Notre monde est détruit.
WWIII, l'ultime guerre, l'a anéanti il y a déjà deux ans.
Obligé de se cacher la première année, aucun survivant ne sait vraiment ce qui s’est produit.
Aujourd'hui, la terre n'est qu'un enfer perpétuel, où chacun tente de tenir un jour de plus.
Au cœur de cette horreur se trouve MadTown, seul vestige de notre civilisation passée.
Dans cette ville, la vie continue son cours, ignorant les affres de cette fin des temps.
Depuis sa découverte, les survivants se pressent aux parois du dôme.
Ceux qui refusent la surveillance permanente s'entassent aux alentours, quand ils ne rejoignent pas les rangs des dissidents.

Combien de temps encore, les immortels tiendront-ils la ville ?
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Seth Dagon

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Dim 24 Juin 2018, 09:49

DAGON
Seth
Métier/études : Sérieusement ?
Situation raciale : Confesseur.
Classe Social : Immortel
Situation conjugale : Célibataire

▬ eleathyra - fragments of your soul

Âge : … j'ai arrêté de compter après 1000 ans.
Nationalité/origines : Egyptienne
Carnation : Egypte… ça donne pas vraiment la peau pâle. Mais je ne suis pas non plus complètement brun. Je suis d'ailleurs étonnamment plus pâle que ce qu'on pourrait croire pour un égyptien. Je suppose que la vieillesse a dû passer par là - vous entendez mon ironie ? - mais si je m'expose au soleil, je pense pouvoir bronzer assez rapidement sans ressembler à une écrevisse.
Taille : 1m82. Je ne suis pas le plus grand, mais je ne suis pas non plus le plus petit. C'était une bonne taille pour l'époque, ça l'est toujours aujourd'hui.
Cheveux : Noirs.
Yeux : Bleu, d'un bleu comme vous ne pouvez en avoir vu.
Signe(s) distinctif(s) : Les dents longues, peut-être ?
Sexe : Masculin
Ce qu'il y avait à dire a déjà été dit. Petites précisions ? Je porte pour le moment les cheveux long. J'ai toujours aimé avoir les cheveux longs. Ce pas une question de pratique, parce que ce n'est pas pratique, avouons le. C'est juste beau. J'ai les yeux bleus, déjà dit, et probablement qu'on peut y lire l'âge que j'ai. Je suis charismatique, j'ai les traits marqués. Pas de tatouages, pas de piercings. Je portes quelques très rares cicatrices, dont une près de la lèvre et une sous la pommette de mon œil droit. Le temps les a presque effacées, mais elles sont encore là. On connait ma taille, mais encore une fois, par mon charisme et mon port droit, plus que princier, on peut aisément me donner quelques centimètre de plus. Ma carrure est forte, sans toutefois être excessive. Une vie de combats sculpte les muscles, après tout.


Orientation : Bisexuel, il parait.

Phobie : L'échec. Je n'y ai jamais réellement été confronté, puisque j'ai eu le temps chaque fois d'obtenir ce que je souhaitais, ou que j'ai tué mes opposants, mais l'échec me semble être une option inenvisageable.

Ambitions : En ce moment, rendre la vie aux morts.

Capacités :

Don de l’esprit :
Sur les cauchemars : influence leurs émotions.
Sur les survivants : contrôle leurs mouvements
Sur les cobayes : lecture, transmission et infulence de pensées.
Sur les saigneurs : répercute les blessures qu'il reçoit.

Don du corps :
Mes capacités physiques (vitesse, force, agilité, ect..) et sensorielles (touché, ouï, gout, ect..) s’accroissent à ma demande, ce qui est assez avantageux, et à le don de ne pas me rendre complètement dingue.

Don de vie :
Rien ne peut me tuer et je n'ai pas besoin de sang pour vivre. Je ne bois que par plaisir ou pour me régénérer.

Effets secondaires :

Carence affective :
Une seule personne ne saurait me suffire. J'ai besoin d'être la source des attentions : qu'on m'adule, qu'on me vénère, mais aussi qu'on me craigne. L'anonymat m'est insupportable, je dois toujours être sur le devant de la scène, politique comme militaire.

Carence compulsive :
L'ennuie me tue, J'ai sans cesse besoin de trouver un but à existence. En ce moment, ma nouvelle obsession est de trouver un moyen de ramener les morts à la vie. Du moins un mort. Et quoi qu'on en dise, une obsession qui reste constance chez moi est un besoin de violence approchant du sadisme. J'ai besoin de faire souffrir autrui.

Carence émotive :
Je peux me montrer d'une froideur inhumaine, être pris de colère destructrice, raisonner avec une logique inhumaine... Car je ne gère pas mes émotions, je ne les contrôle pas, mais je les impose à mon entourage, les exprimant avec excès. J'aime et déteste avec passion et ne supporte pas la trahison.

Biens : Je possède la ville, c'est assez ? Plus personnellement, je possède le corps d'Alexandre le grand et son tombeau fait d'or. J'ai également au moins un échantillon de chaque espèce vivant sur la terre avant la troisième guerre. Je possède également une bague… seule relique ou presque d'un passé révolu.
" Character is how you treat those who can do nothing for you

Ambitieux x Charismatique x Dominateur x Fier x Digne x Exigeant x Possessif x Cruel x Manipulateur x Narcissique x Mystérieux

Qu'y a-t-il de plus à dire que ces qualificatifs ? Que le temps n'a pas de prise sur moi et que donc, tout est justifiable ? Que je suis obsédé, simplement parce qu'il faut trouver un but à l'existence ? Que j'exècre la solitude, mais plus encore la trahison ? Que partager ne me pause pas de problème officiellement, mais qu'en vérité, je préfèrerais être l'unique à vos yeux ? C'est un fait, pas simplement du narcissisme : je suis meilleur que tout ce que vous connaissez, je ne vois donc pas de raisons que vous alliez voir ailleurs. Je suis un Dieu, peut-être pas au sens métaphysique et théologique du terme, mais j'en suis un. Dire que je suis exigeant est stupide, tout le monde devrait l'être. Est-ce être exigeant que de demander la perfection, ou d'au moins ne pas aimer ou tolérer l'échec ? Est-ce bien juste de dire que je suis cruel, puisque je ne serais pas là où je suis sans un peu de cruauté ? Certes, j'y prends plaisir, mais c'est comme tout : on s'habitue. Le temps, c'est une donnée aussi éternelle que moi, et elle a tendance à faire tout relativiser. Par là même on peut dire que je suis blasé parce que j'ai tout vu et tout entendu. Je reste de nature curieuse, là n'est pas la question, et je recherche sans cesse des moyens de changer le monde, mais il devient difficile d'attiser ma curiosité, et ce pendant suffisamment longtemps pour que je reste intéressé. Pourtant je sais trouver les mots justes pour consoler… Je ne pense pas manquer d’empathie… Ou du moins… J’arrive à comprendre les gens et… non. En fait, il y a des choses qui me dépassent. La stupidité humaine, par exemple, et l'imbécilité crasse dont elle peut faire preuve. hais la faiblesse. Tout ce qui peut me rendre faible est éloigné de ma personne. Quelqu’un qui me connaîtrait bien dirait que je suis un enfoiré de première, détestable en tout point de vue, incapable de la moindre gentillesse véritable et surtout un être froid, si froid. Cette personne jurerait comprendre pourquoi après plus de deux millénaires, je suis toujours seul. En vérité, c’est un choix. Je séduis parce que j’aime ça et puis je tue, je jette. J’utilise et puis le jouet perd son utilité, son attraction. J'ai aimé pourtant. Pas souvent, mais j'ai aimé. J'ai pu me contenter durant un temps d'une seule et unique personne, quand bien même c'était difficile, mais ces gens étaient exceptionnel, et disons-le, l'exceptionnel est assez surfait par les temps qui court.



Histoire

Chapitre 1 : La légende.

On me dépeint comme un Dieu. A bien des égards je le suis. Un dieu ambitieux, comploteur, manipulateur quand on ne me résume pas à un simple assassin meurtrier. Mais on me dit aussi protecteur du soleil. Cela vous étonne ? Je vis le jour dans une ère pharaonique bien loin de l'époque que vous connaissez maintenant. Je ne naquis pas Pharaon, mais bien mieux que ça : je vis le jour en temps que Dieu. Naturellement différent, naturellement plus beau, plus fort, moins humain. Je ne m'étendrais pas sur ce que fut ma jeunesse, qui à bien des égards, ressemble aux légendes que l'on conte sur le Dieu Seth, la divinité à tête de chacal. Osiris ? J'eus bien un frère, et je l'assassinai effectivement. Pourquoi ? Par jalousie, par peur, pour des sentiments somme tout humains. Mon frère était en tout point semblable à moi. Jeune, beau, fort et intelligent, développant des capacités dont je ne pouvais même pas rêver. Il était puissant, il était ce que je n'étais pas. Pas encore. Pourquoi lui et pas moi ? Peut-être parce qu'il était moins insouciant. Ou plus. Peut-être était-il simplement fait pour cela. Ou pas. L'Histoire a omis de dire que je ne tuai pas mon petit frère par cruauté - pas seulement - mais parce que le monde n'était pas fait pour deux êtres comme nous. Nous buvions du sang, là où je prenais plaisir, mon frère se faisait prude et attentif. Comme si la misérable vie humaine avait une quelconque importance. Comme si les esclaves que nous utilisions étaient importants. Ce n'était rien de plus que de la chair qui se mouvait, rien de plus qu'une population en surnombre que nous nous contention de réguler un peu. Mon frère ne voyait pas cela ainsi. Il se disait pragmatique, fasciné parce que nous ne possédions pas : la mortalité. Je lui montrai combien on était mortel. Ce fut par "inadvertance" en vérité. Certes, je fis en sorte de lui tendre un piège, infiniment plus calculateur que lui. Par ruse, je pus simplement expérimenter l'idée que j'avais et dont j'avais toujours été intimement persuadé : nous pouvions mourir. Se fut simplement lui plutôt que moi. J'assassinai également mes parents. Pourquoi ? Par manganisme. Parfois, mieux vaut abréger la misérable vie humaine que simplement la laisser s'éteindre dans la déchéance. Mes parents seraient morts de vieillesse - ils étaient déjà tellement vieux - , impotents, séniles et toutes les tares que l'on porte à la vieillesse. Je leur ai simplement évité de finir ses jours comme les déchets que nous pouvions voir par delà le balcon de notre palais.

Je n'étais pas un pharaon, mais j'étais un Prince, un Dieu.

Mais quelle importance ? Plus personne n'est encore en vie pour porter ce que j'ai à dire. Toute ma famille fut décimée par le temps (plutôt par moi, mais c'est un détail), alors que moi Dieu parmi les hommes, était condamné à voir les ténèbres s'étendre, et la langue du temps faire ses effets. Les temps, je le sais, est toujours pareil. Semblable à la légende où je protège la barque du Dieu Rê du serpent du chaos et du temps et qui chaque nuit se fait attaque, chaque jours et chaque nuit se lève. Rien ne vient briser cette effroyable monotonie. Victoire de l'ordre sur le chaos ? Foutaise. Le temps est le chaos, je suis la seule chose immuable dans un monde muable. Le temps altère tout, il n'est ni beau, ni attirant, il est simplement présent, perpétuel. Eternel.

Je ne vais pas m'étendre sur cette période. En vérité, elle est si dense que je pourrais écrire plusieurs ouvrage et oublier encore et encore des épisodes de cette vie. Il faut simplement savoir que le temps fit son œuvre et que des hommes vinrent au pouvoir, des hommes illustres, et que l'ennuis fit son apparition dans ma vie. Je me mêlai aux humains, plus qu'avant, je me posai en ce que j'étais : Dieu parmi les mortels et on érigea en mon honneur des statues, des obélisques, des constructions telles qu'aucun autre ne pu les égaler. Je partageai le quotidien des Pharaons de l'ancien Egypte, je m'intéressai aux plaisirs de la chair, autant masculin que féminin, mais l'ennui continuait de me guetter. Trop d'années, trop peu à expérimenter. Je tentai bien de lancer des idées, de faire avancer l'esprit de ces gens… J'avais des rêves de grandeurs. Médecine, beauté, hygiène, il y avait tant à révolutionner, tant de gens capables de penser à ça, de réfléchir à ça. Beaucoup oublie combien les égyptiens étaient inventifs. Qui sait qu'ils avaient le parfum ? Le calendrier solaire ?Qui pourraient douter de leur grandeur en voyant les bâtiments qu'ils construisaient ? Ils connaissaient même la contraception ! Mais il m'en fallait plus toujours plus, et quoi que je fasse, l'ennui était toujours là.

Le Pharaon organisait des fêtes somptueuses pour me divertir, invitait le peuple à venir s'agenouiller devant moi, à me donner leurs offrandes. Je ne compte plus le nombre de jolies vierges que l'on me donna en esclaves. Tel que c'était parti, ce n'est pas une pyramide qu'il aurait fallu pour m'enterrer, mais toute une vallée ! J'avais un harem, pratiquement une femme pour tous les jours de l'année, une pour le jour, pour m'accompagner, une pour la nuit et combler ma solitude. Ce n'était pas suffisant. Les guerres étaient un bon moyen pour me défouler. Proche de la mort, je me sentais enfin vivre. Pas de mélancolie dans mes propos, juste la vérité. Quand rien ne vous atteint, ce n'est que lorsqu'une épée ou une lance manque de vous arracher la gorge que vous pouvez rire. Ce fut divertissant. L'Egypte prospéra, l'Egypte vieillit, et le monde évolua. Je vis l'expansion d'autres régions et le déclin de celle qui m'avait vu naître. Je vis le culte qu'on avait instauré, le mien, voler en éclat, et je sentis la colère, l'Unique éclore en mon cœur. Je quittai l'Egypte, je la laissai couler, sombrer, mourir. J'abandonnai ma patrie comme ils m'avaient abandonné.

Se fut une renaissance. Un autre peuple, celui de gens qui n'avaient rien inventé, mais qui avaient perfectionné. Je rencontrai des hommes, des gens qui avaient soif de pouvoir. Je rencontrai des Rois, un Roi, qui parvint à raviver un intérêt que je croyais mort.

Nous sommes en 336 avant l'ère de ce cher Jesus.

Nous sommes à l'époque D'Alexandre le Grand. A nouveau je ne peux m'étendre sur le sujet, il y a suffisamment de livres qui parlent de ce sujet. Il faut simplement savoir qu'il fut l'un des premiers êtres mortels que je pus réellement aimer. Tout chez lui me semblait pouvoir perdurer. Ses idées et ses ambitions, je voulais pouvoir faire de lui l'égal d'un dieu. Je voulais le rendre immortel, dans le cœur des Hommes, dans l'Histoire. Je voulais faire de lui mon égal, même si rien ne me le permettait. Il était à mon image : parfait. Il était violent, brutal, mais juste. Entier dans ses sentiments, porteur d'innovations. Il voulait unir les peuples, il créa une monnaie unique, il rassembla les peuples, montra l'exemple en épousant des indigènes… Et chaque nouveau mariage était comme une blessure qu'il ouvrait dans ma poitrine. Chaque enfant qu'il avait étaient autant de rejeton que je voulais détruire, éviscérer et démembrer parce qu'ils représentaient ce que je ne pouvais lui donner : la jeunesse éternelle. Alexandre pouvait vivre sans enfant, mais pas sans amour. Et j'étais entier, je pouvais l'aimer. Mais tout comme moi, il ne pouvait se résoudre à n'être adoré que d'une seule personne.

Jaloux, j'ai voulu ruiner sa première nuit de noce, celle qu'il passa avec Roxanne. Elle n'est pas assez bonne pour lui, sauvage, indomptable, sans respect. Elle représentait ce qu'il cherchait à soumettre dans ce monde. Je vins à lui, pour lui offrir une bague de ma contrée natale, l'un de rares bijoux que j'avais encore en ma possession, parce que je n'étais pas censé être sentimental. C'était une pierre du soleil, c'était un bijou unique, une rareté pour un Unique. Qu'il porterait pour sa nuit, parce qu'ainsi, je serais avec lui. Mais comme je l'ai dit, Alexandre ne savait se contenter d'une seule personne, d'une seule femme. J'en épousai une, pour son bon plaisir, une des sœurs de ses femmes. Elle me donna un fils, mais je sais qu'il ne fut pas de moi. Peu m'importait. Tout ce que je voyais, c'était lui, cet homme qui maintenant se laissait charmer par un eunuque. Même plus un homme. Bagoas. Son nom me faisait penser à ces gigantesques serpents qui s'enroulaient autour de leurs victimes pour les étouffer, avant de les avaler en entier. Je le haïssais. Je le haïssais d'une force inouïe et je ne pouvais même pas le tuer. Alexandre ne l'aurait pas permis, et tout comme moi, mon petit roi détestait la trahison. Je n'eus pas besoin de me battre pour son amour pourtant. Alexandre et moi nous disputions souvent, mais une fois fut suffisante. Une fois où nous nous séparâmes en mauvais termes et où nous dûmes traverser une vallée si aride que près des deux tiers de nos hommes moururent. Après cette débâcle, cette erreur de jugement, lui et moi nous sommes réconciliés… chaudement sous une tente. Le lendemain, Bagoas attendait, comme bien des hommes, devant la tente. Nous voir sortir ensemble, alors qu'il pensait enfin pouvoir gagner… Montra toute la puissance de son échec. Alexandre et moi serions à jamais deux noms gravés, inséparables.

L'Histoire voulu pourtant que je disparaisse. Je ne m'étais pas lassé d'Alexandre, mais je savais que je ne pourrais jamais lui offrir la même éternité que la mienne. Il se posait des questions, m'en posait, et je ne pouvais répondre sans lui mentir. Je dus donc mettre en œuvre ma mort. C'est bien mon "cadavre" qu'il trouva dans un lit, mon cadavre qu'il pleura durant des jours et des jours…. Mais c'est un autre mort qu'il brûla, comme dans ses légendes, Patrocle et Achilles. Il me donna des funérailles dignes d'un roi, rasa les remparts d'Ecbatane et son acropole, fit crucifier mon médecin Glaucos et consulta les oracles d'Ammon, pour ensuite jeter des armes dans mon bûcher, fairet fondre de l'or et de l'argent le cadavre me représentant. Il mit dans le feu le célèbre habit du Grand Roi, considéré comme très précieux chez les Perses qu'il aimait tant. Il coupa ses boucles à la manière des héros homériques, geste par lequel il imitait Achille dont il pensait être le descendant. Mais en vérité Alexandre… Alexandre ne fut plus jamais le même. Bagoas dira que ma mort entraîna mon indéfectible victoire… La vérité, c'est que j'aurais préféré garder ce Dieu Soleil avec moi. Alexandre mourut un an après moi, buvant une coupe qu'il savait empoisonnée parce que ma perte le consumait. La seule différence entre lui et moi fut finalement la mort. Lui éphémère, moi éternel. Il reste pourtant, encore aujourd'hui, un souvenir trop cher à mon cœur.

Je regardai d'un œil extérieur, indifférent, quoi que peut-être lassé, les Hommes faire ce qu'ils savaient le mieux : se battre et se déchirer. La mort d'Alexandre entraîna de nouvelles guerres, la mort de ses enfants, et tout un territoire à feu et à sang. Je me retirai, une fois de plus. Il parait qu'une nouvelle contrée grandissait : Rome.

Chapitre 2 : Dieu de l'arène.

Il faut se mettre en tête que le voyage de Babylone à Rome est long. D'autant plus long si on y va à cheval, en caravane, ou tout autre moyen muni de jambe. C'est pourquoi je pris la mer. Je me souviendrais toujours de mon émerveillement devant cet énorme bâtiment. Mon Egypte natale connaissait cet engin, nous avions les pirogues, nous avions les bateaux commerçant, c'était également impressionnant… Mais je n'étais jamais monté à bord. Les voiles se gonflaient avec le vent, la proue fendait les vagues, et il n'y avait rien d'autre que de l'eau à perte de vue. De l'eau, des esclaves, des maladies, et moi, je traversais tout ça tel le Dieu que j'étais. J'avais grassement payé pour débarquer sur les rives de l'Italie, aussi j'avais une cabine, un endroit d'intimité. Mais je mangeais peu ou pas du tout, et je restais aussi frai et disponible qu'au premier jour, contrairement à beaucoup. C'est un fait, les gens ici, bien qu'habitués à l'océan, étaient visiblement esclave de leur corps. C'était répugnant. C'était long et répugnant. Je ne pense pas que je reprendrait la mer de si tôt, sérieusement. Ca puait la mort, la pisse, la merde. Quand je faisais remarqué, royal, qu'il était pas étonnant qu'ils crèvent tous s'ils nettoyaient aussi mal leur pont, ils me mirent une serpillère dans les mains. Le pauvre bougre qui avait osé me suggérer de faire le travail moi-même se retrouva à explorer intimement l'expression "avoir un balais dans le cul." Evidemment, il ne pu pas profiter de son expérience. Ca me valut autant de peur que… de peur en fait. Plus personne n'osa m'approcher, même pour m'apporter mon repas. On envoyait systématiquement un esclave rachitique qui tremblait plus qu'il n'avançait.

Il faut aussi savoir que si Rome devenait une ville magnifique, le colisée ne fut construit qu'après l'arrivée de Jésus. Bien évidemment, les combats de gladiateurs existaient déjà avant. J'assistai à l'un deux, et il faut avouer que les romains avaient le don pour le spectacle. C'était sensationnaliste, impressionnant, les gens ici avaient le goût du sang, du meurtre en tout impunité. Je ne pouvais pas passer à côté de ça. Il me fallu un certain temps d'adaptation, que je comprenne leur langue, le temps que mes effets arrivent également, parce qu'il était hors de question que je laisse mes richesses derrière moi. La plupart était déjà enterrée avec mes anciennes servantes et esclave en Egypte, dans une immense pyramide, comme je l'avais ordonné. Histoire que mes richesses et mes suivantes me suivent dans mon monde, celui de divinités. Le vérité, c'est que je voulais que tout ce que j'avais reçu et construit soit en sécurité durant mes pérégrinations. Le reste ? Acquis avec Alexandre. Beaucoup m'avait suivit jusqu'ici, me permettant d'avoir une vie plus que princière. J'acquis une habitation, des gens pour s'en occuper, j'appris donc la langue pour la parler impeccablement. Puis je pus enfin faire ce que je voulais : participer.

Les gladiateurs sont, en général, des condamnés à mort, des esclaves, rarement des hommes libres, mais ça arrivait, parce que parfois, les gens étaient trop pauvres et être gladiateur permettait de gagner de l'or rapidement si tant est qu'on ne mourrait pas en court de route. Je trouvai un maître, me mis à sa disposition avec… quelques recommandations. Pas de paperasse, même pas de demande de démonstration, juste savoir à quoi je m'engageait, combien serait demandé pour ma libération. Ce n'était vraiment pas compliqué de devenir gladiateur. Le lanistra n'était pas mauvais, il pouvait enseigner une manière de se battre que je ne connaissais pas encore. Plus… entrainée ? J'étais un soldat de formation, de part ma rencontre avec Alexandre, et devenir Gladiateur permettait non pas d'affronter la mort sans peur, mais d'avoir une autre formation et de pouvoir se battre aussi bien à la rapière que de devenir anabate, caternaire (ce que je détestait parce que je n'avais visiblement pas l'âme d'un combattant en groupe. Le plus souvent, les gens finissaient pas me gêner et c'était moi qui les tuais pour être plus libre de mes mouvements.) Etre dimachère était déjà beaucoup plus intéressant. Le combat à deux épées était innovant, et permettait de s'amuser, entre autre, à faire de petites blessures, de jouer. Ou de décapiter plus efficacement. Je n'eu pas la chance un essidaire : les combats de char n'étaient pas encore au goût du jour, ou plutôt, les arènes n'étaient pas encore conçues pour ça. Je fus entraîné, entre autre, à devenir un hoplomaque, un gladiateur lourdement armé. Bien que je semblais chétif, plus que la plupart des gladiateurs du ludus, je n'avais aucun problème à porter les armes, l'armure et à me mouvoir rapidement et adroitement. Je devins un gladiateur léger à une épée : c'était le plus simple et je semblais être né pour ça. Les entraînements étaient longs, mais il fut évident que cela ne faisait que me ralentir. J'avais besoin d'expérimenter, de tuer, j'étais bon pour ça. Et j'avais besoin d'extérioriser cette violence. Je n'étais primi pali, c'est-à-dire un novice, envoyé en premier pour faire mousser la foule, mourir en premier, en somme… La vérité, c'est qu'on est doué pour tuer ou non, et j'étais le meilleur pour ça. Je n'étais pas le Dieu Seth pour rien. Ma première victime fut si rapidement expédiée que la foule me hua. Je pense que c'est un peu à ce moment là que je me rendis compte que j'adorais être adoré. Ce qui était passé au second plan avec Alexandre me revenait avec force : je voulais être aimé, et cette foule stupide allait être mes adorateurs. Je compris assez rapidement que plus ça durait, plus les gens aimaient. Plus les gens souffraient, mieux c'était. Aussi, j'expérimentai : démembrements, décapitations, éviscérations… Ce que les spectateurs préféraient c'était de laisser l'adversaire agonisant, aux portes de la mort. L'agonie s'entendait dans les râles, et j'avais beau être le seul à en profiter, la foule commença à clamer mon nom. Pas Seth, qui n'évoquait rien pour eux, mais Vulcano, évidemment en référence à Vulcain.

Je montai les échelons. Je devins une idole, on disait de moi que rien ne pouvait me tuer, que j'étais un soldat des dieux, ou une idiotie du genre, qu'on ne pouvait me blesser, parce que j'étais trop fort, trop rapide… Bien entendu, je pouvais saigner, biens sûr que je pouvais mourir, mais être proche de la mort me rendait vivant, et je préférais encore rester dans la légende plutôt que de donner raison au persifleur souhaitant ma mort. J'eus droit un jour à un combat avec une autre idole. Ce fut intéressant. Spectaculaire, évidemment. On combattait au crépuscule avec les flammes monstrueuses qui dansaient et créaient des ombres. Je me suis retrouvé à retirer mon casque et le gros de mon armure sous les vivats de la foule, jouant encore et toujours avec la mort, la chance, finissant blessé, écorché, affaiblis, mais vivant, avec une partie de la gorge de mon adversaire dans la bouche. J'aimais ce goût de sang, la mort qui fait gargouiller sa victime et qui voit la mort approcher. Je dominais le monde, rien ne pouvait me vaincre. J'étais meilleur que cette masse, meilleur que n'importe quel vantard gladiateur qui voulait de mesurer à moi. J'étais l'ombre de la mort, j'apportais son message.

Mais l'ennui repris et les années passèrent. L'adoration perdit de son souffle, je ne m'amusais plus à massacrer et recevoir les récompenses de mes exploits. Je pris ma paie, ma délivrance, je disparus, encore une fois. Le temps est ainsi : il avance, entraîne tout. Les humains ne changent pas, ils restent des créatures destructrices, avides de misère. Se fut encore le cas avec ce crétin révolutionniste : Jésus. Qu'on se le dise, l ne fut pas le premier à vouloir rassembler, mais il ne s'était pas prit de la bonne manière. Je ne le suivis pas, je ne fis qu'entendre ses exploits. J'étais curieux, curieux de voir ce qui adviendrait de lui, curieux de savoir si j'avais finalement rencontré un nouveau frère un peu stupide mais… Mais il n'avait rien d'immortel. On demanda au peuple de choisir entre lui et un criminel et un criminel fut gracié. Tel est la nature de l'homme et tel est la vérité : j'avais assassiné le seul être qui aurait pu m'accompagner dans un vie qui se fait trop longue aujourd'hui. Mon frère me manquait, et pour la première fois depuis son assassinat, je regrettai ce que je lui avais fait. Quant à Jésus… Et bien, mieux aurait valu qu'il n'existe jamais. J'ai rarement vu un homme entraîner autant de mort après la sienne. Il suffit de voir le début des persécution contre les chrétiens, près de soixante-quatre ans après sa mort. Il faut attendre l'Edit de Constantin, vers… 310 ou 313 pour autoriser les gens à prier un mec qui est soit disant le fils de Dieu. Désolé mon gars, mais j'ai pas souvenir d'avoir eu de rejeton ! Entre tout ça et après tout ça, il y a des invasions, des chutes, des hommes qui s'élevèrent et retombèrent, et Rome qui ne fut plus aussi grande.

Alexandre me manquait, ainsi que mon frère. La solitude se fit plus violente, et je me mis à rechercher des gens qui seraient comme moi, sans jamais trouver.

Chapitre 3 : Expériences

Rien. Il n'y avait rien, j'avais parcouru le monde de long en large, demandé, cherché, expérimenté, je me mêlai, encore une fois aux mortels, mais je ne trouvai nulle trace d'un être qui puisse me ressembler de près ou de loin. Je devais me faire une raison, j'avais tué la seule personne qui aurait pu accompagner ma solitude et partager mes rêves de grandeurs. Alexandre ? Il était un mortel, et je regrettais tôt autant sa mort, et après pratiquement mille ans, il restait toujours dans ma mémoire comme une des choses les plus réussies que j'ai pu vivre. Je caressai parfois l'idée d'arrêter d'essayer, de rendre les armes et de me laisser vaincre, mais dès que cette idée me traversait, la révolte naissait, et le besoin de vivre, de découvrir reprenait e dessus. J'avais également cette certitude : je ne pouvais pas être seul. J'avais donc continué. De prince j'étais passé à vagabond.

J'arrivai dans ce qui était l'ancienne Norvège, et je m'y installai pour un temps. J'appréciais leur façon simple de vivre, leurs croyance, leur naïveté. C'était peut-être ce qu'il me fallait pour que je puisse me ressourcer. Oublier durant un temps que j'étais seul et que j'allais le rester, oublier que si je me concentrais suffisamment, je pouvais entendre les battements du cœurs des gens qui m'entouraient. Oublier que je n'étais plus humain, que je ne l'avais jamais été, et surtout, oublier mes rêves de grandeur. Je n'étais personne, j'étais un inconnu, un voyageur qui offrait son aide et que les gens acceptaient en souriant. Encore une fois, j'appris leur langue, à m'occuper des bêtes et à cultiver la terre. Ce n'était pas si mal que ça. J'aurais ou vivre ainsi un moment, du moins je le crois. Peut-être pas toute une vie humaine, parce que ces gens étaient un peu stupide et qu'ils n'avaient que peu de… de tout ce qui avait fait ma vie d'avant, autant en Egypte qu'en Italie, en France ou toute autre région. Toutefois je ne saurais jamais combien de temps j'aurais pu tenir. En effet, le village dans lequel j'étais installé fut assiégé par une horde de… viking. Il me semblait pourtant que la Norvège était un des siège de cette race de combattants… Ca devait simplement être un raid habituel, comme ces derniers en avaient l'habitude. Le village fut mis à sac, les quelques rares combattants furent tuer, les femmes également, sauf les plus jeunes et les plus belles. Les enfants furent mis avec les autres cadavres, et quelques hommes furent épargnés pour servir d'esclave. Je fus de ceux là, alors que j'avais pris les armes et que j'avais combattu plus efficacement que cette bande de paysans. Peut-être cela joua-t-il. Peut-être aussi que le chef, le Yarl qui commandait cette petite armée, appréciait le fait que je connaissais le monde, et que je ne semblas clairement pas venir d'ici. Les vikings sont un peuple barbare, presque nomade, s'installant en colonie, pillant et rasant pour se reconstruire. Ils avaient besoin d'un savoir qu'ils ne possédaient pas toujours, et visiblement, j'étais une source inépuisable de savoir.

Je fus ainsi passé de Prince à vagabond, à paysan pour finir esclave. Personne ne pourra dire que je n'ai pas tout essayé dans cette vie. C'était intéressant, et je ne manquais de rien. Hilding était un chef combattant, il aimait savoir dans quoi il s'engageait, et c'est pour cela qu'il fit de moi son… protéger ? En tout cas il acceptait de ma part bien plus que ce qu'il permettait à d'autres esclaves. Je pus voir d'ailleurs comment ce peuple traitait les… incompétents, où quand ils se lassaient d'eux. Il avait deux épouses, plusieurs servantes et seulement quelques esclaves masculins, dont je me démarquai assez rapidement pour… et bien, devenir l'un des leurs. J'habitais toujours sous sa demeure, je portais sa marque d'allégeance, et je pus rapidement combattre avec lui. J'en revenais finalement toujours à ça. Le sang, le combat, le massacre. C'était divertissant tout en restant éternellement pareil. Les humains étaient des créatures faiblardes et si facilement manipulables… Ca en devenait ridicule, vraiment. Ridicule et insupportable. Comment pouvais-je tolérer de rester auprès de créatures qui pouvaient simplement crever d'un rhume et qui passaient leur temps à se taper dessus ? N'avaient-il rien de mieux à faire ? N'avaient-ils pas, par exemple, tout intérêt à essayer d'améliorer leurs conditions de vie, chercher un moyen de la rallonger ? Hilding n'avait que faire de tout ça. Il s'intéressait principalement à savoir comment mieux consolider ses bateaux, voyager plus loin, plus vite et amasser plus d'or. Pitoyable. Dire que je m'étais pris d'affection pour lui…

Ce que je retiens de cette vie d'esclave est que ce ne fut pas pire que n'importe quel autre passage. Je n'étais pas particulièrement mal traité, je mangeais à ma faim, et finalement, si je voulais une véritable expérience de misère, j'aurais tout aussi bien pu m'embarquer dans les galères romaines où les esclaves étaient enchaînés à même le bateau pour couler avec eux. Je pouvais partager la couche du chef et de ses épouses sans être condamné par leurs coutumes parce que j'étais esclave, quant à après, je n'étais fondamentalement pas assez attiré par ces gens.

Et comme d'habitude, le temps passa et s'écoula, imperturbable devant les humains qui s'élevaient et mouraient, devant les massacres et les maladies. Imperturbable devant la lente folie qui s'emparait de mon esprit. Je crois pouvoir dire sans me tromper que l'adoration des gens m'était insuffisante. J'avais toujours besoin de plus que ça soit d'amour, de richesses, de femmes et d'hommes. J'avais surtout besoin de quelqu'un qui me ressemblait, et c'est cette constatation qui me fit commencer à… tenter de trouver un moyen de donner ce que je possédais : l'immortalité. Pas dans le sens où je ne pouvais pas être tué mais que le temps n'avait aucune espèce d'importance sur ma vie. Se fut un véritable échec, quoi que je puisse essayer. Boire le sang des gens jusqu'à plus soif, les tuer d'exsanguination et donner le mien, attendre les porte de la mort pour une sorte de partage, peu importe ce que je faisais, tentais, rien ne fonctionnait et ça en devenait simplement impressionnant de frustration.

De plus, comme je l'ai dit, prédit, et écrit, Notre père qui était aux Cieux aurait mieux fait de jamais envoyer son marmot Jésus sur terre : les croisades virent le jour pour un but qui n'avait, à mon sens, rien de très chrétien. Cela dit, cela me permit de m'engager et de trouver de nouvelles pistes, des idées, des gens pour me suivre et me servir dans ma quête personnelle. Le Pape ne voyait d'ailleurs pas d'un très bon œil le fait que mes idées ne concordaient pas totalement aux siennes. J'évitais généralement de très peu les accusations pour hérésie. Sincèrement, je n'avais pas envie de me frotter à l'imagination des hommes de foi. Ils étaient d'une rare cruauté, suffit de voir le bouquin qu'ils avaient sorti, plus tard évidemment, pour décrire les méthodes pour déceler et faire parler les sorcières. Encore une fois, je suis sidéré et fasciné par la bêtise humaine. Qu'est-ce qui leur passe par la tête ? Parce qu'une femme a décidé de baiser avec un homme avant le mariage et d'y prendre plaisir, elle est une sorcière ? Parce qu'elle ose être doté d'intelligence, elle doit forcément être une suppôt de Satan ? On couchait uniquement pour procréer… quel ennui ! Le pire ? Ces probablement que ces absurdités prirent racines partout. L'homosexualité ? Ce qui était chose courante, acceptée, encouragée, fut soudain condamnable parce que c'était écrit dans un bouquin que Jesus lui-même n'avait jamais lu ! Oui, je crois que je suis fasciné par la bêtise humaine. Il ne fallait pourtant pas que je souligne la connerie, parce que… et bien, je suis persuadé que tout dieu que je sois, je pouvais prendre feu et que je n'étais pas encore capable de respirer sous l'eau. Quoi que j'en dise, je n'étais pas pressé de mourir.

Donc croisades, retour aux endroits que j'avais déjà visités, aimés, appréciés, massacres de gens innocents, bref, la routine. Le plus drôle est probablement c'est qu'il fallut plus de sept croisades et qu'aucune ne fonctionna particulièrement, avant qu'on ne se dise que c'était quand même une cause perdue. Ou que ça ne serve à rien parce que les gens sont quand même un brin stupides et qu'ils aiment se taper dessus.

Le Moyen-âge est également un époque assez… prolifique. On parle du moyen âge comme une époque d'obscurantisme et de décadence, mais pour l'avoir vécue, je sais que ce n'est pas le cas. Pas uniquement. Il faut voir comment il se dérouillait pour faire les spectacles théâtraux. Vous saviez qu'ils connaissaient et utilisaient déjà les effets spéciaux ? Plus c'était impressionnant, mieux c'était, à tel point que des métiers spécialisés ont pu voir le jour ! Tout ça pour faire oublier la violence. La mort. La mort dont je me servais, toujours animé par l'envie de découvrir ce qui se passait dans la mort, dans la vie et comment transmettre mon don. La peste noire, ou bubonique de 1347 fut toute désignée. Je ne pouvais pas tomber malade, tout comme je savais que j'étais stérile. Cette épidémie toucha l'Asie, le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et l'Europe. Difficile donc d'y échapper. Elle n'est ni la première ni la dernière épidémie de peste, mais elle est la seule à porter ce nom, probablement parce qu'elle fut l'une des plus meurtrière de l'Histoire, ou au moins, l'une des plus connue. Elle décima près de quarante pourcent de la population - européenne - en cinq ans. C'était réellement agréable de travailler dans ses conditions. Certes, les conditions étaient effroyables, ça puait de tous les côtés et les boursoufles me donnaient juste envie de les percer tant c'était répugnant… Pour l'anecdote, parce que je trouve amusant de le dire, c'est que la peste débuta en Asie, et que c'est très certainement les Mongoles qui apportèrent la maladie en Crimée. La Crimée était assiégée par des individus - en bateau - malades qui catapultaient leurs morts par-dessus les remparts. Quand je dis que c'est drôle ! Faut y penser quand même ! Plus drôle que de dire que se sont des rats mongoles qui ont infestés la ville en Crimée et propagé la maladie.

Donc. Des morts. Encore. Dingue comme ma vie en compte. La mort n'a définitivement plus le même visage quand on souffle notre millième bougie. Et plus. Mais je ne compte plus, je n'ai jamais compté et d'ailleurs, les anniversaires tels que l'on les connait, ne sont qu'une invention assez récente. Je n'avançais évidemment pas dans mes recherches, c'était à en devenir dingue. Je n'avais pas ce qu'il me fallait, j'avais beau chercher, il était difficile de trouver une réponse quand on avait pas la technologie nécessaire pour le faire. La peste ne décima pas seulement tout le monde, elle fut aussi un désastre économiquement parlant, socialement parlant, ça ne ressembla plus à rien, et religieusement… La religion reste ce qu'elle est quand on ne vénère qu'un dieux qui sacrifie son fils pour une bande de dégénérés qui s'amusent à se rouler dans le pêcher. Les juifs furent persécutés - encore une fois - la religion se mêla de truc qu'elle connaissait pas - encore une fois - et encore une fois, le temps passa et la malade s'éteignit d'elle-même. Qu'elle réapparaisse sporadiquement n'est qu'un détail. Un détail mortel, mais quelle importance ?


Chapitre 4 : Renaissance

Renaissance. Pas seulement pour une époque, mais pour moi. Pour mes croyances, mes espoirs. Renaissance parce que tout évoluait, que l'humanité semblait enfin se sortir les doigts du cul et la tête du sol pour enfin voir ce qui les entourait. C'est une époque que j'affectionne tout particulièrement pour ce qu'elle m'offrit, tout comme ce qu'elle est tout court. L'antiquité, pour des raisons évidentes, reste dans une place de choix, dans mon cœur. Pourquoi la renaissance ? C'est assez évident, encore une fois. Je ne pouvais pas traverser cette époque sans au moins connaître le nom de celui qui la forgea : Léonardo Da Vinci. C'était un être farfelu et exceptionnel, avec une bonne dose de paranoïa qui le rendait tout à fait charmant. Ce n'était pas seulement un inventeur et un peintre, c'était aussi un homme qui s'intéressait à la vie, et je pus voir en lui la promesse d'un avancement dans mes projets.

Léonardo, comme tout bon scientifique, avait une morale assez larges. En effet, il déterrait les cadavres dans l'unique but d'étudier la décomposition en diverses situations. Je lui offrit l'idée de trouver un… remède, contre toutes les maladie, dont la plus tragique : la vieillesse. L'idée l'enchanta, même si son esprit scientifique fit remarquer que c'était impossible. Rapidement il dû pourtant se rendre à l'évidence : j'étais différent. Je connaissais trop de choses, trop de détails, je parlais trop de langues, j'avais vu trop de contrées… Léonardo fut fasciné par moi et ce que je lui proposais. Mortel, je pouvais même me résoudre à lui offrir cette vie éternelle à mes côtés s'il trouvait le foutu moyen de pouvoir utiliser ce qu'il y avait dans mon sang sans tuer tout ceux qui l'essayaient. J'ai encore en mémoire ce qui c'est passé il y a une petite dizaine d'années : des gens complètement fous qui butaient tout ce qui bougeaient. C'était tellement délirant que j'ai dû m'en mêler ! Mon sang ne ressemble pas à une pierre, c'est quand même évident ! Bref, je mis bien en évidence les risques, mais il ne prit pas peur, au contraire : le défi était lancé.

Il apparu bien vite que Leo était autant un homme de foi, que de sciences qu'un homme à homme. Je n'avais rien à dire là-dessus, je trouvais même cela très intéressant. Ca et tout ce qu'il pouvait inventer, à côté de ce que je lui avais demandé et qui restait au point mort. Nous avions beau passer des nuits entières penché sur le problème, même avec son intelligence, on arrivait à rien. J'imagine que c'était normal, mais en vérité, c'était surtout frustrant. Je pensais que lui au moins… Qu'on se le dise, s'il était parvenu à synthétiser ce vaccin, je le lui aurais offert. J'aurais apprécié avec un tel homme à mes côtés, malgré ses frasques et son caractère. Il était vif, il était plein d'esprit, il était du genre à pouvoir traverser le temps et à se satisfaire, il était du genre à… ne pas être à sa place, ici, à cette époque, trop avancé pour des gens qui ne le comprenaient pas. Et malgré toute la sympathie que je lui portais, on dû se séparer, et se fut en mauvais termes. Nous nous étions violemment disputés, et ça n'avais rien à voir avec les assistants qu'il avait et dont il faisait reluire la rondelle. Non, je pouvais parfaitement vivre en sachant cela, même e partager, ce n'était pas exactement ce genre d'affection que j'avais pour lui… Bien que c'était probablement ce qui se rapprochait le plus de l'amour que je pouvais donner. Bref. Nous nous étions violemment disputés, et j'avais finis par partir, disparaître totalement de sa vie, ou presque.

C'est quelques années plus tard que je rencontrai un autre homme, un autre génie, d'une autre envergure, qui lui, su m'aider. Probablement un homme dont la santé mentale avait déserté le corps depuis longtemps, mais je n'étais plus très regardant, à ceci de mes recherches. Thomas Brandt. C'était un alchimiste, non pas juste un charlatan qui avait attirer mon attention, mais bien un noble fantasque avec des idées révolutionnaires. Je le séduisis, assez en tout cas pour m'en faire un ami. Probablement que le temps passant, il fut l'un des meilleurs que je pus avoir, mais à cette époque, Thomas ne représentait qu'une seule chose : l'espoir de voir ce que je voulais se concrétiser. Beaucoup de gens y passèrent, et je ne m'en émouvais pas. Thomas pouvait capturer, torturer, massacrer qui il voulait, par vengeance ou pur sadisme, j'en avais rien à faire temps qu'il avait des résultats. Il n'y en eu pas. Pas avant un très long moment qui finissait immanquablement par me faire douter et persiffler. J'ignore comment Thomas s'y prit, j'ignore également ce qu'il ajouta à mon sang pour en faire quelque chose qui fonctionnait. Sur lui. Evidemment. Toutes les autres personnes étaient mortes dans d'atroces souffrances ou devenues complètement folles et mourraient en nous cassant les couilles. Alors pourquoi cela fonctionna-t-il pour lui ? Peut-être avait-il gardé la formule pour lui, peut-être voulait-il m'impressionner… Toujours est-il qu'il avait outrepassé ses droits. Je ne l'avais pas invité à me suivre dans l'éternité, et tout ami qu'il soit, il n'était pas fait pour vivre éternellement. Pas dans mon optique. Quelqu'un de malade à la base ne pouvait pas bien finir dans cinq siècles ! Et pourtant je ne le tuai pas pour ce qu'il avait fait, sa tromperie, pour la simple et bonne raison qu'il était le seul à avoir survécu, et par conséquence, le seul à savoir comment faire pour réitérer l'exploit. Je me méfiais de lui comme de la peste, je voyais en lui un être ambitieux, probablement beaucoup trop pour son propre bien, et le mien en passant.

Je ne m'attardai pourtant pas plus là-dessus, retournant rapidement en France vers les années 1515. Leonardo avait été invité dans le château du roi pour y finir sa vie. Il était vieux, malade, et il ne lui restait plus beaucoup de temps. Quatre ans plus tard, mon vieil ami termina sa vie, avec un sourire qui me confirma qu'il aurait fait un merveilleux compagnon de route.

Il fallut attendre des années encore, des années avant qu'on ne parviennent à trouver des gens suffisamment fort pour supporter la transformation. Je refusai de l'offrir au tout venant, et si je pris la liberté de choisir uniquement des gens de la haute noblesse, c'était pour l'unique raison que ces gens avaient la culture et l'ambition. Le peuple suivrait, mais plus tard. Pour créer un nouveau monde, on doit commencer par sauver les puissants. Les morts furent cachés par les épidémies, les guerres, les famines. On se déplaçaient souvent, on avançait souvent, et partout où on allait, on voyait la déchéance. C'est à cette époque que je décidai de commencer à collecter l'héritage de la terre. Des fragments des êtres qui habitaient cette terre, afin de pouvoir les conserver, m'en souvenir, et qui sait, peut-être cela servirait-il plus tard. Je chargeai mes… apôtres ? de faire de même. Non pas de tuer pour collecter, mais d'avoir des échantillons, peu importe que cela soit en plusieurs exemplaires. Le but était d'avoir une encyclopédie "vivante" de la terre.

Chapitre 5 : Dans les braises l'espoir

Bien que le vaccin commençait à fonctionner, et que la toxicité baissait drastiquement, permettant ainsi l'avènement d'une nouvelle classe parmi les nôtres, je dus me retirer de la course. L'ennui était revenu avec force, me mettant dans des colères aussi terribles que meurtrières. Je devenais aigris et je me surprenais à commencer à parler seul. Rien à voir avec la folie, mais je commençais à aimer parler à mon frère. Savoir s'il se moquait bien de moi, de là où il était, s'il me disait "tu l'as bien cherché, grand frère." Parfois je demandais aussi à Alexandre s'il m'en voulait de lui avoir menti, si je le décevais à agir comme je le faisais, à réduire à néant tout ce que nous avions construit. Tout ce que je disais ne recevait jamais de réponse, et je restais toujours seul. Je n'avais plus aucun plaisir devant ce que j'avais construit : une race supérieure qui me ressemblait et pouvaient me suivre dans ce temps qui passait.

Je vivais non pas seul dans une immense demeure qui rassemblait toutes mes richesses ou presque, mais bien accompagné d'une multitude d'esclaves d'origine et d'histoires diverses. Il y en avait une parmi eux, à la couleur aussi sombre que la nuit, aux dents aussi blanches que l'ivoire et des yeux insondables de profondeur. Elle ne ressemblait en rien aux innombrables femmes que j'avais pu côtoyer, ou si, mais je trouvais en elle des différences qui la rendait unique. J'ignore pourquoi elle se démarqua du lot. Peut-être est-ce son histoire, peut-être que le fait qu'elle ait été enlevée de son pays, amenée par bateau, avec sa famille par un navire négrier, enchainée dans un espace si restreint que la moindre position la faisait souffrir… Peut-être parce qu'elle a vu sa mère malade mais vivante être enchainée à une trentaine d'autres esclaves souffrants et jetée vive à la mer… Peut-être parce qu'elle a été vendue dans une plantation, fouettée plus qu'à son tour, qu'elle a vu son père se faire abattre, ou qu'elle était trop belle pour les hommes blanc qui la possédaient. Sa vie, si jeune et si brève, avait été un calvaire. Son visage avait une balafre cicatrisée, censée diminuer sa valeur. Pour un homme tel que moi, qui ne juge pas nécessairement la beauté pour l'aspect physique - ma vie serait bien triste si c'était le cas - Naïa était magnifique. Les cicatrices ne m'effrayaient pas, j'en avais vu plus qu'à mon tour, et tout ce qui importait, c'était ce qu'elle dégageait. Je l'ai sauvée de l'homme qui la possédait, ramené sur mon domaine, et utilisée comme servante. Elle avait une belle vie, même si elle n'était pas libre. Elle travaillait bien, elle s'occupait de bien plus de choses qu'elle ne le devait, et s'intéressait un peu trop à moi.

Et je me laissai charmer. Ce n'était pas son but je pense, et probablement que j'étais dans un moment de ma vie où j'avais simplement besoin de voir si j'étais encore capable d'apprécier quelqu'un. Non pas juste l'apprécier mais l'aimer. C'était arriver trop rarement dans ma vie, le problème étant que je ne me satisfaisais pas d'une seule et unique personne. Naïa le savait. Elle savait à quoi elle s'engageait quand je fis d'elle mon épouse. Elle savait que je n'était pas normal tout en ignorant ce que j'étais. Elle connaissait ma violence, mon goût pour le sang et pourtant, elle restait calme et paisible, et parfois, parfois rentrait dans des colères mémorables, juste pour me montrer à quel point je pouvais avoir tort. Ce n'était pas facile de me retrouver confronter à ça, de ne rien lui faire. Malgré tout l'amour que je pouvais lui porter, cette bête machiavélique dans ma tête exigeait parfois le prix du sang. Devenant mon épouse, elle s'affranchit, devint une femme libre et cultivée mais appréciant continuer à travailler. Elle aimait se faire belle, mais préférait les robes pratiques à ce que la hautes sociétés portait. Elle était unique, souriante, elle représentait des souvenirs et un avenir. Elle me donna tort dans ma pensée de stérilité en m'offrant trois enfants. Comment savoir qu'ils étaient à moi ? Je veille sur ce qui m'appartenait et Naïa, aussi libre qu'elle soit, était ma femme. Personne d'autre que moi ne l'avait touchée dès qu'elle était entrée sous mes ordres. Mes enfants étaient de la couleur de nos deux contrées, une peau halée, témoignant du mélange de nos culture. Deux filles, un garçon. Je ne me serais jamais vu père, et force est de constater que ça ne me réussissait pas trop mal. Un autre mode de vie, qui me faisait penser que peut-être, ma première épouse à l'époque d'Alexandre m'avait bel et bien donné un enfant. Je pus oublier un temps ma soif de sang, ma colère contre ce monde, ma solitude. Ce fut une douce époque. Mais le temps est toujours là, et son œuvre est implacable.

Ma cadette avait deux ans quand cela se produisit, mon aînée douze. Tous étaient cachés sous une trappe quand je suis revenu à la demeure. C'est une servante qui hurlait, comme si je ne pouvais pas voir ce qui se passait : tout était en feu. Tout le monde était dehors, mais personne n'avait vu mes enfants ni Naïa. Je me demande encore aujourd'hui comment ces imbéciles ont pu ne rien comprendre, jouer la carte de l'ignorance. Je ne me suis pas posé de questions et même si je savais que je pouvais mourir, que c'était possible, j'étais animé par un but unique : retrouver ma famille. Naïa fut la première, son corps allongé dans un lit aux draps défaits, probablement à cause d'une lutte. Ses jupes étaient relevées sur ses jambes, son haut déchiré, laissant peu de place l'imagination, quant à ce qui s'était passé. Les draps blancs étaient couverts de sang au niveau de son crâne et ses yeux écarquillés fixaient le vide. Presque le vide, parce que je connaissais ma maison. J'ai soulevé le lourd tapis sans effort et ouvert la trappe qui dissimulait une cache. La fumée devenait épaisse et parvenait même à me faire tousser. C'était irrespirable et la chaleur donnait l'impression de roussir les poils. Mais mes enfants étaient vivants.

J'appris plus tard que ce crime était juste haineux, comme le sont souvent les crimes. Ma femme avait été tuée pour le seul motif de sa couleur de peau, parce qu'elle ne méritait pas la vie que je lui avais offerte. On lui avait "rappelé sa place" avant de la tuer, et elle, avant que tout cela n'arrive, sachant ce qui se passerait, avait caché les enfants. Pourquoi les domestiques et les esclaves n'avaient rien fait ? Pourquoi personne n'avait réagit ? Par peur ? Par vengeance ? Je me suis vengé. contre eux tous qui avaient laissé cela ce produire. Contre ceux que je pensais responsable de ce malheur. Cela ne calma pas ma colère et mon sentiment d'injustice, ni ma colère contre cette race inférieure mais… j'appris à vivre de sorte que mes enfants, mon unique progéniture, puisse avancer. C'est également pour ça que je ne leur offris jamais le vaccin. Je ne pouvais leur infliger ça, parce que leur choix avait été de vivre et de mourir. Je fus condamné à les voir s'élever et mourir, à ne pas connaître leur descendance, parce que cela soulèverait trop de questions. La seule vérité à connaître, c'est qu'ils sont morts et que je suis toujours vivant.

Je vis d'autres guerres, d'autres épidémies, je vis l'avènement de nouvelles technologies, et toutes ou presque furent détournées à de fin purement égoïste. Je vis les déboires de l'Eglise, des royautés, ce qu'on continuait à faire sous couvert d'obéir à Dieu. Je vis l'homme réduire la terre en esclavage, martyriser une nature qui jusque là les avait protégés. Je vis l'homme évoluer et je n'aimai pas ce qu'il devint. Je détestai plus encore apprendre que des fouilles commençaient un peu partout, que cela soit en Egypte, terre natale de mes origines, ou sur la route qu'Alexandre et moi avions empruntée. Mon héritage fut transformé en fortune qui se comptait essentiellement en billets, en peinture et œuvres d'art. Je fis changer de place le tombeau de mon premier Amour, et continuai de vivre en voyant sur une humanité qui méritait de plus en plus d'être purifiée.

Je fis la rencontre d'un homme avant-gardiste qui, il faut le dire, fut à l'origine de Bioharzard et de Manchester. Comme pour d'autre, je lui offris la possibilité de rejoindre l'éternité, pour la simple et bonne raison que son génie me séduisait. Il avait du talent, il avait la connaissance… Et je le laissai faire ce qu'il voulait, utiliser les guerres pour cacher ce qu'il faisait, ou tester tout et n'importe quoi sur des corps atrophiés. C'était une bonne idée, réparer ce qui était détruit. J'aimais ce concept, j'aimais ce que cela pouvait donner. Peut-être l'humanité pouvait-elle être sauvée. J'eu également le désir de réparer un tort, une idée que jadis j'avais caressée du bout des doigts sans la partager, sans même pouvoir le faire, parce que ce n'était pas le bon moment. Pour cela, il fallait d'abord réussir l'impossible : ramener les morts à la vie. C'est pour toutes les nouvelles idées que Quincy avait réussi à me donner que je me joignis à un grand nom de l'histoire qui aujourd'hui encore soulève l'indignation : Hitler. Passionné de mythologie ou de truc un peu surnaturels, obsédé par l'éternité, il ne fut pas difficile d'entrer dans son gouvernement et d'aller au plus près de ses laboratoires. Difficile de donner un autre terme à ce qui se passait dans ces couloirs. Pas de considération pour les corps, juste le progrès. Tout était bon à prendre : étude sur la voix qui demandait des enfants de plus en plus jeunes, étude sur la reproduction, sur les jumeaux, sur la mort, sur tout ce qui pouvait être imaginé. Malgré tout ce qui m'était offert, les possibilités et les avancées, je ne parvins pas à concrétiser ma nouvelle obsession. Thomas aussi se ratait lamentablement, ou presque sur ce qu'il faisait. Toujours aussi malade et absorbé par les gênes…

Il créa des monstres. J'ignore si c'était mon idée de garder une trace de tous les animaux sur terre qui lui avait donnée l'idée d'en implanter dans le corps humain, toujours est-il que j'intervins à un moment, parce que je ne pouvais simplement pas laisser ça se produire. Laisser des être se transformer en des créatures sauvages et destructrices ? C'était pas mal, mais c'était pas l'idée que je me faisais d'une meilleure humanité. Que dire de la suite ? Se sont des années qui furent aussi prolifiques de projets réussis que raté. Je gardais un œil, autant que possible, sur chacun d'entre eux, et plus ça avançait, plus je me disais qu'un jour, cela serait possible.

Chapitre 6 : Renouveau

Maintenant ? Tout le monde connait l'histoire qui a été diffusée. Manchester détruite, Manchester reconstruite, achetée par Quincy, une des plus grosses fortunes du monde. Manchester, havre pour ceux qui le voulait. Manchester criminalisée, purifiée, vendue. Manchester protégée. Manchester, cœur de la nouvelle société : BioHazard. Manchester et le dôme qui sauva tout un pan de la population, les meilleurs, les pires, des gens qui avaient été amené là par ruse ou attiré par simple curiosité. Manchester qui se développe, devient une plaque pratiquement incontournable, et Quincy, mon tendre ami, qui devient une gêne plus qu'autre chose. Thomas également, qui, je ne sais pour quelle raison, continuait de s'intéresser comme un obsédé à ses monstrueuses créations : les cauchemars. Je suppose que tout le monde a besoin de trouver un but. Je le laissai faire, trouvant bien plus de plaisir à voir l'humanité soignée drastiquement, à la racine, et d'avoir eu l'idée de conserver autant d'échantillons. Je possédais tout un pan, un pan gigantesque et souterrain qui préservait les espèces animales aujourd'hui disparues. Je possède également le tombeau de mon Alexandre, qui repose dans un sanctuaire. A ce jour, je sui parvenu à stopper la dégradation de ces cellules, à en reconstruire certaines, mais son corps est toujours là, flottant dans son cocon protecteur, mort.

Vous connaissez la suite, j'ai du mal à m'étendre là-dessus. Fin du mon, bombes de toutes sortes, mais surtout nucléaires. Fin du monde, protection, fermeture du dôme, assassinat de Quicy - désolé mon ami, tu prenais trop de place - ouverture du dôme. De nouveaux arrivants qu'il fallait pucer, surveiller, parfois faire disparaître.

Avant de terminer ici une histoire fort résumée d'une vie bien trop longue, je dois mentionner deux petites créatures qui sont encore en vie à ce jour : Kumio et Amélia. Le premier est un petit jouet issus de projet faisant de lui.. et bien, en quelque sorte la base de donnée de Manchester ? En tout cas, aucune technologie ne lui résiste, et peut-être aurais-je dû réfléchir à deux fois avant de mettre autant de pouvoir entre les mains d'une telle créature. Je me rassure toutefois en me disant qu'il va bientôt mourir. A moins qu'il n'aille se faire soigner, mais là non plus ce n'est pas gagné. Je m'amuse encore bien avec lui, quoi que sa folie notoire commence à déranger. Ce n'est pas un méchant garçon… quoi, vous m'avez cru ? Kumio est une épine dans le pied de n'importe qui qui ne saurait pas le contrôler, et vu qu'il est un électron libre… Le jour où moi-même ne pourrais plus rien tirer de lui, alors il faudra éliminer le problème, comme je le fais toujours. Quant à Amélia… elle partage avec Kumio le titre de calice et de jouet. Amélia avait, apparemment, comme mission de me tuer. Elle a lamentablement échouée atterri devant moi comme un sac à patates et si peu vêtue qu'un autre aurait probablement eu des vues sur sa vertu. Moi ? Rien qu'une humaine qui visiblement, avait un peu de ressources. Intéressé ? Disons qu'un insecte peut toujours avoir du poison, suffit juste d'en connaitre l'antidote. Je la fis entrer dans les rangs, sans jamais faire de réelles promesses. Je fis en sorte de la protéger, d'avoir son intérêt, petite poupée malléable. Elle, tout comme Kumio, n'est pourtant pas à l'abri de mon désintérêt. Je sais qu'elle découvre le monde, et c'est peut-être chose souhaitable, afin qu'elle ne m'ennuie pas plus avec sa naïveté.
Murphy
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