Notre monde est détruit.
WWIII, l'ultime guerre, l'a anéanti il y a déjà deux ans.
Obligé de se cacher la première année, aucun survivant ne sait vraiment ce qui s’est produit.
Aujourd'hui, la terre n'est qu'un enfer perpétuel, où chacun tente de tenir un jour de plus.
Au cœur de cette horreur se trouve MadTown, seul vestige de notre civilisation passée.
Dans cette ville, la vie continue son cours, ignorant les affres de cette fin des temps.
Depuis sa découverte, les survivants se pressent aux parois du dôme.
Ceux qui refusent la surveillance permanente s'entassent aux alentours, quand ils ne rejoignent pas les rangs des dissidents.

Combien de temps encore, les immortels tiendront-ils la ville ?
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Kieran Askoraas

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Sam 23 Juin 2018, 22:23

Askoraas
Kieran
Métier/études : Dirigeant d'un hôtel de luxe.
Situation raciale : Ancien Elu, premier Episome créé
Classe Social : Nanoïd
Situation conjugale : Célibataire

▬ Addar (DAI) de LoranDeSore

Âge : 5 siècles et quelque, mais j'en parais la grosse trentaine maintenant. La raison ? J'ai perdu mon gêne de Confesseur. Où plutôt, il est considérablement affaibli. Il m'a permis de survivre, mais ne conserve plus ma jeunesse. Je vieillis. Lentement, plus lentement qu'un humain normal où un cauchemar, mais je vieillis. Et forcément, je viendrais à mourir.
Nationalité/origines : Arménie
Carnation : Halée
Taille : +- 1m90
Corpulence : Forte
Cheveux : Noirs, courts
Yeux : Bleus
Signe(s) distinctif(s) : J'ai un tatouage. Un serpent au niveau de la poitrine qui me dévore le cœur. L'artiste est parvenu à le rendre vivant. Pas au sens le plus littéral du terme, mais… c'est un travail remarquable. Un bel honneur à mon Magicien. Cela mis à part, et depuis quelque temps, je possède deux cornes sur la tête qu'on ne peut pas louper, se recourbant vers l'arrière de mon crâne. Deux plus petites en dessous de celles-ci ont également poussé, mais bien heureusement, elles ne restent qu'à l'état d'appendices. Mes oreilles. Pointues. Pas comme des légendes stupides d'elfs… mais plutôt comme une sorte de preuve de mutation génétique. Et des cicatrices, principalement dans le dos. Des ailes qui poussent dans le dos, ça laisse des traces. J'en ai quelques autres, toujours à cause de mon passage dans la Boucherie.
Sexe : Homme
Description : Si tout ce qui a été dit précédemment n'a pas suffis, je vais faire une brève description, sachant que… je ne ressemble en rien à ce que j'étais avant. Avant… je n'étais pas petit ni particulièrement svelte, mais je n'avais rien de la taille et de la carrure d'aujourd'hui. J'ai la force d'un taureau, et les muscles développés qui vont avec. J'ai l'impression que mes yeux sont devenus plus bleus qu'avant, mais ce n'est sans doute qu'une impression. J'avais des cheveux longs, à l'époque, qui étaient une preuve de classe sociale. Les gens aux cheveux longs sont riches : ils ont l'argent pour s'occuper d'eux. J'ai gardé cette affection pour les cheveux longs… Même si ce n'est pas particulièrement facile avec mes cornes. Côté vestimentaire, je sais tout porter. Dans le sens où tout peut m'aller et que rien ne me dérange particulièrement. Vestige du passé peut-être, j'aime les habits harmonieux et chic. Même si ne pas les porter me rend d'autant plus impressionnant. C'est ce qu'on aime faire avec moi : m'apprêter, me faire porter des peintures de guerre qui souligne une musculature développée sans pour autant être disproportionnée et disgracieuse. C'est ce qui me fait toujours rire chez les gens : Je suis beau, je suis athlétique, blablalbla. Il est vrai que des gens sont plus beaux que d'autres. Mais n'importe qui peut devenir superbe s'il est aimé, choyé et apprécié, si on s'occupe de lui. Je ne peux plaire à tout le monde, et mon physique atypique est assez convainquant pour ça. Mais je ne suis pas laid. Parce que j'ai été aimé, que j'ai aimé en retour, et que mon âme s'en souvient. Si votre âme est belle, alors rien d'autre ne compte.
Toujours comme dit précédemment, la majorité de mes cicatrices sont au niveau de mon dos. Cela n'empêche en rien ma chair d'être couverte de stigmates à d'autres endroits. Ce n'est pas encore un musée de l'horreur, je ne suis pas encore au niveau de certains pauvres cobayes mais… en ayant été un, j'ai mon lot d'atrocités. De fines cicatrices partent du début de mes ongles, souvenir d'ongles, de griffes, qui n'auraient jamais dû prendre place à cet endroit. Au niveau des jambes, c'est deux longues plaies : celle de la forme animale, comme les os qui sont censés ressortir et déchirer la chair à cet endroit. Vous voyez le tableau…


Orientation : Homosexuel

Phobie : C'est stupide, mais j'ai une peur panique de perdre encore quelqu'un que j'aime. Le reste… J'ai assez vécu pour comprendre que la peur n'est qu'un frein. Un homme qui n'a pas peur et n'a rien à perdre est bien plus dangereux que n'importe qui.

Ambitions : Pour tout avouer, je ne sais pas vraiment. Depuis le dôme, les priorités ont quelque peu… évoluées. Si avant la vengeance était ma seule option, aujourd'hui, je sais qu'il y a des gens qui doivent être aidés. Alors oui, la vengeance, pour ce qui m'a été fait. Mais pas en m'oubliant au passage. Une promesse reste une promesse. Et je compte la tenir. Ne pas m'oublier, rester fidèle à Nos idées. Sauver des vies, parce que j'en suis capable. Aider… et me venger.

Capacités et effets secondaires : Je n'entre pas vraiment en compte dans la caste des premières et autres générations. Etant un cas à part… Je dirais simplement que ma capacité, comme tous les Cauchemars, est de me transformer. Sauf que je ne le fais pas en partie, et en un seul animal. Je suis une chimère, un mélange de plusieurs animaux. Je suis d'une taille impressionnante, même si je ne suis pas aussi grand que certains indomptables. Seulement je n'ai rien à leur envier. Je suis extrêmement dangereux, fort, tout en puissance et en volonté. La contrainte ? Je n'arrive pas à stabiliser ma transformation. Je suis coincé en chimère, incapable de "choisir" quelle créature devenir. Peut-être avec le temps… Mais une question se pose : Pourquoi voudrais-je me limiter à un seul animal ? Ca réduirait ma force, n'est-ce pas ? Et aussi douloureuse que soit la transformation, je la contrôle. Elle est rapide, intolérable certes, mais rapide.
Un effet secondaire persistant de ma précédente condition, est mon goût pour le sang, et des dents bien plus pointues que celles de mes congénères. Rien de transcendantal cela dit. C'est plus pointu. En forçant un peu, je pourrais encore déchirer la chair, mais rien d'aussi aisé qu'avant.
Pour entrer dans les détails techniques :

Résidus positif :
1. Antidote [MINEUR + MAJEUR]: Rendent la plupart des poisons sans effet. En effet, lorsque l’on possède certains gênes, tel celui d’un reptile, les poisons n’ont plus la même signification. On est immunisé, tout simplement. Evidemment, c’est comme tout : il y a une limite, et vu l’époque actuelle, et l’imagination de certains scientifiques, les poisons finissent par muter. J’ignore ce que cela donnerait et je n’ai pas envie de tester. Pareil pour aller dehors : je n’ai pas envie de muter, aussi j’ignore complètement ce que cela me ferait. Solution ? Je ne me fais pas radier. Je ne sais donc pas les effets que cela aurait sur moi.
2. Contagion [MAJEUR]: Toujours du fait du gêne reptilien, il m’est possible de transmettre certaines bactéries, des maladies, qui à terme, finissent par former une sale infection pouvant causer la mort. D’autres bactéries son plus insidieuses et difficiles à détecter, ce qui rend la chose plus dangereuse encore. Fort heureusement, je contrôle parfaitement ce résidu : il n’y a donc pas à s’en faire, personne ne tombera malade à moins que je ne le veuille.
3. Empthie [MAJEUR]: Les loups sont dotés de sens extraordinaires. Ils sont soudés, proches, ils forment des meutes et tous ont une place bien établie. Ils sentent l’état d’esprit de leurs congénères et plus particulièrement de leurs proches. C’est le cas pour moi. Grâce à ce gêne, du moins j’en ai l’impression, il m’est aisément possible de sentir l’état d’esprit de mes proches et de mes congénères de manière plus générale. Il est donc difficile de me duper : je sens les autres cauchemars et j’ai une certaine facilité avec les animaux, que cela soit en état psychique ou physique. Ne vous avisez donc pas de me mentir, ça ne servira à rien.
4. Sélection [MEDIUM]: Il s’agit du seul résidu positif qui ne l’est pas, principalement à cause de mon manque de contrôle dessus. Ma musculature est plus forte, déformant mon corps comme si je passais mon temps à la salle de sport. Mes oreilles sont plus pointues, mes ongles plus fins, et j’ai des cornes que je ne parviens pas à rétracter. Le jour où je comprendrai comment faire, enfin pourrais-je retrouver mon physique d’antan.
5. Éleveur [MAJEUR]: C’est le résidu que je préfère. Il est utile autant qu’il est intéressant. Qui ne rêverait pas d’être comprit et obéit par des animaux ? Pas tous évidemment, mais principalement ceux qui ont trait aux gènes que j’ai reçu. Comme il n’est pas aisé de trouver des varans ici, et que je n’aime pas particulièrement les serpents, je ne peux dire si cela fonctionne sur eux. Je ne parle pas non plus aux vaches… En vérité, je n’ai testé que sur les félins, et ça me convient.
6. Discrétion [MAJEUR] : Inconnu et certainement pas contrôlé maintenant, comme d’autres choses chez moi, sans doute, il m’est possible de totalement me faire oublier. Du genre… à être invisible en me fondant dans le décor. Ce qui est, avouons-le, vachement pratique.

Résidus négatifs :
1. Chaleur [MAJEUR] : C’est un… problème. Tout le monde sait ce qu’est la période de chaleur d’un animal ? Pour un humain, c’est assez rabaissant. J’en souffre. Durant les mois de janvier à mars et à d'autres moments de l'année, mais difficilement programmable. En d'autres termes, janvier-mars est sûr, le reste non. Je suis pris de l’envie irrésistible de baiser pour procréer. Sachant que j’ai un autre résidu pas mal restrictif, cette période est souvent invivable pour moi et les autres.
2. Spécificité [MAJEUR]: Je me dévoue, corps et âme pour un type de personne… C’est ce qu’il y a sur le papier. En vérité, je suis proprement incapable de m’intéresser à un type autre de personne que celui-ci : homme, entre 25-35 ans, fort caractère, beau parleur et arnaqueurs. Préférence pour les cheveux noirs, la peau halée. Sensible…. Ca devient particulièrement spécifique, hein ? Je suis obsédé par l’image de mon Magicien, tant et si bien que je ne pourrais aimer que quelqu’un lui ressemblant.
3. Possessivité [MINEUR + MEDIUM + MAJEUR] : Je suis quelqu’un d’extrêmement territorial. Et de protecteur. Je pourrais ainsi me battre à mort, à sang, à tout ce que vous voulez si on menace ce qui m’appartient et ma vengeance serra… terrible contre quiconque s’en prend à des êtres qui sont chers à mon cœur.
4. Conscience [MEDIUM]: Ce n’est qu’une extension du précédent résidu : j’ai tant de gène animal qu’il me devient difficile de faire la part des choses. Je suis territorial, j’aime me construire des endroits confortable, tels des nids, j’aime le lait ou être en hauteur, je gronde ou je mords… Mon comportement est parfois impressionnant tant il peut être identifié comme celui d’un animal.
5. Privation [MEDIUM + MAJEUR]: Si je suis séparé de certaines choses, tel un proche, ou ma liberté, pour ne citer que ça, je risque fort de me laisser dépérir. N'essayez pas non plus de me prendre des objets : je ne me laisserai pas crever, mais en revanche vous... vous passeriez un très mauvais moment.
6. Panic [MINEUR + MEDIUM + MAJEUR] : J’ignore ce qui me met dans des états de panic comme ça. Je ne pense pas que cela viennent spécifiquement d’une couleur ou d’un son… Ou plutôt, ça peut être les trois. Difficile à dire. Il est certain cependant que voir un être cher pisser du sang me mettra en état de panique, mais je n’ai pas spécifiquement peur du rouge. L’odeur du sang ne me dérange pas plus que ça, mais il ne faut pas qu’il soit couplé à certain souvenirs. Certains sons m’incommodent… Bref, c’est souvent lié à une situation, à un comportement. La panique afflue et me submerge, m’obligeant à fuir dans un endroit calme pour respirer. Situation à risque ? Ma vie est risquée, mais tant que mon esprit est bien mis sous clé, il ne devrait pas y avoir de problème.

Santé : Ma transformation de Confesseur à Episome ne s'est pas faite en un jour. Ni sans dommage. J'ai déjà parlé du fait que je n'ai plus de jeunesse éternelle. Si c'est déjà un effet en soi, parce qu'une nouvelle manière d'apprendre à vivre, il reste d'autres aléas dont personne n'a pris la peine de m'en parler. Vieillesse, et boisson sanguine non nécessaire… C'est des effets secondaires encore acceptables. Je rajouterai qu'être confesseur m'a sauvé la vie. Sans lui, je n'aurais jamais pu supporter le traitement des cinq gênes. Cela dit, ça ne s'est pas fait sans mal. Après tout, je reste un cobaye. Une réussite, mais un cobaye. L'un des principaux effets est une douleur récurrente dans la plupart de mes os. Mais c'est comme tout : on finit par s'y habituer. Cela ne veut pas dire que ça ne fait pas mal, que ça n'épuise pas, et que ça ne donne pas, à force, des migraines. Mais… c'est "supportable." Je vis avec, quel autre choix ais-je ? Je fais… des crises d'angoisse. Violentes. Apparemment sans raison. Cela peut provenir d'une couleur que je vois, d'une odeur que je perçois, ou des paroles. Cela fait remonter des souvenirs, et pas forcément ceux liés aux expérimentations. Même si j'exècre les scientifiques et que je boufferais bien Thomas Brant et ses foutus confrères. Je tolère les médecins, mais… reste la méfiance. Vous me direz : les angoisses, ces crises de panique, c'est pas la même chose que les phobies ? Je dirais, à mon sens, que l'angoisse vient avant la phobie. Et vu que je peux angoisser pour tout et n'importe quoi, à cause d'un simple souvenir… je dirais que non, je n'ai pas de peur excessive concernant un ou quelques sujets. Mais une peur qui peut survenir n'importe ou et n'importe quand, juste parce que quelque chose dans ma tête a fait une association malheureuse.

Biens : Une bague ancienne et peut-être un peu grosse. Mais finement ouvragée, d'or et de rubis, elle me vient d'une autre vie, un cadeau, un espoir. Une mort. Elle était l'emblème de mon Magicien. Un serpent, qui sur la tête est serti d'un rubis, ainsi que sur la queue. C'est le seul bien qui me vient à l'esprit que je ne veux pas perdre. Oh. Et un collier. Un saphir en forme de dent, entouré d'or blanc.

" Character is how you treat those who can do nothing for you

J'ai changé. Il est évident qu'en quelques siècles d'existence, on ne peut rester le même… Et bien je suis passé par diverses étapes. La première, celle de ma toute première vie, celle de mortel, je l'ai passé comme homme aimant et protecteur. Je pense que ce sont deux qualités qui sont restées tout au long de mon existence. Je vivais pour mon épouse, mes enfants. Ce n'avait pas été un mariage d'amour, mais l'amour vient de la familiarité. A force de se côtoyer, à force de se rencontrer et de se découvrir, l'amour est venu, tendre, engagé. La passion n'était pas toujours au rendez-vous, mais c'était l'époque qui voulait : on aime, mais avec modération. On aime, mais correctement, et on respecte infiniment. Je respectais ma femme, belle et engagée, intelligente et ouverte, aimante et dévouée. Mais la maladie est passée par là. Et ma vie a basculé.

De mortel je devins immortel. Pas au sens le plus propre du mot, mais la vieillesse n'avait plus de signification pour moi. J'étais devenu autre chose. L'immortalité, dans le sens où nous ne sommes plus sujets aux mêmes maux que les mortels, n'est pas une bénédiction. Elle en a le goût, les premières années, mais ce n'est pas le cas. La mort de ma famille a été une rude épreuve que je ne pensais pas pouvoir surmonter. Mais les nouvelles possibilités, la science, le progrès, tout était mis en place pour rêver. Espérer. Alors j'ai continué. De calme et rangé, je passai à excessif et passionné. La richesse de mon passé et la nouvelle que je commençais à accumuler, me permettaient d'avoir ce que je désirais quand je le désirais. Je pouvais voyager, découvrir. Ce qui me manquait cruellement avant, je l'acquérais : la curiosité. Mais mon humanité me fuyait. Peu à peu l'être humain ne devenait plus qu'une nourriture abondante, trop abondante même. Sa présence sur tous les fronts fut une excuse aux expérimentations, aux changements. La douleur et la cruauté des traitements infligés aux Mortels ne me touchaient guère : je ne ressentais plus rien. Curieux et passionné, oui. Mais je n'étais plus humain. Je haïssais l'homme, sa faiblesse. Elle n'était que nécessaire à l'avènement d'un nouvel Ordre. Ce n'était rien de plus que de la marchandise en grand nombre, facilement réutilisable et remplaçable. Il ne faut même pas s'étonner de ce comportement : si j'étais un élu, j'étais également issu des expérimentations. Pas à ce point là, évidemment. Mais dans l'ombre naît les rêves, prennent vie. Et ce qui avait donné vie à la jeunesse éternelle, cette envie de devenir l'égal de dieu, fut aussi le début d'une nouvelle ère de recherche. Alors oui, cette vie éternelle me changea. Je n'étais plus l'homme doux… où j'essayai de m'en convaincre. Ma rencontre avec mon Magicien remit les pendules à l'heure, si j'ose dire. Sa fraîcheur, son ingéniosité… Tout en lui était un vent revigorant. Il me faisait penser à une brise fraîche en plein désert. Et avec lui je réappris à aimer, protéger, à accepter, à retomber amoureux de l'humanité, à lui donner une chance. Curieux, passionné, aimant et protecteur. Loyal et fidèle. Ma vie entière ne tournait plus qu'autour de lui et de l'envie de le préserver. J'ai songé un temps à lui offrir l'immortalité, d'aller demander à Seth de lui en faire don, même si cela signifiait le perdre… dans le sens où, devenu mon calice, il ne pourrait plus supporter cette tâche. Je lui en parlai. Il refusa. Il connaissait mes secrets, et il ne les révéla pas. Confiance. Je réappris à faire confiance. Je repris courage, cette chose intrinsèquement liée à l'espoir. Mais je le perdis. Pas de vieillesse, même si j'étais bien décidé à ne jamais l'abandonner, rester avec lui, même lorsque ses cheveux seraient devenus blancs, et que sa peau se serait flétrie. Je l'aurais aimé, jusqu'au bout de sa vie… Il était mon tout. Mon âme sœur. Et sa mort trop soudaine, cet avortement de notre futur commun, entraîna un bout de folie chez moi. Et cette part de ma vie conditionne ma vie actuelle.

La troisième phase, celle après ma trahison pour essayer de sauver un cobaye, ma trahison ouverte pour avoir aimé, ne se fit pas sans mal. Mon passé dictait ce que j'étais devenu. J'avais les qualités de ma vie de mortel, les défauts des Saigneurs. J'avais les qualités que mon Magicien m'avait rappelées, et les peurs liées à cette vie. Mes angoisses, et même certains de mes résidus sont intrinsèquement liés à lui : il est et restera toujours une part de ma vie. C'est pour cette raison que beaucoup disent que je vis dans le passé. Nostalgique et mélancolique. C'est aussi pour cette raison que j'ai peur de perdre encore quelqu'un. Aimé est magique, magnifique, mais je sais par expérience que tout peut voler en éclat, raison pour laquelle je sais que je ferais tout pour sauver les gens que j'aime sincèrement. Si je ne suis plus loyal à l'Ordre, je sais que je suis incapable de trahir quelqu'un qui serait entré dans mon cœur. Je pourrais donner ma vie pour ça. Parce que je me sais incapable de survivre à nouveau à la perte d'un être cher. J'aime sans condition. Et de ce fait, si quelque chose doit arriver, avec tout ce qui est arrivé, je me sens avide de justice. Des gens doivent payer. Pas parce que mon Magicien est mort, mais parce que trop de choses se sont passées, gardées sous silence. Trop d'horreur qui ont été étouffées, justifiées. Et je me répète : "plus jamais ça."



Histoire
Les formes d’une vie.
De ta vie, de la mienne, de celles que j’ai tentées de nous créer pour faire naître ce qui semblait oublié.
Un objectif lointain auquel je m’accrochais telle une âme en peine. J’errais oui, mais j’acceptais mon sort car je croyais. Je continuais d’y croire, pour nous, et surtout pour toi. Rappelle-toi du bonheur immuable que nous avons atteins ensemble, en trouvant la vérité, en l’acceptant et en nous l’appropriant. Deux cœurs battants à l’unisson et murmurant la même chanson. Unis par le secret et la beauté, un lien qui pouvait se former et qui malgré sa solidité était vouer à brûler, tel l’amour qui nous consumait.
Oui nous aurions dû fermer les yeux, tourner le dos et marcher en des chemins inverses mais le destin est aussi cruel que la vie. Un regard a suffis à nous damner, à faire que jamais nous ne puissions nous quitter.

Mais crois-en demain comme aujourd’hui je crois en ton chagrin. N’oublie pas que jamais je n’ai cessé de veiller sur toi, âme perdue, sœur de mon spectre fané. Oublie qui tu es. Oublie qui je suis. Souviens-toi juste de ce que fut notre vie. Rappelle-toi que pour toi, j’ai allumé le monde des couleurs de l’espoir. Souviens-toi… Souviens-toi de cette espérance. Ne plie pas l’échine car tu briserais tout ce que nous avons érigé. Remémore-toi le passé mais vis aujourd’hui, pense que notre aventure n’est pas terminée, que la tienne est toute tracée, devant, que si mon chemin prend un autre tournant, je serais toujours avec toi.
Oublie qui tu es. Oublie qui je suis. Souviens-toi juste de ce que fut notre vie. Rappelle-toi que pour toi, j’ai allumé le monde des couleurs de l’espoir. Rappelle-toi que pour toi, j’ai donné ma vie.

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Je garde peu de souvenir de la vie d'avant. Vous savez, celle qui vient avant la mort, avant l'immortalité, avant la vie et la défaite, avant de renier ce que Dieu avait pu faire de nous et qu'on renie ce qu'on était à notre naissance. Ce que je sais, c'est que j'ai donné ma vie pour la recherche, pour améliorer la condition des gens pour offrir une chance, quitte à écarter des personnes quand elles devenaient trop gênantes. Je posais peu de questions, c'était l'époque qui voulait ça. L'époque et les maladies, parce que soyons honnêtes, les pestes, les grippes, les maladies n'épargnent personne. On n'avait pas de médicaments, pas les soins du XXI siècle. Et je serais mort si une âme charitable ne m'avait pas littéralement fait entrer dans le cercle. Une âme charitable qu'on ne pouvait pas quitter, forcément, et qui demandait notre indéfectible loyauté. J'ai pas posé de question. J'étais riche, j'étais jeune, j'étais malade. Je savais que le temps m'était compté et j'aspirais comme beaucoup à une vie prospère et riche, une vie de noble, de femmes, de beauté, parce que tout cela, l'époque l'exigeait. J'avais une épouse, et deux enfants magnifiques. Aelys et William. Recevoir le vaccin, même si c'était un "choix" fut des plus difficiles à prendre. Je savais qu'il signifierait couper les ponts, ou expliquer certaines choses. Ca serait les voir grandir et mourir, et ce n'était pas forcément quelque chose auquel je tenais. Mais je ne perdais pas espoir de les faire entrer dans notre monde. Doux espoir illusoire. Ce fut un carnage. Tant par la douleur que l'injection nous causa à tous que pour la faible part de survivants qu'il eut. Tous ne furent pas des élus, comme on peut transformer l'histoire. Tous ne supportèrent pas la transformation et mon esprit eut bien du mal à accuser le coup. Trop de différences, trop... trop de choses et trop peu de mots pour expliquer ce qu'il advint de nous. On fut pourtant les piliers d'une nouvelle ère, des puissants qui dirigeaient le monde dans l'ombre, des riches qui faisaient comme bon leur semblait, parce qu'on était immortel. Mais le prix à payer ? Rejeter notre humanité, cracher sur le cadeau de la vie, devoir se gorger au cou des innocents, être pris d'accès de colère, de folie, ne plus reconnaître ceux que nous avions chéris et aimés, et voir notre monde s'effondrer. J'ai tué ma famille. La soif de sang étant telle que je ne pus même pas essayer de résister. Me réveiller de cette torpeur destructrice et me rendre compte que j'avais tout renié, tout écarté et qu'il ne me restait rien, hormis ma fortune et une jeunesse éternelle. Si j'en voulu à Dagon ? Beaucoup. Une blessure qui appris à cicatriser mais qui ne fut jamais réellement guérie. Je restai fidèle, loyal, adoptant leur mode de pensée, me vautrant dans les stupres et tout ce que la vie pouvait offrir. Je versais dans le mensonge, l'enlèvement, je faisais des choses qui aujourd'hui me rebuteraient. J'étais cette créature fantastique que l'on nommait Vampire. Je charmais, je baisais, je tuais, je faisais peu de cas des cadavres que je laissais, alimentant la panique générale dans certains villages. Parfois, je restais là jusqu'à ce que plus un seul ne tienne debout, et je laissais la rumeur s'envoler, comme quoi, des lieux étaient maudits, hantés par un monstre. C'était drôle. C'était la vie.

Garder le secret, financer la recherche, continuer à ma vautrer dans ce qui était interdit par l'Eglise parce que quitte à vendre son âme au Diable, autant le faire jusqu'au bout. Plus rien ne me touchait, à par toujours cette soif inextinguible de mort et de sang, cette folie qui grattait à la lisière de ma conscience et me poussait à toujours aller plus loin, dans l'extrême, à flirter avec la mort et me reculer au dernier moment. Je n'étais pas immortel, mais j'aimais à le faire penser. Je laissais peu de gens entrer dans ma vie, sachant que la vérité serait facile à trouver et qu'il n'était pas question que le secret des nôtres soit découvert. Et les expériences continuèrent, les misères du monde servant le projet que nourrissait les nôtres. Rendre quelque chose de plus viable, ou plus sain, qui ne causerait pas autant de dégâts. Parce que tout conduisait immanquablement vers la folie, que ça soit la Comtesse Sanglante, Jack... Tant d'entre nous qui finirent par sombrer et nous conforter nous, les grands, que nous étions des élus.

Puis mon Magicien. Une rencontre improbable dans des temps qui auraient dû être troublés. Qui étaient troublés. Ce n'était pas une belle époque, quoi qu'on en dise, et je dirai à ceux qui disent "avant c'était mieux" que non, avant, ce n'était pas mieux. Famines et maladies, guerres, esclavage, manque d'hygiène… Pourtant cette rencontre changea la perspective des choses, pour moi. Je n'avais jamais considéré ma Condition comme étant une malédiction, et cette époque plus que tout autre, me remis en question. Je réappris la vie, aimer, et me modérer. Je l'aurais suivi au bout du monde, j'en aurais créé un nouveau pour lui, tout offert sur un plateau. Je fis de lui mon calice, et ce qui avant me paraissait improbable devint probable. Je lui racontai qui j'étais, ma vie, tout. Et si c'était transgresser des interdits, je suppose que cela fut accepté… vu qu'il était mon tout, mon calice. J'évitais de lui dévoiler tous les secrets des Saigneurs, mais je savais qu'avec le temps, ça serait venu. J'ai même pensé à faire de lui l'un des nôtres mais… ce n'était pas une vie pour lui. Il aurait dû accepter. Ca lui aurait probablement sauvé la vie. Et perdre quelqu'un comme lui, perdre sa raison de vivre… me fit sombrer. J'aurais songé qu'il était impossible de tomber plus bas que les premières années de confesseur, mais si. J'étais trop proche, trop attaché et la douleur fut insupportable. J'étais inconsolable. Plus rien n'avait d'importance, hormis son souvenir et le fait que jamais plus je ne pourrai le revoir. Cette constatation était déchirante.

Les années passant, je m'assagis. Un peu. Le souvenir de Dorian était encore là, vibrant, mais je ne pouvais me complaire dans la tristesse. Et il m'avait fait promettre : aider l'humanité. Je mis donc à profit mon temps et mon argent pour étudier, voyager, ne restant qu'une dizaine d'années dans les villes pour n'éveiller aucun soupçon sur mon étrange jeunesse. Je participai moi-même à des projets, brûlant de l'argent sans compter pour ce qui me semblait souvent de bonnes idées. Trop étant vouées à l'échec. La mort des cobayes ? Tragédie, vraiment. Mais c'était un mal nécessaire. Peut-être devrais-je me sentir mal, peut-être m'étais-je sentis mal, mais c'était aussi une source de nourriture inépuisable et personne ne faisait vraiment attention aux enfants. Ce n'étaient rien de plus que des petits gens qui n'intéressaient pas. C'était des créatures faibles destinées à sauver une société du malheur de la maladie, de la vieillesse, faire partie des grands, pour les plus méritants. Dorian aurait détesté ça. Il 'aurait réprouvé. Mais si tout ça avait vu le jour avant, Dorian serait toujours présent à mes côtés.

Faire partie des premiers me permis d'avoir une vue magnifique sur tous les nouveaux venus, ou potentiel. Je connaissais aussi tout le monde dans ce cercle tout de même restreint et je ne me cachais pas. Ce qu'on racontait sur moi ? Que j'étais aussi impitoyable que loyal. Dire que j'avais aussi été aimant et attentif... Le sérum n'était pas qu'un cadeau et j'en avais sans cesse eu la preuve, ne vieillissant pas et ne craignant pas les petits bobos de la vie quotidienne. En revanche, je développai une véritable phobie de la mort. Pas de la mienne. Celle d'une autre personne, un tout jeune enfant à l'époque, que je pris sous mon aile. Parce que je ne pouvais rester insensible éternellement, parce que mon cœur n'était pas si mort, et que Dorian ne pouvait pas éternellement étendre son pouvoir sur moi.

C'était à la moitié du siècle. Pour être plus exact, dans les années de l'entre deux guerre. Les expérimentation sur l'être humain, afin de créer… des être difformes ? des armes mi-humaines et mi-animales, avaient vu le jour. En premier, ce fut des greffes, un véritable désastre. Les membres greffés se nécrosaient, ça puait la mort partout. La deuxième phase fut tout aussi abjecte et peu concluante et c'est là que je le rencontrai : un gosse qui était déjà trop âgé pour ce genre de test, mais il était là. De courts cheveux noirs en bataille, des yeux bleus qui ont vu l'horreur, la tristesse, qui meurent chaque jour un peu plus et qui pourtant gardent une fierté farouche. Un si beau garçon, qui faisait éclater des bagarres dans les labo de la société, qui gueulait, qui ne semblait n'avoir aucune éducation, qui n'était surtout pas naïf. Un petit gars superbe de courage, qui crachait sur la mort. Il était couvert de cicatrices, son dos strié de preuves de son enfance, de son passé. La violence inscrite à même la chair avant même qu'il ne commence à voir la vraie violence du monde. Je ne me considérai pas comme son père. Je ne pouvais pas. Et qu'on me comprenne, mais je viens d'une époque où les gens se mariaient tôt, et perdaient donc leur virginité très tôt aussi. Donc je peux affirmer sans trop me sentir honteux, que ce que j'éprouvais pour ce petit homme, c'était du désir. Et j'aurais pu le prendre, littéralement. J'aurais pu réserver une cellule, demander qu'on ne me dérange pas, et emporter ce garçon avec moi pour le faire mien. Mais je ne l'ai pas fait. Je suis juste devenu une sorte de bienfaiteur. Je venais souvent là où mes confrère s'intéressaient à peine aux recherches et considéraient ces futures créatures comme des abominations. Moi ? J'aimais ça. Je pensais que c'était intéressant de mêler gênes humains et gênes animal. L'idée était bonne, intéressante et innovatrice, là où les implantations avaient si lamentablement échouées. C'était aussi un massacre, mais un massacre nécessaire. Il y avait des dommages collatéraux, évidemment. Mais pour ce petit gars ? Je voulais juste le bonheur, la vie. Pas la reproduction avec des animaux, qui montrait autant ses limites que les implantations.

J'ai donc essayé de le protéger. Je me suis inscrit ou presque, en faisant jouer mes contacts et en étant de toute manière au-dessus de la hiérarchie, pour être une sorte de scientifique et médecin, ce qui me permettait surtout de parler et retrouver plus souvent Nathan. Ce que je voyais surtout, c'est que même avec toute mon attention, le petit gars n'allait pas survivre au projet Chimera. Oui, parce que au moins, ce n'était pas le début, mais qu'il était de plus en plus clair que le corps humain n'était pas fait pour recevoir ce genre de... suppléments. Les conditions de vie étaient déplorables quand je voyais surtout où moi je vivais. Peu importe quand se fut, peu importe ce que fut ma décision... où plutôt si. Dans ces temps de guerres et de discorde, quand la mort était partout, quand tout semblait pouvoir s'écrouler, j'ai pris une décision. Je préférais offrir l'éternité à cet enfant plutôt que de le voir mourir comme tant d'autres. Je suis confesseur il faut le comprendre. J'ai bien plus facilement accès aux vaccins. Mais pas LE vaccin. Je pouvais approcher Seth, c'était… peut-être pas un ami, mais une bonne connaissance. Mais lui piquer son sang, même quand il dormait, c'était un peu mission impossible. Je volai les autres. Les dilués. Ou empruntai. On pose peu de questions à un confesseur, donc... je pouvais sauvegarder le sourire et le rire de cet enfant, du moins, durant un temps. Je connaissais la procédure. J'espaçais les deux doses, le tirai de là et lui permettant de vivre, de le sauver cette horreur.

On s'est enfui. Ou plutôt, je l'ai obligé à me suivre dans un premier temps. La vie de paria ne me gênait pas. Lui non plus, il savait ce que c'était. Le problème était de vivre comme un déchet de l'humanité. Je supportais mal de le voir et l'entendre se réveiller pratiquement toutes les nuits, hurlant et en sueur, encore hanté par le passé, par les douleurs inhérentes à ce qu'il était : un saigneur, un initié. Mais un ancien cobaye qui gardait d'importants problèmes de santé. Il supportait également mal de devoir boire du sang humain. Il supportait mal de se faire traiter de pédé, l'idée de coucher avec un autre homme. Et pourtant quand je lui disais de partir, il restait. Et on vécut un moment comme ça avant que tout ne vole en éclat. On aurait sans doute dû savoir que la chance ne dure pas éternellement et que deux Saigneurs ne peuvent pas éternellement se cacher. L'Ordre avait des oreilles partout... J'ignore ce qu'il advint de lui. De moi, se fut plus clair. J'avais trahi les miens pour quelque chose de bien stupide. L'amour. Et puisque j'aimais tellement les Cauchemars, je pouvais tout aussi bien les rejoindre. Et parce que j'étais pas humain, ou plus depuis longtemps, parce que je résistais bien mieux à l'ignominie que l'on m'infligeait, il était normal de vouloir ce rêve de grandeur. De Chimère. D'illustrer dans la réalité ce que la Science pouvait offrir. En vérité, même avec moi se fut infiniment plus compliqué qu'il n'y paraissait. Tout jusqu'ici avait échoué : les implantations, la reproduction directes… et l'ADN était tellement mal maîtrisé à l'époque qu'il est même étonnant qu'il eut des "survivants".

Je fus emmené quelque part, j'ignore où. Mis sous sédatif, une dose suffisamment fort, et attaché, je fut emporté pour disparaître. Je savais que je n'allais plus jamais voir la lumière du jour et si c'était le cas, jamais sous la forme que je me connaissais. J'avais accepté mon destin. Ce n'était pas la volonté de Dieu, Dieu qui n'existait probablement pas, d'ailleurs. C'était juste la vengeance d'une espèce qui s'était longtemps crue supérieure aux autres, et dont j'avais fait partie. C'était la punition d'être, qui je me le demande, sont incapable d'aimer. Je n'avais rien à me reprocher, je ne regrettais rien, et je n'allais pas supplier. Peut-être aurait-ce marcher. Peut-être que cela aurait fonctionné, qu'on aurait fini par me pardonner, après un siècle ou deux à prouver mon indéfectible loyauté. Mais non. Je ne fis rien pour le savoir et au final, il était devenu évident que ma façon de penser, si elle restait proche de la leur, s'en éloignait également de plus en plus. Et de toute manière, la folie des grandeurs les possédait. Je doute, avec du recule, que cela aurait servi à quelque chose. Je n'était plus intouchable, il y avait une raison de se servir d'un des Premiers Nés comme cobaye. Ils allaient pas se priver. J'étais censé mieux résister, j'étais censé être la clé. Je sais que c'est faux. J'étais juste une raison de continuer un peu plus un projet voué à l'échec.

Je supportai assez mal les premiers changements. Le premier fut l'espèce reptilienne, pas plus proche de l'homme mais plus facile à gérer. Les reptiles n'ont pas beaucoup évolué depuis les derniers siècles, et s'ils ne sont pas beaux, au moins peut-on convenir qu'ils sont faciles à manipuler. Pour eux. Personnellement je supportait très mal les premières "implantations" génétiques. L'ADN directement implanté dans mes cellules. Je résistais. Ma condition assimilait ça comme... une sorte de virus. Il le combattait, l'acceptait comme il le pouvait, mais je contrôlais mal la chose. J'avais besoin de chaleur constante pour que mes signes vitaux restent stables, et d'être hydraté. Ce qui n'étaient évidemment pas le cas. J'avais un traitement de faveur, en quelque sorte. J'étais le "chouchou" des scientifiques, le canard boiteux à qui on pouvait tout faire. Mais je vivais dans la même insalubrité que tous les autres. Ce que j'avais jadis accepté, je le vivais, et je me rendais compte à quel point ça avait été renier l'humanité. A quel point j'avais craché sur la mémoire de Dorian. Il n'aurait pas toléré ça. Il se serait battu. On se serait disputé, et j'aurais fini par aller dans son sens, trop préoccupé par son bonheur. Il m'aurait fait voir combien tout ça était mal. Maintenant je n'avais plus que mes souvenirs et ma douleur pour pleurer.

Je survécus. C'était pas une grande première, mais j'étais en bien meilleur état que tous les autres à ce stade, et si je ne maîtrisais pas correctement la transformation, je promettais un avenir radieux pour le projet. Quelle connerie. Ils continuèrent, avides de savoir. Vint alors le fauve, ce superbe animal qui chasse, cette créature sauvage, rapide et indépendante. Celui d'un fauve, peu importe de quelle race. C'était pour me donner la vitesse, la souplesse. Pour faire de moi une arme, alors que je n'étais plus que l'ombre de moi-même. Cela fut bien plus violent, on ne me perdit pas mais il était clair que mon esprit dérivait depuis longtemps. La douleur était insupportable et manquait souvent de me transformer. On me donnait juste assez de sédatif pour que je ne risque pas de tuer tout le monde. A partir ce… cette deuxième... implantation donc, je ne pus réellement plus rien contrôler. Mon corps ignorait la forme qu'il devait prendre et si je stagnais en humain, mes sens semblaient s'altérer intérieurement avant de revenir à la normale, me faisant de plus en plus perdre la tête. Lorsqu'il fallait prouver au monde que j'étais une sorte de réussite, un Super Cobaye, j'étais incapable de stabiliser mon corps dans une seule sorte d'animal. J'étais informe, j'étais difforme. J'étais une créature méprisable, dégelasse et hurlante pour la mort. Je voulais rejoindre Dorian. Nathan ? Qui était-ce ? Seul mon ancien Calice comptait, celui que j'avais perdu, celui qui ne m'aurait jamais accepté en voyant ce que je devenais. Je perdais pied.

Quand ils firent en sorte de choisir l'animal volant, je vis ma mort arriver et pourtant je tins bon, encore une fois. Plus je devenais "animal" plus je m'éloignais de ma condition de jadis. Je gardais une grande résistance, et probablement est-ce ça qui me sauva une troisième fois, là où tant avaient finis par perdre la tête et mourir dans d'atroces souffrances. Côté transformation, j'étais toujours incapable de me stabiliser en un seul animal. Ca oscillait. Parfois je tenais plus du pygargue, parfois plus du varan… la vérité, c'est que je ne parvenais pas à comprendre la logique de la transformation. S'il y en avait une. Ce n'était pas quelque chose comme respirer, ce n'était pas naturel, et si ça ne l'était pas, c'était quelque chose relevant d'une logique. Il fallait trouver laquelle… Pour y parvenir, ou juste par cruauté ou observation, les scientifiques adorèrent me "titiller." Mon dos garde encore quelques traces de l'imagination des gens avec qui j'avais, par le passé, travaillé. Pas tous… mais à travers eux, à travers leur silhouette, dansait celle familière d'une nouvelle obsession. Mon Magicien.

On me dota de la force d'un taureau, ou d'un buffle. D'un animal que l'on mange en général, ou qui n'est apprécié que pour sa force. Pas sa beauté. Il était important que ce gêne fonctionne, afin que le dernier puisse fonctionner. Au final, il est étonnant que ce gêne particulièrement "disgracieux" soit celui qui me donna plus de musculature. Elle donna un peu plus de forme à l'animal, la chimère que je devenais. Et mes cornes. Evidemment. Je les dois à cette expérimentation là. Côté mental… le récit que je fais doit mettre la puce à l'oreille. J'avais entendu parler des effets secondaires, des ennuis de santé, et si j'avais déjà des crises d'angoisse et de colère, le principal résidus que l'on nota était celui de cette obsession pour Dorian. Mon regard était sans cesse attiré par un seul type de personne, et plus le temps passait, plus mon obsession devenait spécifique. Teint mat, cheveux noir. Jeune, mais pas trop, un sourire, magnifique… je voulais le rejoindre. Et je pleurais sa disparition.

Puis enfin vint le loup. Le spécimen qui semblait fonctionner le mieux. Ou que les scientifiques parvenaient à mieux contrôler sur les autres sujets. Allez savoir pourquoi ils pensèrent que c'était une bonne idée de me foutre ça en plus dans les veines. Enfin, façon de parler. Peut-être pour essayer de me donner un esprit de groupe une nouvelle loyauté. Après tout, les loups vivent en meute, ils mangent, dorment, chassent… ils font tout ensemble, même s'occuper des petits. Peut-être pensèrent-ils que c'était ça qu'il me manquait : l'idée de groupe. Ce qui était absurde, parce que je l'avais toujours eu. Sauf que maintenant je me rendais pleinement compte que je n'avais rien en commun avec ces immortels. Ou peut-être que si, encore un peu, par certaines manières de penser. Mais je ne voulais plus être dépendant d'eux, obéir et consentir à des choses que la morale réprouvait. Ils excusaient leurs agissements par le fait qu'ils voulaient améliorer la vie des mortels ? Je pense que c'était surtout pour assouvir une cruauté inhérente à l'espèce des Saigneurs. Et je survécu, là où j'aurais aimé pouvoir mourir. Je n'étais plus reconnaissable, évidemment, et pas seulement par mon physique. Toute ma psyché avait été refaçonnée. Du moins j'en avait l'impression. C'était difficile de rester debout, de ne pas s'écrouler mentalement, de se laisser faire, mais de garder le peu de fierté qu'on avait encore. Dorian aurait voulu ça. Pas que je me laisse abattre, mais que je résiste et vive, pour que jamais pareille chose ne se reproduise. Sa ne serait pas facile, certainement pas avec les cornes sur la gueule et des oreilles pointues. Mais j'allais trouver une solution, comme j'en trouvais toujours.
Je ne fus pas relâché. C'est une illusion que de croire qu'on peut échapper à cette vie. Et j'étais leur réussite, leur si belle réussite. Là où la mort attendait les survivants, les si rares survivants, je me portais… bien ? Oh, je ne m'en sortais pas sans aucune séquelle. Mon corps portait les traces des précédentes transformations laborieuses, celles qui n'étaient pas au point, qui ne laissait rien apparaitre d'autre qu'une créature si pitoyable que tout le monde avait envie de l'achever. Je me transformais oui, mais en revenant sous forme humaine, certaines… blessures ne guérissaient pas. A l'endroit où poussait normalement les ailes, se trouvait maintenant deux grand cicatrices boursouflées. Idem pour les ongles, près des cuticules. De fines striures, blanches, de maximum un centimètre, et toutes fines. Mais si ce n'était que ça… Je devais apprendre à vivre avec de nouvelles "capacités" et les inconvénients qui vont avec. Je laisse imaginer ce qui s'est passé lors de mes premières chaleurs. L'incompréhension qui réveille en pleine nuit et une sensation qui rampe le long de votre corps pour se loger dans un endroit bien particulier. Que vous essayez de vous rendormir, en songeant que ce n'est qu'une fièvre un peu particulière, mais que ça ne s'arrange pas. Que du contraire. Et que vous en venez à vous maudire, parce que vous voyez tout le monde, même les personnes les plus haïssables, comme de potentiels partenaires. Comme un feu qui vous brûle, qui consume vos sens et rend chaque contact insupportable, parce que cela devient une lutte de tous les instants. La première année resta la plus difficile, les scientifiques étudiant les changements de ce corps, les réactions lors des chaleurs, ou des terreurs que je pouvais avoir. J'étais le seul membre du groupe, ou presque, à être assez sain d'esprit et viable pour servir leurs projets. Je restai avec eux quelques années de plus, avant que le projet ne fut définitivement classé comme échoué.

Je ne fus pas réellement relâché, à vrai dire, ils avaient toujours un œil sur moi. Ce n'était pas non plus comme si je pouvais me balader en toute impunité, pas avec physique atypique. Alors oui, certaines choses étranges pouvaient parfois se voir, se faire découvrir, mais il était certain que j'étais un cas à part. Et j'avais une vie à reconstruire, lentement. Pas juste mon mental, mais tout ce que j'avais construit. Il était évident que l'Ordre ne me ferait plus jamais confiance, et que à leur yeux, je n'étais qu'un déchet qui, s'il n'était pas bon à jeter, ne méritait pas non plus d'attention. Ou pas autant qu'on le voudrait. Si j'étais une "réussite, cela ne changeait pas leur point de vue sur moi. Ils détestaient ce que je représentais. En fait, les Saigneurs détestent tout ce qui n'est pas eux. J'en viens juste à me demander comment j'ai pu tomber amoureux de Dorian. Cela dit Dorian était un cas à part. Il était impossible de ne pas l'aime. Le plus improbable, c'était comme lui avait pu un jour m'aimer, et passer une dizaine d'année à mes côtés. Tout ça pour dire que je ne faisais plus partie de leur caste très fermée. Pour autant… Certains Saigneurs faisaient encore parfois appel à moi. J'avais beaucoup vécu, j'étais vieux et j'avais voyagé. J'étais même, à l'époque, un des "proches" de Seth. Un de ceux ayant reçu le don de la Jeunesse Éternelle. Ce qui me mettait un peu à part. Ceux qui pouvaient tolérer ma présence, qui avaient réellement besoin urgent de conseils… j'étais là. Avec le temps, et même si ça ne fut pas facile et que ma présence était toujours à peine tolérée, voire pas du tout par certains endroits, je pus me créer une sorte de cercle. Des Saigneurs qui ne me voyaient pas uniquement comme un animal. C'était une source d'information, comme j'en étais une pour eux. Cela prit longtemps pour se faire, et même si je vieillissais, j'avais gardé la patience. Pour ce genre de fomentation qui devait prendre du temps pour se construire. Quelques dizaines d'années, pour tout avouer. Il semblait, extérieurement, que je leur obéissais encore, qu'une bonne partie de ma fierté s'était envolée. Il n'en n'est rien, évidemment, mais je sais qu'être exposer au grand jour ne rapporte rien. Quant à la suite…

Je vécu un long moment reculé de tout. C'était nécessaire pour m'habituer à une nouvelle vie. Durant tout un tant, je rejoignis mon pays natal, qui avait vécu tant de troubles. Ce n'était plus ce dont j'avais le souvenir, le pays riche qui avait subi conquêtes et guerres territoriales pour ses richesses. Et que j'avais fuis, pour protéger ma famille. Mais les paysages étaient toujours là, les villes avaient grandi, et de nouvelles choses avaient vu le jour. Je restai là-bas longtemps, loin de tout, pour essayer de me faire à ma nouvelle condition. Les effets secondaires de mon passage chez les scientifiques étaient toujours présents, et pas que pour les chaleurs. C'étaient les résidus qu'ils appelaient ça. Apprendre à vivre avec, à ne plus me transformer dès qu'une angoisse approchait. Ca demandait du travail. Beaucoup de contrôle, un contrôle que je ne possédais pas toujours. Si je ne parvenais pas à me calmer, en règle générale, je me transformais. Et je remerciais le ciel dans ces moments que je sois seul.

Quand la médecine sembla faire un bon en avant - et les mentalités de se libérer, en quelque sorte - j'eu dans l'idée de… et bien tromper le dossier médical. Pas celui de Biohazard, ils savaient tout de moi et de ma santé. Disons plutôt que l'époque des implants et autres bizarreries avait vu le jour, et que je pouvais aujourd'hui faire croire que je n'étais qu'un riche désireux de ne pas passer inaperçu. C'était bancal, certes, mais c'était tout ce que j'avais pour refaire surface. Et avoir une excuse. On avait déjà vu des gens se faisan tailler les dents en pointe, je n'étais qu'une autre sorte d'extrémité. Encore une fois ce ne fut pas facile. Mais quand on a l'argent, tout devient presque plus simple.

Puis vint le vingt-et-unième siècle. Et ce qu'il apporta. Je savais que des choses continuaient d'arriver, que je devais réagir, parce que je n'avais plus d'excuse. Je savais qu'un endroit, quelque part dans le Dakota du Sud. Manchester, qui avait dû être détruite par une tornade. Ouragan. Quelque chose qui devait nous forcer à craindre la nature. Elle avait été rachetée par un type dont le nom était familier à bon nombre de personnes, vu la richesse considérable qu'il possédait. Une bulle idyllique qui fut construite, pour que tous puisse venir et profiter de cette vie parfaite. Le siège d'une entreprise que je m'étais juré de si pas détruire, au moins faire en sorte d'en saboter le plus de plans possible. Au final, m'y rendre et y habiter ne fut pas plus compliqué que ça, encore moins sachant que Biohazard préférait m'avoir sous la main et me surveiller. C'était pas plus mal non plus, vu que les grands "cerveaux" malades, Saigneurs et compagnie, allaient aussi là-bas. Un beau bordel. Un bordel forcément bien caché, sous les allures d'une nouvelle ville qui offrait tout le confort que l'on pouvait souhaiter. Tant que l'on se soumettait aux dictats, nous ne risquions rien. D'où les agissements dans l'ombre. J'avais déjà tout perdu, il ne me restait que la vie et pour ce qu'elle était… La mettre en danger ne me dérangeait pas.

J'acquis un grand hôtel, que je fis à la fois rénover et reconstruire. Il devait autant attirer le regard que respirer le luxe, et être accessible à tous. Pour avoir voyagé et connaître la misère du monde, je savais que c'était la meilleure chose à faire. Evidemment les plus riches ne voudraient probablement pas côtoyer les plus pauvres, et pour cette raison, tout était pensé. Les rencontres entre les mondes sociaux étaient très rares et le service veillait à ce que tous ce passe pour le mieux. Lentement, la clientèle se fit, certaines plus fidèles que d'autres, et lentement le réseau se mit en route. Je n'apparaissais que rarement dans ce lieu, parce que si les excentricités étaient monnaie courante ici, je restais une sorte de cas à part. L'hôtel existait, le propriétaire était mystérieux, c'était assez pour faire venir les petits curieux. Quant à la part sombre de l'hôtel qui dit que celui qui veut peut tout avoir… c'est vrai. Des gens travaillaient dans l'ombre pour moi, des gens bien payés qui faisaient des choses sans savoir pour qui ils le faisaient. Ca pouvait aller de donner du sang à leur corps, ou trouver une pauvre victime pour qu'elle soit dévorée. Les gens avaient parfois de drôle de lubie, et tant qu'elle payait, tout allait bien. Et je ne parle pas juste d'or. Quand on fait ce qu'il faut, qu'on accède aux caprices des gens, quelque chose se créait. Et je m'en servais. Le tout était de bien surveiller ses arrière, parce que BioHazard avait des oreilles partout et que si je pouvais résider dans cette nouvelle ville, que c'était même vivement encouragé parce que toutes les horreurs de la société étaient conviées ici, je devais faire attention. La moindre faille, le moindre doute, pouvait me conduire à un destin plus funeste que celui que je connaissais déjà.

Et malgré mes… informations, mon réseau, je ne fus pas au courant de ce qui se passa. C'était très flou. Le dôme se refera et on se retrouva tous enfermés. Certains expliquaient cela par une nouvelle guerre, d'ailleurs c'est ainsi que fut appelé cette catastrophe. J'ignorais ce qui se passait dehors, mais j'étais persuadé que cela ne ressemblait en rien à une nouvelle guerre mondiale. Le guerre n'est pas belle, est n'est que souffrance, souffrance pour des idéaux, de la politique, et du territoire avec les richesses dont il recelait. La guerre ne se finissait généralement pas en un jour, elle durait et affamait les population. C'était les civiles qui en payaient le prix le plus fort, et les soldats partaient mourir dans des endroits qu'ils ne connaissaient pas, loin de chez eux. Ceci, c'était pas une guerre. C'était quelque chose de pire, de plus dangereux. Ceci, c'était probablement un mensonge en plus de la part des autorité, et peu importe combien je pouvais essayer d'apprendre la vérité, rien ne fuitait. Rien d'intéressant en tout cas, et ça devenait d'ailleurs ardu de démêler le vrai du faux. De nouvelles règles furent établies, et comme en temps de dictatorial, de totalitarisme ou tout autre gouvernement rassemblant une élite gouvernant sur un peuple sans lui laisser la moindre chance, une milice vit le jour. Oh, elle n'était pas appelée comme ça, mais elle avait tout des Sturmabteilung et autres milices de l'horreur. Tout comme bon nombre d'entre elles, ils avaient tous les droits. Ils n'avaient rien inventé : règne par la terreur, enlèvement, séquestration. Il fallait faire régner l'ordre et quoi de mieux pour ça que de la violence et de la terreur ? Pour ceux seulement qui enfreignaient les règles, les autres étaient bien contents que leur petite vie puisse continuer. Violence légitime, acceptée et tolérée par le peuple. J'avais l'impression d'être de retour dans le régime de terreur où les groupes de sécurité n'étaient là que pour assurer la survie du gouvernement mis en place. Et pour cacher les exactions d'un groupe scientifique qui n'avait aucun droit moral d'exister. C'était plus difficile d'agir quand l'espace était clos. Mais au moins, le monde se limitait à présent à ce dôme. L'essentiel était de protéger les gens qui pouvaient encore l'être et essayer de donner une nouvelle vie à des gens qui avaient tout perdu à cause de cette société. Durant plus d'un an, tous vécurent dans ce nouveau mon inconnu. Durant un an, personne ne su ce qu'il était advenu de l'extérieur, jusqu'au jour où…

Où il fut décidé qu'on allait ouvrir dehors. que le dôme allait s'ouvrir, qu'on pouvait enfin voir le jour, le vrai. Et quelle ne fut pas l'horreur en découvrant que dehors, c'était un paysage d'apocalypse. Le questionnement de comment tout cela avait pu se produire, et pourquoi personne n'avait été mis au courant. Le gouvernement, BioHazard, les Saigneurs, quelqu'un devait savoir, quelqu'un détenait les secrets, et rien n'avait filtré. Maintenant qu'on se retrouvait devant l'énormité… Il était difficile d'encore se voiler la face. De la radioactivité, sans nul doute, obligea le dôme à se refermer en vitesse. Durant une semaine seulement il resta ouvert, permettant à des survivants triés sur le volet, de rejoindre notre "belle cité". Mais les temps étaient durs, de nouvelles règles furent établies, et plus de liberté pour la milice. du moins, c'était l'impression qu'il y avait, avec cette impunité zéro. Don de sang, appel au volontariat, bénévolat obligatoire, réserve de nourriture en baisse, et surtout, nouvelle possibilité pour BioHazard et le Gouvernement de nous surveiller à l'aide de puce. On avait le choix, en apparence, mais la propagande était si bien menée que tout le monde ou presque était persuadé que c'était pour notre bien, notre propre protection. si j'acceptai, c'était surtout avec la certitude que refuser me ferait jeter loin dans les bas-fonds de la ville. Et j'avais encore du travail à faire. Rien à perdre, tout à gagner, et beaucoup de danger.
Murphy
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