Notre monde est détruit.
WWIII, l'ultime guerre, l'a anéanti il y a déjà deux ans.
Obligé de se cacher la première année, aucun survivant ne sait vraiment ce qui s’est produit.
Aujourd'hui, la terre n'est qu'un enfer perpétuel, où chacun tente de tenir un jour de plus.
Au cœur de cette horreur se trouve MadTown, seul vestige de notre civilisation passée.
Dans cette ville, la vie continue son cours, ignorant les affres de cette fin des temps.
Depuis sa découverte, les survivants se pressent aux parois du dôme.
Ceux qui refusent la surveillance permanente s'entassent aux alentours, quand ils ne rejoignent pas les rangs des dissidents.

Combien de temps encore, les immortels tiendront-ils la ville ?
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(...)
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Shin Kirasaki

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Dim 24 Juin 2018, 09:51

Kirasaki
Yuli "Shin"
Métier/études : Chef du gang Batsura
Situation raciale : Survivant Rétif
Classe Social : Dissident
Situation conjugale : Veuf

▬ ft. Practice 01 de Marccus

Âge : 40 ans
Nationalité/origines : Russe
Carnation : La peau tannée et les traits qui commencent à être marqués par l'âge et par une rude vie, Shin n'est ni vraiment bronzé, ni vraiment pâle
Taille : 1m88
Corpulence : Musculeux et large. Une chose est sûre, c'est qu'il impressionne par sa carrure solide que l'on a pas forcément envie de confronter dans la violence. Le corps est particulièrement noueux et donne l'impression d'un roc solide ou même d'une montagne, l'impression aidé par sa taille et son visage. Malgré son âge, son corps ne montre pas encore un signe de relâchement et son poids s'élève humblement à 82 kilos au vu de son gabarit.
Cheveux : Lisses et arrivant au niveau de ses épaules, ses cheveux donnent l'impression d'une pagaille de paille ! Châtain clair, voire blond, il y a ça et là la preuve de son âge avancé, parsemant de gris et de blanc sa chevelure parfois désordonnée qu'il maintient souvent dégagée de son front en attachant les mèches les plus encombrantes en une petite queue de cheval.
Yeux : Une paire d’émeraude, assombrit par le temps... On y trouverait la sagesse qui vient avec une vie bien rempli mais aussi de la rage, une fougue à peine entamée, et de l'ambition qui déborde. Un regard qui peut aussi facilement s'exprimer que rester de marbre.
Signe(s) distinctif(s) : Mise à part une pilosité plutôt prononcé et qu'il ne s'embarrasse pas d'éliminer de son visage la plupart du temps, Shin à des brûlures dans le dos, demandant certaines attentions dont il se passerait bien. Il a une boucle d'oreille à celle de gauche et le tatouage d'un tigre sur le flanc droit, débordant sur son ventre. Il apprécie les vêtements décontracte, tout comme ceux qui rendent "distingués".
Sexe : Homme



Orientation : Homosexuel

Phobie : Je dirais que c'est de la peur elle-même, dont j'ai peur. Je fais alors en sorte de ne me donner aucune source qui pourrait la créer. J'aime à dire que je ne crains rien. Cependant, il peut devenir facile d'avoir peur pour les autres, si on s'y attache trop.

Ambitions : Changer le monde. Ou en tout cas, cette ville en la faisant mienne et en renversant les pouvoirs qui la contrôle. Cela me permettrait pas mal de chose, comme gérer la merde de cet endroit. Et avoir le pouvoir, bien entendu.

Capacités et Effets secondaires:

Bouclier. Je n'ai pas d'autres mots pour le nommer. Je pourrais m'amuser à trouver quelque chose de plus sympathique, comme retour au néant, ou valeur zéro, mais... Non, j'aime les choses simples. Bouclier. Rien de physique, et pourtant il me semble que tout autour de moi se délimite une zone où toute capacité est... Écrasée. Il est difficile d'en être tout à fait sûr, ou d'expliquer clairement quelque chose d'aussi "passif", mais j'ai effectivement un don... Celui d'empêcher ceux des autres. Cela est plus efficace avec un contact mais même si je suis suffisamment proche de la personne, cette dernière ne peut pas utiliser ses pouvoirs. Que ce soit une transformation physique, le contrôle d'un élément ou bien quelque chose de plus particulier, plus "mental", si on se trouve à quelques mètres de moi, leur capacité n'est plus. Ce bouclier ramène le monde à "égalité", et quoi de mieux que de retirer les ressources des autres pour mieux les soumettre ?

Cependant, il n'est pas sans limite. Je sais qu'à une dizaine de mètre, le bouclier ne fonctionne plus. Plus on s'éloigne, plus au sort du champ d'action. Tout au plus cela rend un peu plus ardu l'utilisation de pouvoir. Je ne suis pas assez naïf aussi que pour croire que, même à l'intérieur, une personne ne saurait finir par prendre le dessus ! C'est ça, dans le bouclier, cela devient une histoire de "force", de volonté et de ténacité. Le problème avec ce pouvoir, c'est qu'il est difficile à contrôler, et qu'il réagit presque "seul". Si on lui résiste, il résiste aussi. Même contre un pouvoir qui me serait bénéfique. Et quand on abandonne après l'acharnement ou qu'au contraire, on arrive à ne plus y être soumis, le contre coup après l’adrénaline est... Douloureux. Je pense que cela dépend des personnes. Tout le monde est différent, avec une détermination qui varie ou une force propre...

A cela s'ajoute des inconvénients, un contrecoup apporté par la radioactivité et tout ce qui a changé. Nausées, fatigue, migraines... Je suis parfois sujet à ces maux qui semblent simples mais qui peuvent réellement me mettre à mal certains jours, ajoutant à cela des sautes d'humeurs souvent influencées par ces états ! Des tracas que je peux réussir à gérer car ils ne sont pas non plus infernaux, parce que j'ai survécu à plus douloureux... Le pire est quand cela survient après une forte utilisation du bouclier, ou quand on lutte trop contre. Ces symptômes surviennent après quelques instants, quand le bouclier redevient calme. D'un coup, avec une puissance vertigineuse, qui me terrasserait presque... J'ai la chance que ça ne soit pas encore arrivé. Cependant, j'ai appris à ne pas trop compter dessus.

Biens : J'ai une "famille". Le Clan. Parce que c'est une famille il serait présomptueux de dire que ce sont des "biens"... Pourtant, ils m'appartiennent. Je dois autant les protéger que les gérer. Si je devais dire qu'est-ce qui avait le plus de valeur à mes yeux, je répondrais que c'est mon Clan et par cette même vision des choses, que Lolita, alias Lola une furette caractérielle qui semble avoir le béguin pour moi. Cependant, pour tout ce qui est matériel, je parlerais des armes à feu que j'ai réussi à me procurer, ainsi que les scanners pour les puces, me permettant de ne pas être tenu en laisse par une société que je renverserais un jour et de moi même contrôler mon clan. Je possède aussi une photo de ma fille à l'intérieur du collier que je porte.
" Character is how you treat those who can do nothing for you

Beaucoup de choses sont dites à mon sujet. On dit de moi que je suis un bon samaritain, une âme généreuse, quelqu'un qui comprend les plus démunies en prenant soin d'eux, en parlant pour eux, cherchant leur bien, leur égalité. On dit aussi que je suis dangereux, cruel. Que mes activités charitables cachent en réalité un mal bien réel et d'autant plus sombre. Derrière la gentillesse, le crime. Une couverture hypocrite pour la mafia et ainsi commettre des méfaits dans le dos de tous... On dit encore de moi que je suis un père de famille ambitieux, retord mais juste, qui ne pardonne pas, ou très peu. Une personne en qui les membres de sa famille peuvent tout de même avoir confiance, du moment qu'ils ne trahissent pas... Et derrière tout ces "ont dit", il y a à chaque fois une part de vérité.

Un chêne qui préfère être déraciné que de plier sous la tempête, hein ? J'apprécie l'image, et je crois qu'elle me caractérise tout à fait ! Je ne suis pas homme à baisser l'échine, loin de là. C'est les autres qui doivent plier, et s'ils me respectent, je le ferais aussi. Ou je prendrais soin d'eux à ma façon. Je suis un leader, j'ai l'âme d'un chef et je ne veux pas d'autre place que celle-ci. Les ordres ? C'est moi qui les donne et j'attend à ce qu'on les accomplisse. Ou que l'on vienne me dire les choses en face si quelque chose dérange ou ne va pas... Être autoritaire ne veut pas dire que je suis sourd aux autres, au contraire ! Être un bon chef, c'est savoir prendre en compte l'avis de ceux qui nous entoure... De prêter attention à ce qu'ils pensent et ressentent. A moi ensuite de juger, mais dans les grandes lignes, j'apprécie l'honnêteté et la franchise. L'insolence peut aussi m'amuser, me plaire, parce qu'intransigeant ne veut pas dire intolérant, et que j'aime les fortes têtes. Tant que le respect n'est pas mort, que la confiance est là, je n'ai aucun problème à frayer avec quelques rebelles. Parce que j'en suis moi même un, et pas des plus tenable. Au contraire, je suis ambitieux, et je compte bien vivre jusqu'à avoir ce que je veux. Et plus encore. C'est ainsi que mes gens, ma "famille" me connaisse, et que je veux qu'elle me voit. Comme un homme fort, dur mais juste, loyal et protecteur avec ceux qui m'ont prouvé mériter ma protection et leur place dans le clan.

Effectivement, on peut dire que je suis un peu extrémiste, vu les lois que j'ai mis en place. Mais j'ai grandi dans ce genre d'univers, où la hiérarchie était très importante et que l'on ne faisait pas que des choses très propres. Jumelé par quelques... Malheureux souvenirs de ma vie qui ont alimenté une certaine rage. Et il est vrai que ça peut paraître dangereux de rentrer chez les Batsura comme d'en sortir. Cependant, il faut savoir que je suis quelqu'un de... Relativement entier. Généralement, avec moi, c'est tout ou rien. Les concessions et les négociations sont là quand ça peut m'arranger. On veut intégrer le groupe ? Il faut prouver qu'on a le gabarit pour survivre, que je peux faire confiance. On veut en sortir ? Une forme de trahison et là encore, une dernière épreuve et les gens le savent. C'est une décision importante, d'intégrer la famille et je ne veux pas que le premier clampin puisse l'intégrer. Je ne voulais pas de n'importe qui auprès de moi. Méfiant ? Oui. Cruel ? Certainement. Par habitude, parce que la vie est une chienne et que je préfère être celui qui la tient en laisse que l'inverse. Être craint ne me dérange nullement et si les choses se passent bien... Pas besoin d'en arriver à certaines extrémités, pas vrai ?

On peut aussi dire que je suis quelqu'un de naturel. Franc du collier, directe, parfois violent dans mes mots -et grossier- en plus d'être hautain, il faut pourtant reconnaître que je sais être patient. On ne dirige pas une famille en cédant au premier caprice ou en laissant éclater la colère juste parce que quelque chose est moins facilement gérable. Je sais garder mon sang froid, un sourire qui peut être parfaitement irritant et arrogant et maîtriser une situation. Je ne cède pas forcément à la violence à la première occasion... Mais il ne serait pas une bonne chose de m'y pousser. Encore plus si je ne suis pas dans un bon jour, et certains symptômes routiniers peuvent me rendre plus prompte à l'impulsivité. Mais sinon, je sais rester calme, m'acclimatant aux situations, profitant d'elles pour mieux gagner, mieux m'en sortir. C'est ainsi que je construis mon royaume et que je pousse mon influence un peu plus loin, me faisant des alliés chez ceux qui pourraient aussi être des ennemis. Ce n'est pas que je suis inébranlable... Juste que je sais être bon au poker et que si faire comprendre son autorité et sa force peut être une bonne stratégie, garder ces cartes peut aussi être une bonne stratégie.

Il faut aussi savoir que je ne suis pas quelqu'un de forcément abordable et qui se laisse facilement émouvoir. Mon franc parler, mon calme et ma dégaine assurée ne veut pas dire que je suis quelqu'un d'affection. Je n'en suis pas dénué. J'apprécie certains, je prend soin de ceux qui en ont besoin, qu'importe que ce soit surtout une couverture pour mes activités et j'affectionne même un animal ! Tactile ? Oui. Mais qu'on ne s'y trompe pas, je ne suis pas une peluche et les limites, c'est moi qui les impose. Ai-je dis que j'étais dominateur ? Parce que c'est le cas, et ne pas contrôler est comme non naturel. Cette nature chez moi est clairement palpable, que ce soit dans ma façon de diriger ma famille que dans mes relations. Je suis peut être méfiant et je préfère effectivement éviter de m'attacher rapidement aux gens, parce que aimer devient vite une faiblesse potentiel, un moyen de se faire juste beaucoup de mal sans pouvoir l'en empêcher... Ça ne m'empêche pas d'aimer la chair. Et j'aime diriger même dans ces moments là. Découvrir, titiller, pousser et être maître de la situation. Et j'aime avoir ce que je veux et je peux faire beaucoup pour ça.

Peut être parfois exécrable, très certainement retord et vicieux, je suis néanmoins protecteur. Même un homme puissant est hanté par son vécu, par ce qu'il a pu faire... Ce que j'ai pu commettre ne me dérange pas, la culpabilité à ce sujet n'existe plus depuis longtemps et j'assume. Non, ce fut de ne pas pouvoir faire ce que j'aurais du qui me blesse, et m'empêche parfois de dormir, où au contraire, agite le sommeil. Mais cette part là n'est pas quelque chose que les membres du clan connaissance ou doive connaitre ! Secret, je dissimule les faiblesses et continue à jouer le rôle qui m'a toujours sied, celui de Leader. Aidant les miséreux le jour et guidant une véritable organisation criminelle la nuit. Deux facettes d'une même pièce, une longue derrière moi que je débauche encore à travers l'alcool, le tabac et un règne nocif. Mais peut être pas pour moi.



Histoire
Il faut toujours être prudent sur la route, surtout quand on conduit. Il ne faut pas déranger le conducteur non plus. J'étais jeune, alors je ne pouvais pas me faire à l'idée qu'un accident m'arriverait un jour. A douze ans, on croit que rien ne peut nous arriver, ou que nos parents seront là pour nous aider. Ma petite sœur aussi était trop jeune pour comprendre le danger, mais on restait sage. Silencieux à l'arrière, elle dormait. Silencieux à l'arrière, je regardais par la fenêtre la voiture qui roulait pas loin, dans le même sens que nous. Une autre famille, similaire à la notre. Enfants et parents. Là, c'était l'inverse. Les enfants parlaient et les parents restaient silencieux. Ce n'est pas comme si j'avais senti que quelque chose allait se produire et qui me poussait à regarder cette famille pour comprendre le danger et tenter d'éviter la menace. C'était juste par hasard. Par hasard que je regardais avec indifférence la petite fille à l'arrière qui s'agitait joyeusement derrière. Avant de se jeter vers l'avant, du côté conducteur pour placer maladroitement ses mains devant les yeux de l'inconnu. Je connaissais ce jeu ! "Qui est là !" Parfois ça surprend et ça fait sourire... Là, ça surprend trop et la voiture se rapprocha trop de là où on se trouvait. Mon père avait de bon réflexes ! Donc il fit un écart pour éviter la voiture... Et il se plaça sur la trajectoire d'un camion qui arrivait en face.

Voilà l'instant qui marqua le premier tournant décisif de ma vie. Le genre de moment qui, s'il ne s'était pas produit, aurait fait de moi quelqu'un de complètement différent. Ma vie d'avant n'a plus vraiment d'importance... Malgré les moments doux et paisibles que j'ai pu y vivre, le temps a bien trop altéré ces souvenirs là et il ne sert certainement à rien de tenter de remuer tout ceci... Ce qui s'est passé par la suite est plus intéressant. Non pas les pleurs d'un enfant et la rage d'avoir tout perdu dans un bête accident, parce qu'une gamine mal élevée avait jouer les idiotes. Je passerais aussi sur les émotions qui m'avaient étreint en me retrouvant orphelin. Si ma sœur avait gardé sa ceinture attaché, peut être ne serais-je pas le seul survivant... En fait, non. Mon père n'était pas mort ce jour-là. Mais la violence de l'accident le gardait en sommeil et personne ne pouvait savoir quand il se réveillerait... S'il se réveillerait, même. Il était alors clair que personne dans ma famille ne pouvait s'occuper de moi. Personne en Russie, un oncle ou une tante que je ne connaissais pas... Mais nous n'étions pas en Russie et j'avais vécu toute ma vie sur le sol Américain. Les familles d’accueil seraient... Mon nouveau voyage, et difficile de l'accepter. Et je ne fus pas un enfant de cœur avec tout ces gens qui s'occupèrent de moi. Très certainement que je fus injuste avec certains, qui s'échinaient vraiment à se faire accepter. Ils arrivèrent parfois à me toucher et à m'adoucir... Avant que la fatalité n'arrive et que je sois transmis ailleurs. Ce système n'était pas le mieux pour rééquilibrer quelqu'un. On n'oubliait pas sa famille, mais ça n'était pas en le bougeant constamment qu'un gosse pouvait se reconstruire. Pourquoi prendre le risque de s'attacher, si c'était pour nous éloigner ensuite ? J'étais dissident, colérique. Élevé sérieux mais instable dans son comportement. Vraiment, je ressemblais assez peu à ce que je suis devenu aujourd'hui.

Les gens comme moi ont souvent tendance à mal finir. Ils cherchent le réconfort dans ce qui peut les tuer, ils cherchent les problèmes... Ils sont malchanceux, ils sont délaissés par la vie. Moi ? J'ai eu de la chance dans tout ça, car je trouvais une place chez les Yakuza. Les circonstances de cette rencontre était tout à fait volontaire de ma part. Les gangs ne cherchaient pas forcément à se cacher... Bien entendu, nous n'étions pas au Japon, où cette "mafia" pouvait très clairement s'afficher sans trop de problèmes, mais quel était l'intérêt pour un groupe s'il ne pouvait pas avoir de recrut ? J'aurais pu aller n'importe où. Je voulais juste trouver quelque chose, un défouloir, une "situation". Peut être que j'avais voulu me foutre en l'air, et je pensais que rentrer dans une organisation, alors que j'étais même pas encore majeur, serait un bon moyen d'atteindre ce but... Je me trompais, et cette erreur aurait été la plus bénéfique. Parce que personne ne se détruisait, chez les Yakuza. On ne se battait pas comme des chiffonniers pour une raison stupide et on ne se droguait pas. Pour le bien du groupe, il y avait un équilibre à tenir. Les Yakuza, c'était une étrange famille, et tout ce respect que l'on devait à la hiérarchie, et ces règles à suivre étaient perturbantes, et bien loin de ce que je m'étais imaginé en rentrant chez eux. Cette stabilité un peu tordu, c'était ce dont j'avais besoin. Bien entendu, ce choc de culture m'avait valu quelques erreurs et beaucoup de questionnement sur moi même et sur ce fonctionnement. Ma rage ne s'était jamais réellement asséchée. Mais suffisamment calmer pour que je puisse apprécier cet univers. Pour la première fois de ma vie, je me sentais à ma place. On apprenait à se battre, à tuer et à intimider. On apprenait surtout le respect, l'entraide et la confiance entre les membres du clan. Personne ne me prenait en pitié pour ma vie. J'étais juste un membre comme un autre, qu'importe que je ne sois pas japonais ; je n'étais pas le seul après tout et du moment que je me comportais bien, tout allait. J'avais un "protecteur", j'avais une conduite à suivre... J'avais enfin quelque chose de vrai, de solide à quoi m'accrocher.

Plus tard, enfin majeur, je retournais à l'hôpital. Et je demandais à ce que l'on débranche mon père. J'avais assez attendu, et je ne voulais plus continuer à espérer vainement.

C'est finalement dans ce milieu que j'eu vraiment l'impression de grandir. J'appréciais ces valeurs de vie, le pouvoir que l'on avait... Mais au fil des années, je me sentais juste un peu plus étriqué, un peu trop en laisse. C'était faux, j'étais traité comme les autres, on était égaux selon notre rang. Mais c'était comme être un oiseau qui devait voler de ses propres ailes. Ou un lion qui quitte sa mère pour former son propre clan. Et c'est ce que je fis. Les grands chefs ne m'en tinrent pas rigueur ; j'avais suffisamment prouver ma valeur et je gagnais leur approbation. Ils se doutaient sûrement que je finirais par passer par là, et ils préféraient me voir comme un jeune allié que comme un potentiel ennemi. Je continuais à les respecter même en formant mon propre clan. Une autre "famille" comme on dit ! J'avais quelques personnes qui me suivirent, et je commençais alors à construire mon royaume.

Shin Kirasaki. Influencé par mon passage chez les Yakuza, j'avais décidé d'avoir une toute nouvelle identité. Je n'oubliais pas mon véritable prénom, Yuli. Cependant, peu de gens le connaissaient. Batsura. Ce fut le nom de mon clan. Je n'ai jamais connu la Russie, cependant je la parlais aussi bien que l'anglais et j'avais gardé une véritable affection pour cette langue. Mon clan était différent de celui des autres Yakuza. J'avais gardé nos valeurs, les codes d'honneurs que l'on m'avait inculqué. Cependant, j'étais intransigeant, et sûrement plus sujet à la violence que les autres. Mon ancienne famille ne cautionnait pas vraiment cela, me trouvant beaucoup trop brusque à leur goût. Parce que je ne voulais pas spécialement leur causer du tort, j'avais quitté la ville pour installer mon "quartier général" autre part. Manchester. Cet endroit avait du potentiel, et je pouvais certainement tirer mon épingle du jeu là-bas, gérant mes affaires sur place et celles plus loin ; contrebandes, drogues, prostitutions, blanchissement d'argent, vente d'armes illégales... Je touchais à tout et si mon organisation était encore humble, elle finirait, j'en étais certain, par devenir l'une des plus puissantes. J'avais déjà une sorte d'accord avec la "puissance" de la ville. Biohazard. Il n'était pas rare que les mafia aient ce genre de "négociation", et du moment que je ne marchais pas sur leurs plates bandes, je serais tranquille...

C'est là-bas que je rencontrais le gamin. C'était littéralement le cas. Même pas un adolescent que ça traînait déjà dans les rues. Sans toit, sans famille, peut être... Un gamin comme un autre, perdu comme j'avais pu l'être. Je ne m'en étais pas ému, pour le coup, puisque j'étais en "mission". On plaisantait pas avec les Batsura, et quand quelqu'un nous cherchait des noises, on donnait un avertissement. Mais jamais deux et ça sous entendant parfaitement ce que cela devait sous entendre. J'avais quelqu'un dont je devais me débarrasser et le gamin avait été sur le chemin. Comme je supposais qu'il devait être sur son trottoirs depuis un moment, je lui avais demandé une petite information. Je savais que mon gars était dans le coin, je devais juste savoir où il était passé. Ce qui était surprenant, c'est que le petit parlait le Russe et que ça avait été ainsi que j'avais du lui demander ce que je voulais savoir, moyennant de l'argent. Il avait pas demandé, c'est moi qui lui avait donné, sans même me douter que ça allait l'attirer jusqu'à moi. Parce que le gosse c'était mis en tête d'être avec nous, par la suite. Il voulait nous servir d'informateur, ou qu'importe, du moment qu'il était payé. Sauf que, sérieusement... Il savait au moins lasser ses chaussures ? C'était un non, forcément. Sauf qu'il du faire mine de pas comprendre parce qu'il revint à la charge, plusieurs fois. Déjà, comment un petit gamin avait su nous trouver ? On ne se cachait pas complètement, mais on était pas ouvert à tous non plus ! Hakkyou, en plus d'avoir un nom particulier, était tenace et foutrement insolant. Ça me dérangeait pas normalement. Sauf que quand c'était un môme de dix ans qui semblait pas vouloir comprendre que oui, on était des criminelles mais que non, on s'abaissait pas à employer des enfants, ça m’exaspérait. Et on avait beau être de plus en plus vindicatif, allant jusqu'à la violence, il était toujours là. Il allait me faire détester les gosses.

Sauf qu'on avait interdiction de le tuer. C'était pas comme si j'y avais songé. Tuer des innocents n'étaient pas forcément mon dada. Lui, il l'était peut être malgré son jeune âge, vu les info qu'il semblait avoir, mais voilà, c'était qu'un paumé chiant. Un paumé chiant que Biohazard ne voulait pas qu'on tue. Allons bon, de quoi ils se mêlaient ?! Mais ça voulait juste dire que le gamin était important à leurs yeux. Et je savais pas tout à propos de cet organisme, à part qu'il valait mieux pas être intéressant pour eux. C'était aussi pas bon du tout pour les affaires, de se les mettre à dos, alors... Le gamin voulait travailler pour nous ? Très bien. Mon but initial ? Le faire déguerpir. Lui en faire baver pour qu'il finisse par céder, et mon clan avait le droit d'être aussi imbuvable que possible ! On était pas un centre aéré. Et si j'interdisais qu'on abuse sexuellement de lui, on fut pas tendre. Ça dura un an. Et durant cet année, le marmot se rendait parfaitement utile. J'ignorais comment il faisait pour avoir toutes ces informations, avec des foutus preuves à l'appuie. J'ignorais même comment il s'en sortait, mais j'imagine que je m'attachais un brin à sa petite tête. Et qu'il m'impressionnait. Il impressionnait tout le monde, donc je décidais de faire une entorse à mes principes et à le prendre sous son aile. Il voulait bosser pour nous ? Je l'éduquais comme on m'avait éduqué, lui apprenant à respecter ces supérieurs, et à m'obéir. En retour, j'allais lui apprendre à survivre et je le traitais comme n'importe quel membre des Batsura. C'était peut être ce qu'il voulait, parce que c'était ce que moi j'avais voulu, chez les Yakuza. Le petit était impressionnant. Utile, débrouillard et parfois trop dans le zèle vu dans l'état dans lequel il revenait. Mais il s'occupait de tout sans poser de question. On plaisantait souvent, en disant qu'il était notre mascotte. On l'aimait bien. Le petit "Kumi".

J'allais être père. Les "mariages" étaient commun aussi, entre les "familles". C'était bien pour renforcer les liens et créer des relations alliées. Le petit problème, c'est que j'étais très peu attiré par la gente féminine... En fait, pour être clair là-dessus, je n'aimais pas les femmes. Je leur vouais du respect même si je pouvais paraître rustre. Me retrouver marié n'était pas forcément dans mes projets et pourtant, j'acceptais la proposition. Ma femme, Masako... Ne m'aima pas non plus. Cependant, nous avions une meilleure relation que l'on aurait pu croire. Et dans l'idée, on pouvait voir qui on voulait et coucher comme on voulait du moment qu'on ne nuisait pas à nos "familles". Et il nous fallait un gosse. J'appréciais cette femme, intelligente et forte. Mais j'étais pas sûr d'avoir la fibre paternelle. Quelque part, on pouvait voir Hakkyou comme un fils spirituel, mais ce gamin était déjà un homme, un adulte dans son cœur. Là, j'allais avoir un bébé sur les bras, tout en gouvernant un monde de crime. Alors tout le temps de la grossesse, j'étais... Ouais. Je flippais.

J'allais avoir une fille, d'après les médecins. Et Kumi allait faire le con. Je savais ce qu'il a vécu, en parti. Au fil du temps, c'était devenu impossible à nier que ce jeune était spécial. Trop résistant, trop dépendant, trop instable. Je l'avais questionné dessus, pour apprendre que Biohazard avait un contrôle sur lui dont il ne pouvait s'extirper. Qu'il l'avait "créé et brisé". Et il cherchait à faire tomber la société tout seul et dénonçant publiquement tout les petits dossiers cachés. Y avait sûrement beaucoup à dire, et je lui avais dis de pas faire le con. Je voyais déjà se profiler le truc ; le gros scandale serait mort dans l’œuf et on le ferait passer pour un taré.Toutes les preuves qu'il apporterait ? Falsifiées et truquées. Le gamin m'avait raconté ces "secrets" et c'était tellement énorme que... Je crois que c'était vrai. Je le croyais. Parce que je lui avais peut être appris à peaufiner l'art du mensonge, mais il ne m'avait jamais menti. Mais son plan serait recalé au canular, seul les théoriciens du complot y croiraient et lui serait dans la merde, parce que Biohazard était dangereuse. Moi même je ne ferais pas l'erreur de m'y attaquer, pas maintenant ! Donc j'interdisais à Hakkyou de faire ça. Je lui disais que c'était stupide, qu'il allait juste se faire chopper. Je savais pourquoi il faisait ça. Par amour, pour sauver un autre gamin qu'il désirait intégrer chez moi. Mais sa manière de s'y prendre allait se retourner contre lui. Et contre nous, aussi. Je ne lui donnais pas mon aval. Et il me désobéit.

Comment expliquer la sensation de trahison ? C'était simple. Chez les Batsura, on obéissait et ça se passait bien. Si ça se passait mal, c'était ma responsabilité. Et c'était toujours douloureux quand quelqu'un nous trahissait alors qu'on lui avait fait confiance, qu'on l'avait aidé. C'est à ce moment que je me rendais compte que je m'étais vraiment attaché à cet enfant. Mais malheureusement, j'avais eu raison sur la suite des événement. La société eu tôt de faire de ces accusations l'oeuvre d'un taré, et tout le travail de Hakkyou, toutes ces révélations sur des expériences inhumaines qui rendaient inhumains, ces gens immortels qui gouvernaient tout ceci ne firent qu'alimenter le fantasme de certains. Et il eu beau se cacher, il fut retrouvé. Je ne pouvais pas l'aider, même si j'en avais envie. J'avais en travers sa désobéissance inutile qui n'avait fait que le mettre dans une merde pas possible, et moi avec. Ces connards de Biohazard nous considéraient aussi comme fautif pour ne pas avoir contrôlé le môme. Comme si c'était nous qui en avions la garde ! Ils avaient dit de le laisser en vie, pas qu'on devait jouer les baby-sitter ! Mais bref. Je pouvais pas question leur façon de voir les choses et après toute cette histoire, je ne pouvais plus me sentir en sécurité dans cette ville étrange. Je préférais donc prendre du recul avec tout ça, et rejoindre une autre ville où notre influence était bonne. Mais Manchester resterait un objectif que je ne faisais que remettre à plus tard, pour le bien de la famille... Et de celle que j'allais avoir, d'ailleurs.

Ma femme accoucha et je n'étais pas là. Je n'étais pas présent les premiers jours non plus. Et quand elle revint à la maison, c'était accompagné de nos gardes les plus proches. Et je fus surpris de voir cette espèce de minuscule humain dans ses bras, comme si je n'étais pas au courant que j'avais engrossé cette femme. C'était de moi, ça ? Elle ne fit aucun commentaire sur mon absence et je ne sus jamais si elle avait été blessé par ça. Cependant, son regard acéré et ces mots furent clairs. Je pouvais être un père absent, mais il était hors de question que je sois un mauvais père. Mon monde était violent après tout. Je l'étais aussi, même si les années m'avaient rendu plus réfléchis. Et j'allais pas battre cet enfant si c'était ce qu'elle sous entendait ! Je ne savais pas comment me sentir avec cette nouvelle présence... Qu'on ne s'y trompe pas ; j'ai aimé ma fille plus que tout. Mais pas immédiatement. Mon déclic se fit dans un moment étrange. Les moments que les parents n'affectionnent jamais, où il faut se lever durant la nuit parce que le bambin réclame. Ça ne fut même pas la première nuit où d'un coup, je me levais en trombe, faisant même sursauter la femme froide et implacable qui me servait de conjointe, pour aller voir l'enfant. Avec cette trop soudaine et en retard vérité en tête ; c'était ma fille. Masako se moqua de moi parce que je devais une sacrée gueule. devant cette constatation et cette nouvelle émotion. Depuis combien de temps je n'avais ressenti ce sentiment ? Ça avait l'air de venir d'une autre vie. J'avais la sensation que ça ne m'appartenait pas, qu'on m'avait importait dans le cerveau une donnée étrangère. Un truc parasite qui faisait que j'adorais cette petite larve qui beuglait comme pas possible. C'était... Mon héritière, ma princesse, et j'en ferais une reine. Peut être que ça ému ma femme... Avant qu'elle ne me traite d'abruti et me montre comment on devait s'en occuper, au lieu de bêtement rester là à la regarder mourir de faim.

Six ans. C'était l'âge d'Anthéa, quand elle disparu. Avec sa mère, et une bonne partie du monde connu. Ce n'était pas comme si je n'avais pas vu la merde arriver, comme s'il n'y avait pas de signes. Juste que rien ne pouvait prévoir à ce que les choses arrivent aussi vite. J'aurais peut être été tué moi aussi, devenant qu'un disparu anonyme et oublié, si je n'avais pas été prévenu. Hakkyou avait trahi ma confiance, mais quoique lui fit Biohazard, on avait gardé contact. Si je lui gardais rancune, je ne le rayais pour autant pas de ma vie, et c'était de loin qu'il m'aida de temps en temps. Mon clan était fort, de plus en plus puissant et même à distance, il restait un allié de choix. Et c'était lui qui me prévint à temps pour que je puisse me planquer de ce qui semblait être la troisième Guerre Mondiale. On je ne sais quoi, d'ailleurs. Moi, je pouvais. Mais j'étais seul à ce moment là, parce que Masako avait décidé d'aller rendre visite à de la famille avec notre petite. Au pire moment. Pas de réponse au téléphone jusqu'à la fin. Je réussis à avertir les gardes avec elles pour les mettre en lieux sûr, avant que la ligne ne soit coupé et que la fin du monde n'arrive.

Elles étaient mortes. Je me suis mis cette vérité dans le crâne dés le début. J'avais nié, j'avais refusé évidemment, mais je n'étais pas un homme à se leurrer avec des faux espoirs. Je n'étais plus l'enfant qui attendait désespérément le réveil de son père. Masako était partie avec Anthéa, ma futur petite reine, encore innocente, encore pure... Partie. Je ne dis pas que je ne suis pas allé les chercher. J'étais resté un moment dans le bunker avec les quelques hommes que j'avais pu amené avec moi dans la foulée. Des abris, on pouvait en trouver si on savait où chercher, et là encore, le petit Kumi avait été d'une aide précieuse. Rapidement, j'avais instauré un ravitaillement très précis. Pas plus, pas moins. Parce qu'il fallait pas non plus s'affamer pour le jour où l'on sortirait. Ouais. Je croyais pas non plus qu'on viendrait nous aider. Le monde était foutu et j'avais pas besoin de mettre le nez dehors pour le savoir. Je le savais. Difficile de savoir combien de temps on y resta vu comme il faisait sombre. Mais on fut planqué longtemps. Jusqu'à ce que la bouffe commence à manquer, qu'il fasse trop froid... Bref, qu'on dépasse largement le seul "d'insupportable". Ça aurait pu être pire, y aurait pu avoir un pugilat, mais j'imagine que le respect et l'obéissance n'avaient pas été oublié par mes gars. Je leur avais dis que je savais où on irait. Je leur avais dit que j'avais une solution. L'apocalypse ? Pas partout, et je comptais bien rejoindre Manchester au plus vite ! Moyennant un détour... Un détour horriblement inutile. Je savais où habitait la famille de Masako et en rejoignant l'endroit, il fallu bien que je l'admette définitivement. Elles étaient vraiment parties, je n'avais plus qu'une photo que je pouvais emporter comme souvenir de mon échec, et je ne pouvais pas les rejoindre maintenant.

A aucun moment ça ne fut facile. A aucun moment je ne pris le temps de faire mon deuil, la survie de mon groupe pesant sur mes épaules. Et le monde tel qu'il était devenu me rendait la tâche bien difficile. Il avait changé. Il était plus austère, plus froid, moins généreux... J'avais toujours vécu dangereusement, mais ça... C'était autre chose. Le soleil ne diffusait qu'une faible lueur derrière les épais nuage, le froid s'insinuait partout et tout semblait... mort. C'est ça. On marchait sur la mort tout les jours, et je compris très vite que l'on ne pourrait pas tous rejoindre Manchester, notre dernier salut. C'était déjà difficile de se repérer efficacement. Je pouvais mourir demain, moi qui m'était cru intouchable, immortel. Pourtant, jamais je ne partageais mes doutes avec les autres. Ils n'avaient pas besoin de savoir que leur Leader craignait le lendemain et je me refusais à y penser. J'allais survivre. J'allais survivre et emmener ceux qui y arrivaient avec moi. Je perdis plusieurs de mes hommes en chemin. Evidemment, c'était à prévoir entre la météo hostile, les maladies occasionnées par les radiations, le manque de nourriture et le peu d'animaux que l'on croisaient et que l'on pouvaient chasser... Quand ça n'était pas l'inverse. Nous étions tous des proies sur cette terre, et chaque perte était une nouvelle douleur. Par chance, j'étais habituée à elle. Nous n'étions pas non plus les derniers à fouler le sol mort, et les conséquences de nos rencontres étaient... Variés. J'étais peut être un solitaire, mais je savais que le nombre nous aiderait à atteindre notre but. La plupart du temps, je tentais de recruter les gens qui croisaient notre route. Parfois, on les quittait en leur disant que notre destination était certainement la meilleure... Et souvent, cela finissait en pugilat. La loi du plus fort. Je prenais la plus petite "erreur" pour piller et tuer et nous permettre plus de chance pour atteindre notre objectif. La loi du plus fort... Étonnant que cette loi soit la plus suprême dans chaque situation ! Les plus forts survivaient... Les plus forts s'adaptaient.

Ça arriva. Ceux qui n'étaient pas morts changeaient. pas tous, certains se contentaient d'avoir quelques "petits" problèmes physiques ou même mentaux, ou restaient tels qu'ils étaient. Mon groupe subissait le stress et l'angoisse et les mauvaises conditions, donc il y eu souvent des dissensions que je devais gérer, intraitable. Je ne tolérais pas qu'on s’entre-tue. Mais ça devenait plus délicat quand quelqu'un se mettait à cracher de l'acide. Ou quelque chose du genre. Ce que je veux dire, c'est que le monde changeait notre organisme même, et que certains avaient développé d'étranges capacités. C'était choquant, effrayant, mais je ne chassais personnes pour ça. Au contraire, ça pouvait être utile ! Mais pour la personne, c'était parfois la goutte d'eau qui faisait déborder le vase, et un carnage pouvait vite survenir. L'éviter était mon travail, quitte à me blesser. Les brûlures dans mon dos était une sorte de "souvenir", loin d'être plaisant. Mais j'étais le mieux placé pour m'interposer. Parce que moi aussi, j'avais changé. Moi aussi, j'avais muté, et ma capacité, que j'avais compris petit à petit était idéal, finalement. Le pouvoir d'empêcher ceux des autres... Le pouvoir de les maîtriser. Ça rassurait, ça intimidait... Et ça me permettait de châtier ceux aux comportements les plus impardonnables. On ne se battait pas entre nous, on ne s’entre-tuait pas.

Manchester était impossible d'accès. Durant un moment, je m'étais vaguement demandé ce qu'était cette demi sphère géante, avant de me rappeler bien vite que la ville était donnée d'une incroyable technologie; Un Bunker géant, sans aucune ouverture. Ça aurait été l'anarchie si je n'avais pas calmé mes gars, mais je pouvais comprendre leur colère ; tout ce chemin parcouru pour ça ! J'étais le premier enragé, mais je serais le dernier sur cette terre à abandonner, surtout. Il y avait une ville en dessous, et on aurait forcément un moyen d'y rentrer. Une ouverture, une occasion. Notre camp se fit... Puis un autre, et encore un autre. Lentement, des gens arrivaient, attirés comme des papillons pour avoir une seconde chance. Une cohabitation se fit. On pouvait s'en sortir un temps si l'on s'organisait bien... Heureusement, j'étais plutôt bon à ça. Et surtout, ça m'empêchait de penser à pas mal de chose. On ne vivait pas l'apocalypse sans souffrance, et me donner à fond était la meilleure chose à faire pour ne pas s'en rappeler. Jusqu'à ce que ce jour arriva où le dôme s'ouvrit. La surprise, la confusion, le soulagement... Puis le naturel revint au galop. Mon royaume, je le reconstruirais ici. Et j'allais avoir besoin d'allié, pour ça. Car il était hors de question d'avoir une chaîne autour du cou par la foutue police. J'offris à mon groupe qui s'était gonflé avec le temps une dernière chance pour partir, pour faire leur vie. Une façon de m'assurer de garder les éléments les plus loyaux... Certains partir. Les autres restèrent, en sachant très bien que s'ils changeaient d'avis, ils passeraient un très mauvais quart d'heure... J'avais donc mes troupes. Une nouvelle "famille". Batsura pouvait renaître.

Le Gang Carmilla fut d'une grande aide pour que je puisse nous implanter facilement au sein même de la ville, parasitant les sous terrains que je connaissais bien. Velveth me rappelait Masako, et j'avais beaucoup de respect pour elle, malgré ma méfiance. Parce que justement, elle était un peu comme ma femme, et je savais à quel point ce genre de personne pouvait être dangereuse. Mais notre accord nous gardait en bons termes. On les protégeait, et la famille pouvait s'offrir le meilleur du plaisir chez eux. Evidemment, j'interdisais la violence non consentante pour eux aussi. Biohazard savait aussi pour mon retour... En fait, tout le monde nous connaissait. On aidait les gens, les survivants délaissés, tentant de faire valoir leur droit, appelant à l'humanité pour ceux qui étaient refoulés, et s'occupant de la soupe populaire pour les miséreux. D'ailleurs tout ça ? Le crime. Les ventes des produits illégaux ou interdit... Tout y passait, étant donné que l'on faisait des raides à l'extérieur pour dénicher quelques denrées devenus rares dans la ville. On osait. Les gens appréciaient ou avaient peur. Ça dépendait dans quel contexte on nous rencontrait ! Biohazard, lui, acceptait notre présence ; on gérait le gros des passages des survivants dans et hors la ville et l'on régnait dans les endroits les plus dangereux. La coexistence était fragile, mais ce n'était plus eux qui détenaient le pouvoir. C'était les Saigneurs. Je savais que Hakkyou n'avait pas menti. De toute façon, avec ce que j'avais vu, plus rien ne me surprenait. Le problème, c'est qu'ils avaient donné tout pouvoir à la police. Et en parlant de ça...

Le petit Kumi était toujours en vie. Enfin, petit... Il avait bien grandi, l'asticot, pimpant dans son uniforme de flic. Lolita avait tenté de le bouffer... Lolita ? Une furette étrangement intelligente et aussi grosse qu'un chat, que j'avais ramassé dans les égouts. Ou plutôt qui m'avait attaqué. Une adorable bestiole avec un sale caractère, comme je les aime, et qui mordait sacrément fort ! Bref, on s'était mutuellement adoptés. Il était venu me trouver, m'offrant ce qui permettait à la police de contrôler la population, non pas comme une offrande, mais comme un cadeau d'adieu. Il quittait Batsura. Ce gamin... Encore une fois, il avait frappé fort. Je veux pas me dire que je me suis ramollis, je veux pas me dire que ce crétin avait gardé une petite place dans mon cœur pourtant solide, mais je m'étais encore une fois senti trahi. Ma réaction avait été... Sec, presque violente sans non plus en venir au coup. Le gamin que j'avais pris sous mon aile, un de mes alliés... Faisait parti de mes ennemis. L'était-il ? Il était difficile de le savoir. Encore maintenant, j'ignore comment je devais le considérer. Mais son "cadeau" était une aubaine. Une façon de nous offrir plus de liberté, d'être considéré comme "légal" avec la puce, sans que la police nous contrôle. C'était moi qui pouvait gérer mon clan et les quatre autres scanners, je ne les confiais qu'à ceux en qui je pouvais avoir le plus confiance. J'étais encore vivant, avec un nouvel objectif en tête ; prendre le contrôle de la ville.
Murphy
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