.
Le redessinant... Pas vraiment. Certes, il repassait chaque contour, seulement il y intégrer d’autre motif, d’autre forme, au grès de ses envie, pour le faire sien.

Un tatouage, c’est un souvenir, quelque chose qu’on veut se rappeler. Qu’on veut faire posséder... Ne serait-ce pas les blouses blanches qui lui ont fait ça, pour le marquer, comme un objet, montrer qu’il est leur.. ? Cette idée lui déplaisait, énormément...
Même si actuellement, se qu’il faisait n’y différencier en rien.

Sa sombre litanie continua à s’écouler si Lens refusait de céder à son caprice. Kumio continuait de lui demander de lui parler de lui.. Jusqu’à obtenir gain de cause. Ou qu’il termine de redessiner on tatouage... A moins que l’ours ne l'arrête.

Finalement, cette folle torpeur s’estompa, comme la précédente. Subitement, sans crier garde, sans raison... Hakkyou se leva joyeusement, s’étirant quelque peu en sautillant, s’exclamant gaiment.

- « Tu étais incroyable Lens, quand tu as tout détruit ! Que ce soit dans la prison, ou avec ses arbres... Rien ne t’arrête ! Les balles ne t’ont pas ralenti, on aurait dit de simples insectes...
Fufu vraiment merveilleux ! Tu es encore plus puissant que dans mes souvenirs.
La liberté te va bien, tu sais...  »


Ses yeux pétillent d’admiration en se rappelant les scènes époustouflantes auquel il avait put assister. Chaleureusement, il lui tendit la main pour l’aider à se relever, sans qu’il n’y a de mauvais coups caché sous ce geste simple. À peine le plus vieux fut il de nouveau sur ses pieds, qu’il retira la couverture couleur nuit sur son kimono, enveloppant l’autre cobaye avec chaleur, le couvrant de cette chaude pièce de tissu portant son odeur.

- «  N'attrape pas froid ♥️ »

Accompagnant se sourire éblouissant, ses doigts glissèrent le long de ses bras, jusqu’à attraper ses mains...
Alors s’abattit la froideur du métal, qui fendit ses chaires, encerclant cruellement son poignet gauche. Sa paire de menotte les liait à présent l’un à l’autre. Un doigt sur ses lèvres, dans un clin d’œil, le malade mental souffla.

- « Je n’ai pas les clés ~ On dirait qu’on va passer un moment ensemble.
Que dirais-tu d’en profiter pour explorer ce bois ? »
Kumio Hakkyou
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Mer 27 Juin 2018, 14:42


Ce n’était pas fait exprès –il lui était impossible de savoir ma sortie- mais ses vêtements me permettent de rester légèrement au chaud. Du moins, de ne pas avoir trop froid. Je ressens la température basse, mais tant que je n’y reste pas des heures, sous cette forme, ça devrait aller, mes membres ne devraient pas être trop touchés. Et puisque j’ai Anima dans le sang, même s’il y a de légers dégâts liés au froid, mon corps les réparera quasi instantanément.

Je le laisse faire, prendre cette position qui d’ordinaire ne me plait pas, car annonçant des actes sexuels dont je ne suis pas forcément désireux d’avoir. Mais il s’agit de Kumio et pour cette unique raison, tout va bien, nous n’avons jamais eu ce genre de relation –encore heureux vu son jeune âge à l’époque !- et je pense que ça n’arrivera jamais. Il reste mon frère et le fils que je n’aurais jamais –que je ne voudrais pas, car inutile de donner de la chair fraiche aux labos.

« Ils me l’ont simplement ouverte, comme tu l’as fais à la prison. »


Dans le fond, même les barreaux de la prison auraient pu céder sous la force de la bête, je n’aurais pas pu sortir de BH sans leur autorité. Dans le fond, même si je désire obtenir davantage de liberté, c’est toujours eux qui la régissent. Et ce sera continuellement comme ça tant que je serais leur Cobaye.
Je pose l’une de mes mains dans les cheveux de Kumio, respirant son odeur en grande inspiration, découvrant des fragrances diverses. Si je connaissais les lieux, peut-être pourrais-je savoir où il s’est rendu dernièrement, son habitation peut-être ? En possède-il une ? Un lieu à lui, où il se sent un peu plus en sécurité ? Où son chez-lui n’est pas synonyme de blouses blanches et d’expériences ? Je l’espère pour lui.
Je laisse échapper un soupir quant à sa réponse. Bien plus dangereuse hein ? Pourquoi ça ne me plait pas ? Parce que je ne veux pas qu’il se mette en danger, tout simplement. Il va me falloir du temps, avant de réellement me dire qu’il peut se débrouiller seul. Oui, il a grandit, il a l’air de savoir ce qu’il fait et pouvoir se défendre mais au fond, je ne veux pas perdre cette place de protecteur que j’ai eu pour lui. Il ne me resterait pas grand-chose dans le cas contraire.

« Etrangement, je veux bien te croire. Oserais-je en demander des exemples sans me faire des cheveux blancs pour toi ? »


Quoi que même si je meurs d’inquiétude pour lui, mes cheveux resteront éternellement ainsi. Mais est-ce que je veux réellement savoir ? Oui et non ; car je sais que l’ignorance n’est jamais bonne, elle laisse à l’imagination bien trop de liberté mais je crains ce qu’il pourrait me dire. Met-il sa vie en danger souvent ? Pourrais-je l’empêcher d’agir ainsi ? En ai-je le droit ? Après tout, s’il n’est plus enfermé et qu’il n’a plus les ordres des Scientia à écouter, ce n’est pas pour que quelqu’un d’autre lui en donne. Il va juste falloir que je me souvienne de cette pensée objective pour plus part…
Mon corps frissonne sous la légère baisse de température, légère mais assez présente pour être ressentie, surtout lorsque l’on est nu dans la neige. Mais mon organisme est déjà chaud d’ordinaire et la présence de Kumio sur moi me permet de ne pas perdre trop de chaleur.

« Il faudrait que la température chute brutale et instantanément pour que mon corps n’ai pas le temps de luter contre ce phénomène. »


Du moins, d’après certains tests dont je me souviens et les liquides censés refroidir les vaisseaux sanguins de l’intérieur. Des moments très désagréables, comme tous, dès qu’il s’agit d’expériences. Je ferme les yeux lorsqu’il s’approche, confiant et simplement heureux de pouvoir le serrer contre moi. Je ne me souviens plus combien de fois j’ai supplié Lyséa de rendre une telle chose possible et aujourd’hui, alors qu’elle est morte depuis un moment, nous voila lune contre l’autre. Au moins pour quelques instants, les horreurs de nos vies respectives peuvent être mises sous silence. Je sursaute lorsque la douleur se fait sentir, nette et précise et il me faut un petit instant pour comprendre ce qu’il a fait : il m’a mordu. Mais pas seulement. Je suis trop surpris par ce geste et ce comportement pour penser à le reculer. Kumio ? Comment en est-il arrivé là ? Est-ce une façon de se venger du passé, car j’ai disparu du jour au lendemain, en le laissant seul ? Je ne pourrais malheureusement pas lui en vouloir, même si ce n’était pas de mon fait.

« Parce que tu es capable de comparer ? »


Et comment peut-il dire une chose pareille, aussi facilement et le plus simplement du monde ? Ce genre de comportement, je l’ai déjà vu, dans les couloirs et c’était souvent le signe d’un esprit malade et très atteint. Est-ce le cas de Kumio ? Cette histoire m’effraie un peu car je sais que je n’aurais pas le pouvoir de le soigner… La douleur est présente mais elle n’est pas grand-chose, comparée à celle que font subir les scientifiques.

« Pourquoi fais-tu ça ? »
La question ne peut pas rester sans réponse, même si je crains de l’entendre.

Je ferme de nouveau les yeux, les ayant ouverts sous la douleur, lorsque sa main, légèrement fraiche se pose sur mon torse. Possède… Si seulement ça pouvait être vrai. Malheureusement, je crains que ça ne soit pas aussi simple. Car même si je pourrais faire n’importe quoi pour lui, il n’en reste pas moins que je leur appartiens. Et même si on pourrait penser qu’effectivement, ils n’auront pas mon cœur, ce serait être trop naïf. Ils seraient tout à fait capables de me l’extraire pour en faire je-ne-sais-quoi. Voir le sang au coin de ses lèvres, mon sang est étrange. Je ne laisse pourtant que les Scientia me faire du mal… Tout savoir ? Et pourquoi prend-il cette arme ? Je devrais peut-être bouger et l’éloigner de moi mais j’en suis incapable. Il y a quelque chose en lui qui m’empêche de bouger. Jusqu’à voir la lame se rapprocher de moi. Va-t-il le faire ? Me faire de nouveau mal ? Je le laisse faire pour avoir ma réponse et lorsque la douleur arrive, je souris faiblement. Alors Kumio est devenu ainsi ? Il fait parti de ces Cobayes qui aiment faire mal aux autres, tant ils ont souffert ? S’en rende-t-il compte ? Aime-t-il ça ? Et si j’avais pu rester, serait-il devenu ainsi ? Je ferme les yeux une nouvelle fois, pour essayer de chasser toutes ces pensées qui m’attristent, ce n’est pas le moment de pleurer pour lui. Lorsque le dessin de la lame se fait sentir, ce n’est pas ma douleur qui me fait lui attraper le poignet, mais parce que je sais que c’est inutile, ce qu’il est en train de faire.

« Qu’importe combien de fois tu essayeras de l’effacer par le sang, il reviendra. J’ai tout essayé. » Je n’avais pas réellement imaginé nos retrouvailles dans le sang, encore moins coulant de son initiative. Je garde son poignet dans ma main mais c’est nullement intrusif et s’il le souhaite, il peut facilement la reprendre. « Ton frère est un Cobaye né dans les laboratoires, qui y a grandit avec son jumeau. » Parler de Matéo à quelqu’un, autre que Lyséa est étrange, compliqué même, c’est probablement pour cette raison que je n’en dirais pas plus s’il ne me questionne pas. « Il est mort jeune. » J’entends quelque part dans mon esprit, le premier cri de la bête, lorsqu’elle est sortie, suite à cet évènement. « Ton ours est puissant et a un esprit propre. Grâce à lui, j’ai pu survivre. A cause de lui, j’ai du te quitter. Etre un Chiméra a faillit me faire tuer. Officiellement, je suis une Anomalie ; officieusement, je maîtrise parfaitement ma bête pour être un IDO qui méritait de mourir. »

Le reste, il n’y a pas besoin de mettre des mots dessus, il a vécu assez longtemps entre les murs de BioHazard pour savoir ce que c’est d’être un Cobaye. Et si je ne m’apitoie pas sur mon sort, ce n’est pas pour raconter toutes les expériences subies. Qu’est-ce que ça changerait de toute façon ?

« Et toi ? Que t’est-il arrivé mon Kumio ? »


Comment est-il passé de ce jeune gamin sans défense, que tout le monde voulait voir mort, à un bel homme qui semble apprécier de faire souffrir la seule personne ayant voulu le protéger ?
Je reste encore un moment sur le sol, bien que son corps n’y soit plus avant de m’assoir pour éviter le contact avec la neige. Il a l’air heureux et pourtant…

« Les années ont passées et j’ai gagné en puissance, tout simplement. »


Ca n’a rien d’extraordinaire. Encore moins le fait de massacrer des gens qui n’avaient rien demandé. Oui, sa force est impressionnante, tout comme sa taille –pas comme la mienne, qui a rétrécit selon lui- et elle le serait surement plus si elle sortait plus souvent. Mais c’est le strict minimum, déjà pour éviter ces bains de sang, ensuite parce que je ne veux pas qu’ils l’étudient trop en profondeur. Qu’ils laissent mon dernier lien avec Matéo tranquille et en paix, tout simplement. Je souris en coin et hausse une épaule alors que je m’apprête à me relever.

« Cette liberté est toute relative, on le sait tous les deux… Mais tu as plus de chance de la voir naturellement, qu’eux… »


Je prends sa main pour me relever, même si je pouvais le faire seul, je ne vais pas refuser son aide. Une fois debout, je me passe une main sur le torse pour faire partir au mieux les traces de sang, ma peau est quasiment redevenue normale. Même avec une régénération ralentie au vue de la faible blessure, ça ne prend pas longtemps à cicatriser. Et comme je lui ai dit : le tatouage est intact, sans aucune modification de sa part. C’est presque dommage car quitte à posséder des marques indélébiles, je préférerais qu’elles viennent de lui et non pas de Lyséa. La couverture de Kumio est chaude sur mes épaules et en m’enveloppant avec, je peux respirer son odeur, elle va même surement me suivre, une fois de retour aux labos. C’est une idée assez agréable en soi, même si rester dehors avec lui serait…
Je ris face à ce qui suit : des menottes, l’une reliée à son propre poignet.

« J’étais justement en train de me dire que j’aimerais rester avec toi, dehors… tu peux lire dans les pensées maintenant Kumio ? »
Je laisse un sourire sur mes lèvres car j’en doute. Le bois ? Je tourne la tête dans sa direction et la hoche. « Tant qu’on ne va pas du côté des labos, je te laisse me montrer n’importe quoi. »

Même si le bois est une idée plus appréciable que retourner du côté des bâtiments de la ville. Un peu de verdure, en liberté, c’est une première sortie réussie je trouve.
Nous nous dirigeons vers le bois et en marchant, j’approche Kumio de moi pour lui donner un peu de couverture. Oui, il est plus habillé que moi, mais s’il la prise à la base, c’était pour lui, donc qu’il en avait besoin.

« Tu sais, cette sortie n’a beau qu’être éphémère, car je devrais forcément y retourner… Je suis réellement heureux de la passer en ta compagnie. Et si tout se passe bien, je pourrais sortir régulièrement. »
Ma main libre caresse les écorces des arbres que nous dépassons. « Mais dis-moi… Qu’as-tu fais pour pouvoir vivre en dehors des labos ? »

Car il ne porte pas l’uniforme des Cerbères, ceux qui peuvent contenir d’anciens Cobayes. Est-il le Calice d’un Saigneur assez puissant pour lui permettre de ne plus subir d’expérience ? Je suis heureux pour lui mais j'ai aussi peur d'apprendre ce qu'il a du faire pour en arriver là, enfin, ça ne doit pas être pire que leurs expériences ?


Lens
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Mer 04 Juil 2018, 22:30
L'entendre soupirer ne fait que l'amuser. Tout cela n'est qu'un jeu à ses yeux, un jeux mortels qui n'a d'autre choix que de mal finir.. Mais un simple jeux malgré tout. Plus il réalisait que Lens n'aimait pas qu'il se mette en danger.. plus il se mettra en danger, pour le provoquer, pour l'exaspérer.

Alors, ses mots ne firent que l'encourager à détailler les salles tours que l'informateur avait pour habitude de faire. Cependant, il prit la peine de réfléchir avant de partir dans son monologue, car.. la notion de danger est une chose étrangère au démens. Sans doute voulait-il évoquer les fois où sa vie avait frôler l'extinction..
Donc tout ses petits tours de jadis, en compagnie de son binôme, ou les confrontations avec l'autre n'en faisait pas partie. Peu importe l'état dans lequel il finissait, jamais il n'avait eu la sensation d'être sur le point de mourir.

- « En ville ?
Il y a quelque temps, je me suis glissé dans l'underground, pour m'infiltrer chez un dealer. Attention, je ne suis pas stupide: j'ai pris grand soin d'être vu et suivi par ses hommes. Dès que j'ai mis un pied dans leur repère, les balles ont sifflé... Tu aurais du être là, c'était hilarant ! Je les entendais hurler, appeler des renforts et prévenir leur chef.. Tandis que je courais, dans tous les sens... Jusqu'à leur précieux coffre.. L’ouvrir m'a demandé moins d'une minute, ah tu n'imagine pas leur regard médusé !
Là, je me suis servit - juste un petit colis, quelque chose qu'on peu mettre dans sa manche - et en les fixant droit dans les yeux.. J'ai mis le feux à ce qui restait.
AHAHAH !! Même en me criblant de balles, ils n'ont pas réussis à m’empêcher de réduire leur ridicule trésor en cendre..
Les crétin ont pris peur en voyant que je bougeais toujours, vraiment, ils ont reculé, comme si j'étais je ne sais quel monstre. Peut être à cause de la fumée ?
Alors que.. pour nous, anomalies, ce n'est pas quelques balles qui nous stoppent - pas si ça ne touche pas de point vital ~
Enfin, ça m'a permis de m'échapper, le temps qu'ils reprennent leur esprit, en lançant une grenade derrière moi, juste au cas où.
Les renforts par contre n'était pas si faibles, ils m'ont poursuit à travers les souterrain. Tellement collant.. Et comme je courais moins bien et que je laissais pas mal de trainer derrière moi, tu comprends.. ? Impossible de leur fausser compagnie. Ils étaient à deux doigt de m'attraper et ça n'aurait pas été pour boire une verre, tu peux me croire ~ Contre deux trois j'aurais eu mes chances, pas contre une dizaines, bien armée.
Ah.. Donc je les ai noyé. Ce n'es pas que je le désirais, c'est juste.. l'instinct de survie j'imagine. Je n'ai pas encore réussi à me débarrasser de ce truc, mais ne t'inquiète pas, je suis en bonne voie .
Rassures toi, ils ne sont pas tous mort, non c'était juste pour m'ouvrir une porte de sortie, rien d'autres. Il y en a encore une bonne partie sous nos pieds, qui doivent rêver de me faire lentement rôtir à la broche ~
... Où j'en étais ? Ah oui, la drogue !
Ce n'était pas pour moi, je n'ai pas besoin de ça pour accéder à un monde psychédélique ♥️
Non.. Vois-tu, le pied mal assuré, je me suis directement rendu dans les ruines. Un coin puant, peuplé de désespérés. Là, j'ai exhibé l'objet de mon larcin, tu aurais dû les voir, de vrais chien en rute, près à tout pour un petit morceau à se mettre sous les lèvres.. Même à s'entretuer !
Hilarant, j'en avais mal au côtes tellement je riais de les voir s'entre déchirer pour un fragment d'espoir empoissonné.
Remarque, c'était peut être aussi les coups que j'avais reçu.. ? Bah, peu importe.
Tu devines ce que j'ai fait ensuite, neee ? Quand il n'en restait plus qu'un debout, à tendre sa main devant l'or verte..
J'ai avalé la dose sous ses yeux écarlates du junkie. Entre nous, ça a un goût dégoutant, ce truc.. Je comprend qu'ils le fument ou le cache dans des pâtisseries..
Ho, il a bien eu un moment où il a tenté de le récupérer, de me le faire cracher.. Il a même arracher mes vêtements, pour extirper son précieux produit. Sauf qu'il n'était pas très frais... Et moi non plus.
Après, je ne sais plus vraiment comment ça c'est finis. J'ai dû faire un bad trip ~
Enfin, j'étais en vie à mon réveil, mieux que ça : j'étais capable de me trainer contre les murs.
Bonne blague, tu ne trouves pas ? ♥️»


Une baque sinistre au possible, qui avait coutait la vie à beaucoup de monde et lui assurait de nombreux ennemis dans les souterrains.. Pour au final.. Quoi au juste ? Qu'avait-il obtenu dans cette farce macabre ? Rien d'autre qu'un fou rire, de nombreuses plaies et un état de manque qui le rongeait encore.
Son corps, bien qu’habitué à ses tourments, ne s'était pas encore totalement remit à ce jour de cette dernière frasque.

Tout en parlant, sa joie malsaine et son excitation étaient percevable, dans ses éclats de voix et ses mouvements brusques, voir saccadés. Pourtant, il fixait souvent les yeux de son ainé, désireux d'y lire..
D'y lire quoi ? Tout ce qu'il risquait de recevoir, serait de l'inquiétude, ou de la colère.
A quel point devait il être atteint pour croire obtenir des félicitations pour cet acte de folie pure: Lens n'avait pas perdu l'esprit et ne le suivrait pas sur cette pente. A défaut, il se contenterait parfaitement d'une engueulade prononcée : ce serait nouveau pour le bleu.

Donc, pour espérer finir dans un cercueil de glace à ses côtés, la température devrait changer brusquement ? Cela a du sens.. Malheureusement, ce n'était pas dans ses capacité, pas avec le verrous qu'il subissait actuellement. Dommage, leur fragile monceau de bonheur était voué à s'estomper bien rapidement.Comme ne manqua pas de le prouver sa subite manie de vouloir dévorer son frère.
Qui des deux étaient le plus atteint.. Celui qui blesse, ou celui qui se laisse blesser par un sale gamin capricieux ? Comme s'il s'agissait de la chose la plus naturelle du monde, ils commencèrent même à bavarder.. Du point de vu de l'informateur du moins.

- « Bien sûr ! Ton arôme est suave, avec une note prononc0eé.. et un léger trait mielleux. ça ressemble un peu à du requin, en moins caoutchouteux.
Unn.. Je suis sûr que ton goût doit être différent sous ton autre forme..»


Se léchant les lèvres, il reprit son funeste festin, mettant cœur à l'ouvrage. Évidement, cette remarque écœurante n’était que pure folie, encore que personne ne risquait de le vérifier un jour. Ravi que sa victime consente à s’offrir sous ses crocs, il s'en délecta jusqu'à en être reput.
Toutefois, sur son petit nuage mensonger, où il rêvait allégrement en croyant ce genre d'idiotie, il finit par devoir sortir la tête de ses fumés illusoire.
Pourquoi ? Clignant des yeux, il fixa les orbes solaires de son frère, quelques minutes, soufflant, surpris de cette question.

- « Tu ne comprends pas ? »

Ce n'est pas qu'il y ai quelque chose à comprendre.. Kumio lui même ne réfléchissait que rarement aux raisons de ses actes : l'envies lui frétillait les méninges, aussitôt il y donnait libre court. Seulement, c'était à la victime de comprend l’origine des actes de son bourreau. Sinon.. Sinon et bien, pourquoi Lens se laissait-il faire, s'il ne comprenait pas les raisons de ce geste immoral ?

S'essuyant les lèvres, le bleu fixa un point dans le ciel, comme s'il n'allait rien ajouter d'autre.. Alors qu'il faisait simplement l’effort de réfléchir au sens de son geste. Chose combien difficile pour une personne aussi atteinte que lui. Non seulement, ce n'était guère aisé, qui plus est il ne se sentait pas bien en empruntant cette voie. Cela n’amenait qu'à remuer des choses déplaisantes.
Si bien qu'il lâcha, en décalage, un simple filé de voix, détournant ouvertement son regard, car incapable d'assumer cette simple petite phrase révélatrice du fond de sa folie.

- « ... Pour partager.»

Non, plutôt que de parler, d'exprimer par les mots des choses qu'il étaient incapable de prononcer.. il préférait laisser libre court à tout cela d'une autre façon. A travers une lame, parcourant la peau tendre de sa seule famille, la laissant être seule révélatrice de ce qui se tapis au fond de son cerveau malade.

Sauf qu'une main agrippe la sienne, sans douleur, sans haine.. Une simple main, comme un mur protecteur alors que ses yeux se repose sur ceux fraternelles, surpris et.. quelque peu frustré d'être interrompus de la sorte.
Même si c'était impossible.. Pourquoi ne pouvait-il pas essayer encore et encore ?

- « Et si j'en dessinais un autre par dessus ? »

Clignant des yeux, il réalisait parfaitement qu'il pouvait sans peine gravir l'obstacle. La chaleureuse paume contre sa peaux ne l’interdisait nullement de continuer.. Sauf que son geste avait été suspendu, brisant sa mélopée muette.
Sa main libre sorti une deuxième lame .. Et entrepris de changer de cible. Lens ne voulait pas qu'il l'utilise comme toile ? Dans ce cas, il laisserait s'écoulait ce poison noirâtre sur ses propre chaire.

Écoutant la voix familière de son ours, tel un peintre, il redessina les mêmes motives sur le dos de sa propre main, laissant la lame effilée glisser contre sa peau, y faisant fleurir ses symboles atypiques, nés de son imagination maladive.
Un jumeau ? .. Lens avait donc un autre frère ? Un avec qui il partageait plus que de pathétiques années.. Un qui goûtait au même sang, au même patrimoine génétique..

- « ... C'est pour cette raison que tu m'a recueillis ? Pour comble le vide..
Je devrais le remercier alors. Quel était son nom ? .. Quel genre de frère était-il ? Bienveillant et protecteur comme Lens ?»


Si la gratitude nimbait ses paroles, ainsi qu'une note de curiosité, pas un instant le syren n’imaginait que ce sujet pouvait être déplaisant ou douloureux pour son ainé. La mort, surtout de ceux qu'on apprécie, est un phénomène hélas trop naturel pour la chaire à canon. Non, lui était simplement heureux d'en apprendre davantage, de partager un pan de sa vie d'avant.

Alors, la partie urcchidé avait une existence propre ? Gloussant, il siffla. - « Ho, j'ai donc deux frères !» et, tandis qu'il s’interrogeait sur le fait que l'ours n'était peut être pas vraiment se qu'on appelait un frère.. Il se figea d'un coup, plantant davantage sa lame dans le creux de sa main. Ses yeux s'écarquillèrent soudainement, alors que d'une voix blanche, il murmura, tremblant malgré lui

- « ... C'est à cause de Mr l'ours ? »

Monsieur l'ours.. Et bien, il ne savait plus vraiment comment le nommer à présent. Toutefois, croire - car il interprétait le "c'est à cause de lui que j'ai dû partir" de la sorte - que l'ours avait voulu s'en aller sans lui.. l'abandonner, le laisser seul était un supplice. Déjà, des films couraient sur ses rétines, sur le pourquoi de tout ceci.. Puis, il cligna simplement des yeux. C'était blessant, la douleur lancinante lui brisait l'âme..
Toutefois, il y en avait eu d'autre bien après lui. Alors, cela prenait sens, pire il pouvait parfaitement le comprendre. Par contre, la chaleur de ses retrouvailles avait quelque chose d'étrange à cette lueur nouvelle... Qu'importe, mieux valait juste accepter l'instant présent, quitte à ce que tout ne soit que mensonge.
Par contre, la fin de sa phrase, impossible qu'il l'accepte.

L'orbe saphir vira instantanément en une teinte abyssal, alors que sans crier garde, son aura changea brusquement, dangereuse.. Déjà, sa lame s'était planté à toute vitesse dans le palpitant de l'ours.
Son visage proche du sien, la voix glacial, le cobaye souffla.

- « Si tu mérite de mourir, alors meurs.»

Et il tourna son arme dans la plaie une première fois, puis une seconde fois.
Ils venaient à peine de se retrouver.. Et déjà son frère ne pensait qu'à l'abandonner de nouveau ! Cela ne faisait pas même une misérable heure..
N'arrivait-il pas à supporter ce qu'il était devenue ? Ne voulait il pas passer du temps avec lui ? ..
Et bien, s'ils devaient se retrouver pour se séparer aussi vite.. cette fois si personne d'autre que lui, de ses propres mains, mettrait fin à cette histoire.

Il ne cessa ses mouvements frénétiques que lorsque ses sombres pensées, nées de sa phobie, s’estompèrent..
Inquiet ?.. Non, une petite voix, issue de ses dossiers, lui souffla que ce n'était rien. Lens était son protecteur, n'est ce pas ? Son grand frère..
Alors, ce n'était pas un simple coup de poignard en plein cœur qui allait le tuer. Fermant les yeux, d'une voix mature et presque inhumaine, il ajouta en se relevant, sentant le corps sans vie commencer à se remuer.

- « Si tu répète encore cela, je recommencerais jusqu'à ce que tu sois incapable de te réveiller. »

La menace plutôt que les supplique.. Un choix simple, seulement sur cette voie, Lens risquait de ne pas parvenir à le comprendre et, comme bien du monde, risquait d'interpréter ses actes comme de simple éclat de sa folie criminelle.

Suite à cette déclaration, son comportement changea, une énième fois, retrouvant sa gaité et sa chaleur comme si de rien n'était.
Il lui offrit sa main pour se relever, une veste pour se couvrir, un visage souriant et rieur éclairant son être. Ce qui ne l’empêcha pas de menotter Lens à sa personne, histoire de prendre ses précautions.

Joyeusement, il attrapa de sa main libre sa consœur chez l'ours, souriant de voire son sang recouvrir les traits de son tatouage.

- « C'est plus joli comme ça, tu ne trouves pas ?»

Seulement ensuite, il commença à avancer dans les bois, bienheureux...
D'ailleurs, Lens lui avait poser des questions, que dans sa crise, il avait laissé en suspens. se frottant les cheveux, il rit légèrement, comme on le fait à une plaisanterie.

- « Si j'en suis arrivé là, c'est qu'on m'a chassé des laboratoires ♥️ Les scientifiques n'aimes pas les cobayes qui n'apportent aucun résultat et ne sont pas même capable de mourir.
... Enfin c'est assez compliqué.
Tout le monde est mort en Russie. Donc on m'a emmené ici.. Et ici aussi, tout le monde à finis par mourir, à petit feux. Sauf ceux qui m'étaient cher.. Eux sont partie, en me laissant derrière-eux.. Unn... j'ai travailler.. donnant mon sang, puis servant de chien.. Et je suis mort ♥️ Finalement.. Et bien, je n'ai pas vraiment d'utilité, tu vois ? Je suis juste un bon à rien d'autre que détruire. Alors je fais simplement ce que je veux, jusqu'à ce qu'arrive la fin.
....
Mais ce n'est pas ce que tu veux savoir, ne ?
Yee.. ce que tu veux connaître, c'est pourquoi je suis dehors sans être recherché.
Et bien, j'ai effacé toutes mes données- et je continue de le faire. J'ai le contrôle de ma propre puce. Ensuite, Biohazard ne peut pas me tuer sans se condamner donc..
Ils n'ont pas vraiment d'autre choix que de me laisser vaquer à mes occupations douteuses ♥️ Chacun dans son coin et la paix est assurée.. Sans quoi ce serait la guerre et je doute qu'ils aient la moindre chance de l'emporter.
Ah.. Désolé je m'égare encore.
Tu aimerais savoir comment arriver au même résultat, unn ? Ne plus subir d’expériences et vivre comme tu l'entends.
Je pourrais effacer tes données. Te faire passer pour mort à leurs yeux. Puis éliminer, au fil du temps, les informations à ton sujets. Bien sûr, tout en neutralisant ta puce. Si tu n'attires pas trop l'attention, alors tu n'auras rien à craindre.. ~
Sauf que je ne le ferrais pas.
On avait un accord. Je te disais se que tu voulais savoir sur ton bracelet et en échange, j'avais droit à ton corps.
Je t'ai donné les informations que tu désirais. Ors.. tu m'as refusé tout à l'heure. Wakata ? Tu m'as empêché de faire ce que je voulais sur toi. Tu as donc brisé notre accord. De là.. tu m'a trahis, tu m'as mentis.. Je ne peux plus te faire confiance désormais ~ Donc hors de question que je te rende ce type de service mon cher frère ♥️ Il faudra trouver quelqu'un d'autre pour briser tes chaînes.»


Sacré salaud, n'est ce pas ? Déformer ainsi la réalité, pour en accuser le chimera et le rendre responsable de la tournure des choses.. Alors qu'il faut être réaliste: Kumio avait décidé dès le départ qu'il ne l'aiderait pas à se libérer des chaines de Biohazard, de crainte de le perdre une fois de plus. Lens ne l'avais en aucun empêcher d'agir à sa guise, bien au contraire d'ailleurs, il avait faire preuve d'une docilité exemplaire.
Et.. l'ours n'était pas un opportuniste manipulateur, s'il lui avait posé cette question, ce ne pouvait être que par sincérité, pour en apprendre sur lui, le connaître davantage... Et non, contrairement à ce que prétendait le bleu, pour lui soutirer quoi que ce soit afin de s'échapper de BioHazard.
Kumio Hakkyou
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Sam 07 Juil 2018, 01:04


Je l’écoute sans le lâcher des yeux et plus j’entends son récit, plus je me sens attristé pour lui. Je pourrais être en colère et m’énerver qu’il mette ainsi sa vie en danger alors qu’il n’est plus dans les laboratoires. Il pourrait vivre heureux et tranquille, autant qu’il lui en est possible. Mais au lieu de cela, il préfère se faire du mal et en faire aux autres. Et là dedans, je ne peux m’empêcher de me dire que si j’avais pu être là, simplement pour le prendre dans mes bras après des évènements douloureux et traumatisants, peut-être ne serait-il pas devenu aussi atteint. Je n’ai jamais craqué parce que je n’ai jamais été seul, qu’importe ce que les Scientia peuvent penser à mon sujet, malheureusement, ça ne semble pas être le cas de Kumio. Si je pouvais posséder un pouvoir, je crois que je voudrais remonter dans le temps et tout faire, cette fois, pour ne pas partir sans lui. Peut-être que si j’avais menacé de me tuer, elle aurait prit Kumio avec nous ? Je n’en sais rien et je ne le saurais jamais. Je lève ma main vers son visage et pose ma paume sur sa joue, tendrement. L’espace d’un instant, j’ai eu envie de lui en coller une, pour lui signifier que je n’aime pas ce comportement mais ce serait inapproprié. Au lieu de ça, je préfère lui montrer autrement, que je tiens à lui.

« Navré Kumio mais je ne peux pas rire ou même sourire en entendant pareil récit. Je n’aime pas l’idée que tu cherches à te détruire. »


C’est bien de cela qu’il s’agit non ? Lorsqu’il parle d’instinct de survie qui lui a sauvé la vie, mais qu’il souhaite changer ça ? Pourquoi ? N’a-t-il pas assez souffert entre leurs mains ? Je suis sûr que si pourtant, sinon il ne serait pas devenu comme ça.
Je laisse retomber ma main dans la neige sans pour autant le quitter des yeux, du moins, jusqu’à ce qu’il se penche sur moi. La suite me laisse sans voix mais a le mérite de me faire légèrement sourire car si je le laisse faire à sa guise, ce n’est pas pour autant que l’autre agir de la même manière.

« Je ne suis pas certain qu’elle reste sur place bien sagement… »


C’est même sûr. La suite me surprend encore un peu plus. Il semble interloqué que je lui pose cette question, pourtant légitime à mes yeux. Je m’attends presque à ce qu’il me dise qu’il a des envies cannibales de temps à autres, mais non. Il s’agit de partage et je dois dire que ça n’éclaire pas davantage ma lanterne. Du moins, pas dans le sens que je l’imaginais.

« Ne partageons-nous pas déjà ce moment ? »


Mais je réponds à ses questions, non sans quelques difficultés lorsqu’il s’agit de Matéo. Je pose une main sur celle qui tient le couteau, pour qu’il comprenne que je n’aime pas le voir saigner, se faire du mal.

« Mon corps rejette tous changements physiques, jusqu’aux cellules… Il est impossible de le masquer ou le retirer. »

Et quand Kumio ose prétendre que c’est sa perte qui m’a poussé à le protéger, je ne peux m’empêcher de grogner légèrement. Comment peut-il imaginer une chose pareille ? Ils ne se ressemblaient même pas ! Kumio était faible et insignifiant, alors que Matéo dégageait déjà une aura de leader.

« Ne dis pas n’importe quoi Kumio. Il est toujours là, il n’a pas laissé de vide. Tu n'en as comblé aucun. »
Une fois cette phrase sortie, je la regrette aussitôt. Je n’aurais pas du dire ça de cette manière. Je ne veux pas qu’il m’interroge à ce sujet alors j’enchaine. « Il s’appelait Matéo. Il était déjà plus puissant et résistant que moi. Il parait que j’ai faillit mourir à la naissance, lui était plein de vie. »

En ajoutant ainsi des informations sur moi, j’essaye de lui faire oublier certaines de mes paroles, mais j’ai quelques doutes sur cette réussite. Qu’importe, je pourrais toujours lui dire que je ne veux pas répondre.

« En quelque sorte oui. »

Même si la bête le voyait davantage comme son enfant à protéger que son frère. Je secoue la tête, inquiet lorsqu’il reprend une de mes formulations ; oui c’est à cause de l’ours mais pas comme il semble le comprendre. J’ouvre la bouche pour le détromper ; ne se souvient-il pas de leurs retrouvailles, dans la prison ?; mais je ne sens qu’une horrible douleur dans la poitrine. Ses mots me parviennent à moitié alors que je perds vie. Il… M’a planté sa lame… en plein cœur ? Kumio ? Pourquoi ? Cette question se répète dans mon esprit alors que je meurs. Je ne sais jamais combien de temps je reste sans vie mais lorsque j’ouvre de nouveau les yeux, c’est pour sentir de nouveau ma vie me quitter. Pourquoi ? Cette fois, j’obtiens une réponse. Il ne veut pas que je dise que je mérite de mourir ? Je fronce les sourcils et me redresse.

« Je meurs déjà suffisamment de leurs mains, il est inutile de t’y mettre Kumio. »
Ma voix est quelque peu froide. « Je ne mérite pas de mourir, pas plus qu’un autre Cobaye. Ce sont leurs dires pour le projet Chiméra. »

Il a peut-être des envies suicidaires, ce n’est pas pour autant qu’il en va de même pour tout le monde. Et merde, je déteste ça, mourir ! Au point où j’en tremble légèrement, chose que j’essaye de masquer au mieux. J’aime Kumio mais j’ai bien plus peur de la mort –définitive- pour le laisser faire à loisir. Il ne m’aura pas deux fois. Je l’espère.

Une fois à côté de lui, debout et menotté je glisse mon regard sur le sujet de conversation. En quoi est-ce que ça devrait être beau ? Je suis navré mais le sang ne fait pas parti des choses que j’apprécie, j’en fais couler bien assez. Alors je garde le silence.

J’écoute la suite avec attention et malheureusement, je ne peux pas le contredire. Quelle est l’utilité d’un Cobaye, si ce n’est de donner des résultats tout au long de sa vie ? Nous ne servons à rien d’autres qu’à leurs expériences malsaines. Je garde néanmoins toujours le silence, pour ne pas le couper, écoutant et enregistrant plutôt ses paroles. Je suis assez heureux d’entendre qu’il n’est pas recherché par le labo, qu’il peut au moins se protéger d’eux. C’est bien. Il n’aura pas de risque de retomber entre leurs mains. Moi ? J’hausse un sourcil car si cette idée me serait venue tôt ou tard, ce n’était pas pour cette raison que je l’ai questionné. Et il me fait quoi là ? Se rend-il seulement compte de ses paroles et à qui il les dit ? Je ne crois pas.

Je me stoppe momentanément avant de passer à l’action. Je viens le pousser jusqu’à ce que son dos rencontre un arbre et que mon corps l’empêche de bouger. Ma main libre vient se saisir de son menton pour qu’il lui soit impossible de fuir mon regard. Le mien renvoie une colère froide et une douleur palpable.

« Je ne sais pas pour qui tu me prends Kumio mais tu te trompes visiblement de personne. Premièrement, c’est pour ta sécurité que j’ai posé ces questions car il était impossible que BH laisse un Cobaye en liberté, qu’importe si tu n’es pas viable, ils trouvent toujours quelque chose à te faire. Alors j’ai été heureux d’apprendre que tu pouvais passer sous leur radar, que tu ne retournerais pas entre leurs mains. Deuxièmement, je ne te demanderais pas un tel service dès nos retrouvailles, je ne connais même pas cette ville, je me ferais choper en un rien de temps ! Plus tard peut-être mais surement pas aujourd’hui. Troisièmement, je t’interdis de penser que je t’ai trahi ou menti. Tu m’as bouffé l’oreille, scarifié et tué ; où ne t’ai-je pas donné mon corps ? C’est cher payé pour une simple explication pour une montre que je ne possède même plus après ma transformation et ta perte de confiance injustifiée. Alors ne me prends pas pour un con Kumio. » J’inspire et expire, resserrant ma prise sur son menton, sans réellement le vouloir et m’en rendre compte. « Et pour finir, je ne te laisserais plus jamais derrière, tu m’entends ? Je ne pourrais pas t’abandonner de nouveau. Je n’ai pas pu obliger Lyséa à te prendre avec nous, quand ils tuaient les Cobayes du projet Chiméra, mais cette fois, je n’irai nulle part sans toi, est-ce que tu as bien saisi ? »

J’attends une réponse ou une réaction avant de le lâcher et de me reculer. Je suis gentil, je me laisse faire –surement bien plus avec lui qu’avec n’importe qui d’autre hors Scientia- mais j’ai mes propres limites. Il n’a pas le droit de penser que je veux le manipuler pour obtenir ce que je souhaite et l’abandonner ainsi. Bordel ! Mais il me prend pour qui ?!

« Tu n’es qu’un imbécile Kumio. Comment tu peux douter du fait que je t’aime et que je tiens encore à toi malgré toutes ces années ? »

Car c’est ça non ? Il pense que je joue la comédie ? Que je savais depuis le début quels sont ses capacités ? Si tel est le cas, je pense qu’on ne m’aura jamais fais aussi mal avec des mots…


Lens
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Lun 09 Juil 2018, 00:37
La douce caresse, remplaçant quelque coup qu’il croyait recevoir, tout comme l’inquiétude remplace le flux de colère et d’engueulade qu’il pensait affronter... Surprenant le bleu, au point de le faire sursauter... de crainte.

- « Et l’idée que je veuille seulement choisir ma propre mort ? »

Liberté ultime d’un cobaye, que de pouvoir opter pour le moyen de mourir qui lui plait le mieux, au lieu de succomber dans d’horribles souffrances, inimaginables au commun des mortel. Car certes, il s’agissait d’une destruction, Lens avait vu avec clairvoyance entre les lignes de son discourt... Mais cette autodestruction, se suicide programmer, reflétait simplement son désir brulant de se soustraire aux morts imposés par les scientifique sur son être.
Encore que si on considérait la folie comme un symptôme, il ne faisait que suivre son fatal destin, sans en avoir conscience...

Fronçant les yeux face à cette nouvelle question, qui le poussait toujours à réfléchir, il grommela, la voix ne cachant pas sa déplaisance.

-« Si. Mais.. Je voulais partager plus que ce moment… Juste partager... Tout.
Il ne faut pas ? »


Sujet trop complexe, sans aucun doute, pour qu’il s’exprime convenablement sur la nature de ce qu’il avait désiré partager avec son frère... Dans tous les cas, le partage n’était qu’un échec prévisible, vu leur différence.

Pris par surprise par sa réponse, ses yeux s’écarquillèrent face à ses explications sur Mathéo. Courte et suffisamment véhémente pour lui faire comprendre, lorsqu’elles s’accompagnèrent d’une autre réponse rapide, que le sujet déplaisait au chimera. Retrouvant une certaine tendresse dans ses traits, il opina légèrement, murmurant.

- « Désolé, je ne savais pas.. Je pensais que c’était Lens le protecteur des deux. Jamais je n’aurais comparé sinon... Tout mes excuses à Mathéo.
Je suis heureux que tu n’es pas seul. Que vous ne soyez pas seul... Vraiment heureux. »


C’était sincère, l’expression de son regard ne laissait pas le doute planer sur ce point. Et s’il ne posa pas d’autre question, ce n’était pas par manque de curiosité... Mais parce qu’il sentait bien que l’ours n’appréciait pas le sujet. Cela ne le regardait pas... C’était la famille de Lens, pas la sienne. Maintenant, il savait une chose importante : quoi qu’il arrive, son frère ne serait jamais seul. Personne ne pourait lui enlever Mathéo, il le sentait. Et.. Oui, c’était une sorte de soulagement pour le bleu, qui en dépit de tout savait l’importance que pouvait incarnait un être cher. Surtout un protecteur, car… c’était se qu’était ce jumeau inconnu

Toutefois, tout ceci ne l’empêcha pas de tuer l’ours... à plusieurs reprises. Au final, il n’aura su tenir qu’une heure, à peine. Quelle chance qu’il n’ai pas plus de personne chère à son cœur, sans quoi ce serait une hécatombe. Les yeux fermés, loin de regretter son geste, il glissa alors qu’une information se faufila jusqu’à son cerveau.

- « Les blouses blanche sont des crétins.. Alors ne répète pas leur idiotie devant moi ! »

L’ours tremblait. Les camera sont formelle, il tremble. D’autre symptôme de peur son enregistrer par sa puce : le timbre de sa voix, son regard, sa respiration, le rythme de son cœur… Coulant son regard sur son arme couverte du sang bien aimé, la nouvelle le désarme. Jamais il n’aurait pu le croire... C’était donc pour cela qu’il obéissait ?

Changer de sujet n’améliora pas les choses... Même son beau « dessin » n’atteignit par son frère. Quoi de plus normal quand l’œuvre n’était qu’une trainé de sang… Ce qui finit de mettre en avant la différence entre les deux hommes. Les années les avaient éloignées au possible, il était temps qu’il le réalise.

Son nouveau monologue n’obtient pas d’objection : un cobaye incapable de donner des résultats est inutile, insignifiant et c’était à ça qu’il devait actuellement sa survie. Le reste... Par contre finit par obtenir une réaction. Ses pupilles dansent d’amusement quand il se retrouve bloquer, que les doigts sur son menton – geste bien inutile, Kumio regard très souvent les autres dans les yeux, pour les défier – se font douloureux. Presque.. une jubilation, car s’il a choisit ses mots, c’était pour obtenir ce résultat.

- « J’ai entendu. »

Mais son expression ne laisse pas voir qu’il puisse avoir compris ses paroles, ou qu’il soit en accord avec elle... La colère de son frère serait-elle incapable de l’atteindre ?
Fermant les yeux, ses mains attrapèrent celle entravé de sa famille. Quelque seconde plus tard, les menottes tombèrent au sol : l’informateur n’avait pas besoin de clé pour ouvrir pareil instrument. Pendant qu’il écoutait cette déclaration désagréable au possible...
Aimer ? Ne pas être abandonner ? Non, jamais il ne pourrait le croire. De personne. Tel était son état aujourd’hui... Relevant son regard sur l’homme qui osait mentir – car tout ça ne pouvait qu’être mensonge à ses yeux – il susurra, perfide..

- « Je suis un imbécile, d’accord.. Mais je ne suis plus un enfant, Lens.
Tu m’aimes ? Et qu’aimes-tu en moi ? Ma manière de couper un être en morceau sans le tuer ? Mes rire quand je voix des gamins s’étouffer sous les bonbons que je leur offre ? Mon plaisir sadique de blesser ceux que je croise ? La façon dont je te traite ? Les blessures que je te cause ? Les morts que je t’inflige ? Les mensonges que je distille, depuis notre retrouvaille, pour te tromper ? Mes passes temps morbide qui me poussent à me mutiler ?
Non.. Tu n’aimes rien de tout ça.. Au contraire, cela te déplait, tout ce que se que j’essaie de partager avec toi, ça ne fait que t’attrister... Ou te faire pitié...

Tu veux savoir, mon cher frère, ce que tu aimes en moi ?
L’ombre du sale morveux que j’étais, faible et insignifiant, qui n’aurait jamais survécut sans toi. Hélas, celui là est mort le jour où tu es partie. Jamais il ne reviendra.
Alors oui, d’accord, tu as des sentiments pour moi... Mais seulement en échos à cette chose de jadis. Ce n’est donc pas moi que tu aimes... Moi, ce qui me constitue, ce que je suis... Au mieux te fait pitié, au pire t’écœure. »


Un sourire méprisant étira ses lèvres, tandis qu’il continua sur sa lancé.

- « Tu ne pourrais pas m’abandonner à nouveau ? Mais ta vie ne t’appartient pas, Lens. Tu es à eux et à eux seul. S’ils t’enferment, peu importe ta volonté, tu seras incapable de me voir et de passer du temps avec moi. Tu dépends uniquement d’eux et de leur lubie...
Alors, si à nouveau ils décidaient de te changer d’endroit, tu les suivrais sans pouvoir dire le moindre mot et je me retrouverais à nouveau laisser seul derrière.
Même là, maintenant, si ta stupide montre eue sonné... Tu serais parti dans la seconde, de crainte qu’ils ne viennent te chercher. S’il menaçait ta vie... Tu n’auras d’autre choix que de courber l’échine.

Tu n’iras nulle part sans moi ? .. Quand nous aurons finis cette promenade, ne vas-tu pas gentiment rentrer dans leur laboratoire ? Ne vas-tu pas me quitter, comme tout le monde l’a fait ? Est-ce que je ne vais pas voir ta silhouette s’en aller, alors que je resterais seul ? Qu’est ce qui peut m’assurer que je te reverrais quand tu seras parti ? Qu’est ce qui me restera de toi, quand tu ne seras plus là ? Ils peuvent t’enchainer dans une cage à jamais, comme te tuer si l’envie les prend... ! Je ne pourrais même pas serrer ton cadavre contre moi une dernière fois... !
.. Tu veux que je te fasse confiance ? Tu oses m’interdire de penser que tu m’as mentis et trahis ? … Mais c’est impossible que je croie en tes mots ! Je veux bien croire en toutes les fantaisies imaginables... Mais çà c’est une absurdité totale.
Et en disant ça, ce n’est pas à moi que tu mens, Lens.. C’est à toi-même !
Nous savons tous les deux que tu es la chose de BioHazard. Et de personne d’autre. »


La suite aurait dû être un éclat de rire, suivi d’une séparation pour appuyer ses mots... Pourtant le cadet attrapa les mains de son protecteur, les serrant avec chaleur avant de plonger ses yeux dans les siens.

- « Cela me va, tu sais. Que tu aimes celui que j’étais jadis... Et même si se que tu ressens pour moi n’est qu’un reste de cela... Cela me suffit. Ce n’est pas grave si tu ne me comprends pas. Ce n’est pas grave si tu es incapable d’aimer ce que je suis, comme ce que je fais... Je n’en ai pas besoin. Tu es mon frère. Le seul qui m’ai protégé et chéri. Et tu le resteras toujours, quoi qu’il arrive. Alors ne te force pas à accepter ce que tu n’aimes pas.
Cela ne me dérange pas si tu es incapable de rester avec moi. Ce n’est pas grave si tu ne seras jamais vraiment à moi... Parce que je viendrais te voir chaque fois que j’en aurai l’envie, peu importe où tu te trouves. Même si on t’enchaine dans les sous-sols des laboratoires. Même si on t’éloigne à des kilomètres d’ici... Si tu veux me voir, tu n’auras qu’à m’appeler pour que je vienne. Où que tu sois, je t’entendrais.
Tu comprends ? Tu n’as rien besoin de faire Lens. Tu n’as pas besoin de me protéger, de prendre sur toi, de te mettre en danger ou d’endurer des choses qui te déplaises. Tu n’as pas à me laisser te blesser ou te tuer… Parce que tu n’es pas à moi. Ces droits, ce sont les scientifiques qui les ont, pas moi.
Et tu n’as pas à craindre de représailles. Je ne vais pas cesser de te voir pour autant. Je ne vais pas te menacer pour autant. Le reste de ma vie, je continuerais à venir vers toi. Je continuerais à être ton petit frère, quoi qu’il puisse arriver. Je ne t’abandonnerais pas, je ne te nierais pas. »


Sur ses paroles, étrange dans la bouche de Kumio, pour toute personne le connaissant un minimum, il déposa un baiser tout aussi particulier sur les mains de Lens. Quelque chose de doux et de triste, qui pouvait sonner autant comme une promesse, que comme un adieu. Le même genre de baiser qu’il avait eu pour son père adoptif, en réalisant se qui les séparaient aujourd’hui.
Car le cas se représentait ici même : Les deux cobayes se retrouvaient sur deux terrains différents, rien ne les réunissait, hormis un pan lointain de leur passé.

Laissant ses mains couler des siennes, il s’éloigna un peu, juste pour ramasser son masque, le remettant sur son visage en glissant, sur le timbre du secret.

- « Je suis un criminel : si on voie mon visage ça va nous attirer des ennuis ~ Et ce serait dommage que nos retrouvaille s’achève aussi vite, tu ne penses pas ? »

Regardant à droite, puis à gauche, il désigna une direction entre les arbres, soufflant.

- « Changeons de sujet, d’accord ? Rien ne bon n’en découlera.
Tu l’as peut-être sentit mais il y a quelque ours dans cette forêt. Des vrais ours, sauvage et petit... On peut essayer d’en A.. Observer un, si tu veux ? En restant à distance, pour ne pas le déranger.
Sinon il y a petit coin d’eau à quelque mètre, si tu veux te rafraichir un peu, enlever le sang sur ton corps. Un homme est en train d’y pécher, on pourra le..
L’assommer, pour lui prendre ses vêtements, comme ça tu auras de quoi t’habiller.
Qu’en dis-tu ? »


Observer de loin, assommer un homme... Ce n’était pas ses pensées, bien entendu. Il mettait juste un filtre, pour être plus normal, plus agréable avec son frère. Histoire de ne plus être en crise face à lui, de ne plus lui faire du mal... Cela ne tiendrait sans doute pas, mais comme Hakkyou est autant masochiste que sadique, il saurait trouver à se contrôler.
Kumio Hakkyou
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Ven 13 Juil 2018, 19:01


Cette question me désarçonne un peu car elle est justifiée et qu’y répondre n’est pas si simple que ça. Bien sûr, maintenant qu’il est libre, Kumio peut choisir la mort qu’il souhaite se donner et non pas celle qu’ils auraient voulu pour lui. Mais je ne peux m’empêcher de ne pas apprécier l’idée même qu’il désire mettre fin à ses jours, probablement parce que l’idée de le perdre une nouvelle fois me fait mal. Pourrais-je être assez naïf pour penser que maintenant que nous sommes réunis sous ce toit métallique, il arrêtera cette lubie ? Pour me réconforter, je pourrais répondre par l’affirmative, malheureusement, le récit de mon frère est bien trop intense pour le penser réellement.

« Cette idée est légitime et tous cobayes aimeraient pouvoir l’avoir. Seulement, n’as-tu personne avec qui la partager hormis des inconnus ? »


Je sais bien, c’est ma propre peur que je renvoie dans cette question : celle de mourir pour de bon et seul. Il y aura toujours Scientia et Matéo près de moi mais personne à qui tenir la main une toute dernière fois. Peut-être suis-je trop stupide à espérer pouvoir encore avoir cette chance. Car c’est là, la vie des cobayes : on vit seul et on meurt seul, essayer d’en vouloir davantage n’est qu’espoir vain.

Sa réponse est quelque peu spéciale et montre combien il va m’être difficile de comprendre Kumio maintenant. Nous ne réfléchissons pas pareil, terriblement différemment même. Mais rien n’est perdu pour le moment.

« J’ai été surpris mais… je suppose que je peux comprendre cette démarche. »


Du moins, dans les grandes lignes et sans pouvoir en faire autant, pas sous cette forme en tout cas. La chair fraiche n’est pas encore dans mon régime alimentaire quand je suis moi. Quand c’est la bête qui commande, là, il n’y a rien d’autres qui l’intéresse…

Matéo… Un sujet que je n’aime pas aborder et pourtant, je le fais tout de même avec lui. Si je ne voulais réellement pas, je ne lui répondrais pas. Je pense qu’il doit être l’une des seules personnes avec qui je puisse parler de mon frère disparu. Je lui souris doucement et secoue légèrement la tête. Si les vidéos de notre enfance n’avaient pas été supprimées, il aurait pu nous voir ensemble, Matéo déjà grand et fort, pendant que je prenais du retard sur le programme instauré par Lyséa.

« Une autre fois, je te dirais tout ce que tu veux savoir sur mon passé, sur Matéo. Aujourd’hui, ce sera compliqué pour moi. »


Je ne veux pas qu’il se sente rejeté dans cette histoire. Et puis, si Kumio a changé en grandissant, il a le droit de constater qu’il en va de même pour moi. Me croira-t-il, lorsque je lui dirais que moi aussi, j’ai eu quelqu’un sur qui compter, à la mort de mon frère ? Kieran m’a été d’un grand soutien à cette époque, qu’importe ce que je ressens aujourd’hui pour lui.

Je prends note que mes paroles peuvent être mal interprétées et qu’il y réagit rapidement. A moins qu’il n’aime tout simplement tuer, sans distinction ? Mais dans ce cas, as-tu des amis ? Il n’est plus enfermé, ils ne vont pas l’obliger à se battre contre un ami s’ils le savent, alors en possède-t-il ? J’ai envie de croire que oui même si je crains un peu pour cette personne.

La suite se passe rapidement, entre ses paroles et ma réaction quelque peu déplacée. Je sais pourtant me contenir et me contrôler –sinon je serais mort depuis longtemps à cause de ma bête- mais pas cette fois. Pas face à lui et ses paroles. Pas alors que l’on vient tout juste de se retrouver. Je déteste l’idée même que l’on puisse ne plus se voir après aujourd’hui. Ou même qu’il pense que ce soit de mon fait, de mon envie de ne plus le voir. Comment peut-il penser une telle chose ? Car il pense que je l’ai abandonné intentionnellement, la première fois ?

La suite me fait l’effet d’un nouveau coup en plein cœur. Ca fait atrocement mal, bien qu’il ne me blesse pas physiquement et que j’ai connu bien pire. Pourtant la douleur est présente, bien plus que je ne voudrais l’admettre. Je l’écoute, presque sonné par ses paroles qui ont un putain de fond de vérité. Pas le début, car même si effectivement tout ce que j’ai vu de lui pour le moment est en total opposition avec ce que je connais de lui, ça ne signifie pas que je ne l’aime pas. Mais comment le lui dire ?

Je sais que je ne suis rien et que vouloir des choses n’est que pur masochisme car je ne pourrais rien avoir. Mais l’entendre de sa bouche et de cette façon me fait me sentir bien plus mal que jamais. Au final, peut-être n’était-ce pas une bonne chose, ces retrouvailles ? Aussi douloureux que ce soit pour moi de le penser, peut-être qu’il a raison : malgré toute ma volonté, peut-être ne pourrais-je pas le revoir après aujourd’hui. Alors, qu’aura apporté cette journée, à part une nouvelle souffrance suite à une nouvelle séparation ? Peut-être n’aurais-je pas dû lui parler dans la prison, pour le protéger. J’entends ma bête grogner violemment contre ces pensées qui m’envahissent. Mais que penser d’autres face à de telles paroles ? Face à cette vérité que je ne veux pas voir ? Je suis censé être plus vieux et expérimenté et pourtant, c’est Kumio qui me remet les pendules à l’heure et m’incite à arrêter de rêver éveillé. Si je n’avais pas cet instinct de survie colossal et cette peur de mourir, j’aurais fais comme certains cobayes ne supportant plus être « la chose de BioHazard », j’aurais trouvé un moyen de me tuer définitivement. Pourtant, si je l’avais fais quant bien même la suite pourra être douloureuse, il n’y aurait pas eu ce jour, je n’aurais jamais su qu’il avait survécu.
La suite est encore plus douloureuse à entendre et ne me plais pas. Ce n’est pas ce que je veux pour nous, ce n’est pas comme ça que ça doit fonctionner. Pourtant je ne le coupe pas et continue d’écouter en silence chaque mot qu’il prononce. A son baiser qui me donne mal à la gorge et accentue la couleur rouge de mes yeux suite à ma retenue de ne pas pleurer, je l’enveloppe de mes bras ; je le sers fort contre ma poitrine. Je le tiens pendant quelques minutes, en silence, avant de m’en rendre compte. Alors  seulement là, je prends la parole, quelque peu ému.

« Je ne te quitterais pas de ma propre volonté, il faut que tu le sache. Je ne m’éloignerais pas de toi par envie de te fuir car tu es différent aujourd’hui. Oui, je suis leur chose et visiblement ça ne changera jamais, mais ce n’est pas pour autant que je ne possède pas d’espoirs stupides comme celui de continue à te voir autant que possible. Seulement, même si je ne peux plus sortir, s’il te plait, ne vient pas dans les sous-sols ; ne prends pas le risque de te voir enfermé pour moi, pas alors que tu peux vivre loin d’eux. »
Je continuerais à me comporter comme ils le souhaitent pour garder ce droit de sortie, pour lui éviter toutes visites dans les labos. Il le faut. « Je t’aime car tu es mon petit frère, je ne te connais plus mais je veux te découvrir de nouveau, qu’importe si ce que tu es aujourd’hui est à l’opposé de ce que tu étais dans le passé. Tu es en vie Kumio et c’est tout ce qui m’importe. » Je préfère qu’il soit un psychopathe sadique plutôt qu’il soit mort ; et si quelqu’un ose me dire le contraire, c’est qu’il ne comprend pas l’amour que je lui porte. « Et si tu as besoin de faire mal, de faire couler du sang pour te sentir bien, alors on verra pour que tu m’en fasses. Je n’aime pas la douleur mais quitte à choisir entre leur donner ma souffrance et te la donner pour que tu te sentes mieux, je te choisi. » Je suis résistant après tout. « Seulement,  comme tu sembles l’avoir comprit… J’ai peur de mourir, définitivement, alors ne le refais plus. » C’est autant une requête qu’une mise en garde, car je ne le laisserais plus faire, maintenant que je sais qu’il en est capable. « Et quand nous aurons terminé cette promenade, je viendrais chez toi. Pour avoir le droit de sortie, je dois me plier à leur exigence, tant qu’ils ne me rappellent pas, je peux être dehors… Et tu es capable de me dire quand ils m’appelleront non ? » Rester dehors n’est pas un problème tant que je reste un bon chien qui revient quand son maître l’appelle…

Je finis par le lâcher, après un baiser sur ses cheveux. Je le regarde aller ramasser son masque et hoche la tête ; même si, des ennuis, ne va-t-on pas déjà en avoir, avec le bordel mis dans la ville, pendant notre partie de chasse ? Je viens à ses côtés, reprenant sa main, comme si nous étions toujours liés avec ses menottes, qu’il comprenne que je ne veux pas l’abandonner ou le quitter.

« Ne te change pas pour me plaire Kumio. Tu aimerais lui faire plus que le tuer, à cet homme non ? Je ne pourrais pas continuer à dire que je t’aime si je ne sais pas qui tu es vraiment. »
Je marque une petite pause, regardant dans la direction d’où viennent les odeurs animales. « Je ne dis pas que j’apprécierais tout ce que je pourrais voir mais… Je veux le voir. Ne te cache pas de moi, d’accord ? »

C’est surement beaucoup demandé et j’en ai conscience mais je le veux vraiment. Et puis, je ne pourrais plus me supporter si je devais le rejeter pour ce qu’il est devenu alors que c’est en parti ma faute.

« Je veux me racheter pour ne pas avoir été là pour toi… »


Je l’entraine ensuite dans la forêt, aux endroits qu’il n’a pas pu voir et observer les dégâts fait par ma bête ; des traces immenses de griffes dans des arbres qui tiennent encore miraculeusement debout. D’autres déracinés et mis en pièce en quelques coups, démontrant toute la puissance de cet animal dangereux. Surement que ceux qui vivent ici ont prit peur en entendant ces bruits mais il n’est pas compliqué de les tracer. D’abord : le lac et cet homme. Il n’est pas très loin de cette étendue d’eau monstrueuse. Je souris faiblement et presque tristement avant de lui transmettre le fond de ma pensée :

« Ton protecteur n’est en rien imposant et en plus, il a peur de l’eau… Je ne pourrais pas m’approcher trop près de ce lac Kumio. »


Si jamais je venais à trop m’en approcher et que ma phobie ne pouvait pas être contrôlée, je perdrais le contrôle de ma bête, comme lorsqu’ils m’enferment dans le noir pour me forcer à la laisser sortir quand ils le désirent. Peut-être sera-t-elle reconnaitre Kumio mais si j’ai peur, elle le ressent aussi et son comportement en pâtie…

« Je suis devenu ridicule hein ? »

Comparé à celui que je devais être à ses yeux, à cette époque, bien sûr. Dans le fond, il n’y a jamais eu que ma bête d’impressionnante.


Lens
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Sam 28 Juil 2018, 23:08
Parée d’une sorte de fierté, plus proche de la satisfaction à l’idée que Lens lui donne raison, son visage gagna en joie à son interrogation.

- « Eh bien… J’ai rencontré un être magnifique avec qui je me suis engagé dans une mort mutuelle ♥️ Un jour, nos affrontements prendront fin avec notre dernier souffle et alors nous gouterons ensemble au néant de l’après vie.
Le plus merveilleux, ce serait d’échouer... Elle serait dans une telle fureur, si je venais à mourir sans elle ! Ah ah.. Oserais-je être si cruel ? ~ Et elle, serait-elle capable d’aller aussi loin... ? S’infliger la plus terrible des souffrances... Briser nos rêves... »


Lens serait-il capable de comprendre son raisonnement, à défaut de la joie morbide qui l’étreignait, en pensant à ces derniers jours dans ce monde insensé ? Quoi qu’il en soit, il attrapa ses mains, les serrant avec chaleurs en demandant.

- « Mon grand frère a-t-il quelqu’un pour partager le moment le plus joyeux de sa vie.. sa fin ? »

Ne même pas penser être présent lorsque viendra la mort de l’ours dénote l’égoïsme et la cruauté du bleu... Seulement, en dépit de ses défaillances, il savait se montrer réaliste. Son existence ne tiendrait pas une année supplémentaire. Mais le cobaye d’anima, capable de se régénérer, même face à la mort.. Avait de très longue année devant lui. En d’autres mots, Kumio savait déjà qu’il ne serait plus là pour assister au trépas de son frère.

La suite tourna au drame. Tout ce que l’informateur avait espéré, c’était pouvoir renouer avec le passé, profiter en toute naïveté de son ours, de leur retrouvaille pour refaire connaissance... Seulement, ce genre d’espoir était hors d’atteinte. Après avoir détruit son cœur physiquement, il s’évertua à continuer ce supplice sur un niveau plus émotif. Pourquoi ?
Parce qu’il avait mal. Lens lui faisait mal, chaque fois qu’il disait vouloir l’aimer et rester avec lui. Terriblement mal, comme s’il le détruisait en un millier de morceau...
Or, tout prêté doit être rendu. Si on lui arrachait un œil, il devait éclater les deux de son adversaire.
Même s’il supportait la souffrance... En se parant d’une armure de déni : refuser de croire dans les paroles de son frère lui permettait de leur enlever tout – ou presque – effet.

L’embrassade le surpris, ce n’était pas son but d’obtenir une telle réaction. Au contraire, surement espérait-il quelques coups... Sauf que jamais Lens n’avait porté la main sur lui. Est-ce la surprise qui le maintient si calme entre ses bras puissants qui l’étreignent, remplis de cet amour fraternel qu’il prétend factice ? Non, c’est le bruis... Celui de ce cœur qui cogne doucement, même après avoir été fauché par ses soins.

Calme ne veut pas dire que le cadet restait inerte, ho non il ne se gênait pas pour commenter, à voix basse, le flot de parole intimidante qui l’écrasait par leur poids. « ta volonté ne vaut rien : peu importe ce que tu souhaites tu es incapable de l’obtenir. »… Ne pas aller le voir à BioHazard ? L’ours divaguait complétement ! Fronçant ses yeux, le plus jeune protesta, une main tenant son torse, prêt à le repousser... Sans toutefois en faire le geste. « Même s’ils m’ont mis dehors, Biohazard est aussi mon foyer ! Je m’y rend régulièrement, alors je viendrais te saluer à chaque fois ! »[/color]

Je t’aime.. Encore cette affection dégoutante. Chaque fois qu’elle retentissait à ses oreilles, il sentait quelque chose le gagner, quelque chose de froid, de dégoulinant, qui bloquer ses muscles et jusqu’à son souffle, le prenait à la gorge et rendait sa peau moite... Et comme toujours, ses mots se firent aussi poignant que sa douleur.

-« C’est tout ce qui t’importe ? Que je vive dans la souffrance, les larmes et la peur.. Que je vive sans espoir, utilité, ni but, tombant dans un abyme de terreur sans cesse plus profond... Que je vive, objet de haine et noyé dans la solitude... Que je vive en souhaitant, chaque second, mettre un terme à ce supplice.. Cela n’a aucune importance à tes yeux, tant que je vie ?
Tu préfère que je continue ce combat insensé contre moi-même, que je ne cesse de me détruire à petit feux, blessant autrui pour mieux me nuire... Plutôt que d’avoir goûté au repos ? Que de ne jamais avoir sut ce que perdre quelqu’un signifie ? Que de n’avoir jamais réalisé ma profonde nature... Comme l’erreur de mon existence ? Tu préfère que j’ai connu une éternité d’enfer et d’aberration.. Plutôt que je sois mort en ne connaissant que ta chaleur ?
Est-ce ça, l’amour que tu me portes ? »


Même en vivant dans son propre monde, dans une réalité qui lui était propre, à cause de son état il lui était hélas trop simple d’avoir conscience de ce que cela représentait dans cette réalité. Voilà ce que c’était être psychopathe, n’avoir aucune attache, aucune limite et dédier sa vie à la souffrance. Étrangement, si Lens parvenait à lui répondre par l’affirmatif... Alors, sans doute serait-il capable de l’accepter.

Besoin ? Faire couler le sang pour se sentir bien ?.. Son ainé avait-il toujours été si doué pour lire en lui ? Entendre ses mots, déclarés avec une telle simplicité, le mettre à nue aussi aisément... Etait inconfortable. Une rage profonde éclot en lui, ses mots le rebutaient et encore, l’envie de l’abattre dansait dans ses prunelles saphir.

- « En quoi est-ce un choix ? Ce n’est pas parce que je t’écorcherais que les blousses blanches cesseront de s’amuser avec toi.
Ce n’est pas un besoin ! C’est…C’est…
Ce n’est pas tes affaires. Tu ne comprends pas ! ça ne fonctionne pas comme ça... Si tu n’aimes pas... Si tu acceptes juste pour me faire plaisir... Pire, si tu acceptes pour que je me sente bien...
Comment je pourrais me sentir bien ? Comment je pourrais y prendre plaisir ?!
Je ne peux pas te blesser en sachant ça ! Ce n’est pas possible...
… Oublie cette idée, je n’ai pas besoin de toi ! Je sais me débrouiller pour trouver ce dont j’ai.. Ce dont je.. Rah !!
.. Je te le ferrais regretter Lens. Cet espoir que tu m’as donné à notre rencontre et que tu viens de détruire... Ce sera ton calvaire. »


En voilà, un bel exemple de bon sens... Ses yeux hurlaient après le meurtre et il venait pourtant de déclarer qu’il ne le blesserait plus. Et qu’il le lui ferrait regretter. Perturbé, pour ne pas dire bouleversé d‘avoir été percé à jour, que tout son fonctionnement soit si aisément contrer... Le bleu se perdait dans ses mots, se sentait mal, quelque chose n’allait décidément pas. Quant à la mort, son regard, jusque là éclatant, dévia quelque seconde. Peur de mourir... ? A quel point les chemins qu’ils avaient pris s’opposait aujourd’hui ? Mais certes, il l’avait réalisé et ce savoir, comme le reste, ne cessait de le troubler. Aussi hocha t’il légèrement la tête. S’il ne pouvait plus le blesser, comment aurait-il put le tuer de toute manière ?

« Je viendrais chez toi » … Cette petite phrase transperça ses défenses, se figeant droit dans son cœur. Aussitôt, son visage se releva, brillant d’éclat rare en se posant dans le soleil incandescent de son frère... Avant de s’écarquiller sous ses paroles, éclatant douloureusement pour ne laisser que plaie. Son regard se figea en une expression d’horreur si familière aux cobayes.
Combien de scienta avait pu observer ce genre de spectacle ? Offrant un fragment d’espoir, avant d’en révéler le prix, hors d’atteinte, il créait un profond vide chez leur victime...
Devoir lui signaler quand le signal retentirait... Évidemment, ce n’était pas une difficulté, bien au contraire... Comment ne pas réaliser ce que cela signifierait ?
Être l’investigateur de leur séparation. Décider quand leur retrouvaille prendrait fin, le rendre à BioHazard. Le repousser. Sans quoi... Et bien, les scientifiques chercheront l’ours, mettront fatalement la main sur lui et l’enfermeront pour un long moment. Alors même qu’il venait de lui dire qu’il ne le quitterait pas, que lorsque le chimera partira, ce ne sera que sur son propre désire.

Adroitement, le plus vieux avait inversé le court des choses, le prenant à son propre piège. Ses yeux bleus restaient figés, attendant en vain une échappatoire... Un relent de pitié... Lens ne pouvait pas lui incriminer une telle faute, l’entailler à ce point, se montrer si cruel à son égard... N’est-ce pas ?
Encore, s’il le faisait pour le faire souffrir... Mais il disait l’aimer, alors.. Alors même s’il ne pouvait pas croire en son amour- s’il prétendait ne pas y croire surtout – il ne pouvait pas s’imaginer un seul instant que l’ours face cela pour le blesser. De là.. Impossible de le convertir en la plus infime parcelle de plaisir.

Sauf qu’il n’y avait pas d’espoir. L’ours ne plaisantait pas et ne reviendrait pas sur sa décision : après tout, il ne faisait que lui faire goûter à sa propre médecine.
Qu’est-ce que Kumio choisirait ? Son envie égoïste de garder l’ours pour lui... Ou se confronterait-il à sa plus grande crainte, en laissant BioHazard l’engloutir à nouveau ? Les deux choix étaient terribles en conséquence, tous les deux le ravageraient. Fermant les yeux, la mâchoire crispée, finalement il laisse s’échapper une simple approbation « Wakata. » Avant de se reculer, couvrant son visage sous un masque. Cette histoire d’ennui n’était que pure mensonge. Sa raison de porter l’objet était synonyme de fuite. Le cobaye ne voulait plus que son semblable le voit, ou plutôt qu’il lisse si clairement en lui.. Sauf que ce n’est pas un simple morceau de carton qui pourrait l’en protéger.

Sa main fut prise, comme si les menottes étaient encore autour de leur poignée. A présent qu’il serait responsable de leur séparation, comment ne pas avoir des palpitations en ressentant que l’ours ne voulait pas le quitter ? Cette vision, il l’avait en horreur... Il voulait lui couper cette main haïssable, son souffle se raccourcit et malgré cette envie dans ces veine, il ne pouvait pas y donner libre court..

Blanche est sa voix quand il répond à cette énième preuve d’amour. Ou plutôt qu’il tente de rejeter cette énième preuve d’amour.

-« Parce que tu pourrais dire que tu m’aimes quand j’aurais arracher les intestins de ce père de famille pour m’en faire une corde à sauter ? »

Baissant son regard, finalement il hocha juste les épaules et souffla « comme il te plaira ». Bien, s’il ne voulait pas qu’il fasse d’effort, pourquoi s’y résoudre ? Peut être parce qu’au fond de lui, il craignait de ne pas lire de dégout dans les yeux fraternels, mais juste de la tristesse face à ces écarts de conduites.

A nouveau, il s’immobilisa, ses paroles dégoutantes firent de trop. Se racheter.. Une fureur ardente brulant ses orbites, le psychopathe se tient devant lui, lâchant sa main pour les croiser, le toisant de haut en bas.

- « Ce n’est pas parce que je ne t’arracherais pas cette sale langue que tu peux dire n’importe quoi qui te passe par la tête ! Si tu avais été là, nous serions morts tout les deux, d’une manière que ni toi ni moi n’aurions aimé.
Je ne t’en ai jamais voulu d’être partie. Maintenant si tu culpabilise pour ta lâcheté, c’est ton problème, saches que ça ne partira jamais, tu ne peux pas revenir sur tes choix alors assumes et fait avec au lieu de vouloir te racheter ! »


Sans quoi... Comment pourrait-il profiter de l’instant, en ce disant qu’il n’est que le fruit de sa culpabilité ? Avec l’idée que Lens se force à le supporter, à cause de ce passé douloureux...
Fermant les yeux, le bleu tira une cigarette noirâtre de sa poche, l’allumant après plusieurs tentatives infructueuses. L’arrière-goût mortel calma un peu ses état d’âme, lui permettant d’apprécier la suite.
Que de dégâts son ours avait causé ! Son sourire revient sous son masque, à l’idée qu’au moins l’un de deux avait su profiter de ces retrouvailles pour simplement se laisser aller... C’était ce qu’il avait souhaité en l’emmenant ici, profiter tout simplement et pas régler leur compte.

Tournant à nouveau son attention sur son frère, la tristesse de son sourire ne passa pas inaperçu. Pourquoi cette expression ? Ce mal être... Recrachant la fumée, il murmura...

- « Moi qui voulait nager avec toi..
Tans pis, j’irais te pécher un poisson ♥️ »


Puis, allant à sa hauteur, il lui donna un coup dans les côtes, avant de mettre sa main au niveau du front de son protecteur.

- « … Tu dois bien faire dix centimètre de plus que moi. Tu as plus de force aussi.
Et.. Avoir des peurs... Craindre la mort... Tous les être vivants sont comme ça.»


Détournant ses yeux, l’informateur tendis à nouveau la main, ajoutant.

- « Enfant, te voir me défendre et me protéger m’impressionnait, parce que j’en étais incapable. Est-ce que tu n’en es plus capable aujourd’hui ?.. Et surtout, penses-tu que moi, je n’en suis toujours pas capable ?..
Nous avons changé... Mais il y a toujours des choses que tu sais faire et qui sont hors de ma portée. Alors, tu es toujours aussi impressionnant à mes yeux.
… Ne prend pas tant à cœur mes paroles de tout à l’heure... Je suis simplement déçu que tu n’ai pas vieilli. Parce que je trouve les hommes d’âge mur plus charmant ♥️ »


Finalement, la massa sombre du lac miroita sous leurs yeux. Aussitôt, le bleu lâcha son compagnon pour s’approcher seul de cette surface translucide, prisonnière d’une couche de glace. Lançant une lourde pierre qui fendit la couche assez épaisse, il put accéder aux flots de pureté. Retirant ses vêtements, le tissu servit à récolter un peu d’eau, qu’il emprisonna avec son obit et retourna sur ses pas, tendant le sac de fortune au phobique.

- « Pour que tu te laves un peu. A la base c’était pour ça que je voulais te ramener ici ~
Que dirais-tu de préparer un feu pendant que je pêche ? Il doit y avoir un briquet dans mes manches... Et d’autre chose, fait attention à tes doigts ~ »


Puisqu’il ne pourrait pas profiter de l’étendu cristalline avec son animal bien aimé.. Kumio s’approcha de nouveau des rives blanches, scrutant le fond du lac, les pieds près de l’ouverture béante, dans l’attente de voir quelque mouvement onduler au loin.

- « … J’aime bien cet endroit. Les poissons sont succulents, surtout les œufs de crocodiles !
En plus, on vo..AhhAaa ! »


Ce qui devait arriver, arriva. La glace fragilisée céda sous son poids, l’emportant soudainement dans ses flots gelés, non sans l’écorché au passage comme le prouva l’odeur ferreuse et la teinte pourpre sur la glace.
S’ensuit le silence, lourds et inquiétant. Où était passé Kumio ? Peau blanche, cheveux bleus... Il passait inaperçu dans les turpitudes aqueuses.
Kumio Hakkyou
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Dim 19 Aoû 2018, 19:28


Avec la réponse de Kumio, je ne sais pas si je dois me montrer rassuré qu’il semble avoir quelqu’un d’aussi proche dans sa vie pour penser à elle immédiatement ou si je dois avoir peur vu ce qu’il me dit d’elle. J’ai l’impression qu’ils sont tous les deux très à un stade mental que je ne peux pas comprendre. En fait, en y réfléchissant rapidement, je crois que je suis simplement heureux de savoir qu’il n’est pas seul. Même si je ne parviens pas à le cerner et à le comprendre totalement, il a apparemment quelqu’un avec qui partager ce genre de chose. D’aucun diront certainement qu’ils sont fous mais avoir survécu aux expériences laissent toujours des traces. D’ailleurs, cette femme –puisqu’il dit elle- est-elle une ancienne Cobaye également ? L’ai-je déjà croisé ? La fin de ses propos me laissent un peu sans voix et m’indique qu’il y a une limite à ma compréhension. Je ne comprends pas pourquoi il voudrait lui faire ça, car de toute évidence, ce n’est pas pour lui permettre de vivre plus longtemps, mais uniquement pour la faire souffrir atrocement. Est-ce là, la forme d’amour que possède Kumio ? Faire terriblement souffrir les personnes qui sont proches de lui est-il une démonstration d’amour ? Ce serait étrange, puisqu’il semble pouvoir tuer et faire souffrir n’importe qui. Alors comment faire la différence ? Peut-être en le côtoyant plus longtemps ? J’en apprendrais surement davantage sur lui.

« Je suis à la fois heureux et intrigué par cette relation que tu entretiens avec elle… Mais si tu as choisi par qui tu voulais mourir, ça me rassure. »


Cela veut dire que même s’il m’est sa vie en danger, tant que ce n’est pas avec cette individu, il n’y a aucun risque qu’il meurt ? J’aimerais être assez naïf pour réellement y croire mais le doute subsiste. Je lui laisse mes mains, attendant de voir ce qu’il veut en faire avant de réagir. Le moment le plus joyeux de ma vie ? Je ne suis pas sûr que ce soit celui-là. J’en ai un peu trop connu –même si ce n’était que temporaire- pour voir combien c’est douloureux, froid et sombre.

« Non. Personne de physique. »


Et je ne voudrais pas de Kumio près de moi. Pour la bonne et simple raison que je mourrais sans doute dans les laboratoires et je ne veux pas qu’il y mette les pieds. Encore moins pendant une de leurs expériences qui aura raison de moi. Il n’a pas à se rendre dans un tel endroit, même si je commence à me dire que ça ne l’affecte pas de la même façon que moi. Je ne suis même pas certain que ça l’affecte réellement.

Lorsque je parle et sens sa main contre mon torse, j’imagine déjà qu’il va vouloir me repousser. Pourtant, il ne le fait pas. Pourquoi ? N’est-ce pas dans ses intentions ? Probablement pas, sinon il aurait agit. Je suppose. A moins qu’il se rende compte que ses paroles ont beaucoup plus d’impact qu’un quelconque geste ? Il sait visiblement où frapper pour que ça fasse mal, car même si je sais que l’espoir est nocif pour les Cobayes, ça ne m’empêche pas d’en posséder, un peu. BioHazard, son foyer ? Je suis réellement désolé pour Kumio, qu’il soit à un stade où penser que cet établissement est chez lui. C’est peut-être un peu le cas, puisqu’ils l’ont fait naitre et vu grandir mais pourquoi y retourner par envie ?

« Je suppose que je ne peux pas te l’interdire. »
Est-ce que lui dire de faire attention à lui changera quelque chose ? Je ne sais pas, car plus j’en entends sur lui, sur ce qu’il est devenu, plus j’ai l’impression que son instinct de survie à mentalement disparu. « Essaye simplement de ne pas retomber entre leurs mains. »

Je sens que quelque chose ne va pas alors qu’il est encore contre moi, son corps semble changer et dégage une étrange odeur. Mais ce n’est pas pour autant que je le lâche et j’écoute sa réplique, cruelle et violente ; comme précédemment lorsque je lui ai dit quelques mots. Je reste silencieux un moment après ces paroles, réfléchissant réellement à ce qu’elles impliquent et à ce que je pense. Peut-être sommes-nous également différent sur ce point mais cela ne fait rien, il aura une réponse franche de ma part, aussi atroce puisse-t-elle. Le lâchant, je viens prendre son visage en coupe, même s’il a l’habitude de me regarder dans les yeux, je veux que ce soit toujours le cas alors que je lui parle. Bien sûr, ma prise n’est pas assez ferme pour lui retirer tous mouvements de recul.

« Oui Kumio. La souffrance et la peur ne t’ont pas tué alors que tu étais entre leurs mains et ils sont des maîtres en la matière. Penses-tu connaitre pire que ce qu’ils t’ont infligé, en étant hors des laboratoires ? »
J’inspire profondément pour aller jusqu’au bout de ma pensée. « Si tu étais mort, je ne t’aurais pas revu. Si tu étais mort, tu n’aurais pas rencontré cette femme qui semble si bien te convenir. Tu serais passé à côté de moment en sa compagnie, ne le regretterais-tu pas aujourd’hui en les connaissant ? » Même si je ne m’aventurerais pas à savoir à quoi ils passent leur temps lorsqu’ils sont ensemble. « En aucun cas je souhaite que tu souffres davantage mais tu n’as plus à te soucier de ta nature, puisqu’elle est accepté par certaines personnes, ni même de ton existence comme étant une erreur car ce n’est pas le cas. Tu comptes pour des individus, même si nous ne sommes pas nombreux. »

Puis-je aller jusqu’à lui parler de bonheur ? Je ne sais pas car je suis très mal placé pour ça. Après tout, cette façon de penser ne repose que sur une croyance qui est sans doute naïve et aberrante vu notre monde et ce qui le compose… Sans rien ajouter, je note dans un coin de ma tête que certaines de mes paroles ont également un effet sur mon frère. Assez pour qu’il s’énerve contre moi ou contre lui, je ne saurais le dire. Ce n’est pourtant pas dans mes intentions. Décidemment, il va être compliqué pour nous de communiquer tant nous fonctionnons différemment. Est-ce que ça veut dire que je vais arrêter de vouloir le voir ? Aucunement. Je souris doucement à ses menaces, au moins, elles affirment qu’il ne renonce pas à me voir, c’est déjà ça.

« Je sais qu’ils continueront leurs expériences mais autant tu veux décider de ta mort, autant je suis en droit de décider à qui donner mon corps et ma capacité de régénération. Pourquoi d’autre voudrais-tu que j’accepte Kumio, si je ne partage pas le plaisir de la douleur ? Si pour une fois c’est pour aider mon petit frère, alors oui, c’est un choix que je prends et que j’assume. »

Souffrir par d’autres mains que celles de Scientia, ce serait une première pour moi. Est-ce que je suis prêt mentalement à ça ? Je ne sais pas, très honnêtement. Mais je suppose que si c’est pour que Kumio se sente bien, ce n’est pas cher payé. J’ai passé ma vie à souffrir pour rien, pour des expériences, pourquoi ne le pourrais-je pas, pour quelqu’un que j’aime ? Acceptera-t-il seulement cette offre ? Je ne sais pas.

Voir un changement aussi brutal dans les yeux de Kumio m’indique à quel point je suis maladroit dans mes paroles ; maladroit et malheureusement réaliste. Doucement, je viens souffler comme pour essayer de l’apaiser. « Ils n’ont aucune raison de me refuser de nouvelles sorties. » Quand bien même leur sadisme est à une très bonne hauteur, ils ont pu observer que malgré ma puissance, je leur suis toujours docile et que je les ai défendu face à ces créatures. Je peux leur servir, sans qu’on me contrôle, pourquoi prendre le risque de perdre une main d’œuvre comme la mienne ? Est-ce que le fait de parler dans cette langue a une signification pour lui ? Le fait-il par habitude ? Alors pourquoi pas le russe ? Notre langue commune ? Je ne pose pas la question et le regarde se masquer.

Sa main dans la mienne, je mets quelques secondes avant de réaliser qu’il ne plaisante pas lorsqu’il parle des intestins de cet homme. Pendant une seconde j’ai cru que c’était une blague mais le ton de sa voix m’est détrompe totalement.

« Eh bien… Surement. Sauf si ma bête s’est déjà pointée car le spectacle l’aura incité à sortir. Il fut un temps où je ne voulais pas reprendre le contrôle sur elle et ses agissements ne valaient pas mieux que les tiens ; j’en suis tout autant responsable qu’elle. Ils nous ont créés et façonné pour être des monstres, c’est ce que nous sommes. »

Même si aujourd’hui j’essaye d’avoir le meilleur contrôle qui soit sur ma moitié, car je sais de quoi elle est capable, il n’empêche qu’elle aussi, elle tue pour le plaisir et pas uniquement pour se nourrir. Comment rejeter Kumio alors que je ne vaux pas mieux ? Oui, maintenant ce sont les actes de ma bête qui blessent le plus souvent mais je ne serais sans doute pas mieux sans mon contrôle.

De nouveau, mes paroles mettent le feu aux poudres, le faisant passer du calme à la tempère en quelques secondes. Et si je n’aime pas le fait qu’il pense que j’ai eu le choix dans cette histoire, le fait qu’il soit si catégorique sur celui de ne pas m’en vouloir enlève comme une sorte de poids dans ma poitrine. Si elle pouvait parler, sans doute que ma moitié me dirait « je te l’avais dis » mais il ne s’agit que de ressenti entre nous, surtout venant d’elle.

« Merci Kumio. »


Il n’y a rien d’autre à ajouter face à cette mise au point un peu brutale mais qui a le mérite d’être clair. Je le regarde se mettre à fumer, fronçant un peu le nez sous l’odeur assez désagréable que dégage ce truc. Mais je ne vais pas en faire la remarque, ce ne sera pas la première fois que mon sens olfactif est soumis à des parfums déplaisants. Nager ? Je ris un peu à cette idée et secoue la tête.

« Navré Kumio mais même en ayant pied, ça ne sera pas possible. »


Déjà que je panique lorsqu’il y a une baignoire dans les pièces où on me fait aller, ce n’est pas pour rester serein face à un lac. Ok, il n’y aura surement personne pour me maintenir sous l’eau –ou autres substances- il n’en reste pas moins que c’est quelque chose d’impossible pour moi. Le coup me surprend sans me faire mal, m’obligeant à reporter toute mon attention sur mon frère. Je louche un instant sur sa paume avant de l’écouter et ce qui m’interpelle le plus, ce n’est pas ses paroles mais le fait qu’il détourne les yeux. Se range-t-il également dans ce lot ? Si c’est le cas, Kumio se révèle être encore plus complexe que je ne le croyais. J’attrape sa main sans me poser de question et continue d’écouter. Et je le coupe suite à sa première question.

« Bien sûr que j’en suis toujours capable. »
Encore un peu plus et ma voix changeait pour prendre un ton plus roque, signe que je ne suis pas le seul à penser ainsi, nous sommes deux. « J’ai vu que tu savais te défendre oui, j’en suis fier. » Car certains Cobayes restent sans défense jusqu’à leur toute fin, ne trouvant ni la force ni l’instinct pour cela. Quant à la fin, c’est à moi de détourner le regard. « J’approche des quarante ans et je ressemble toujours à un gamin… Tu n’es pas le seul à qui ça ne plaise pas. »

Même si gamin est un peu fort, il n’en reste pas moins que jamais je ne pourrais changer physiquement et ça a une part non négligeable de torture psychologique si on y pense. Lorsqu’il me lâche la main pour s’approche de l’eau, je fais un pas ou deux pour l’accompagner mais mon pouls commence aussitôt à s’accélérer face à cette étendue et je recule maladroitement pour m’en éloigner. Je l’observe, à la fois craintif qu’il ne tombe dans l’eau mais aussi un peu admiratif qu’il puisse faire quelque chose dont je suis incapable. L’eau est-elle aussi froide que le vent qui nous enveloppe ? La glace est-elle plus douce que la neige ? Je fronce les sourcils en le voyant se déshabiller et ne peux m’empêcher de lâcher, légèrement réprobateur.

« Tu vas attraper froid à faire ça. »


Je regarde finalement l’eau dans le sac de fortune et le remercie. Je mets juste un instant, fixant le liquide emprisonné dans le vêtement, avant de me décider. Je suis ridicule, je le sais bien mais la pensée fugace qu’un simple récipient de fortune comme celui-là peut noyer quelqu’un, a été obligé de m’envahir. Pourtant, je plonge mes mains pour au moins me nettoyer le visage, le reste importe peu et avoir du sang collé à ma peau, c’est malheureusement pas inédit.

« Merci. Ca ira.
Entendu mais fais attention où tu mets les pieds, la glace peut être fragilisée à cause du trou que tu viens de faire. »


Quant à faire attention à mes doigts, je crois que ça en dit long sur ce qui pourrait se trouver dans ses poches. Mais d’abord, il faut trouver du bois pour le feu. Dans une lecture de Lyséa il me semble qu’il fallait du bois sec. Je regarde autour de moi et soupire. Tant pis, n’importe quel bois devrait faire l’affaire, je suppose ? Je me fige lorsqu’un bruit caractéristique se fait entendre et j’ai toutes les peines du monde à me retourner. Je ne veux pas voir ce que j’imagine. Pourtant, il le faut et le grognement intérieur m’incite à me bouger plus rapidement. Plus de Kumio mais un trou dans la glace qui signifie qu’une chose : il est passé à travers.

« Je t’avais dis de faire attention bordel ! »


Je m’avance rapidement jusqu’à un certain point avant d’être totalement paralysé par la peur. Mon souffle recommence à ne plus être régulier, mon cœur à battre la chamade et mes membres à trembler et ce n’est pas à cause du froid. Je me mords à sang la lèvre inférieure. Plus je tarde, plus il y a de risque pour Kumio. J’essaye de faire un pas de plus mais impossible je suis complètement immobile. Je n’ai aucune envie c’est de reculer et de m’éloigner de ce danger. Mais je ne le fais pas non plus. J’en suis tout autant incapable. Je n’ai pas le droit de laisser mon frère dans cette situation. Peut-être ne sait-il pas nager ? Et le froid ne doit rien arranger. Je ferme les yeux et serre les poings jusqu’à faire couler le sang à cause de mes ongles. Je murmure une plainte à l’attention de Mattéo alors que je me déshabille. L’instant d’après l’ours est là, grognant et s’élançant vers l’étendue d’eau.

L’animal saute sur la glace, la brisant à cause de son poids et se met à battre des pattes pour plonger. Il lui est impossible de le repérer à l’odeur, car il ne peut pas respirer, un gros désavantage alors que sa vue n’est déjà pas très bonne. Mais contrairement à son hôte humain, l’énorme grizzly ne panique pas et cherche sa proie. C’est comme ça qu’il pourrait être représenté, même si ce n’est pas le cas, puisqu’elle ne resterait pas aussi longtemps sous l’eau uniquement pour se nourrir. Sans qu’elle ne puisse savoir au bout de combien de temps –et un ou deux aller-retour à la surface-, ses longues griffes touchent quelque chose et s’y plantent avant de le remonter. Il s’agit de Kumio. Du moins, de son corps. Elle le prend dans sa gueule et le traine, d’abord jusqu’au rivage, brisant la glace sur son passage, puis sur la terre. Elle l’emmène jusqu’à l’endroit où les vêtements sont posés. Là où le feu devrait être fait. Elle le dépose et se secoue pour chasser l’eau sur son pelage avant d’aller lécher le visage de son protégé. Il ne respire plus ! Laisse-moi faire ! Comme un commun-accord, la bête laisse place au corps nu et frêle de l’humain.

J’attrape aussitôt ses vêtements secs pour le couvrir et commence un massage cardiaque. Non pas que je sois un exprès là-dedans mais je l’ai lu dans un vieux livre de médecine qui trainait dans le bureau de Lyséa. Des impulsions au niveau du thorax et des insufflations de souffle. Quand il crache de l’eau et se remet à respirer, sans pour autant ouvrir les yeux, je soupire de soulagement. Il n’est pas mort, c’est déjà ça. Je l’abandonne en mettant tous les vêtements secs à disposition sur lui et je vais chercher rapidement du bois. Je brise quelques branches de l’arbre le plus près et reviens vers lui. Il me faut fouiller dans ses poches, je me coupe sur ce qui semble être une lame de rasoir et je me pique sur autre chose. Finalement, je trouve le briquet et tente à plusieurs reprises d’allumer le feu. Quand c’est fait, j’ajoute assez de bois pour qu’il s’étende sans l’étouffer. Ensuite, je lui laisse de nouveau la place. Elle sera plus à même de le réchauffer que moi.

La douleur de la transformation survient une seconde fois mais elle est comme moindre que d’habitude car je suis trop inquiet pour Kumio pour me préoccuper de mon propre état. L’animal vient se blottir contre le corps gelé de l’ex-Cobaye et passe une patte autour de lui. Son corps se perd à la vue, quasiment recouvert par l’immense grizzly, juste une pointe bleutée est perceptible, signe qu’il a assez d’espace pour respirer.


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