Notre monde est détruit.
WWIII, l'ultime guerre, l'a anéanti il y a déjà deux ans.
Obligé de se cacher la première année, aucun survivant ne sait vraiment ce qui s’est produit.
Aujourd'hui, la terre n'est qu'un enfer perpétuel, où chacun tente de tenir un jour de plus.
Au cœur de cette horreur se trouve MadTown, seul vestige de notre civilisation passée.
Dans cette ville, la vie continue son cours, ignorant les affres de cette fin des temps.
Depuis sa découverte, les survivants se pressent aux parois du dôme.
Ceux qui refusent la surveillance permanente s'entassent aux alentours, quand ils ne rejoignent pas les rangs des dissidents.

Combien de temps encore, les immortels tiendront-ils la ville ?
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Lister Lindley

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Sam 23 Juin 2018, 23:09

Lindley
Lister
Métier/études : Shérif
Situation raciale : Saigneur / Initié
Classe Social : Cerbère
Situation conjugale : ...

▬ ft. ... de ...

Âge : 29 ans
< b>Sexe : Masculin


Questions typiques des nouveaux… Comment est-il? Est-ce qu'il fait peur? Est-ce qu'il ressemble un monstre? Est-ce qu'il est beau? Oui… Plus simple si on explique comment il est dès le départ, histoire de pas le confondre avec n'importe qui. Pourtant, il n'a pas un physique banal, on le reconnait au premier coup d'œil.

Lister est grand et charismatique. En même temps, lorsqu'on fait 1m90, on ne peut être que grand. Et addictif à la musculation, il n'est clairement pas un flan. Le travail l'y oblige, mais il apprécie entretenir son corps malgré tout. Il en impose de par sa présence. On courbe souvent l'échine juste parce qu'il est là. Il sait se faire obéir d'un regard, d'un froncement de sourcil ou d'un claquement de doigt. Et quand il ouvre sa bouche, mieux vaut se taire. Sa voix grave et profonde sait se faire entendre, croyez-moi! Ses cheveux sont longs. Une partie est attachée alors que des mèches plus longues retombent sur ses épaules. Blond platine, ça en jette. Et avec ses yeux bleu ciel, il a de quoi se la péter. Lister cache l'un de ses yeux sous un bandeau noir. Il est borgne le gars. Si, vrai de vrai!

Une sale cicatrice, son œil devenu laiteux. Par contre, la raison de cette plaie de guerre reste un mystère. Certains disent que c'est dû à un combat avec un cauchemar, d'autres affirment que c'est un accident de voiture qui l'a balafré ainsi. Différentes théories sans fondement. La vérité, c'est Lister qui la détient. Et bizarrement, il n'en garde pas un mauvais souvenir. Une barbe de trois jours recouvre le bas de son visage. On ne dirait pas comme ça, mais il en prend soin. Ça lui donne un côté plus virile et revanchard. Enfin, c'est lui qui le dit, après c'est selon les gouts de chacun.

On le trouve souvent avec une cigarette entre les lèvres. On lui a déjà dit que fumer, c'était mauvais pour la santé, surtout à l'allure où il enchaine les paquets. Mais Monsieur n'en a rien à foutre. C'est limite " les clopes, c'est la vie! " Vous voyez le genre…

Niveau vestimentaire, c'est un adepte des chemises et des jean's. Toujours avec une ceinture, histoire de tenir ses deux revolvers à portée de main. Il porte souvent une veste en cuir souple, longue, lui arrivant en dessous des hanches. Elle est vieille et abimée, mais c'est sa veste fétiche, il ne s'en sépara probablement jamais. Même bouffer par les miettes, il en garderait les quelques morceaux qui restent. Mais elle a quand même son utilité, autre que protéger du froid et donner du style, elle est là aussi pour camoufler ses deux revolvers ou ses autres armes. Il préfère les couleurs sobres pour passer plus facilement inaperçue. Un flic avec une chemise rouge se voit à des kilomètres… La discrétion est de mise dans le métier, alors restons dans les tons ternes. Il n'y a vraiment que lorsqu'il n'est pas en service et participe à un événement aux allures plus joviales qu'il se permet quelques touches de couleurs.


Orientation : Il n'est pas difficile, il prend tout!

Phobie : Il n'a peur de rien! Bon… sauf de la mort… Il en a une peur bleue...
Ambitions : Peut-être que mener une vie tranquille ne lui aurait pas déplu... Mais voilà, il n'est pas du genre à se reposer sur ses lauriers. Etant déjà à la tête de la milice, il n'aspire qu'à plus de pouvoir. Toujours plus... Peut-être même aurait-il un soupçon de vengeance qui ne demanderait qu'à éclater au grand jour...

Capacités et Effets secondaires:
Capacités et effets secondaires liés au projet:
☢️ Besoin de risque, d'où son côté Indiana Jones.
☢️ Folie meurtrière qui mène à un vampirisme clinique particulier.
☢️ Peur incontrôlée de mourir.
☢️ Paranoïa qui mène à l'effet secondaire inhumain.
☢️ Addiction à la cocaïne.

Capacités et effets secondaires liés au vaccin:
☢️ Anémie.
☢️ Vampirisme clinique: bien que boire du sang ne lui apporte rien, il a l'envie, voire le besoin physique, d'en faire couler, d'en voir, de le sentir sur sa peau, de s'y rouler et d'en consommer.
☢️ Inhumain : perte d'intérêt dans le domaine relationnel, il en vient presque à détester les gens. Il les côtoie parce qu'il le faut bien.

☢️ Précognition: percevoir un événement avant qu'il n'arrive. Etant un ancien cobaye du projet Blindt, cette faculté est beaucoup plus développée chez lui que chez n'importe quel saigneur. Bien entendu, il ne contrôle rien. Les visions arrivent par flash de quelques secondes et complétement de manière aléatoires. Lister peut très bien passé un mois sans en avoir qu'une semaine où il en a une tous les deux jours. Après, rien ne lui indique quand ni où ni pourquoi cela se passera. Durant ces visions, il a des moments d'absence plus ou moins court. Il ne se souvient pas toujours de ce qu'il a vu et confond parfois la réalité et ses visions.

Biens :
☢️ Deux revolver léger et discret avec leurs munitions.
☢️ Quelques couteaux à lame rétractables dans les poches.
☢️ Des paquets de cigarettes et des briquets.
☢️ L'attirail du shérif: menottes, insigne…
☢️ Un téléphone portable.
☢️ Une photo d'Anna, la profane qui l'a aidé dans sa fuite.
☢️ Un couple d'inséparables (sorte de perruche) et deux canaris chez lui, en plus de celui qu'il a déjà dans son bureau.

" Character is how you treat those who can do nothing for you

Nouveau dans la bande c'est ça? Ah, pas encore vu le chef? * Glousse *
Le décrire en quelques mots? Comment dire… Disons que… Lister est un gars truffé de défauts et de mauvais côtés. Bon, il possède quelques qualités, enfin normalement… Peut-être… je n'en sais rien en fait… Mais ce n'est pas un enfant de cœur. Et dans le corps armé de Machester, il y a une tradition. On offre à chaque nouvelle recrue ce petit guide:

Comment éviter de se faire dévorer par Lister en 5 étapes

1) Ours des cavernes mal léché.
Les matins, ce n'est pas vraiment son truc… Oui, il est toujours à l'heure pour le boulot et respecte son horaire, mais c'est sûrement la pire période de la journée. C'est le moment où il est de mauvais poil. Mieux vaut le laisser se réveiller, conseil d'ami. Se lever le matin ne lui a jamais réussi… Après… Non, en fait il est d'un naturel ronchon, mais le reste de la journée, ça passe mieux. D'autant plus qu'il est rancunier comme pas deux. Et il boude pendant longtemps en plus… Dans des cas comme ça, il faut éviter de l'énerver, parce que l'avoir à dos, c'est vivre un enfer. Sinon, ours en peluche? Non, il ne connait pas… Ah si! Cela lui arriver de se montrer gamin par moment, surtout avec son canari. Oui, il a un piaf dans son bureau qui chante toute la journée… Et attention, c'est bien SON canari. Pas toucher! Il est d'une possessivité maladive, pour tout, objet ou être vivant. Enfin, quand il a des relations privées… L'humeur, oui il connait. Mais ce n'est pas forcément le même que toi et moi…

2) Big Boss.
Lister sait très qu'il a des responsabilités en étant shérif. Il est rude, exigent et pointilleux avec ses employés mais il les respecte. C'est probablement la seule entité qu'il respecte. Bon, il faut bien avouer, son respect, il faut le mériter. Et peu importe la hiérarchie! Tu es bon à rien et tu discutes les ordres, tu es bon pour la potence avec lui. Les ordres de la mairie? Ils peuvent se les mettre dans le… Même avec l'adjoint du maire, mais bon… Parait qu'il obéit malgré tout. Il a un vrai souci avec l'ordre et la discipline. Il veut que la milice soit disciplinée mais lui ne l'est pas. Enfin, c'est le chef, il ne faut pas le lui reprocher. Il n'aime pas qu'on le remette en question. Lister a beau être le boss, ce qu'il préfère ce sont les missions sur le terrain. Il n'aime pas être enfermé à s'occuper des dossiers. Il délègue souvent cette tâche à ses subordonnés. Dans ces cas-là, s'éclipser est une bonne solution. Bizarrement, plus personne l'approche quand il s'occupe de la paperasse…

3) Grande gueule.
Oui… Lister n'est pas quelqu'un d'introverti. S'il a quelque chose à dire, il le dire sans aucune gêne. Il s'exprime avec une liberté sans nom, se montrant odieux dans ses propos. Il n'y va jamais par quatre chemins. Et si ça blesse, tant pis! Mais attention, ce n'est pas pour cette raison qu'il le dira haut et fort. Certes, si on crie, il criera toujours plus fort que toi. Mais en général, il prend une douce, presque mielleuse pour lâcher ses paroles acerbes. Et en plus d'être désinvolte, il est borné. Une vraie tête de mule… Dès qu'il a une idée, plus rien ne peut l'arrêter. Là, les ordres fusent. Il n'y a plus qu'à obéir. Il a beau être une grande gueule bornée quand on le connait bien et qu'on le caresse dans le sens du poil, on peut parvenir à lui exposer sa propre vision des choses et ses propres plans. Les chips, le chocolat et les cigarettes fonctionnent bien, il parait. Enfin… ceux qui réussissent cet exploit font partie des gens que porte Lister en estime. C'est-à-dire quasi personne…

4) Indiana Jones.
Lister aime être dehors, en mission dans les rues de la ville. Il est un côté casse-cou et aventureux qui le rendent imprévisible et dangereux. Il aime l'action et prendre des risques, c'est comme un besoin vital. Il lui faut de l'adrénaline. Il n'hésite vraiment pas à se mettre en danger ou à faire des folies pour arriver à ses fins. Coups de tête? Pas vraiment… Il est intelligent et rusé. Quoi qu'il fasse, tout a bien été minutieusement calculé et pensé. Ca lui arrive de foncer tête baissée dans les ennuis mais quand il le peut, il vérifie toutes les options qui s'offrent à lui avant de prendre une décision. Débrouillard et autonome, il a rarement besoin des autres, que ce soit chez lui ou en mission. Il patrouille souvent seul, connaissant parfaitement ses capacités en tant que Saigneur. Rares sont les subordonnés avec qui il apprécie travailler. C'est son côté inhumain qui lui fait perdre son intérêt pour autrui. Solitaire dans l'âme, il déteste la plupart des gens, peu importe leur race. Il exècre plus particulièrement les Saigneurs, ayant été rejeté par Olandre (même si cela l'arrange bien). Lister suit souvent son intuition qui ne le trompe que rarement. Il est également d'une perspicacité troublante, voire alarmante dans certains cas. Serait-ce dû à son passé en tant que cobaye? Peut-être…

5) Sans foi ni loi.
Fumeur invétéré et grand amateur de cocaïne, Lister est un grand amateur de jeux. Pas n'importe quel jeu, entendons-nous bien. Il aime les jeux vicieux tels que le chat et la souris, dans lequel il aime prendre le rôle du chat. Ou encore des jeux plus macabres et sanglants. Addictif à la violence, il adore en être le spectateur tout comme l'acteur. Les interrogatoires sont pour lui le meilleur moyen d'allier ces deux passe-temps. Très patient, il peut passer des heures à jouer à des jeux sordides avec les victimes qu'on lui rapporte ou qu'il a lui-même rattrapée lors d'un raid. Cynique, il est sans pitié pour ceux qui ne respectent pas les règles établies. Si on est obéissant, il n'y aura pas le moindre problème avec lui. Sauf si ta tête ne lui revient pas… Alors si vous ne respectez pas le couvre-feu, que vous soyez n'importe qui, évitez de tomber sur lui. Ça passe rarement bien…



Histoire
La vie de Lister commença plutôt mal…
Enfant non désiré suite à une aventure d'un soir, il fut rejeté autant par le père que la mère. Le premier étant de descendance noble, il ne voulait pas d'un rejeton provenant d'une fille sans grandes ambitions. De plus, la différence d'âge était trop flagrante…De toute façon, les deux ne s'aimaient, c'était juste l'histoire d'un coup d'une nuit après à un moment d'égarement. De même que la femme ne voulait pas d'un enfant à charge. Elle aurait très bien pu avorter puisqu'elle ne désirait pas de bambin. Mais elle était jeune, peut-être un peu trop d'ailleurs. Elle avait certainement eu peur, ne sachant pas quoi faire vu ce qu'il lui arrivait. Beaucoup de jeunes mamans solitaires sont incapables de prendre la vie de leur bébé ainsi. Enfin, c'était peut-être son cas. Ou alors elle avait d'autres raisons connues d'elle seule… Tant et si bien que la demoiselle garda cet enfant à venir. Cependant, une fois le petit garçon venu au monde, elle n'avait plus envie de l'avoir à ses côtés. Pourquoi? Pas assez d'argent, seule, apeurée, peut-être égoïste et incapable de se gérer elle-même, alors un enfant en plus…
Le seul courage qu'elle ait eu, ce fut d'accoucher sans réels soutiens hospitaliers et de l'amener à l'orphelinat. Elle ne l'abandonna pas en pleine rue, heureusement. Elle fit comme un de ces clichés de films: venir déposer le bébé emmailloté dans une couverture sur le paillasson du bâtiment, en fin de soirée. Une petite étiquette avec son prénom avait été attachée sur le vêtement du nourrisson. La jeune femme sonna à plusieurs reprises avant de s'enfuir dans les ruelles sombres de la ville.

Lister n'a pas de souvenirs exceptionnels de ses années passées à l'orphelinat. Il y a passé une partie de son enfance. Si on lui demande ce qu'il a encore en mémoire, il répondra probablement des choses dans le genre: beaucoup d'enfants, bien trop. Il se rappelle de sa dernière année passée à l'orphelinat. Les enfants dormaient à deux dans le même lit, voire à trois les plus petits. Le bâtiment n'était pas bien grand, mal isolé… Il fallait de la place pour tous ces bambins. Bonjour, les maladies… Nombreux d'entre eux étaient souvent malades… Et la proximité aidait les microbes à se propager. Combien de fois il n'était pas tombé malade… Mais déjà à cet âge, il était un garçon robuste, déjà grand par rapport aux autres gamins. Alors que lui finissait toujours par guérir, d'autres moins chanceux n'arrivaient pas à se réveiller le matin… C'est peut-être le souvenir le plus vivace, celui des enfants morts dans la nuit, happés par la grippe la plus part du temps, faute de médicaments adaptés et/ou d'une santé trop fragile. Après, Le blond n'avait pas à se plaindre… Il mangeait plus ou moins correctement, même si la nourriture était peu variée, simple et pas abondantes tous les jours. Il avait des vêtements et pouvait se laver une fois par semaine. Il y avait mieux, mais il y avait bien pire aussi. Alors il ne s'était jamais plaint, prenant ce qu'il y avait à prendre pour survivre.

Ce ne furent donc pas les années les plus pénibles de sa vie.
Ce fut vers l'âge de dix ans que le cauchemar commença. Des inconnus arrivèrent un jour à l'orphelinat. Des adoptions, quoi de plus normal dans un orphelinat. Ça aurait eu l'air d'adoptions si les nouveaux arrivants avaient l'air de véritables couples. Or, ils semblaient formés en groupe uniforme où chaque membre se connaissait. De plus, ils étaient trois: deux femmes et un homme. On fit alors rassembler les enfants, autant les filles que les garçons, de cinq à quinze ans. Les gens bizarres – oui, il n'y avait pas d'autres qualificatifs qui venaient à l'esprit à ce moment-là – avaient pourtant l'air d'observer attentivement chaque enfant, comme s'ils analysaient de la marchandise. Ils en choisirent plusieurs, une bonne vingtaine, tous avec une bonne santé et une allure robuste. Il n'y avait pas vraiment d'autres critères. L'orphelinat leur confia les enfants. Ce serait se voiler la face que de dire que les propriétaires du bâtiment étaient tristes de les voir partir. Ils devaient être probablement ravis de récupérer de la place dans leur orphelinat. Leur absence serait aussi une occasion de faire des frais en moins…

C'est la période de sa vie dont il se rappelle le moins. Constamment sous les effets de la cocaïne, il avait toujours eu des difficultés à se rendre compte de ce qu'on lui faisait subir, son esprit étant bien trop dans les vapes. Il sait juste que c'était douloureux, autant physiquement que mentalement. La douleur, il ne l'avait jamais oubliée… Lister répondra toujours vaguement lorsqu'on l'interroge sur sa vie de cobaye, préférant ne pas essayer de s'en rappeler. Mais si on parvient à lui faire cracher quelque chose, on peut alors imaginer tout l'horreur de ce qu'il avait pu subir à l'époque. Le cobaye ne savait rien du projet à la base ni même de BioHazard. Il savait juste qu'il était exploité à des fins scientifiques par des hommes et des femmes qui se moquaient bien de ses états mentaux et physiques. Encore aujourd'hui, il n'a pas cherché à en savoir plus. Il sait juste le nom du projet: Blindt.

Si le Shérif fait un effort – surhumain en passant – il voudra bien parler de ces années passées dans les labos. Durant ses premières années, on l'avait enfermé seul, dans une pièce plongée de le noir complet. Très peu spacieuse, cette salle faisait à peine 3m² et était tellement bien isolée qu'aucun son ne provenait de l'extérieur. Les seuls bruits qu'il percevait étaient ceux de son propre corps. Ce silence était insupportable. Pourtant, lui-même n'osait pas faire le moindre bruit. Le gamin l'avait appris à ses dépens. Chaque fois qu'il avait le malheur de produire de moindre son, soit on venait et on le rouait de coup soit on envoyait un hurlement si strident qu'il en cassait les oreilles. Parfois, il avait le droit à des gaz aux senteurs atroces, à en vomir. Ou bien encore une lumière vive et aveuglante qui lui grillait les rétines. Combien de temps avait-il passé dans ses conditions? Il ne le savait pas… Pourtant, il s'accrochait à l'espoir de sortir de ce cauchemar. Et il sortit… Sauf que cette sortie ne se passa pas comme il l'aurait voulu…

On finit par le délivrer de ce supplice, faute de résultats probants. Les scientifiques décidèrent d'employer une autre méthode. Mais avant de reprendre les expériences, ils offrirent à chaque cobaye ayant réussi à rester en vie ou à ne pas sombrer dans la folie de suite, un vrai repas. Ce fut dans la cantine que tout dégénéra. Dès que la nourriture arriva, les survivants se jetèrent dessus comme des animaux affamés par des mois de jeûnes. C'était le chao complet où chacun essayait de manger le plus possible, volant la ration des autres, voire même s'attaquant aux autres pour les éliminer et ainsi avoir plus de bouffe. Ce fut dans cette ruée que Lister récolta sa balafre. L'un des garçons avait réussi à chiper le morceau d'une assiette brisée. On avait pensé à retirer couteaux et fourchettes mais pas à remplacer les assiettes en porcelaine par du plastique. Lister ne vit pas l'attaque venir, trop concentré sur la nourriture. La vision d'un de ses yeux se teinta de rouge en un éclair alors qu'une douleur fulgurante envahi son crâne. Fou de rage, l'adolescent abandonna les précieuses denrées pour se retourner contre son agresseur. Dans une folie sans nom, il désarma son adversaire et le roua tellement de coups que son visage ressemblait plus à une patate écrasée qu'autre chose. Après, tout devint floue… Lister sait qu'il avait été transporté à l'infirmerie, qu'on réussit à sauver son œil mais malheureusement, pas sa vue. Il devint borgne à l'âge de quinze ans.

Le reste de son existence fut un immense trou noir. Drogué sans cesse à la cocaïne, Lister n'a que des souvenirs vagues. Sous cette emprise, on stimulait chacun de ses sens jusqu'à obtenir les résultats désirés. La folie aussi avait été recherchée, pour lui faire perdre son sens logique et critique, afin de les pousser à éveille son sixième sens. Ce garçon était robuste, tenace et combattif. C'était pour cela qu'il était apprécié en tant que cobaye et qu'il offrait de bons résultats bien que cela avance lentement. Ses conditions de vie s'étaient un peu améliorées afin de le maintenir en bonne santé physique pour continuer les recherches, mais l'homme n'avait pas le droit de sortir. A chaque instant, Lister n'avait jamais cessé de se battre, gardant l'espoir qu'il finirait par sortir d'ici et qu'il se vengerait de toutes ces années de tortures qui lui avaient laissé des séquelles à vie.

Comment avait-il réussi à s'enfuir? Son évasion était probablement due à un concours de circonstance et relevait aussi de la chance. Pourtant, tout avait commencé comme une journée normale. Sortie de sa cellule, visite chez l'un des scientifiques en charge du projet afin de vérifier la bonne avancée sur ce sujet de laboratoire. Rien d'anormal, Lister était plongé dans l'une de ses phases d'incapacité à réfléchir ou à penser. Ce genre d'effets lui arrivait encore de temps à autre mais beaucoup moins qu'avant. Il avait de moins en moins d'absence, c'était une bonne chose. Surtout que, si on lisait son dossier, ces moments particuliers étaient souvent à l'origine de son
6e sens pour lui. Il lui arrivait d'avoir des flashs, très courts et désordonnés. L'avenir ne s'y laissait pas entrevoir facilement, surtout que le cobaye oubliait tout presque instantanément. Mais parfois, il s'en rappelait vaguement et pouvait mettre des mots sur ce qu'il avait vu. Des prédictions justes étaient rares, mais pas impossible chez lui. C'était pourquoi on le gardait toujours en étude puisqu'il y avait de bonnes avancées avec ce sujet. Quoi qu'il en soit, durant ces phases, le géant devenait une vraie guimauve, une masse inerte qui respirait à peine. Relâchement? Erreur du scientifique? Manque de prudence? Difficile à dire aujourd'hui…

La question était toujours la même: " Qu'est-ce que tu as vu? "
Les réponses variaient… Je ne sais pas. Je ne sais plus. J'ai oublié. Je n'ai rien vu. J'ai vu une femme, un homme ou un enfant. J'ai vu telle chose, tel événement, tel action… Mais ce jour-là, aucun son ne sortit de sa bouche. Il semblait plongé dans une léthargie sans nom, perdu au fin fond de son être. Il ne réagissait à plus aucun stimulus. Les voix ne semblaient plus l'atteindre, la douleur ne provoquait aucune réaction, les mouvements n'attiraient plus son attention. Seul réflexe que Lister avait encore et qui prouvait qu'il était toujours vivant, était sa pupille qui se contractait chaque fois qu'un vaisseau lumineux venait la percuter. Puis sans prévenir, le cobaye revint à lui, brutalement. Pris d'une violente migraine, il se recroquevilla sur lui-même et se tint la tête entre ses mains, gémissant. La douleur était insupportable, incontrôlable. Elle semblait venir de partout à la fois, sous son crâne. Sous le choc, le scientifique en charge de ce sujet resta bouche bée devant sa réaction. Sous la panique, il n'osait pas l'approcher. C'était la première fois qu'il réagissait de la sorte. Et c'était plutôt de mauvais augures… Défaillance cérébrale? Le scientifique ne prit pas le temps de noter ce nouvel effet. Il envoya son assistant chercher au plus vite de la morphine pour atténuer la douleur. Hors de question de perdre un des plus précieux cobayes du projet Blindt alors qu'ils étaient si proches d'avoir de vraies preuves concluantes au sujet du 6e sens. Puis, c'était parti comme c'était venu. Lister retomba dans sa léthargie.

Le médecin s'empressa de vérifier que son patient était toujours vivant. Ce moment d'absence… Il n'était pas comme les autres… Les yeux de son cobaye brillaient d'une lueur qu'il n'avait jamais vue chez lui. Pas pendant ce genre de phases… Un leurre? Probablement… Le scientifique comprit tout trop tard… Pourquoi ne pas l'avoir attaché? Pourquoi avoir envoyé son assistant en dehors de son cabinet? Pourquoi être aussi proche de lui? Tant de pourquoi… En geste désespéré, l'homme en blanc tenta bel et bien de sangler son patient à son siège, mais vu la force du type en question, c'était peine perdue. Ses doigts se refermèrent sur le cou de sa victime et serrèrent aussi fort qu'il le put. Ce fut rapide et silencieux. Pas un cri n'était sorti de la bouche du scientifique. Et lorsque Lister relâcha le corps, celui-ci s'effondra, gardant sur le visage la surprise de ce revirement de situations.
La migraine n'avait jamais été un piège. Il avait souffert pendant ces minutes qui lui avaient paru interminables. Cependant, il y avait du bon dans ce mal. Le cobaye avait vu et s'en souviendrait probablement toute sa vie. Cette vision venait de lui redonner espoir, de lui redonner les armes pour se battre contre l'injustice à laquelle il avait toujours été confronté. Et cette vision, il fallait impérativement qu'elle se réalise!

Lister détacha les seules sangles que le scientifique avant réussi à mettre, celles à ses chevilles. Il se releva et fouilla le corps sans vie du scientifique pour en sortir son badge de sécurité. Il savait que des caméras l'observaient. Il savait que des gardes allaient venir pour l'arrêter. Il devait donc faire vite s'il ne voulait pas retomber entre leurs griffes. Avec l'aide du badge, il réussit d'abord à sortir de la salle où il était. Là commença une course folle. Son sens de l'orientation était probablement des plus moisis. Il ne reconnaissait rien et avait l'impression de se perdre dans le laboratoire. Et cette sonnerie qui lui agressait les tympans n'arrangeait rien. Elle était tellement assourdissante qu'elle lui grillait presque le cerveau. Pourtant, ses jambes refusaient le moindre moment de répit. Elles couraient dans tous les sens. A se demander où Lister sortait une énergie pareille. L'adrénaline sans doute… L'espoir? Le désespoir? La folie? Peu lui importait à cet instant… Il courait pour sa vie.

Oui… Mais le cobaye aurait pu regarder devant lui…
Il ne réalisa qu'après le choc. Il venait de s'étaler, grimaçant de douleur. Il avait percuté un charriot qui venait d'un couloir adjacent, rempli de fioles en tout genre. Plusieurs se brisèrent au sol dans un bruit de verre cassé lorsque le charriot se renversa sur le côté. La femme qui l'avait en charge prit peur lorsque l'animal en cavale commença à lui lancer les bouteilles et seringues en poussant des cris enragés, pas de taille contre lui. Elle s'enfuit dans les couloirs en hurlant. Le patient ne prit pas la peine de la poursuivre. Il se releva en vitesse, cherchant à s'orienter pour trouver la sortie la plus proche. Un éclat attira son regard, celui de la lumière se reflétant dans le verre d'une seringue. Sa main s'avança pour s'en saisir, ses doigts serrant fermement le petit tube. Sa course recommença alors. Qu'est-ce qu'il lui avait pris à l'époque? Pourquoi avoir volé un produit venant des laboratoires qu'il haïssait? Simple coup de tête? Envie particulière? La couleur l'attirait? Aujourd'hui encore, Lister est incapable de l'expliquer… Cependant, il était loin de s'imaginer les conséquences de cet acte…

Le sujet du projet Blindt s'était figé sur place.
Il avait trouvé une sortie. Mais voilà… On lui bloquait le passage. Oh, Ils n'étaient pas une dizaine face à lui, ils n'étaient que deux: un gardes et l'assistant du scientifique assassiné. L'agent pointait sur lui son arme pendant que le deuxième vociférait des insultes à son égard. Lister reconnut un cobaye parmi le duo. Anthek Kilai… C'était son nom. Il avait affronté cet homme plus d'une fois au cours de sa vie. Ce type ne faisait pas partie du même projet que lui, mais c'était bel et bien un autre patient. Tous deux, c'était comme chien et chat. Toujours à se chercher misère dès qu'ils se croisaient. Cela en devenait presque un rituel, presque un jeu entre eux. Une forme de rivalité régnait constamment entre eux. Et là, une fois de plus, les deux gars se retrouvaient face à face. Lister serrait les dents. Hors de question d'abandonner aussi près du but. La sortie était juste derrière eux… Quitte à retourner dans sa prison, autant ne pas se laisser attraper facilement. Dans crier gare, il s'élança vers les deux types en hurlant comme un enragé. L'assistant déguerpit, terrorisé par cette bête enragée. Le garde lui ne broncha pas, restant sur place. Un coup de feu partit, sifflant aux oreilles des deux cobayes. Lister s'en moqua royalement, seulement son but comptait, l'adrénaline l'y aidant. Il se jeta littéralement sur Anthek pour le faire tomber et le roua de coups. Ils échangèrent des ruades, roulant tous les deux au sol. Ce n'était pas lui qui l'empêcherait de sortir! Pas question!

Lister se releva après avoir désarmé son assaillant et fonça sur la porte de sortie. Il la heurta de plein fouet. Fermée! Il chercha frénétiquement après le badge. Ses mains tombèrent sur celui-ci et s'empressèrent de le passer sur la tablette d'accès. La porte s'ouvrit devant lui. Il ne prit pas la peine de savourer sa victoire. Le patient passa les portes pour sortir à l'extérieur, fuyant à toutes jambes. Derrière lui, d'autres coups de revolver résonnèrent. Il continua de courir malgré la fusillade. Pas le temps de constater les dégâts, il le ferait bien plus tard. Le cobaye ne courut pas bien longtemps, mais s'il s'était suffisamment éloigné pour pouvoir reprendre son souffle un peu. Là seulement il réalisa qu'aucune balle ne l'avait touché. Anthek… L'avait-il laissé s'échapper? Pourquoi? Peu lui importait… Lister était désormais à l'extérieur. Il lui en devait une à ce salop!


"From: David.Stoner @BioHazard.com
To: All contacts
Subject: Fuite du sujet LIL - 648
Date: 15 juin 2010, Manchester

Cher collègues,

Le sujet de recherche LIL – 648 est toujours dans la nature. Nous avons perdu toute trace après sa sortie du bâtiment Rouge Profond. Et il semblerait qu'il ne soit pas parti les mains vides. Un de vaccin VYII manque à l'appel. Perdu ou volé? Nous le saurons lorsque nous aurons remis la main sur le sujet en fuite du projet Blindt. Le mieux serait de le retrouver vivant, il s'agit d'un bon patient pour notre projet. Ce message est à diffuser à tous nos agents ainsi qu'à Oléandre.

Bien à vous,


David Stoner
Assistant du chercheur Will Desford "



Quatre mois… Le cobaye n'avait plus donné signe de vie pendant quatre mois.
Lister n'avait jamais quitté la ville. Pour quelle raison? Il aurait très bien pu s'enfuir loin de cette cité maudite. Pourtant, la solution était toute trouvée. Le cobaye en fuite avait bien volé un vaccin destiné aux initiés. Cependant, il ne l'avait pas que voler… Il l'avait aussi utilisé, réalisant ainsi ce qu'il avait vu dans l'une de ses visions: lui dans le parc, une seringue enfoncé dans le bras. C'était la promesse de liberté qu'il avait eu le jour de son évasion. Lorsqu'on y pense, tout concordait. Cette vision s'était belle et bien réalisée en fin de compte. Mais en plus de cette délivrance, Lister avait acquis l'immortalité. Lorsqu'il s'était injecté le produit dans les veines, le cobaye ne savait vraiment pas à quoi s'attendre. Cependant, il l'avait fait puisque c'était apparu dans sa vision. Et celle-ci lui avait annoncé clairement sa libération. Alors il l'avait fait sans plus se poser de questions. Erreurs ou pas? Lister l'avait regretté à l'époque.

Le cobaye était à nouveau rentré dans une période de souffrance horrible. Il avait l'impression de que son sang s'était transformé en lave en fusion, brûlant son corps entier. Ses veines étaient devenues noires, lui donnant un aspect épouvantable. Il était constamment en sueur ou en train de gémir, alternant les phases d'éveil et d'inconscience. Lorsqu'il dormait, il se perdait dans les méandres de son esprit déluré, faisant sans cesser des cauchemars qui le faisaient hurler. Pourtant, il ne s'en souviendrait d'aucun. Et lorsqu'il était réveillé, son sang, semblable à de l'acide, le rendait complétement fou de douleur. Lister n'aurait très certainement pas survécu s'il n'avait pas rencontré cette jeune femme. Un Saigneur, fraichement profane. C'était elle qui s'était occupée de lui pendant la durée de son délire et de sa convalescence ensuite. Ce fut probablement d'elle que l'ancien cobaye tient son amour des oiseaux. Elle avait de nombreux canaris qui chantaient toute la journée. Cela avait le don d'apaiser l'homme malade. C'était également elle qui lui avait appris à être un Saigneur, du moins ce qu'elle-même en savait en tant que profane. Lister lui était redevable et il le lui rendait bien malgré son caractère d'ours mal léché. Il était resté quatre mois avec elle, ayant du mal à se remettre de l'injection du vaccin malgré son statut de cobaye.

Puis, un beau jour, on lui tomba dessus.
Des gars firent éruption dans l'appartement. Ils l'emmenèrent lui malgré les protestations et les coups. Cependant, il était bien trop faible encore que pour mettre au tapis trois initiés en pleine santé. La jeune profane? Lister ne préfère pas y penser… Il ne l'avait plus jamais revenue après cet épisode. Probablement exécutée pour avoir caché un cobaye en fuite et qui avait volé un vaccin qui plus était. Il ne pourrait sûrement plus jamais payer la dette qu'il avait envers elle…

Lister s'attendait vraiment à être jeté en prison, à être exécuté ou encore retourner dans les laboratoires de BioHazard. Il s'était peut-être attendu à plein d'autres choses mais certainement pas à ça. Sur la recommandation de l'adjoint du maire, Seth Dagon, au lieu de lui faire subir les pires châtiments, on lui offrit le poste de Shérif. Le nouveau Saigneur en resta abasourdi, ne comprenant absolument pas ce geste. Elan de sympathie? De pitié? De charité? Il devait y avoir une arnaque quelque part… Ce n'était pas possible de lui pardonner de la sorte. Si? Lister n'obtiendrait probablement jamais la réponse. Seul le seigneur Dagon en garde le secret.

Voilà maintenant quatre ans que Lister est le shérif de la ville. Il avait déjà fait parler de lui en tant que chef de la milice durant cette période de sa vie, mais c'est vraiment depuis la fermeture du dôme que tout le monde le connait. Personne ne peut ignorer son identité. Les habitants ont une peur bleue de désobéir, cependant on ne peut pas dire pour autant que les rues soient sûres. Lister a certains vices que beaucoup ne savent pas et qui le découvrent une fois face à lui. A cause de son statut d'ancien cobaye, il n'est pas le bienvenu dans la secte d'Oléandre. Il est même renié par la plupart de ses membres. Par contre, aucun autre Saigneur ne l'approche si ce n'était Seth pour le remettre à sa place lorsque Lister dépasse les bornes. De toute façon, cela l'arrange, puisqu'il ne se retrouve pas dans leurs préceptes, pour ne pas dire qu'il déteste Oléandre et tout ce qui va avec cette secte maudite.
Murphy
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