Notre monde est détruit.
WWIII, l'ultime guerre, l'a anéanti il y a déjà deux ans.
Obligé de se cacher la première année, aucun survivant ne sait vraiment ce qui s’est produit.
Aujourd'hui, la terre n'est qu'un enfer perpétuel, où chacun tente de tenir un jour de plus.
Au cœur de cette horreur se trouve MadTown, seul vestige de notre civilisation passée.
Dans cette ville, la vie continue son cours, ignorant les affres de cette fin des temps.
Depuis sa découverte, les survivants se pressent aux parois du dôme.
Ceux qui refusent la surveillance permanente s'entassent aux alentours, quand ils ne rejoignent pas les rangs des dissidents.

Combien de temps encore, les immortels tiendront-ils la ville ?
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Lys

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Sam 23 Juin 2018, 23:15

Lys, juste Lys
Métier/études : HA HA HA.
Situation raciale : Survivant Rétif
Classe Social : Vermine, ca compte ? (Marginaux)
Situation conjugale : Célibataire

▬ ft.Pub de GUIWEZ

Âge : 25
Nationalité/origines : nationalité américaine, origine je sais pas...si un jour vous retrouvez ma mère, pensez à lui demander.
Carnation : blanche, mais je bronze de suite au soleil (enfin..sous le soleil d'aujourd'hui, bronzer n'est plus un terme adéquate)
Taille : 1m55, on se moque pas!
Corpulence : 45 kilos
Cheveux : mi long, châtain
Yeux :miel (je sais ça sonne pédant, mais je me voyais pas dire orange, alors bon)
Signe(s) distinctif(s) : des grandes tâches noires partout sur le corps, hormis les bras et le visage
Sexe : féminin, jcrois...*vérifie* ouaip !


Orientation : J'aime bien les appendices.

Phobie : J'ai le vertige.

Ambitions : botter des culs si fort qu'ils en saigneront de la glotte.

Capacités et Effets secondaires: Immunité aux germes. (nucléaires ou non) Je ne suis plus sujette aux maladies, de ce que j'en sais j'ai pas eu à souffrir des nombreuses épidémies, gastros, fièvres, chaudes pisses et autre joyeuseté dus à des conditions de vie insalubre.
En effet secondaire, j'ai développé une grosse déficience épidermique qui me brûle au contact de l'eau, plus de poils sur le corps, et des plaques noires qui s'étendent chaque année un peu plus, sur les pieds, les jambes, le buste, les fesses, la...bref, pour le moment mon visage et mes bras sont épargnés, mais je sais pas encore pour combien de temps.

[Avancé IN RP]

Je sais pas quand ça a commencé, on sait rarement quand ça débute quand c'est pernicieux. Alors maintenant, mon sang est devenu noir et quand il touche la matière organique, il brûle. Faut juste pas le faire couler.
Petit à petit, j'ai perdu ce sentiment de m'appartenir. C'est normal ça ? Je me parle à moi-même je le sais, mais là, j'ai l'impression qu'on me répond et qu'on me fait dire des pensée que j'avais pas formées. Quand je perds le contrôle, mes taches s’étendent comme une ombre quand le soleil bouge : aberrant, sur mon visage, ça recouvre le blanc de mes yeux. Dans ces moments là je réponds plus de rien mentalement. C'est plus la Lys qui amuse la galerie, j'imagine que j'ai jamais été drôle pour vivre selon les règles, mais là tout fout le camp : ma peau brûle la matière organique et je suis plus rapide, je cours plus vite, je bouge plus vite... le pire ? Je deviens trop folle pour être censée.
Alors non, ça n'a rien de pratique. Je me réveille comme un lendemain de cuite, sauf que je tremble, je vomis et je me bats contre mes propres bras et je le sens, à l'intérieur de moi, ce poison qui est pas heureux de rester dedans, qui veut à nouveau me posséder. Ca commence, ca va continuer... je dois l'utiliser à mes fins avant d'aller en enfer, c'est le diable qui me parle.

Biens :

- Un bouquin tout taché "Apprendre à écrire et à lire pour les nuls" (volé sur un cadavre, qui avait dû le voler lui-même à quelqu'un.)
- un cahier de 230 pages, même que c'est pas moi qui ai écrit dessus.
- un couteau rouillé mais de bonne facture
- un rasoir, quand j'ai le temps, mon petit plaisir du dimanche (c'était une blague morbide les loulous, j'suis imberbe depuis tout ce merdier)
Je voulais mettre un titre qui en jette, et puis finalement..."



Parler de mon caractère, je trouve ça extrêmement mégalo (déjà qu'il y a mon histoire qui vous attend, trois pavés pour pas grand chose)
Bref, je sais pas quoi dire...c'est difficile de se faire une propre idée de sa personnalité, surtout quand on se connait pas trop.
Ce qui est sûr, c'est que j'ai un jargon très particulier. Une mixture entre grivoiseries et termes alambiqués, du jamais vu. [ nota benne de l'auteur, ça sent l'annotation -18 à chaque titre de RP ] La raison à une origine pleine de crasse liée à une éducation tenue par un SDF cultivé - plus rare que de sortir le ticket gagnant de la loterie.

Je vous épargnerais le profil psychologique de la donzelle qui a trop souffert et qui, du coup, s'est créée un masque, parce que c'est pas moi ça. Véritable livre ouvert, c'est pas faute d'avoir essayé...hélas, je mens aussi bien qu'un arracheur de dents. Voilà pourquoi j'ai tendance à souvent fermer ma gueule. Quand tu dis rien, tu peux pas mentir.

Je suis pas DU TOUT à cheval sur la mode et la propreté, ce qui est tant mieux pour mes projets d'avenir pas pour les p'tites natures! Je me sens pas impliquée par le sort d'autrui -il m'est arrivée une fois de croiser une femme au bord d'un fossé, pleurant et demandant de l'aide, et de continuer mon chemin en l'ignorant. Pas mon problème, et surtout pas mon but. Next.

On pourra me cataloguer de méchante, je suis pourtant pas contre l'idée de partager ma nourriture avec un mort-de-faim.
Je préfère juste me refuser aux lois freudiennes, cataloguant les bons ou les mauvais ; surtout dans le monde actuel. Je dirais que j'ai mes jours aussi.

Par contre, je suis dangereuse, et y'a rien de complexe dans cette notion. Je peux discutailler avec vous au coin du feu, si j’apprends le lendemain que je dois vous tuer pour mes intérêts, j'hésiterais pas.
Je vis en sursis, c'est tout, ravie de pouvoir devenir une machine si on m'en offrait l'opportunité. Parce que les sentiments, c'est vachement lourd à porter quand même.

Je suis devenue futée, si bien qu'il m'arrive de traiter avec d'autres marginaux pour obtenir ce que je veux. C'est comme ça que j'ai appris à me battre, jour après jour. Une année sans répits, j'en suis devenue droguée d'apprendre, et en contrepartie je buvais chaque flaque d'eau croupie pour leur laisser les gourdes assez potables. C'est l'avantage d'avoir un corps immunisé aux germes.

J'aime bien parler, mais je suis pas vraiment agréable : je suis parfois lunatique (surtout quand j'ai mes règles.) Je me sens tour à tour lassée, intéressée, triste, excitée, une véritable girouette. Très preneuse de risques aussi, je prends pas de protection, même lors de coups d'un soir (puisqu'on en parle..) mais je crois que mon incapacité à tomber malade s'ajoute à un corps stérile...parce que depuis le temps, que je sois toujours pas tombée enceinte, relève du gros miracle (et je crois pas aux miracles.)

Je suis une extrémiste, mais je veux en être une qui a de la cervelle. Me faire exploser une fois, puis c'est tout, n'est pas mon but (ou alors en dernier recours....)

J'adore chercher les failles dans le caractère des gens, exploiter cela à mon avantage. Faut juste pas s'attacher. Faut pas.

J'aime pas personnellement la compagnie des animaux (c'est affreux v'oyez, je suis affreuse) et si un chien me suit, y'a des risques qu'il finisse en méchoui le soir même. J'ai mangé des humains, donc bon des animaux...en plus c'est moins mauvais, et ça meurt vite.

Pour le reste...depuis que je sais lire, je conserve chaque bouquin que je trouve. (et là pour le coup, si je dois me chauffer avec, j'ai réellement de la peine.)
Et ma bible à moi, c'est un cahier de 230 pages, que j'appelle...le cahier de 230 pages. Dedans, c'est la plume du seul être que j'ai chéri, et pas un Dieu invisible et sadique.
Si je trouve d'autres traits intéressants de ma profonde personnalité torturée, je vous ferais signe.



Histoire


(parce que lire avec de la musique, c'est plus chouette, mais si j'ai pas le droit j'enlève, bisou)

"La vie est difficile ici, c'est pas fréquentable, ça pue, on a faim"
"-T'sais le monde, c'est une fosse dont seuls ressortent les chanceux, t'sais, j'crois qu'on a du mal faire un truc mal, très mal, pour se r'trouver v'la ici, t"sais...Eh, tu m'écoutes ?
"va voir ailleurs si j'y suis, tête de noeuds"
"Ben moi plus tard, ben ben, moi, je serais un rebelle, comme mon papa! Mais maman, elle me dit qu'il reviendra pour moi, mon papa, et qu'il est bien là où il est...."

Des phrases, des récits, des mots qu'on palabre pour éviter de voir l'inutilité de notre race. Je les entends tous les jours, lasse et agacée. Depuis que je suis assez haute pour me prendre des baffes, je les entends certes...mais pourtant, je les comprends de moins en moins.
Je suis née à quelques kilomètres d'un dôme qui, jadis, n'existait pas. Et déjà à l'époque, le destin m'avait éjectée de ses quelconques plans. gracieux. Il m'a même carrément poussée, un bon coup de pied au cul, en pleine fange et saleté, entre les bras d'une mère vide d'amour.
Je lui en veux pas cependant (je parle de ma mère, pour la destinée qu'elle aille se faire foutre) Quand on grandit dans le dehors depuis tant d'années qu'on ne se les compte plus, la violence du monde suce jusqu'au plus petit élan de bonté et de gratitude. Et ma chère maman, fille d'immigrés qui avaient faim, elle s'est retrouvée abandonnée dans les rues d'une ville dont elle ne connaissait pas la langue. Je sais pas pourquoi, mais le résultat change peu de choses, et n'aurait pu améliorer sa médiocre existence. Obligée à dormir dans les longs couloirs du métro, bougeant sa planque pour pas se faire chopper par les raclures (y compris les flics de malheur), y'avait pas de place pour elle dans ce monde. C'était comme si quelque chose de plus grand, et d’infiniment salaud, lui montrait l'étendue d'un bonheur qu'elle n'était pas disposée à saisir, jamais. Lorsqu'elle poussait son chariot dégueulasse débordant d'ordures -qui à ses yeux étaient des trésors- elle croisait les demoiselles parées de jolies choses; monture de lunette sur un pif ostensiblement pointé au ciel, histoire de pas avoir à regarder la pauvre désaxée recouverte de sachets poubelles, aux cheveux prématurément blancs dressés sur une tête pleine de croûtes. Elles devaient craindre que cette dernière ne leur demande une p'tite pièce, vous imaginez le malaise..si les passants en venaient à se retourner. La honte.

Mais elles avaient sans doute pas tord, vu que ma maman, si on lui avait proposé, elle se serait coupée un membre pour un billet de cent. (non, ce n'est pas une expression.) Les gens avec de l'honneur, c'est bon pour les nostalgiques des principes, ceux bien heureux et bien pensant, mais qui, voyant leur condition changer, ne sont plus heureux mais n'en pensent pas moins. Ils se ramènent avec leur prétendue idéologie du monde meilleur, rêvant de renverser les dictateurs et d'instaurer une jolie démocratie ; agitant une main effarouchée, tout timide qu'ils sont, quand on les porte en héros : "je ne suis pas un héro, voyons rhooo arrêtez, mais arrêtez hihi.....comment ça je fabule? Comment ça, on s'éloigne du sujet ?! Ah....oui, donc. Ma mère. Une vendue, voilà, pire encore, une ravagée, dictée par ses instincts primaux et à peine de ce qui faut d'humain pour se faire comprendre.

"s'il vous plaît, moi faim, moi froid" suffisait largement.

Puis je suis née, je sais pas à cause de quoi, ou de qui, elle me l'a jamais dit du haut de mes 2 mois passés à ses côtés.
Aussi sa technique de vente (à savoir, permettre à un gusse civilisé de balancer 3 sous, rentrer chez lui et se dire que, quand même, il est vraiment quelqu'un de bien) varia sensiblement.

"s'il vous plaît, pour enfant, enfant faim, enfant froid."

Ca cassait pas des briques, mais elle a multiplié ses gains hebdomadaires par DEUX. Joie, excitation, ma mère s'est sentie vachement fière de m'avoir conçue : au moins une chose qu'elle avait créé par elle-même.
Certes, jdemandais de l'entretient : c'était pas les gants de toilette de ma génitrice, pas épargnés par les jours de jeûnes répétés, qui allaient me rendre grande, belle et forte ; aussi n'oubliait-elle pas d'acheter une brique de lait, de remplir un vieux biberon dégueulasse trouvé au fond d'une bennes à ordure et de fourrer du papier déjà sale dans mon pantalon de fortune, pour prévenir du dégâts des eaux.

C'est fou, à quel point une petite chose aussi fragile peut s'avérer résistante. Enroulée dans de trop nombreux fichus, avec rien d'autre que mon visage à l'air libre (que les passants puissent voir que je respirais, quand même) Je fus un nourrisson pas difficile. Je pleurais pas, je dormais beaucoup...d'ailleurs, un peu trop. Jusqu'au jour où un clochard qui possédait un truc dont ma mère était dépourvue : du bon sens, a croisé la route de cette dernière, et a compris que j'allais bientôt crever de malnutrition.

Il s'appelait Jax, du moins, c'est comme ça qu'il se faisait appeler. Jeune retraité de 36 ans (merci l'armée) ayant sombré dans la dépression après avoir perdu l'hypothèque de sa maison au jeu, il vivait dans sa voiture depuis environ 3 mois. Un chouette garçon, cultivé, mais assez con pour s'être fait enfiler par sa dépendance....il n'aspirait plus qu'à vivoter, priant de s’endormir un soir sur la banquette arrière de sa Ford Crown Victoria et ne jamais plus se réveiller.

Mais ça, c'était avant de voir mes mirettes de bébé pas chanceux, entre les bras maigrelets d'une dame aux yeux fous et à la lèvre tremblante. Encore aujourd'hui, je sais pas comment il a fait pour m'arracher à elle. Il a jamais voulu me le dire, touché par une prétendue fierté ou un soucis de préservation à mon égard. N'empêche que j'aurais bien voulu le savoir, même moi, celle qui s'en fout de pas mal de choses....j'aurais voulu croire qu'elle m'avait aimée suffisamment pour ne pas me jeter comme un mouchoir usager.

Puis voilà, j'ai été entretenue, difficilement, avec les moyens du bord et j'ai fatalement grandi. Il a ignoré toute déclaration à la mairie (vous vous en doutez) et il m'a appelée Lys, parce qu'il adore cette fleur. J'ai commencé à parler, à faire chier mon monde avec trop de questions à la con, à vouloir toucher à tout ; tandis que ce pauvre Jax priait chaque soir qu'on s’intéresse pas trop à moi. Il craignait les gens curieux de voir une gamine dans les rues, cheveux tout emmêlés et en dehors de la réalité bien pensante de la mode, des téléphones tactiles et du regard des autres. Il chiait même littéralement dans son froc que je parte, me retrouve détectée par the Big brother à l'image d'une assistante sociale pas refroidie par les heures sup', et de disparaître, pouf, aussi vite qu'une fille canon ayant lâché un malencontreux pet au nez de plein de monde. (chui très fière de mon exemple, c'est pas grave.)

Cependant, pas pour les raisons louables que vous imagineriez.
Oui, c'est vrai, Jax était un brave gars, et oui il m'a sauvée parce que, si dépressif qu'il sentait sa fin venir plus que jamais, il a du se dire que faire une bonne action lui achèterait une place au paradis. Mais comme son corps tenace l'a gardé en vie plus longtemps que prévu, ses bonnes résolutions se sont vite noyées dans la faiblesse du pauvre type sans issue : un bon vieux verre de Old virgina bourbon à moins de vingt dollars la bouteille. Pas de la qualité de breuvage, mais assez pour vous réchauffer et oublier...oui, oublier.

Aussi restait-il le plus souvent dans sa bagnole, aimant à écrire des trucs qui me dépassaient sur un cahier de 230 pages. Il avait de la marge, donc, et une gamine de 11 ans sous le bras pour gratter un peu de flouz à sa place. Même si sa retraite n'était pas suffisante pour verser un loyer constant, elle aurait pu nous assurer un avenir...mais la déception de ce qu'était devenue sa vie le poussait plutôt à troquer ses billets contre des bouteilles que je trouvais moches et puantes.

Dans ces moments là, je le détestais. Assise à l'avant, mon nez collé à la vitre, au milieu d'un parking quasi désert, je l'écoutais en pleine nuit déblatérer sa haine et son dégoût de soi, beuglant comme un veau des logiques erronées, rapidement suivi de gloussements hystériques. Jax bourré, il était fou, gênant et incroyablement imprévisible. Je l'ignorais en essayant de penser à autre chose...ce que c'était d'avoir une vraie famille dans une vraie maison, par exemple ; mais c'était difficile, de l'ignorer.

Puis, au fil des années, il est arrivé que je ne le puisse plus.
Comprenez, j'étais très au courant de ma condition féminine, et j'avais pas l'allure d'une camionneuse non plus. SDF ne signifie pas inapte à interagir, malgré notre prétendu manque de civisme, et très souvent, entre clodos du même quartier, on se donnait des combines. Au milieu de deux mésaventures, où je me retrouvais avec la lèvre pétée ou l'oeil boursouflé, j'avais échangé des conseils avec quelques femmes pas très normales. Grâce à elles, j'avais appris à me raser, et à me nettoyer le visage dans les toilettes publiques, vl'a la grande fifille! Aussi, j'avais saisis que le sexe féminin devait souffrir plus dans la vie (salutations règles, comment vas-tu grossesse et moi ca pourrait aller mieux ménopause) Du coup, je risquais de mal passer le cap de la puberté. Elles m'avaient soutenu que des tampons seraient mieux, et qu'il me faudrait me couvrir plus souvent, pour noyer mes formes.
Mais ce qu'elles avaient oublié de me préciser, par contre, ce fut le comportement des hommes à mon égard. Si j'avais pu imaginer cette perversité , peut être que j'aurais eu le temps....assez de temps pour me forger une carapace.
Mais j'étais pas prête...

J'étais pas prête à voir ce regard fou et désespéré, qui traverse le visage familier de cet homme en manque de beaucoup de sensations. Un homme prêt à tout pour un peu de chaleur humaine, d'extase d'un instant, même si cela voulait signifier le faire avec sa propre fille adoptive....

Honnêtement, je crois que toute cette merde, c'est à cause de moi. Le cataclysme, les agonies, la souffrance d'un peuple, tout, tout semble lié à cette haine viscérale que j'ai ressenti pour la vie. J'ai prié tellement souvent qu'un truc arrive. Et pas un truc utopique de merde là, avec l'espérance d'une existence meilleure, parce ça, je m'essuie le cul avec.
Je voulais juste que le monde brûle et se désagrège. Je voulais voir des corps se traîner et me demander à l'aide, pendant que je les regarderais en silence se débattre dans leur propre flaque, mélange de merde, de sang, pisse, et dégueulis ; sans même un sourire à leur adresser, mais rien qu'une absence totale de compassion. Crève, et regarde moi. MOI, toujours debout, insensible à ton sort tout comme tu as été insensible à mes vêtements troués, à ma tronche mal lavée, à mes manières indignes. Ressens cette panique atroce, tandis que j'ignore ce que tu as pu être jadis, rien à foutre, je veux juste observer comme on observe un écran, avant de zapper, t'effacer de ma mémoire, sans un adieu, sans rien d'autre qu'une immense fatigue : un gouffre qui t'avale, et ma tête au dessus du puits.

J'en ai rien à carrer d'être un stéréotype ambulant de la jeune fille malchanceuse, parce que, au fond, vous vous attendiez à quoi de la part d'une marginale? Vous pensiez que j'avais décidé de pas me pucer, parce que ça gratte un peu, c'est chiant, alors jprefère m'entourer de déchets ?

Evitons le pathos, d'autant plus que, si je l'avais voulu suffisamment, j'aurais pu changer mon destin. J'étais pas incapable, j'avais grandi dans l'adversité, habituée aux alcooliques, déprimés, drogués, violents et consanguins que la société préférait ignorer ( pas besoin d’agrandir le trou de la sécu hein) J'avais poussé avec des ronces, prête à griffer si besoin ..et pourtant, rien. Je n'avais rien fait. Pire encore, j'avais fini par m'habituer à ma condition de grosse lâche, au point de prendre mon pied quand Jax voulait calmer sa libido. Je me disais, quitte à me faire sauter (pardonnez mon langage, mais toute façon, vous pouvez mettre tous les mots que vous voulez pour imager la chose, l’action reste la même) ben autant y prendre du plaisir, parce que sinon, à quoi ça servait. Que je souffre à chaque fois ? Que je le vive comme une agression, encore et encore ? Pourquoi? Quel sens donner à cela ?

Non, mieux valait-il le traduire par un chouette moment entre père et fille. Le seul partage que j'avais jamais eu, au final. Tant mieux je dirais, au moins je ressentais quelque chose en bas, à défaut que ce soit plus haut. C'est pas grave, juste fermer les yeux et renverser la tête en arrière...la famille et la maison ne furent qu'une aberration de toute façon. C'est pas grave.

Je veux plus en parler maintenant, c'est bon, il est mort, ils sont tous morts et cette maudite bagnole est devenu un insolite cercueil.
Quel cauchemar quand on y pense.

Des explosions, dans ma tête...je l'eus crus, d'abord, et puis ah, sursaut, mes paupières endormies qui luttaient pour s'ouvrir. Quelle sensation désagréable...Ballottée entre mon rêve et la réalité, j'ai entendu des cris de panique. Quelqu'un qui me secoue. Lys, Lys, LYS LYS SORS DE LA VOITURE MAINTENANT. J'ai ouvert les yeux. Jax me regardait avec une expression de profonde trouille, de celle qui vous glace d'effroi parce que, pour ébaucher ce genre d'expression, ça ne peut être que grave. La voiture, garée dans une allée plutôt chic, sursautait à chaque bruit d'explosion.
Hébétée, je comprenais tellement rien à ce qui se passait que mon cerveau réfléchissait à vive allure, mettant la réalité au ralenti. Jax semblait avoir roulé jusqu’ici, et à en juger par sa voix enroué, il avait du m'appeler plusieurs fois. (mon sommeil profond est légendaire, même une bombe ne me réveillerait pas....c'est le cas de le dire HA HA.) Dehors, des gens couraient un peu partout, et durant uninstant, je me demandai si je rêvais pas toujours.
Pas le temps d'en capter plus que déjà Jax me tirait hors de la voiture, son sac en bandoulière.

"Jax, on est où ?"

Il ignora ma question, et me traîna de force en direction d'un patio au petit jardin modeste mais joli. La maison blanche semblait mugir sous l'assaut du tremblement de terre sous nos pieds. Jax tambourina à la porte, sa poigne si puissante que j'avais l'impression que mon poignet allait se briser.

"MARIA! MARIA OUVRE C'EST MOI"

Pas de réponse. Jax jura d'une voix tonitruante. Comme je commençais sérieusement à flipper maintenant, j'essayai de me dégager de lui. Si c'était un cauchemar, fallait que je me réveille. Et genre tout de suite. Ou alors j'allais devenir folle.
Plus je me débattais, plus j'entendais les pleurs, les hurlements autour de moi. Les yeux fixés par terre, je n'osais pas regarder autour, et encore moins lever la tête pour voir le ciel, comme si je craignais que ce dernier ait disparu.

"Lys, LYS hey..Lys" Jax venait d'attraper mon visage de ses deux mains. Il réussit l'exploit de dessiner une grimace en guise de sourire.

"Regarde moi Lys, tu m'entends? Je sais pas ce qui se passe, mais ca va aller."

BOUM, quelque chose éclata dans ce qui semblait être la stratosphère, ou la troposphère, je savais pas, j'avais jamais ouvert un livre de sciences, d'ailleurs je savais même pas lire ou écrire donc...

"Regarde moi"

A contre coeur, je plongeai mes prunelles affolées dans les siennes, bleues, plus reposantes.

"On va s'en sortir, d'accord. J'ai juste besoin que tu restes calme."

Impossible de parler, j'acquiesçai. Alors seulement il se redressa, et se mit à taper contre la porte si fort que je fus surprise qu'elle tienne encore sur ses gongs.

"BORDEL DE MERDE MARIA OUVRE CETTE PUTAIN DE..."

Cette dernière s'ouvrit alors, laissant entrevoir une dame très âgée. Paniquée, elle regardait Jax comme si elle voyait un revenant.

"Toi...TOI?!"

"Josy je n'ai pas le temps de t'expliquer, où est Maria"

La dame semblait prête à rugir quelque chose, mais une nouvelle explosion lui fit perdre de sa superbe. Elle nous laissa entrer, aussi pâle que la mort. Dans un salon propret, deux gros cartons remplis de boîte de conserve jonchaient l'entrée de la baie vitrée ouverte. Dans le jardin en face, des personnes en rang serré se faisait avaler par un escalier qui donnait sur ce qui semblait être un bunker.

Soudain, une jeune femme aux teint olivâtre et aux yeux aussi noirs que de l'encre traversa le salon....et s'arrêta net devant nous. Elle ouvrit la bouche, la ferma, incapable de croire ce qu'elle voyait.

"Joseph ?"

Jo-seph ? Jax s'appelait Joseph ?! Malgré le boucan qui faisait rage à l'extérieur, elle ne se démonta pas pour autant, et elle eu même l'audace de croiser les bras! -alors même que moi je voulais juste prendre mes jambes à mon cou.

"Tu penses que, parce que c'est la fin du monde, je vais te sauver la vie? Après tout ce que tu m'as fait.."

"Maria..."

"Après avoir dilapidé l'hypothèque de NOTRE MAISON, et avoir disparu dans la NATURE.."

"Maria je t'en p..."

"Sais-tu ce qui nous en a coûté de la garder ? Sais-tu que mes parents ont du dépenser toutes leurs économies?! ET TOI TU ETAIS OU? ESPECE DE CONNARD EGOISTE, SALE MENTEUR QUI N HESITE PAS A SACRIFIER LA VIE DE SA FEMME, TU ETAIS OU?!!!!!"

Jax (je continuerai à l'appeler JAX et je vous emmerde) regardais le jardin d'un air laconique.

"J'ai toujours su que tu étais le genre à aider tous tes voisins....j'ai bien fait de vouloir le construire aussi grand, cet abri anti-nucléaire"

"Si tu crois que ça te laisse le droit de sauver tes fesses!"

Je remarquai qu'elle m'ignorait délibérément, comme si, au vu de la situation, elle n'avait ni le temps, ni le courage de savoir ou comprendre ce que je fichais chez elle avec son mari supposé disparu.
Je lui en tenais pas rigueur..

"Maria chérie, il faut se mettre à l'abri maintenant" coupa la dénommée Josy, dont le chignon semblait être passé sous mode lavage intensif.

Cette dernière hésita, pas longtemps cependant car sous la puissance d'un nouveau tremblement, la commode à quelques mètres de tout ce beau p'tit monde se renversa brutalement, éparpillant de la vaisselle brisée un peu partout. Sa colère laissa alors place au désarroi.

"Maman, rentre dans l'abri je te rejoins"

"Mais Maria ma chérie je.."

"Je t'en prie MAMAN"

Bouleversée, cette dernière courut vers l'escalier et nous laissa, tous les trois.
Ce n'est qu'à ce moment précis que je remarquai que je tremblai , telle une fiotte, parce que j'étais une grosse lâche qui avait peur de la mort, et que je me disais que j'étais trop jeune, que j'aurais dû faire quelque chose de ma fucking life, au lieu de devenir l'esclave sexuelle d'un accro du jeu alcoolique SDF, que je considérai comme mon père par dessus le marché.
Bon sang, ma vie était d'un misérable, et j'allais mourir misérable, mon cadavre misérable recouvert de misérables décombres, bouffés par de misérables rats avant que cette misérable planète explose. Je savais pas, plus, cette répétition de mots me donnait mal au crâne, haha, haaaaahahahaha, je pétais un câble.

"L'abri ne peut contenir que 12 personnes, n'est-ce pas ?" demanda Jax qui lui, pourtant, ne tremblait pas. Seuls ses poings étaient crispés, et son teint semblait fait de craie.

"Oui."

Elle venait d'agiter le drapeau blanc, au vu de la situation imminente (du genre on peut mourir à tout instant)

"Et..."

"13, nous sommes déjà 13 en tout."

Sans vraiment crier gare, il se mit alors à rire à gorge déployée, le nez levé vers le plafond comme s'il partageait une chouette ptite blague entre lui et le créateur ayant décidé de tous nous exterminer.

"haha évidemment, je vois, je vois."

Tristement redescendu de son hilarité incompréhensible, il ôta son sac et me passa la bandoulière autour de cou. Ce ne fut qu'à ce moment que je sentis qu'il tremblait, lui aussi.

Je le regardai, ma tête sur le point d'exploser, le ciel de mes yeux piqué d'une myriade de questions. Bon sang, Jax, bon sang.

"Mets la à l'abri, elle aussi, je t'en prie Maria."

Boum, bam, le chuintement d'un plafond qui se fissure. J'aurais du dire quelque chose, mais quoi. MAIS QUOI

"Elle est petite de taille, elle a pas besoin de beaucoup d'oxygène. Je t'en prie, Maria, elle est si jeune."

Non, non. Attendez, ce n'était pas censé se passer comme ça. Je sais pas comment c'était censé se passer, mais pas comme ça. Non. J'avais rêvé du monde qui s'écroule, de tous ces connards qui meurent, mais Jax il...il était le seul qui se soit jamais occupé de moi. Pourquoi.

"Pourquoi.."

J'observai Maria, qui pleurait (j'en avais rien à foutre qu'elle pleure, cette grosse conne!) Et la main à la poigne habituellement si dure de Jax, de se poser sur ma tête, aussi calme qu'un vieux sage ayant trop vécu.

"Pardonne moi, Lys, pour tout."

Il n'osait pas me regarder en disant cela. Pourtant moi, je voulais croiser ses yeux une dernière fois, mais il fixait ostensiblement au loin, les sourcils froncés.
Comme si me voir était insupportable, comme si il n'aurait pu rester de marbre plus longtemps s'il m’observait, moi, Lys.

Je n'eus même pas conscience qu'une tierce personne était venue. Un grand homme, livide, et qui paraissait ne même plus savoir comment il s'appelait...

"Maria, il faut rentrer maintenant."

Il ne nous regardait pas, je m'en fichais, moi aussi je le regardais pas ce trou duc. J'observais Jax, et j'avais l'impression d'être déjà morte. Après tout, c'était peut être pas plus mal....de mourir?
J'étais juste pas promis à de grandes choses, voilà, maintenant je redevenais ce que j'avais été avant de naître : rien. C'est pas grave d'avoir perur, si je mourrais avec Jax. Encore une fois, plus que jamais, c'est pas grave.

"Maria je t'en prie, la fille..."

Je bougerai pas d'un iota, allez vous faire voir, non, non, non.

J'entendis alors Jax lâcher un soupir de soulagement, à croire que Maria venait d’acquiescer à sa demande.
Et avant même que je comprenne quoique ce soit d'autre, quelqu'un me souleva.

"N..NON!"

L'inconnu, qui ressemblait à une armoire à glace mais avec des cheveux blonds vissés dessus, me porta comme une vulgaire plume.
Je me mis à glapir, à essayer de lui foutre des tartes dans la figure. Autant piquer un buffle avec des brindilles de foin.
Il ne comprenait pas! J'avais besoin qu'on me laisse! J'en voulais pas de leur abri anti ultra nucléo machin de MERDE.

Mais déjà il se dirigeait vers les escaliers, pendant que je hurlais de rage. Tenue par dessus son épaule de mastodonte, je me vis éloignée de Jax, ce dernier toujours debout dans le salon, pendant qu'on traversait le jardin.
Son masque venait de se fissurer, et de chaudes larmes roulaient sur ses joues, un sourire inexplicable sous sa barbe de bûcheron. J'eus l'impression qu'on me plantait un couteau dans le coeur, je ne pouvais plus...respirer.

Dernier hurlement. A vous glacer le sang, qui était sorti hors mes lèvres..une incommensurable souffrance,
un écho,
et puis plus rien,
que tout se meure,
disparaisse,
une fois la porte du bunker refermé.
Ciao, conscience.



Trop d'émotions, tomber dans les pommes était une solution.
J'aurais dû les insulter à mon réveil. J'aurais ptét dû, mais tout ce que j'ai réussi à faire c'est pleurer. Pleurer, j'ai tant pleurer, mes sanglots couverts par des bruits de fracas assourdissants.
Les autres dans le bunker, ils se chiaient tous dessus. J'étais la seule à qui plus rien n'importait.
Au milieu de ce troupeau de pisseurs, je venais de percuter que je portais le sac de Jax...il avait encore son odeur.
Dedans, des vêtements, un vieux sandwich un peu moisi, d'autres trucs dont je me souviens plus.....et puis le cahier, de 230 pages. Presque totalement remplis.
Je crois que ce fut l'ultime doigt d'honneur de Dieu à mon encontre : je sais pas si vous vous en souvenez, mais je savais pas lire.


Aucune idée du temps ça a duré. Je me souviens des relents âcres des seaux remplis de déjections, qui vous brûlaient la gorge et se mélangeaient aux nourritures des boites de conserve qu'on se forçait à ingurgiter. J'essayai par mainte fois de me laisser mourir de faim, j'ai pas réussi. Pathétique. Dans mes sommeils courts et hachés, je rêvais souvent de Jax. Je revoyais la scène, encore, son visage, ses larmes, son sourire.. Il m'avait élevé, pourtant j'aurais dû comprendre qu'il n'était pas mon père, juste un être humain avec de gros défauts et des besoins ,ptétre même qu'il était tombé amoureux pour la première fois de sa vie (pas étonnant, vu la femme qu'il se tapait), ptétre qu'il s'en voulait grave, qu'il se sentait sale, mais qu'il a pas réussi à luter. Jamais j'aurais pu le savoir, maintenant qu'il était parti.
J'avais pas de père, pas de mère, j'étais seule. Et on me l'avait enlevé. Ce connard de Dieu qu'une multitude de moutons prient, pourquoi? Je veux dire...si cet être transpire la bonté, comment il peut laisser faire ça ?

C'est précisément à cet instant, me semble-t-il, que je suis devenue une anarchiste convaincue. Je me suis dit que si je sortais de cet enfer ça serait pour en trouver un autre (c'est bon j'avais compris Dieu, il vous laissait pas de répits )
Mais j'étais prête, parée, et j'irai foutre sur la tronche à tous ces mégalos pacifistes qui se coifferaient comme Jesus. Qu'on me retienne, qu'on essaie seulement ! J'avais plus peur de crever, maintenant, mais je tenterai quand même de vivre le plus longtemps possible et d'en emporter un maximum au passage.
Est-ce que je suis une extrémiste ? Ouais, si vous voulez, sauf que je prendrais pas pour garantie la religion. Du coup, pas de règles, pas de principes, croyez moi, c'est plus dangereux.

Mon objectif premier, c'est de savoir qui a foutu ce dôme en place et si y'a un moyen de les zigouiller. Je vous vois venir avec votre gloussement de dédain " t'imagine pas qui ils sont, t'es qu'une pauvre humaine, sans le sou, aux vêtements puants, une insignifiante vermine".

Mais il y a en cela une force, qu'on retrouve aux vermines : leur survie.

Dans la boue, la saleté, elles ne font pas que se débattre, non, elles avancent, elles se nourrissent de la putréfaction des plus gros.
Écrasez-les et elles se glisseront dans les rainures de vos semelles, y suceront le cuir, se frayeront un passage dans la plante de pied, transperçant la peau, grattant l'os, pondant dans chaque poche, chaque organe, jusqu'à vous transformer en pas plus qu'un truc fait de glaire et de poussière.
Pour le moment, je m'entraîne encore parce que je dois apprendre à creuser la chair.
J'ai déjà goutté de la viande humaine en période de pénurie, j'ai l'avantage de pas tomber malade alors faire griller des cadavres atteint de lèpre, je m'en fous. Puis j'ai appris à lire et à écrire, dans le chaos, vous imaginez pas, ce fut ptétre aussi difficile que de survivre.

Je me fais pas de soucis. Par contre, vous devriez.
Vous devriez...
Je devrais, aussi, faire attention à moi. Je crains d'un jour aller plus loin : sauter de l'autre côté d'un mur qui cachait une chute de six mètres et m'écraser en bas en riant juste avant de toucher terre. C'est pas moi, c'est ce qui me possède.
Depuis la catastrophe j'arrête pas de changer. A croire que je vais mourir, à accepter la mort alors que personne, et moi non plus, j'ai pas envie de disparaître. Mais je me rends compte dorénavant que si je disparais, si je m’éteins , ça sera pas forcément à cause d'une explosion. Ma stabilité mentale se désagrège et quelque chose me remplace... noir, le vide que j'adorais, celui que je croyais être ce qui me caractérisait : dorénavant il veut me posséder.
Tu voulais ne rien être Lys, et trouver de la force là-dedans, alors je peux t'aider.
Tu es déjà morte, alors laisse-moi... t'endormir lentement, sans douleur.

Je veux arriver à mon but, mais j'ai peur qu'en devenant quelqu'un d'autre...
Tu ne deviendras que toi, Lys, ce que tu as toujours été : l'invisible, à travers moi, dans la nuit, je peux t'offrir une couleur que tu ne verras pas.
Je ne sais plus.
Moi je sais.

Murphy
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