Notre monde est détruit.
WWIII, l'ultime guerre, l'a anéanti il y a déjà deux ans.
Obligé de se cacher la première année, aucun survivant ne sait vraiment ce qui s’est produit.
Aujourd'hui, la terre n'est qu'un enfer perpétuel, où chacun tente de tenir un jour de plus.
Au cœur de cette horreur se trouve MadTown, seul vestige de notre civilisation passée.
Dans cette ville, la vie continue son cours, ignorant les affres de cette fin des temps.
Depuis sa découverte, les survivants se pressent aux parois du dôme.
Ceux qui refusent la surveillance permanente s'entassent aux alentours, quand ils ne rejoignent pas les rangs des dissidents.

Combien de temps encore, les immortels tiendront-ils la ville ?
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Liam Winchester

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Sam 23 Juin 2018, 22:56

   
WINCHESTER
Liam
Métier/études : Garde du corp
Situation raciale : Survivant délétère
Classe Social : Nanoïd  
Situation conjugale : Célibataire

▬ Bucky Barnes, Marvel.

Âge : 45 ans. Mais mon "don" m'a fait rajeunir. J'ai l'air d'en avoir la petite vingtaine aujourd'hui. Et je dois faire extrêmement attention à ne pas dépasser certaines limites pour ne pas rajeunir davantage. Cela pourrait devenir dangereux, d'autant que je ne sais pas trop ce que cela peut avoir comme conséquence sur moi.
Nationalité/origines : Américaine
Carnation : Pâle. Non pas un pâle maladif, ni même laiteux comme les nobles d'autrefois. Juste pâle de celui qui ne s'est pas assez exposé au soleil, et ce, depuis pas mal de temps.
Taille : 179 centimètres. Plus ou moins.
Corpulence : Une septantaine de kilo. Moins de quatre-vingt.
Cheveux : Noirs.
Yeux : Bleu comme un ciel d'été.
Signe(s) distinctif(s) : /
Sexe : Masculin

"Ce sont souvent les personnes les plus tristes qui ont les plus beaux sourires."

Le physique est incontestablement la chose la plus facile à décrire ! Même si la plupart des gens ont tendance à enjoliver les choses. Je crois. Et puis ça fait toujours plaisir de se dire plus beau qu'on ne l'est, non ? Bon. Donc, moi... Je suis un homme. Un jeune homme de vingt-trois ans  - en apparence - qui a encore toutes ses dents. ... Okay, d'accord, j'arrête de déconner.

J'ai les cheveux noirs, allant de plus ou moins courts à mi-longs. Mes yeux sont quant à eux, aussi bleus qu'un ciel d'été. Deux saphirs qui vous opposent leur sentiment sans chercher à les dissimuler. Deux puits sans fond qui vous happent pour mieux vous garder. Ainsi, mes yeux sont le reflet de mes émotions. Il est parfois difficile de les soutenir sans se sentir mal à l'aise. Et puis ce même regard qui semble insolant, parce qu'il ne se baisse que trop rarement. Ou seulement par jeu.

Lorsque mes cheveux sont plus courts, je les coiffe en arrière, négligemment, lorsqu'ils sont plus longs, je ne prends pas la peine de les attacher. Ca tombe et encadre mon visage, contraste avec ma peau laiteuse et... qu'est-ce qu'on peut dire sur une peau, sérieusement ? "Elle est douce et tendre, soyeuse et toute blanche !" Quelle horreur. Mais ouais, elle est blanche, sans doute parce que j'ai pas souvent vu la lumière du jour. Douce... Bah, autant que celle d'un homme, je suppose. Et sans imperfection... Qui a une peau comme ça, sans déconner ? J'ai quelques cicatrices, une barbe pas encore complètement poussée et qui ne pique pas encore, mais elle se voit. Et elle donne clairement un petit côté négligé à ma personne. Un côté désinvolte et tout à fait charmant. Un côté humain, aussi. Et j'affectionne particulièrement ce détail.

Hum... Je mesure 1m79. Je suis dans la moyenne je crois. Moyenne humaine, et encore, je suis peut-être encore petit pour certain. Mais je ne fais clairement pas le poids contre les vrais hybrides de race. De race. Certains fauve, les ours, les girafe... Okay, je déconne encore - ou pas, vu ce qu'on pouvait trouver dehors -. Mais il est vrai que contrairement aux hybrides, je suis... plus petit. Encore un détail qui affirme mon humanité. Concernant le poids, je pèse 68 kilo, d'après ma dernière pesée. Et pas un gramme de graisse. Ca serait pas agréable à la vue, pas vrai ? Même si tous les goûts sont dans la nature et que certaines personnes aiment les gens bien en chair... Et bien, je suis pas "bien en chair." Je suis musclé, rompu aux arts du combat. Parce que c'est vachement utile quand on est militaire. Je suis un "athlète olympique" même si ça se voit pas vraiment. Et que je le gueule pas sur tous les toits. Mon côté Survirant-militaire doit y être aussi pour beaucoup. Je suis étonnement rapide à la course à pied... Et extrêmement agile. Et NON je ne suis pas un singe.

Je porte à peu près de tout. Les seuls biens que je garde néanmoins partout et à tout moment, sont deux plaques de style militaire. Vous devinez ce qui est marqué dessus.


    Orientation : Homosexuel

    Phobie : Contact avec les gens. Ce n'est pas une phobie, mais une peur réelle parce que ça fait souffrir les gens.

Paraphilie : Agalmatophilie, nom un peu barbare pour dire que j'aime tout particulièrement les mannequins. Les mannequins d'exposition. Ceux qui servent à habiller, vous savez, dans les grands magasins. J'en ai plusieurs dans mon logement. Y'a pas grand monde qui aime y venir, bizarrement. Ca ne veut pas dire que je suis particulièrement excité par eux, mais vu que je ne peux toucher personne, ils sont un palliatif intéressant.

    Ambitions : Retrouver ma sœur, entre autre chose.

    Capacités : Absorption vitale par contact physique. Au début, toucher quelqu'un suffisait. Un effleurement et je me sentais mieux, moins fatigué, moins affamé. Moins malade et plus revigoré. Quand je touchais clairement quelqu'un, c'était comme revivre, tandis que l'autre semblait lentement se vider de sa substance. Littéralement. Après, par cette soudaine phobie de contact, forcément ça s'est amélioré. Et je ne sais pas trop comment s'est arrivé, peut-être par une exposition prolongée avec les radiations, j'ai commencé à contrôler ça. Mais les émotions me font perdre ce contrôle.  Les émotions mes font tuer les gens. Que ça soit parce que j'aime, je suis passionné, haineux, en colère, la peur au ventre. Je peux, dans une certaine mesure et quand l'indifférence me tient le cœur, contrôler cette malédiction. C'est difficile, et d'ailleurs, je ne peux pas le contrôler plus d'une minute. Les contacts mes sont… Les contacts sont dangereux pour les autres, voilà. Je suis une sorte d'incube, je bois la vie des gens, et pas seulement dans le sexe. Quand je dis boire la vie, je ne fais pas non plus vieillir les gens, même si quelque part, je suppose que je n'aurais pas autant d'énergie en buvant un vieillard ou un nouveau né. Je prend leur vie, je ne sais pas mieux expliquer ça. Quand je les touche… ils se sentent mal, ils maigrissent, perdent de la vigueur, des couleurs. Ils meurent. Je les tue pour me soigner. Evidemment, je ne fais pas repousser un membre, mais si je suis gravement blessé, et que quelqu'un - ou un animal ou une plante - se trouve près de moi, je peux me guérir. Pas complètement, tout dépend de l'énergie prise. L'animal est un être vivant et la plante… n'est pas un bon substitut. Et ça ne fonctionne pas toujours avec elles. Ca n'a fonctionné qu'une fois, d'ailleurs. Et avec les animaux… ouais, c'est à peu près pareil.

    Effets secondaires : Intimement lié au don. Les contacts physiques me sont proscrits. Si je "bois" trop de vie, je rajeunit. S'il n'y a pas de maladie, pas de blessures, de rhumes, l'énergie est reconvertie en… et bien, énergie vitale "pure". La vieillesse étant une sorte de maladie, de mort de cellules, l'énergie des autres les régénère, en créé de nouvelles. Bref, je redeviens jeune, et on pourrait dire que c'est bien, mais pas du tout. J'ignore ce que cela fait sur mon corps, et s'il y a une limite ou si je peux redevenir un bébé ou un jeune enfant. Je ne veux pas vivre ainsi, en volant les autres, en rajeunissant.

    Biens : Deux plaques d'identification militaire, des gants de bonne qualité.

Dans ces temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire

Décrire quelqu'un, surtout soi-même est une tâche ardue. J'ai toujours été quelqu'un d'ouvert et de prévenant, faisant attention aux autres. Je suis devenu militaire pour ça, venir en aide au gens, autrement qu'en entrant dans la police où c'était, à mon sens, beaucoup plus compliqué. J'aurais arrêté les méchants, qu'on dit. Mais les flics ne sont pas aimés, et n'ont pas toujours un beau boulot. Le militaire se frotte à la misère. Il n'a de famille que son unité. J'aime ma famille, là n'est pas la question. Mais je ne pouvais plus vivre auprès de gens qui ne m'avaient pas cru, qui avaient fermé les yeux. Je ne les ais jamais détestés. Je ne déteste personne à par moi-même, ce que j'étais et suis devenu. Je hais cette aberration qui n'est même plus humaine. Je suppose que ce qui s'est passé ne fait que révéler la véritable nature des gens. J'ai toujours été bon, un gentil garçon, comme on dit. J'ai longtemps accepté les humiliations, les coups, j'ai appris à aimer ça, à en redemander, jusqu'à ce que ma perception même de la vie, du plaisir, change. J'ai appris à faire attentions aux autres, à avoir un sens de la justice.

Je m'égare. Loyal et protecteur. C'est des adjectif qui ont coulé ma vie dans la pierre. Justice pour ceux qui ne peuvent pas se défendre. Soutient pour ceux qui n'en n'ont aucun. J'ai toujours trouvé des qualités, des raisons d'aider mon prochain. Même dans l'horreur, je pouvais comprendre, trouver des excuses, même si la révolte naissait en mon cœur. Je ne déteste pas… ou plutôt, je déteste maintenant. Moi et ce qu'est en partie devenu le monde. J'ai l'esprit ouvert, surtout avec ce que j'ai vu dehors. Mais je reste extérieurement enjoué, jovial, quelqu'un qui a le rire facile et qui adore plaisanter. Qui a le sourire facile. C'est facile. Même si intérieurement, c'est l'agonie. Je suis un monstre comme on en fait peu. Certaine personne, aujourd'hui, c'est gravé sur leur visage. Moi je le cache. C'est un truc pourrit à l'intérieur, qui me ronge. Un monstre, u démon, une sorte d'incube qui vole la vie des autres pour vivre. Et je déteste ça parce que je ne le contrôle pas comme je le veux. Moi qui adorais être proche des gens, qui séduisais aisément, j'ai aujourd'hui peur de ce que cela pourrait donner. Moi qui adorait le contact humain, les conquêtes, le monde m'a brûlé pour me recracher.

J'étais facile à vivre avant, aujourd'hui, j'ai des sortes de crises de colère. Puis la douceur revient, et je m'en veux. La solitude est parfois ma meilleure amie, alors que je ne fais qu'en souffrir d'avantage. Mais quand avec rien qu'un contact physique prolongé on peut tuer quelqu'un… c'est un moindre mal. Oui je peux parfaitement mettre des gants, mais être proscrit des contacts humains n'est pas facile à vivre. La moindre inclination de mes émotions peut tout faire basculer. La moindre maladie, la moindre blessure, et comme un automatisme, comme un organisme indépendant, je vole la vie des autres pour me régénérer. Ca aussi m'a rendu à moitié fou, durant tout un temps. J'étais censé être beaucoup plus vieux. Mais mon vol, mes meurtres, ont fait bien plus que simplement me guérir. Ca a régénéré des cellules vieillies. Et ça me rend malade. Je suis une abomination. Peut être pour ça que j'ai besoin, plus que jamais qu'on me contrôle. Qu'on me domine corps et âme, que je ne m'appartienne plus. Peut-être qu'en me brisant totalement, je pourrais reprendre sur de bonnes bases. quoi que j'en doute. Il faudrait déjà que je me laisse approche physiquement, ce qui ne sera pas aisé. Que j'accorde ma confiance, ce qui ne sera pas non plus facile. Et enfin… qu'on passe outre cette malédiction.



Histoire

1971

Nous avions tant attendu cet enfant. C'est un don du ciel. Vivant, hurlant de toute la force de ses poumons. Il hurle si fort qu'on sait qu'il sera un battant. Il ne rit pas encore, c'état trop tôt, mais il est là, les yeux fermés, et il dort. Sa petite poitrine se soulève et s'abaisse, et ni moi, ni mon mari, ne pouvons nous arrêter de le regarder. On l'a appelé Liam. Parce que cela signifie volonté. Courage. Fierté. Et nous sommes fiers de lui. Nous savons aussi, quand nous regardons ses yeux, qu'il aura le monde à ses pieds. C'est peut-être juste un délire de maman qui pense que son enfant et le meilleur, mais voilà. Mon Liam est le meilleur petit être du monde. Passé les premières semaines difficiles, où nous nous disions qu'il mangeait mal, qu'il pleurait trop et faisait des apnées, il est devenu beaucoup plus calme, il est devenu un ange, notre ange. Les mois passent, il s'éveille lentement en observant le monde, en souriant et en rigolant, et il est parfait, vraiment. Un beau bébé.

1980, 15 janvier

Maman adore me raconter des histoires sur moi, quand j'étais petit. Elle adore aussi raconter des choses sur ma sœur. C'est pas ma vraie sœur, mais c'est ma sœur quand même. J'ai 9 ans, et je sais que c'est pas maman qui est la maman d'Emy. Je veux dire, je sais que le ventre devient rond et tout, et maman est pas devenue ronde. Elle s'absentait souvent avec papa, pour faire des papiers. Ils m'ont dit que je n'allais plus être tout seul, et puis un jour, elle était là. Et elle était ma princesse.  Elle était adorable, et même maintenant, j'aime me mettre devant la baignoire et lui raconter des histoires. J'aime prendre ses poupées et créer un monde et l'entendre rire. J'adore sa peau un peu plus sombre, et ses yeux brillants de joie. Elle est plus petite, mais elle est très intelligente ! Et elle aime pas les légumes. Alors quand maman et papa ne regardent pas, elle me donne son assiette, et je la termine pour elle. J'essaye de lui dire que pour devenir grande, elle doit en manger, mais voilà, c'est ma princesse et je suis son chevalier, alors je la sauve. C'est le rôle du chevalier ! Donc, quand maman raconte des histoires sur moi, Emy adore ça. Elle en demande toujours plus, et puis elle se tourne vers moi pour me demander si c'est vrai, et après, des choses sur elle. Ce dont je me souviens parfaitement, c'est qu'un jour, elle voulait des bonbons. Elle arrivait à peine à se mettre debout, et donc elle est venue à quatre pattes pour me mordre comme une sauvage. Parce qu'elle avait déjà tout mangé et qu'elle voulait les miens que je ne voulais pas lui donner. Ca la faisait toujours glousser, ma princesse. C'était une bonne vie, une vie simple ! Ca allait bien à l'école, je raccompagnas toujours Emy, et je la défendais quand des gens l'embêtaient, parce qu'elle était pas de la même couleur que moi ou nos parents. Et ça me mettait tellement en colère ! J'ai souvent dû aller chez le proviseur, mais j'ai jamais vraiment eu de problèmes, parce que tout le monde - les grands - savaient pourquoi je le faisais. C'était ma sœur. Et j'étais le seul à pouvoir l'embêter.

1982, 12 mai

C'est presque les vacances, mais avant, il va y avoir les examens. Et encore avant, un match. C'est bête, mais maman et papa voulaient que je fasse un sport, pour rester en forme. Emy, quant à elle, fait de la danse, et elle chante. Elle est superbe. Et très douée ! Je suis amoureux. Enfin, pas vraiment, mais ma sœur est la meilleur. Elle met son corps si bien en scène qu'on peut que être subjugué. Et elle chante ! Comme une sirène. Elle adore quand je le lui dis, même si elle pense que je le flatte. C'est pas vrai. Elle chante très bien, des professeurs ont même dit qu'elle pouvait s'inscrire à un concours de talents, qu'elle serait vue, et que ça lui permettrait d'avoir une carrière. Mais personne dans la famille ne le veut : elle est encore trop jeune et elle doit penser aux cours. Ca va mieux pour elle d'ailleurs. Elle est devenue forte, parce qu'en plus de la danse, elle fait du judo. Elle sait se battre, rester calme, se défendre. Un si petit bout de femme et pourtant si guerrière. Ma princesse combattante qui aujourd'hui, s'inquiète pour moi. Parce que je parle moins et que j'évite un peu les contacts, que je ris aussi un peu moins, même si je fais toujours attention à elle et aux autres. Et puis j'ai des mauvaises notes. Ca parait normal, mais en fait, pas du tout. Je suis un bon élève, je suis les cours, je comprends facilement. Je suis pas super intelligent, haut potentiel comme u-on dit, mais je suis pas mauvais quand même. Je peux pas vraiment dire pourquoi je suis comme ça. Juste que je suis un peu mal à l'aise. Quand je reçois des cadeaux de la part du coach, je suis heureux, parce que ça veut dire que j'ai bien travaillé. Mais y'a quand même une petite voix qui me dit que c'est pas… normal. Il aime les câlins, et comme je suis quelqu'un d'assez tactile, forcément… Mais voilà, parfois, il m'effleure et quand je relève les yeux vers lui, il a un sourire bizarre. Parfois, il m'ébouriffe les cheveux, en me disant que je suis mignon. C'est pas la première fois que je l'entends : j'ai de beaux yeux, il parait.

1983, 24 septembre

Je sais pas si je dois le dire, si on va me croire. Je continue de jouer au foot, et je continue d'aller chez le coach, mais il est bizarre.

1983, 02 février

Ce n'est pas normal. Et j'ai envie de pleurer, hurler, tempêter et me battre. J'ai envie de tuer, d'étrangler, de mourir. Ce n'est pas normal.

1983, 14 avril

Je l'ai dit à mes parents, ils m'ont pas cru, et je me suis senti trahi. Ils ont quand même parlé au coach, pour être sûr. Pour voir. Mais il ne pouvait pas être coupable, parce qu'on le connaissait depuis trop longtemps, que nous mangions chez lui, qu'il me faisait des cadeaux. Et il niait avec tellement de ferveur que c'était pas possible. Mis pour la forme, on a accepté que je n'aille plus chez lui durant tout un temps. Ce qui ne faisait pas que je ne le voyais plus. C'était dans les vestiaires qu'il m'a bloqué, qu'il m'a montré combien j'étais un si mauvais garçon. Je pouvais supporter. Je pouvais affronter ça, parce que temps que ça serait entre lui et moi, personne d'autres en souffrirait. C'était comme une sorte de révélation. Protéger. Je pouvais supporter. Se défoncer en sport, sourire, redevenir le gosse jovial que tout le monde adorait. Et ça fonctionnait. J'attirais plus l'attention, comme disait les autres. Comme si mes accusations n'étaient qu'un besoin qu'on me regarde. Sourire, et on passe beaucoup plus inaperçu. Les gens vous apprécient, rigolent à vos blagues, et ça s'arrête là.

1986, 05 novembre

J'ai cru devenir fou. J'ai tout fait pour continuer, être le meilleur. J'ai tout fait pour être un bon fils, un bon élève et un grand frère exemplaire. Je n'avais personne dans ma vie non plus, parce que le coach était plutôt jaloux. Je m'étais persuadé que c'était pour un mieux, que j'étais le seul. Mais c'était pas le cas. J'ai compris quand j'ai vu les regards d'un tout jeune homme, qui avait le même âge que moi avant, quand tout avait commencé. Quand une main s'égarait, et que ce n'était rien. J'ai ouvert les yeux sur le nouveau protégé du coach. J'ai compris que les cadeaux, j'étais pas le seul à en recevoir. Et j'ai pété un câble. Quand j'ai eu la preuve que tout ça était vrai, que c'était pas moi qui voulais attirer l'attention, quand des gens ont parlé… Il faut me comprendre. Depuis ce temps là, j'avais commencé à faire plus de sport, dans l'idée de faire quelque chose, plus tard, qui protègeraient les gens comme moi. Les gens qui pouvaient pas se protéger, parce que trop jeunes. Des gens qu'on écoutait pas. J'avais grandi, j'étais devenu fort, fort, jeune et vigoureux. Mais visiblement plus assez aux goûts de cet homme. Et j'étais intelligent. J'étais encore mineur. Je n'allais certainement pas livrer quelqu'un d'autre au coach, donc je fis en sorte, avec le concours d'autres personnes, de le piéger. La violence ne servirait à rien, mais la subtilité… Installer une caméra, filmer ça, en discrétion, mais surtout, avec toujours le concours des autres, appeler les flics, pour une raison quelconque. Et nous découvrir sur le fait. Pas mal de truc avait été filmé, et avec les témoignages, le fait que je ne sois pas adulte, tout permis d'enclencher la procédure. Nous étions libres de revire. Même si beaucoup d'entre nous étaient maintenant morts intérieurement.

1991

Tout ça, tout ce qui a été dit avant, est derrière moi. Evidemment, j'ai toujours du mal avec les gens, accorder ma confiance, mais je suis toujours jovial et enjoué. Les gens évitent de poser des questions aux gens heureux. Je suis entré dans l'école militaire. J'ai fait le SERE, apprentissage aux techniques de survie en trois ans. Etant sorti du lycée à 17 ans, c'était parfait. C'était pas une école reluisante, pas avec les cas d'agressions sexuelles, autant sur les femmes que les hommes, qui courraient. Entre nous, ou entre instructeurs sur les futurs diplômés. C'était censé nous apprendre à mieux nous gérer. Et tout le monde n'était pas choisi. Bref. Si je parle de ça, c'est principalement parce que je fis la connaissance de Caleb, qui fut autant un ami qu'un instructeur de vie. C'est lui qui me contrôla le mieux, plus que l'armée elle-même, il m'appris à gérer la douleur et mes émotions, à accepter les ordres, à me soumettre. Ce fut salvateur autant pour mon corps que pour mon esprit. Je l'ai aimé. Et je crois qu'il m'aima.

1996

Diplômé autant du SERE et d'une autre, pour mieux me former. J'avais une bonne base en mathématique, en survie, en astronomie, bref, tout ce qu'on apprend dans une école militaire. Emy étudiait l'art, ma petite sœur continuant son bonhomme de chemin, son rêve étant de permettre à de jeunes artistes de faire leurs preuves, autant en danse qu'en art en général. Plus particulièrement en peinture. Ma beauté était devenue une vraie femme, à l'écoute des gens, généreuse, mais forte, avec un sourire éblouissant. J'ai passé les mois suivants ma sortie de l'école, à rester avec elle, à rattraper le temps perdu, à ire simplement, et lui présenter Caleb. On était encore ensemble, à cette époque. Elle ne se formalisa pas que je sois gay. Elle ignorait cependant la réelle teneur de notre relation. Tout ce qui l'intéressait, c'était qu'on soit heureux. Et qu'il prenne soin de moi.

2014

Un saut dans le temps, n'est-ce pas ? Mais il me semble que ce qu'il y a à dire sur ma vie durant ce lapse de temps n'est rien comparé à ce qui est arrivé cette année là. Pour faire court, avant, j'ai été dans l'armée. J'ai beaucoup voyagé, j'ai fais autant de la surveillance que des raids, j'ai aidé des gens, j'en ai tué d'autres. J'ai été en couple quelques fois, même si c'était toujours compliqué, avec le train de vie que je menais et mes préférences. Emy s'est marié, elle a trouvé un homme charmant, qui a réussi à se faire bien voir autant de moi que des parents. Paul, ou quelque chose du genre. Un français. Ma petite sœur est partie vivre là-bas, et a donné naissance à deux merveilleux enfants, qui m'ont poussé à arrêter l'armée. J'étais assez âgé pour ça. J'avais assez donné de mon temps, de ma vie. Je pouvais encore enseigner, mais mes décorations me permettaient aussi de vivre correctement, sans devoir encore faire mes preuves. Ma sœur avait une vie à Bordeau, une magnifique ville française. J'avais fais ma vie dans la guerre, l'aide et la mort, j'avais tué pour sauver, et maintenant, je vivais pas loin d'elle. Jusqu'à ce que la mort nous tombe dessus. Littéralement. Le regard au sol, avant d'entendre une exclamation et de voir des doigts pointés vers le ciel, entendre des interrogations, alors qu'on sait ce qui se passe pour l'avoir déjà vu. La mort tombe du ciel. Jamais ce ne fut aussi vrai. La panique qui gagne le corps accélère le cœur, l'adrénaline qui rend fébrile, et la terreur de voir la fin arrive. Et hurler, hurler pour que tous se mettent à l'abri, avant qu'un bruit, lointain, retentisse et fasse trembler la terre. Alors que les gens se baissaient, et s'interrogeaient, je savais ce qui se passais. L'entrainement faisant soulever mon corps pour courir sans perdre une seconde.

La mort venait du ciel. Une autre explosion, plus proche, me donna des ailes. Courir, courir pour ma vie, mais celles des autres également, m'arrêter de temps en temps pour dire de s'abriter dans les cave, sous des tables, dans des baignoires, mais continuer pour rejoindre rapidement l'école de Morgane et Joshua. Les enfants étaient dehors, choses qui m'apparaissent stupide et surtout, dangereux. Les retrouver dans cette panique générale fut difficile. Mais pas impossible. Avec eux dans mes mains - hors de question que je les lâche - . On couru encore, pour se mettre à l'abri. Là seulement je tentai de joindre Emy, mais aucun réseau n'était disponible. Le seul endroit logique était d'aller chez elle. Mais il n'y avait plus de chez elle. Fatigué, le corps en sueur et Josh et Morgane qui me demandaient ce qui se passait… et je ne pouvais pas dire qu'on était attaqué. Ca n'avait aucun sens. Ce que je savais, en revanche, c'est qu'il fallait se préparer. Prendre de la nourriture. Même dans les décombres, des boites de conserves subsistaient. On remplissait les cartables des enfants, les cours ne servant à rien. Puis un autre sifflement. Caractéristique. L'armée prépare à ça. Je savais ce que c'était. Et mon corps réagit encore une fois. Ma voix lâche un ordre : à terre, alors que je me jette sur Morgane qui était la plus proche, faisant rempart de mon corps pour la protéger.

Puis l'explosion. Tellement proche. Tellement proche que le sol tremble et d'autres bâtiments s'effondrent, tellement forte que le souffle nous caresse le visage et que la poussière nous fait tousser. Tellement proche que des débris volèrent entaillant mes chairs. Mais les enfants allaient bien. Morgane en tout cas. Josh… Josh allait bien, il avait juste la cheville tordue. Ils avaient tous les deux peur, et le mieux était de nous abriter, d'autant qu'on ignorait d'où venait l'attaque. Alors avec une boite de tomates en sauce, j'écrivis en grand où nous allions. L'endroit le plus sûr tout près d'ici. Un bunker, laissé là par des Allemands après l'occupation. C'était pas grand-chose, mais c'était mieux que rien. Entraîner les enfants fut facile, leur dire que leur mère allait revenir aussi. D'autant que se fut vrai. Il fallut du temps, temps que j'aurais volontiers mis à profit pour la chercher, aider les gens ou essayer de comprendre ce qui arrivait, mais voilà. Les enfants étaient ma priorité. J'avais bien fait. Emy sera fort ses enfants, pleura de les voir en vie. Puis elle me sera fort, inquiète de me voir si sale, blessé. Mais j'allais bien. Son mari était apparemment mort. Elle avait retrouvé son corps, avec un signe distinctif. Parce qu'il était trop… abîmé.

On resta dans ce bunker, d'autre gens arrivèrent aussi, jusqu'à ce que ça devienne impossible de caser plus de monde. Et il était impossible de tous survivre avec les réserves que j'avais eu la présence d'esprit de prendre. Je fis une sortie, même si dehors, cela continuait de pleuvoir. C'était une vision d'apocalypse. Plus rien ou presque ne tenait debout. Il y avait des cadavres pourrissant partout. Walter, qui m'accompagnait, vomi une fois à cause de l'odeur et de la vision de cauchemar. A deux, on remplit autant que possible les sac que nous avions pris. Eau, nourriture, soupe en boite, masque, jeux et radio, essayer de trouver ce qui pourrait occuper des gens, les faire survivre. Walter comprenait pas pourquoi je tenais tellement à prendre des jeux, même stupides. Il sait simplement pas que si nous devions rester enfermés là, tous ensemble, on allait devenir fou. Et ça allait être pour bientôt si nous n'avions pas d'occupation.

2014, jour et mois inconnus.

Ca fait… un moment que nous somme ici. Suite à un terriblement tremblement qui avait ébranlé toute la bâtisse, il avait été décidé que plus personne ne sortirait. On s'en remettait principalement à moi, non parce que j'étais le plus vieux, mais parce que j'étais le plus à même de commander et de faire ce qu'il fallait. Ce qui m'avais décidé à décréter cette interdiction, c'est les grésillement dans la radio. Elle ne captait plus rien, et il n'y avait pas milles explications à tout ça. Je craignais aussi que les fissures dans le vieux bunker rouillé soit synonyme de manque d'étanchéité. Je ne pouvais pas être sûr que c'était ce que je pensais qui s'était produit, mais… je ne pouvais pas aller vérifier dehors. Les premiers jours d'enferment furent simples à gérer. Rationnement de la nourriture, pièce dédiée à certaines choses. Les toilettes furent remises en état aussi bien qu'on le pouvait, c'est-à-dire, très mal. J'aurais pu les réparer, mais je n'avais ni les outils, ni les pièces pour le faire. Et c'était tellement vieux que je n'étais même pas sûr que l'eau passe encore. Quant à faire des toilettes sèches, encore une fois, on avait pas ce qu'il fallait. C'est plus tard que cela commença à devenir impossible. Marcos était imbuvable, et voulait sortir. Meredith était sa pute, c'était pas possible autrement, et ne faisait que râler, ce qui rendait la cohabitation encore plus rude. Josh était malade et Morgane avait des cernes effrayantes sous les yeux. Mais là où ça posait réellement problème, c'était que Fanny commençait à perdre ses cheveux par touffes entières.

2014, jour et mois inconnus.

Nous sommes irradiés. Le bunker nous protège du gros des radiations, du froid probable qu'il doit faire dehors, mais nous sommes tous irradiés. Nous avons… perdu Fanny. Morte. On a du la mettre dans une pièce, la plus éloignée possible, et la fermer, pour que la puanteur de son corps en décomposition ne nous importune pas trop. Les maladies allaient commencer à pulluler avec elle. On était déjà dégoûtant, les toilettes débordaient, c'était intenable. Et surtout, nous manquions de nourriture. Je laissais ma part de matin aux enfants, arguant que j'allais bien, que je pouvais tenir. Mais la fièvre montait, et quelque part, je savais que j'allais bientôt moi aussi mourir. Il ne fallait rien gaspiller, d'où… le fait que je cède mes repas. D'aucun dirait que je devrais manger et me reposer pour tenir, mais ça n'allait pas. Ca ne ferait rien contre les radiation, et nous n'avions rien pour ralentir les effets ou les contrer. Nous étions condamnés.

2014, jour et mois inconnus.

Walter veux bouffer Mery. Marcos est fou à lier et a manqué de buter Lionel. Lionel a essayé de sortir, ouvrant en grand la porte et causant des hurlements partout dans le bunker. Sonia et Sam sont morts.

2014, quelque chose comme 112 jours après la fin du monde connu.

J'ai pas compté. J'ai arrêté d'espéré. Nous n'avons plus rien à manger, l'eau est croupie. Nous sommes obligé de boire notre propre urine, ou à défaut… J'ai peine à croire ce que nous sommes réduits à faire. Fanny, Sonia, Sam sont les premiers à être morts. Dévoré par la faim, Lionel a proposé quelque chose de fou : dévoré le moins pourrit. Mais voyant l'état des corps, il s'est rabattu sur Emy. Emy qui était faible, émaciée. A faire peur. Etonnement, j'allais plutôt bien. J'avais eu toute une période où j'avais l'impression de pouvoir mourir à chaque respiration, mais à présent, j'étais presque le mieux conservé. Evidemment, je ne le laissai pas faire, et évidemment, tout ça se solda par un nouveau mort, qu'on… découpa loin de la vue des enfants, et qu'on servit en diné. Je n'arrive pas à enlever ça de ma tête, à oublier le goût de cette chair Je n'arrive même pas à me dire que nous faisions cela pour survivre. Lio était comme nous tous, irradié. Le bouffer n'allait pas nous aider.

2014, longtemps après la fin du monde

Fanny, Sam, Sonia, Lionel, Meredith, Marcos. Nous sommes de moins en moins. J'ai tué Marcos, comme j'ai tué Lionel. Et lorsque je l'ai fait, j'ai senti quelque chose d'étrange. Aussi étrange que quand Emy dormait près de moi et que je caressais son visage amaigrit et cireux. Je me sentais revivre, en forme, moins malade. Plus malade du tout. J'avais moins la sensation de faim, je… Je fis en sorte qu'on puisse survivre, en faisant boire le sang de Marcos. Les enfants ne vont pas tenir. Emy ne tiendra plus longtemps non plus. Elle essaye, mais c'est étonnant qu'elle soit encore là, comme les enfants. En aussi bonne santé qu'on peut l'espérer, alors que la plupart des gens perdent leur cheveux. Emy essaye de le cacher pour ne pas effrayer les petits, mais je sais qu'elle subira le même sort que Fanny, si on ne fait rien. Josh s'en sort bien. Et Morgane reste aussi forte que possible. Mais nous ne pouvions rester là. Il fut décidé que nous devions sortir de là. Cela nous condamnait probablement, mais d'après mes calculs, ca devait être viable. Nous ne devions pas avoir été trop durement touché par les impacts, sinon nous serions déjà tous mort. Mais cela resterait dangereux, évidemment. Aussi, les survivant et ma petite famille, on se prépara aussi bien qu'on le pu. J'avais prédit qu'il ferait froid, aussi on récupéra tout ce qui pouvait l'être pour rembourrer nos vêtements. Le masque, les trois masques, que j'avais récupéré, furent donnés aux enfants, et Emy. Parce qu'elle était la plus faible. On sortit. Et le froid fut la première chose qui nous frappa. Ca, et l'horreur de ce qui s'étendait devant nous. Des ruines, un épais brouillard qui nous força à tous nous donner la main pour ne pas nous perdre. On essaya de trouver des vêtements, dans ce qui restait de la ville. De la nourriture en conserve, toujours. De quoi faire du feu, pour nous réchauffer dans ce qui devait être la nuit. Des armes, parce que je ne nous sentais pas seul. Et nous ne l'étions pas.

Date inconnue

Je ne sais pas. Je ne sais plus. Le monde tel que nous le connaissions n'est plus. On ne peut se repérer aux étoiles, couvertes part un épais brouillard. Les conditions de vies sont intenable, le temps n'est plus ce que nous pensions. Certains endroit étaient si froids que nous devions nous serrer les uns contre les autres pour espérer garder de la chaleur, et parfois il faisait si chaud que nous rêvions d'une douche froide. Parfois, des bâtiments tenaient encore debout, nous permettant de nous abriter. Parfois, nous étions obligé d'avancer, même de nuit, parce que l'endroit était trop hostile, infesté d'on ne savait quoi. Nos pieds hurlaient de douleur, des crevasses dans fond nous fendaient la peau, à force de marche. Nous avions encore des morts dans la bande, et nous ne pouvions enterrer personne, par peur de nous faire tuer et par manque d'énergie. Tout le monde était épuisé, c'est pour ça que personne, ni même moi, n'avons vu cette araignée géante sortir du sol pour emporter Josh qui marchait un peu plus loin. J'ai réagi aussi vite que je le pouvais, sautant pour attraper ses mains, pour essayer de le tirer à moi, alors que dans un remue-ménage monstrueux, tout le monde essayait de chasser la bête et de m'aider à sauver le benjamin du groupe. Les rares qui n'aidaient pas à la repousser vinrent m'aider à tirer Joshua, et parce qu'on allait pas s'en sortir et que j'étais un des rares armé et à savoir me défendre, je lâchai Josh pour affronter le monstre. Ce ne fut ni beau, ni particulièrement héroïque. Se fut sanglant, terrifiant, cauchemardesque. Et elle n'était même pas morte. Juste… affaiblie. Alors que je m'en sortais beaucoup mieux que je ne l'aurais dû, après avoir perdu mon arme et dû combattre ses avances à mains nues. Et je n'étais pas un sûr homme. D'ailleurs, je ne devais ma survie qu'à l'intervention des autres. Mais Josh… mourut ce jour là. Ou à cause de ce jours là. Il était amputé des deux jambes, et malgré les garrots qu'on lui avait fait, et lui donner autant d'eau et de nourriture que possible, le porter, évidemment, son état s'aggravait. Ses plaies s'infectèrent et commencèrent à puer horriblement. La nécrose s'installait de plus en plus, et rien n'y faisait. J'ai essayé pourtant. S'était à moi que revenait ce travail. Avec une hache, de l'alcool, et les maigres fournitures médicales que nous avions pu trouver sur la route. Je coupai ce qui était pourri. Je désinfectai, j'endiguai le flot de sang. Je bandai, je portai. Mais Josh mourut d'épuisement ou d'infection dans mes bras. Et je ne pouvais me retirer de la tête que j'étais le responsable.

Date inconnue

C'est de pire en pire. On essaye de s'y retrouver, mais sincèrement, jamais l'expression "monde sans fin" n'eut autant d'impact sur nous. Il était impossible de se retrouver grâce aux étoiles, et le monde avait tellement changé que je ne pouvais me fier à la géographie. Et pour aller où ? Les rumeurs qu'on entendait sur un havre de paix n'étaient peut-être qu'une vaste blague. Et comment arriver jusqu'en Angleterre alors que nous n'étions plus que quelques uns ? Emy, Morgane, moi… et c'était bien assez pour essayer de se souvenir ce ces noms. Même s'ils font maintenant un peu partie de la famille. Emy est à peine consolable de la mort de Josh et seule Morgane parvient encore à la faire vraiment avancer. Ça et l'espoir d'avoir un Sanctuaire. Nous ne sommes plus nombreux, mais ce qu'il reste parvient à se battre contre les Hybrides, les créatures mi-naturelles, mi je ne sais quoi. Comme l'araignée. J'ai été propulsé plus que jamais comme leader, et à vrai dire, avec tout ce qui se passait, les rencontre que nous avions faites, entre autre, avec d'autres survivants… Je ne voulais rien d'autre que d'amener ces gens en lieux sûrs et mourir. Il était évident que je n'étais plus humain, qu'il y avait quelque chose avec ma peau. Quelque chose de terrible qui tuait les gens. Emy me tenait pour responsable de la mort de Josh, même si elle savait que je ne contrôlais rien, et que j'aurais préféré mourir à la place de mon neveux. Walter n'est plus très normal non plus, il fait des truc bizarres avec la terre. C'est pas encore très fort, mais voilà, elle répond à ses attente. Emy est forte. Genre très forte et Morgane arrive à déplacer des truc pas la pensée. Ce ne sont que des exemples de ce qu'on est devenu. Avec quelques problèmes physiques avec. Bref. Cela fait des jours et des jours que nous avançons. Sans repère, c'est d'autant plus long. Ce qui aurait dû nous prendre moins de deux semaines de marche intensive nous prenait… beaucoup plus longtemps. Et lentement, la vie mourrait en nous.

Date inconnue

Manchester. Des quinze personnes qui étaient avec nous depuis le début de cette merde, il n'en reste que quatre. Morgane n'en fait pas partie. Elle est morte de froid, durant la nuit. Laquelle, je ne sais pas. J'aurais aimé pouvoir faire quelque chose, mais j'avais en horreur ce "don" que je possédais, et qui pourtant me permettais d'être en bonne santé, dès qu'il s'agissait de… On avait rencontré des groupes, des gens qui ne ressemblaient même plus à des humains, des hybrides qui avaient l'intelligence humaine… Et nous avions dû nous battre pour garder nos maigres possessions. Nous n'étions plus les seuls à être anormaux, et mon toucher surprenait toujours. Je buvais la vie des gens et me régénérais. Mais Morgane n'avait pas cette chance, et comme pour Josh, on ne pu lui offrir de sépulture. Emy avait perdu le goût de vivre, son sourire autrefois si lumineux était éteint. Elle n'avait plus de raison de vivre. Et pourtant, lorsque nous sommes arrivé à Manchester, la leur farouche était revenue. Le désir de trouver un moyen d'entrer dans cette citadelle complètement fermée. On en était là, à essayer de trouver des souterrains, un moyen, n'importe lequel, pour entrer, quand tout s'ouvrit. Et ce fut un autre type de chaos.

Aujourd'hui

Je n'ai plus non plus de raison de vivre. De rester ici. Emy et moi avons été séparés. Je ne sais pas où elle est. Elle avait été décrété malade, tout comme Walter. Forcément : ils étaient irradiés. Mais ils étaient encore en vie. Moi j'étais une sorte de curiosité. Irradié également, mais bien moins que tous les autres qu'ils avaient pu voir. C'était logique : boire la vie des gens permettait, entre autre, de palier à ce problème. Mais je n'avais plus tué personne depuis un certain temps, et les radiations c'étaient à nouveau attaquées à moi. J'avais été décontaminé, on m'avait donné des pilules d'iode, pour ralentir les effets des radiations. Et le reste avait suivi. Il leur avait pas fallu longtemps pour comprendre que je ne supportais pas d'être touché, et qu'il valait mieux pour eux de ne pas m'approcher. On m'injecta une puce, pour être tracé. J'appris les nouvelles règles, on "m'offrit" un appartement et je trouvai un petit boulot. Ce n'était pas ma vie. J'étais recraché dans un monde qui n'était pas le mien après l'enfer, et je n'arrivais pas à m'y faire. J'ignorais trop de choses, et trop de secrets couvaient sous cette ville. Je n'avais pas de but particulier, mis à part essayer de retrouver ma sœur. Je n'avais pas non plus de "maître" à servir, comme j'aurais adoré en avoir pour oublier cette foutue vie misérable. Et je n'en voulais pas. Parce que j'allais forcément le tuer. Je souffrais de cette solitude forcée, moi qui avait toujours adoré, finalement, être entouré. Et ça avait beau être un nouveau départ, il me semblait empoisonné.

Murphy
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