Notre monde est détruit.
WWIII, l'ultime guerre, l'a anéanti il y a déjà deux ans.
Obligé de se cacher la première année, aucun survivant ne sait vraiment ce qui s’est produit.
Aujourd'hui, la terre n'est qu'un enfer perpétuel, où chacun tente de tenir un jour de plus.
Au cœur de cette horreur se trouve MadTown, seul vestige de notre civilisation passée.
Dans cette ville, la vie continue son cours, ignorant les affres de cette fin des temps.
Depuis sa découverte, les survivants se pressent aux parois du dôme.
Ceux qui refusent la surveillance permanente s'entassent aux alentours, quand ils ne rejoignent pas les rangs des dissidents.

Combien de temps encore, les immortels tiendront-ils la ville ?
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Valerian

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Dim 24 Juin 2018, 09:53

Valerian
Métier : Prostitué / Espion
Situation raciale : Cobaye / Anomalie
Classe Social : Marginaux
Situation conjugale : ...

▬ ft. ... de ...

Âge : ...
Sexe : Homme ....

Sujet 326 ||| Description physique par le Docteur Eva Castellianos – Chef de projet Teygja

Notes sur le physique du sujet 326. Mes sentiments à l'égard du sujet sont mitigés. Je sais qu'il ne faut pas s'attacher à cette chair à canon, mais le destin à voulu, ou plutôt, j'ai voulu, des enfants des bas âges pour commencer les tests. 326 était là et je devais avouer que sa petite face d'ange était à croquer. Evidemment la beauté n'a aucune incidence sur la suite du projet, mais il est certain que ce qui plaît aux yeux est toujours à prendre. La beauté plaît aux yeux, la douceur charme l'âme, comme on dit. Et 326 reprenait ces deux conditions. Quoi de plus normal de le sélectionner... Très jeune, demandant quelques soins. Et il a bien grandi, il est devenu un jeune homme parfaitement attirant, capable même de séduire sans ses dons. Mais ne nous attardons pas là dessus. 326 est jeune, à peine dix-huit ans. Son visage garde cet âge plein de jeunesse, attirant, lisse. Quoi que marqué par sa vie passée dans nos labos et entre les draps des hauts placés. En quoi cela peut-il jouer ? Nul doute que lorsque l'homme que vous devez charmer est adepte de certaines pratiques, cela laisse des traces. Il n'en a pratiquement jamais parlé, après tout, seuls les résultats comptaient. Mais certains comptes-rendus font mentions de pratiques qui feraient clairement frémir des putains endurcies.

Nous n'avons jamais prêté attention à tout ce qui pouvait marquer le corps de 326. Quelle importance encore une fois, lorsque son don est de séduire n'importe qui avec quelques phéromones changeantes ? Et de les plier à sa volonté. Cela dit, je dois avouer ma déception en observant cette chair marquée. Si elle reste agréablement pâle et douce au touché, elle est également criblée de cicatrices fines et parfois encore un peu rosâtres. Il porte également nombre de tatouages, chacun ayant une signification qu'il n'a guère voulu nous donner. En revanche, comme le bon chien qu'il est, il nous a demandé la permission pour chacun d'eux. Je me contenterai de donner les emplacements : entre les omoplates, le bas du dos (reins), omoplate gauche, biceps gauche et bras droit, petit doigt gauche.

326 mesure 1m86 pour 75 kilos. Il doit avoir maigri depuis qu'il vit à la rue et mendie pour se nourrir. Cela dit, cela n'entame rien à sa beauté. Il reste svelte, tout en muscles fins et déliés. Il ne semble pas capable de lutter physiquement contre la plupart des autres hommes, mais il serait surtout stupide de le sous-estimer. Cela serait la dernière chose que vous feriez. Ses cheveux sont blancs comme neige, quasiment toujours en bataille, une mèche venant cacher son œil gauche. Cela semble naturel, mais je le soupçonne de se coiffer ainsi pour éviter que le monde aperçoive qu'il est fait d'or fondu. Oui, 326 a des yeux vairons, probablement un effet secondaire des divers produits que nous lui avons injectés. Son œil gauche est ainsi doré, son œil droit est d'un vert véronais. De vraies beautés qu'il déteste nous montrer. Ils sont expressifs, parce que 326 sait que regarder les yeux est censé montrer les sentiments des gens. Et en effet, je pense qu'une grande partie de sa séduction passe par son regard. Son regard et ses sourires, parce qu'étonnamment, 326 sourit beaucoup. Taquin, joueur, expressif et séducteur, purement joueur, tout y passe. Il a appris à contrôler son corps pour mieux plaire, pour mieux communiquer et devenir, allez, faisons un peu de poésie, un incube humain.

Continuons par avouer que si 326 est une réelle merveille, pas seulement parce qu'il est littéralement créé pour séduire, mais aussi parce qu'il a survécu à toutes les expérimentations que nous lui avons fait subir, il est extrêmement fragile. Sa peau se marque assez facilement, et sa pâleur n'aide pas à dissimuler les colorations bleutées. Il est fragile également mentalement. Mais à nouveau, il serait stupide que de le croire sans défense.

Complément par Valerian, alias sujet 326 ||| Description physique


Je suis toujours étonné de voir l'étude d'Eva. L'essentiel est dit. Je ne ressemble plus du tout à cette espèce de poupée douce demandant soin et attention. Oh, certes, je reste fragile, et physiquement beau. Du moins, je ressemble presque à une poupée de porcelaine, mais je n'ai rien de ce chien obéissant qu'elle décrit. J'ai quelques nouvelles marques, cela dit, je n'ai aucune honte à les exhiber. Les cicatrices sont plus sensibles après tout. Je me suis fait percer les oreilles, et le téton. Principalement pour le plaisir, pour ce dernier. Puis mes cheveux sont doux comme le poil d'un chat, cette peluche qu'on aime câliner, prendre soin et adorer. Je m'habille très simplement, avec ce que je peux. Un pantalon en jeans noir, une chemise usée mais toujours blanche et une veste chaude. Je porte aussi une montre, mais le gps qui est dedans ne sert pas à grand-chose, vu qu'on m'a expliqué comme le duper et lui faire dire ce que je voulais.


Orientation : Pansexuel - par obligation -

Phobie Maladies : On va pas parler de phobie quand on a toute une panoplie de maladies !

Chorée de Huntington : C'est un dégénérescence neurologique provoquant d’importants troubles moteurs et cognitifs, et, dans les formes les plus graves, la perte de l’autonomie et la mort. En gros. Disons que si le stade du sujet n'est pas encore tellement avancé, il lui arrive d'être pris de tremblements, de pertes de mémoire et également de douleurs physiques. S'il n'en a pas la phobie, disons que l'issue logique l'effraie. Surtout la lente déchéance.
Cyclothymie : C'est un trouble de l'humeur dans le spectre de la bipolarité, au cours duquel les périodes euphoriques et les périodes dépressives et d'irritabilité se succèdent. Combiné au syndrome de Ganser, je vous assure que cela devient "drôle" de vivre avec lui. Cela ne fait pas de lui quelqu'un de facile à comprendre ni même à supporter, je présume.
Enfin il souffre d’oneirophrénie. Cela peut se résumer à un état hallucinatoire principalement lié aux drogues et autres. Sauf que il évite le plus possible de toucher à ces cochonneries. Cet état entre rêve et réalité est essentiellement lié à son don.

Ambitions : Le sujet n'a démontré aucune autre ambition que de vouloir servir son pays, notre organisation et se montrer fidèle afin d'obtenir un possible vaccin contre ses maladies. Il souhaite néanmoins délivrer le sujet Kz-1-569-S, alias Adrian, de notre emprise.



Capacités et Effets secondaires:
• Capacité de créer des illusions aux yeux d'autrui :

Une personne : Le sujet a démontré la capacité de créer des illusions aux yeux d'une personne. Il apparaît que tout lui semble réel alors que pour un œil extérieur, tout semblerait normal. Le sujet a également une grande maîtrise dans cet art, parvenant à créer un monde parfaitement logique, jusqu'à perdre sa cible dans celui-ci. Et le tuer. La plupart du temps. En effet, ce don ne sert pas à cela principalement, mais à soutirer des informations. Le sujet rechigne à utiliser son don pour cela, le jugeant trop éprouvant. En effet, outre les maladies qu'il porte en lui, l'Anomalie est sujette à de violentes migraines, pouvant même causer quelque saignement. Plus l'illusion est construite, plus l'état de faiblesse sera grand. Plus elle dure longtemps, plus cela sera éprouvant. Cela dit, l'Anomalie a parfaitement compris qu'il lui fallait penser concrètement l'illusion avant de la lancer. Et l'utiliser contre une personne étant plus facile, elle gère cela rapidement et efficacement, assez pour ne pas trop souffrir des effets secondaires. Nous parlons ici, pour différencier ceci du second stade, d'illusions.
Deux personnes : Ceci est sensiblement la même chose que le don utilisé contre une personne. Les illusions peuvent toujours être aussi réelles, toucher tout autant les personnes visées, les tuer toujours autant ou leur soutirer tout autant d'informations, mais la durée devient limitée : si elle dure trop, le sujet peut s'évanouir, voire même mourir. Il devient particulièrement difficile de gérer une illusion concrète et tenant la route dès lors que plus de quatre personnes sont touchées. L'Anomalie n'use pas de cette capacité, hormis dans des situations extrêmes car le contre coup l'a toujours laissée à moitié morte de fatigue. Nous nommons cela hallucinations, comme cette époque où les gens pouvaient encore allez dans les déserts et souffrir tous en même temps d'hallucinations.
Effet récurent : Il semblerait que l'Anomalie souffre elle-même de difficulté à dissocier le vrai du faux. Constamment entre mensonge et réalité, elle ne semble reprendre totalement pied que quand elle doit pleinement offrir une illusion ou une hallucination. Nous supposons que cet effet secondaire récurrent n'est qu'un moyen de protection mis en place pour le tenir éloigné de la folie.

• Capacité à amener quelqu'un à croire, à penser, à vouloir, à faire quelque chose, en jouant sur sa sensibilité, par voie de séduction.

Tout est expliqué clairement dans cette courte introduction. Le sujet 326 a accepté autant qu'on le pouvait les expériences, les tests et les épreuves. Les effets secondaires sont plutôt limités, tout du moins, bien moins importants que pour le projet Dreyma. Notre sujet 326 a donc la possibilité de séduire à peu près n'importe qui, grâce à des phéromones changeant pour plaire à la cible. Evidemment, il y a également toute une manière de se comporter et de se mouvoir. Il devient ainsi pratiquement impossible de s'échapper de son emprise tant la tentation de le posséder devient grande. Là entre en jeu la seconde partie de son don : la possibilité de soutirer ce qu'il souhaite de sa victime, grâce à cette séduction. Informations, consentements, agissements. La cible est sous son emprise, et plus celle-ci est "séduite" plus l'emprise sera grande et durera. Les victimes ne se souviennent jamais du Sujet 326, condition indispensable finalement à tout bon espion : ne pas se faire connaître. Pour ce qui est des effets secondaires, nous avons des nausées, des pertes partielles de souvenirs, dont il s'est accommodé en inventant un code et en notant les informations obtenues en ce code. Autre volonté du Sujet : ne jamais aimer. Il craint de ne savoir si son don agit également sur lui, et ainsi de ne plus faire la différence entre vérité et mensonge. Il est également sujet à de fortes fatigues après l'utilisation de son don durant une durée plutôt variable.

Biens :
☢️ Une montre fonctionnant parfaitement, dotée d'une puce localisatrice afin de toujours savoir où il est. Il lui est d'ailleurs strictement interdit de "l'oublier" quelque part.
☢️ Une paire de lunette de soleil aux verres fumés, se régulant selon la luminosité.
☢️ Sept anneaux (comme les sept jours du Seigneur) : quatre à l'oreille gauche, trois à la droite.
☢️ Un piercing au téton droit.
☢️ Une veste quasi neuve, assez chaude pour la nuit, de couleur sombre, avec capuche et fausse fourrure.
☢️ Un C-96, vieux pistolet allemand qu'il manie avec plus de dextérité et de précision qu'on ne pourrait le croire.

" Character is how you treat those who can do nothing for you



Sujet 326 ||| Notes sur la psyché du sujet, par le Docteur Eva Castellianos – Chef de projet Teygja

Il est certain qu'on ne peut parfaitement décrire le caractère d'un sujet que l'on ne côtoie pas. Il m'est peu aisé de parler longuement de lui, tout ce que je sais, c'est ce que j'en ai vu lors des Purges et des missions. Et peut-être ce à quoi il ressemblait en étant enfant. Evidemment, le sujet n'est plus le même qu'au commencement. Pour parler succinctement, il est taquin, drôle, joueur. Charmeur. Mais également fort caractériellement parlant, fort mentalement, assez pour survivre aux expérimentations. Peu de monde le soupçonne, mais 326 est également fourbe et manipulateur. Curieux et fort intelligent, il est bien dommage d'avoir gaspillé une telle perle. Néanmoins, je ne peux m'empêcher de penser que sans lui, nos projets, bien qu'échoués, n'auraient pas aussi bien avancé. Généralement serviable, obéissant, il discute peu les ordres, demandant principalement des précisions afin de mener à bien ce qu'on lui demande. Peu regardant sur les méthodes à employer, 326 a au moins le privilège d'être peu embarrassé par son corps, la nudité, la pudeur en générale. Peu de choses l'effraient et il se contrôle généralement assez pour ne pas montrer sa faiblesse. Ou tout du moins, sait-il la rendre attachante. Parce que cela fait également partie de lui : 326 est attachant. Je ne sais si cela fait partie du projet Teygja, mais 326 attire les regards de par ses sourires, ses rires et ses réflexions conduites par ses maladies. Nul doute qu'il ressemble à un petit poussin que l'on désirerait ardemment protéger. Il sait en jouer, même si je suis persuadée qu'il a sa fierté et déteste qu'on le sous-estime.

Je continuerai par avouer que 326 est impressionnant de par sa volonté. Loin de se morfondre sur son sort, il a toujours fait preuve d'une étonnante combativité. Lorsque tout semblait terminé pour lui, il se relevait encore et continuait, arguant que ce n'était pas encore le jour de sa mort. Sa volonté de vivre est à la fois impressionnante et ridicule. Il est condamné, et seul un petit naïf comme lui peut encore croire le contraire. Je suis étonnée qu'il n'ait pas encore soutiré la vérité à l'un de nos scientifiques. Pas plus qu'il n'ai obligé l'un d'entre nous à chercher un vaccin pour le soigner. Peut-être est-il un peu lâche. Lâche pour ne pas affronter la vérité en face. D'autre part, 326 semble extérieurement innocent. Certaines de ses réflexions, comme son comportement, le laisserait entendre. Tout comme son amour inconsidéré pour les sucreries. Mais la vérité est toute autre bien entendu. Je ne dirais pas qu'il aime tuer. Je dirais qu'il sait parfaitement s'en accommoder. Il a parfaitement compris que dans ce monde, c'était lui ou l'autre. Et il s'est choisi. 326 est aussi très au fait des pratiques sexuelles et encore une fois, même si nous ne sommes pas au courant de ses préférences et ne nous y intéressons pas, il sait s'en accommoder.

Valerian ||| Complément de notes sur ma psyché - par moi-même évidemment.

C'est pas toujours flatteur ce que dis la petite Dame, mais vrai pour l'essentiel. En vérité, il est peu aisé de me décrire psychiquement vu les dégâts que mon esprit a subis. Je défie quiconque de pouvoir le faire après avoir vécu ce que j'ai vécu. Alors non, mon monde n'est pas fait de bonbons et de sucre, encore moins de guimauves et de lapins roses. C'est agréable de le penser, mais c'est pas vrai, et je ne suis pas assez con que pour me laisser aller à le croire. Alors oui, je préfère ardemment m'échapper dans une réalité qui n'appartient qu'à moi, me laisser aller à imaginer des choses, mais qui saurait m'en tenir rigueur ? Peut-être est-ce dangereux, parce qu'un jour je ne saurais plus faire la différence entre tout ça, mais qui s'en soucie ? Je suis effectivement joyeux, rieur et joueur. Peut-être un peu trop, mais personne ne me connaît suffisamment pour deviner ma nostalgie, et surtout, ma colère et ma haine. Je ne suis pas le seul à ressentir ce genre d'émotions, j'en suis certain... Elle me dit volontaire ? Bien entendu, je n'ai plus grand-chose d'autre à part ça. Curieux ? Bien entendu. Connais ton ennemi et connais-toi toi-même. Comment voulez-vous que je survive sans connaître les gens et leurs secrets ? Ce n'est pas du voyeurisme, c'est simplement que j'utilise ce qu'on m'a donné. Ca serait stupide de ne pas le retenir ou ne pas l'utiliser.

Bref. Eva affirme que je n'ai peur de rien. J'ai peur de la déchéance qui sera la mienne. Cet état qui, de plus en plus, se détériore. Peut-être ai-je peur de voir la vérité en face, c'est vrai. Mais cela ne veut pas dire que je l'ignore, ni même que je l'accepte. Pour moi et pour tous les autres, pour moi et tout ceux à venir, je suis prêt à combattre et donner ce qu'il faut pour vivre et que jamais pareilles horreurs ne se reproduisent. Si mon corps est le tribu, alors je l'offre sans contestation.

J'ignore tout de l'amour, mais le sexe ne m'est pas inconnu. Quelques Dames m'ont bien ouvert leur cœur, pensant que le mien était à prendre. J'ai su en jouer, mais je n'ai rien éprouvé. Pas de remords, pas de gratitude. C'était mon travail, rien de plus. Je ne crois pas non plus en l'amour, et je ne souhaite pas le rencontrer. Pas tant que je serai condamné. fidélité... Comment peut-on arguer être fidèle lorsque l'on est à acheter ? Je ne me suis jamais appartenu, alors la fidélité, c'est une utopie. Mon cœur lui est fidèle. J'ai adoré le Soldat Zero. Adoré et désiré le protéger, sans toutefois y parvenir. Ce n'est pas de l'amour, évidemment, quoique je serais bien en peine de faire la différence entre de l'amour et de l'affection. Mais cela n'a pas d'importance. Loyauté ? BioHazard me pense loyal envers elle. Ils ne se sont jamais plus fourvoyés que ça. Je désire les détruire, tous les tuer et leur faire payer. Libérer les autres cobayes n'est qu'accessoire, un bonus, mais mon souhait est de détruire cette société et que plus jamais elle ne ressorte de terre pour prodiguer son poison aux crédules. Je suis un espion. J'espionne pour BioHazard parce que c'est pour cela que je suis créé. Mais les secrets et les actes que je commandite, je les garde précieusement. Je connais les secrets de BioHazard et cela fait de moi quelqu'un de dangereux. Pour cette raison, je semble parfaitement loyal envers eux, un parfait chiot. A côté, je monnaie mes informations à ceux qui ont les moyens et le désir de faire payer à ces gens. Manipulateur, fourbe et profondément atteint dans ma tête. Dangereux. Attirant, charmant, en effet, on peut me résumer à un mot : "arme."

Murphy
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Dim 24 Juin 2018, 10:01

 
Histoire

25 mai 1997 ||| Roumanie
Adriana Walkil - 31 ans - mère porteuse

Il fait plein soleil lorsque les premières contractions sont apparues. Je ne m'attendais pas à perdre les eaux si tôt, mais je suis heureuse d'en finir aussi rapidement. Cet enfant rejoindra l'orphelinat qui m'a commandé ce paquet. Un paquet qui m'a assez rapporté pour vivre durant les prochains mois. L'accouchement en lui-même prend des heures et si j'étais un peu plus superstitieuse, je penserais que le gosse sait qu'il va naître sans ses parents et que sa vie va être encore plus merdique que la mienne. Si j'en suis presque désolée, je me rassure en me disant que la vie est la vie et que c'est chacun sa merde. Il apprendra vite, quelque part, c'est encore mon fils, et j'espère... qu'il aura la même rage de vivre. Quitte à abandonner les autres, quitte à écraser les autres. Et se souvenir qu'il est avant d'être une marchandise, un être vivant. Et je suis presque rassurée en l'entendant hurler de toute la force de ses petits poumons. On me demande si je veux le voir, si jamais je voulais me rétracter et le garder... mais je refuse. Et on emmène le gosse loin de moi. Vers une mort certaine. Parce que pour quoi d'autre un orphelinat commanderait des bébés ? On ne vit pas dans un monde fait de sucreries et de roses.

06 juin 1997 ||| Costa-Rica
Eva Castellianos - Chef de projet Teygja - société River

Nous avons peaufiné nos idées, les comptes-rendus semblent promettant, et nous avons décidé de passer commande dans les diverses Fermes que nous connaissons. Nous avons la chance de nous trouver dans un pays verdoyant, magnifique et offrant nombre de possibilités d'implantations. Nous sommes peu dérangés et il est plus aisé de ramener les enfants ici que d'aller avec eux. Nous prenons évidemment des mômes qui ne manqueront à personne, des mômes sans famille, que personne ne cherchera. Notre 'commerce' est parfaitement rodé, River sait s'y prendre, ses règles sont parfaitement étiquetées et connues de tous. Ce n'est pas la première et encore moins la dernière qu'elle fait cela.

Je suis impatiente de recevoir le premier arrivage. Ces petits ne se doutent pas de leur importance. Certes, ils seront nombreux à mourir, à souffrir et surtout, à sombrer dans la folie. Mais c'est un mal nécessaire pour faire avancer la science, avancer l'humanité et la rendre meilleure. Ils seront des héros, inconnus, mais des héros. Je les respecte pour cela, bien que je les traiterai tous de la même manière, bien que je ne les connaisse pas et que je me refuse à tout attachement, je les respecte. Ils vont sauver des vies en donnant la leur. Des guerres seront évitées, achevées ou seront gagnées grâce à leur sacrifice.

25 février 2000 ||| Costa-Rica
Eva Castellianos - Chef de projet Teygja - société River

Je reviens de Roumanie avec Lucas. Le pays offrait une conférence très intéressante sur les synapses et les connexions neuronales. Je n'ai rien appris de nouveau, mais je crois que Lucas a eu une nouvelle idée et qu'il est fort désireux de se pencher dessus dès que nous serons de retour chez nous. Une histoire de tordre la réalité aux yeux d'une ou plusieurs personnes. Un projet ambitieux qui saura à nouveau changer la face du monde. Nous avons également visité l'orphelinat lié à River. Bon nombre de petits conviendraient, dont u en particulier qui m'a... tapé dans l'œil. Intelligent, curieux et combatif, il conviendrait parfaitement pour nos expérimentations. Lucas est contre ces dépenses et plus encore l'achat de cet enfant. Mais je n'ai que faire de ses palabres, et j'ai passé commande pour dix-sept des gosses. Ils viendront grossir l'arrivage des cinquante autres qui arriveront prochainement. Nous n'avons eu que peu de sujets jusqu'à présent, mais bientôt la production va s'accélérer. Nous avons plus de scientifiques, plus de lits et plus de cellules. Le rendement va être amélioré et je ne doute pas que nous allons avancer dans le projet.

07 septembre 2001 ||| Costa-Rica
Eva Castellianos - Chef de projet Teygja - société River

River fait de son nez. Qui aurait pu croire qu'elle rechignerait à continuer le projet en apprenant ce qui arrivait à la plupart des nourrissons ? Soyons réalistes : River brasse des milliards, c'est une société phare dont le but premier est d'améliorer la vie quotidienne des gens, leur offrir confort et longévité. Ils ont également mené à bien de nombreux projets, tous bien sanglants, tous ayant massacrés tant d'enfants. Pourquoi en serait-il différent aujourd'hui ? Pourquoi fourrer leur nez dans notre travail quand nous commençons enfin à avoir des résultats ? Ne comprennent-ils pas que, outre que nos clients sont rois, ses enfants sont l'avenir ? Que leur sacrifice n'est pas vain ? Ils ne savent pas ce qui se passe ici, ils ignorent les efforts que tous demandent, que les enfants sont heureux de se sacrifier pour une cause qui les dépasse. Ils embrassent notre cause, celle d'une humanité meilleure. Ils savent que c'est le seul moyen et qu'il sont nés pour servir cette cause. Tout cela pour une question d'éthique qui fait refait surface épisodiquement. Je ne parviens pas à comprendre pourquoi ils ne pensent aux conséquences que maintenant. Pourquoi songer aux morts et à la souffrance occasionnée quand le but ultime est de sauver des milliers d'autres vies ? Tant d'argent dépensé, tant d'enfants tués pour rien. Bien heureusement, le gouvernement lui-même est commanditaire de ce projet, aussi j'ai bon espoir que tout puisse continuer. Nous devrons simplement revoir notre manière de travailler, mais je crois que nous ne serons pas inquiétés. Lucas en revanche doit peaufiner son projet, songer à une manière de faire passer cela comme étant réalisable malgré les horreurs que cela demandera. Et tous les sacrifices que cela occasionnera.

Cela mis à part, la vie doit continuer, et nous n'allons pas cesser nos expérimentations pour autant. Tant que nous ne recevons pas l'ordre direct de tout arrêter, nous continuerons. De plus, nous avons eu la visite du Colonel Frans Merci et de quelques autres personnes aux noms inconnus. Tout c'est très bien passé, il s'est montré très intéressé et très curieux. Nous avons pu lui soumettre une démonstration. Nous avons évidemment choisi de jeunes enfants, mais ayant passé l'âge de la dizaine. Ils sont peu nombreux, mais ils sont les seuls à pouvoir faire une démonstration sans que cela ne devienne parfaitement malsain. Nous savons qu'une fois le projet achevé, il pourra servir sur des mineurs, mais il n'est pas encore question de ça. J'ai d'ailleurs dû refuser de prêter l'un de nos cobayes à l'un des soldats, sachant ce qui allait se passer. Nos sujets ne servent pas encore à ça. Un jour peut-être, mais pour le moment, seule la science prévôt.

La démonstration elle-même fut à la fois impressionnante et décevante. Notre sujet sélectionné, notre sujet principal, n'a finalement pu qu'attirer l'attention du Colonel, attirer suffisamment pour l'approcher et lui parler. Néanmoins, Merci n'a pas été dupe quant à ce qu'il lui disait. Nous avons encore beaucoup de travail, mais nous sommes sur la bonne voie. Si on nous laisse continuer, ce projet sera une réussite.

Je ne peux terminer cette note sans parler brièvement du sujet 326. Il est spécial, si je puis dire. Quatre ans à peine et toujours des étoiles dans les yeux. Il supporte les injections, les tests, il se retient de pleurer autant qu'il peut, fier gamin de Roumaine. Il est certain qu'il souffre, cela se voit constamment à son visage tiré, les cernes qui colorent le dessous de ses yeux, tout comme ses crises de paniques. Combien de fois n'avons-nous pas dû intervenir dans les dortoirs pour éviter que ses camarades ne l'égorgent pour le faire taire ? Parce que le petit à du coffre : il beugle tant qu'il réveille ses camarades et inquiète les surveillants. Fort sujet aux cauchemar, 326 ressemble d'avantage à un petit être fragile dans ses moments, qu'à l'enfant plein de vie et volontaire qu'il est dans la journée. Mais cela ne fait qu'une années qu'il est à nos côtés et les tests n'ont pas encore réellement commencé pour lui. Cela changera bientôt.

30 septembre 2001 ||| Costa-Rica
Eva Castellianos - Chef de projet Teygja - société River

C'est aujourd'hui que le gouvernement est venu observer les avancées de ce pour quoi il a payée. Nous lui avons fait visiter nos locaux, nous avons présenter les chambres individuelles destinées aux Purgeurs et avons montrer les plus beaux dortoirs. Nous avons expliqué que les enfants les plus dociles étaient sélectionnés pour les plus belles chambres. Plus ils étaient doués, mieux ils étaient traités. Ce n'est bien entendu qu'une partie de la vérité, pour que tout soit mieux accepté. Nous n'avions en revanche pas prévu que cela soit 326 qui ferait la démonstration. Nous avons craint une catastrophe, l'enfant n'est pas encore préparé, il était sale, débraillé, et portait encore les marques des coups de ses camarades. Mais il faut croire que le charme naturel de cet enfant, conjugué au début de réussite des injections, fit des merveilles. Arrivé avec un grand sourire, des mimiques adorables et un regard à tomber, il a tout de suite mit le ministre de la Défense dans sa poche. Ce dernier à gardé la main de 326 dans la sienne tout au long de la visite, la fin de la visite, et ne semblait pas vraiment désireux de le laisser lorsqu'il a été temps de partir. 326 s'est montré étonnant, ouvert, volubile et amusant, détendant l'atmosphère, changeant les sujets compromettants ou tabous, toujours en attirant l'attention sur lui. Il semblait littéralement briller, et je peine toujours à savoir si c'est un effet du projet que nous devons corriger - le but n'étant pas d'attirer l'attention de tout le monde - ou juste le comportement naturel de cet enfant. Le plus triste, si on peut se laisser penser à ça, c'est que le gamin ne survivra probablement pas à la suite des expérimentations. S'il réagit déjà aussi mal la nuit tombée, nous craignions qu'il finisse étouffé par ses camarades. Cela dit, je suppose que son don est suffisamment développé pour le protéger. Même si encore une fois, il est prématuré de parler de don. Je vais devoir tirer ça au clair et réserver le bloc opératoire. Je vais demander aux médecins de notre centre de l'opérer tout en gardant sa conscience. Il faut qu'il puisse séduire et que nous observions directement dans son cerveau ce que cela donnera. Je suis persuadée que nous trouverons bien des réponses en observant l'intérieur de son crâne. J'espère simplement qu'il survivra à l'opération.

03 octobre 2001 ||| Costa-Rica
Indy Torry - Médecin en chef du complexe La Fleur d'Argent - société River
Compte-rendu de l'opération débutée à 03h49 terminée à 21h03

J'ignore comment je dois prendre l'enfant que l'on m'a amené. Je n'ai pas signé pour opérer des enfants en pleine possession de leurs moyens. Je suis là pour soigner, guérir, pas fouiller la tête d'un gosse à peine plus grand que ma propre fille. Je ne peux tolérer ce qu'on l'oblige o subir, malheureusement, je ne peux refuser, le travail est bien payé et j'ai besoin de cette paye pour ma famille. Toujours est-il que l'enfant est arrivé, le visage encore fripé par le sommeil. J'ai été frappé par sa jeunesse, et ses yeux. Deux yeux d'un vert époustouflant. J'ai dû discuter avec Madame Castellianos, afin de savoir ce que je devais exactement faire. J'ai protesté, surtout sur le fait de ne pas endormir totalement l'enfant, mais la douleur est paraît-il, importante dans cette phase du projet. J'ai installé la salle et j'ai pris l'enfant par la main, enfant qui attendait patiemment et m'a rassuré. L'enfant qui osait dire que tout se passerait bien et que je n'avais pas à m'inquiéter. Je n'ai pu m'empêcher de l'interroger, de demander s'il savait ce qui allait se passer. Sa réponse est encore fraîche dans ma tête.

"On va m'ouvrir la tête pour la science."

Un enfant ne connaît rien de la science, encore moins imaginer ce que signifie ce type d'opération. J'ai tenté de lui expliquer, et il m'a affirmé comprendre. Il ne semblait pas perdu, pas terrifié. Il semblait... dans un autre monde. Je présume que c'est mieux pour lui d'imaginer autre chose que les tables blanches, les gens en blouses penchés sur lui et les aiguilles percer sa chair. Et que dire sur les scalpels fouillant sa chair ? Que dire de la suite des événements ? Je sais ce que va être la suite de sa vie s'il a le culot de survivre à cette opération. Le projet vise le cerveau, il est illusoire de penser qu'il va le garder intact.

Tout c'est... bien passé. Le patient est resté... aussi calme qu'il était possible de l'être, mais nul doute qu'il soufrait. Ses ongles étaient plantés dans ses paumes, ses lèvres tremblaient, tout comme sa voix. Il répondait pourtant à toutes les questions que nous lui posions, et il se pliait sans protester à tous les tests que nous lui fîmes. Nous lui avons demandé de plaire à quelques scientifiques, de tous âges, nationalités, homme ou femme. Seules deux personnes furent touchées par l'enfant. Ce fut évident de part les schémas que les ordinateurs tracèrent lorsque cela se passa. On fit des prises de sang de ces moments, afin d'analyser au mieux le phénomène. Je me suis également senti différent durant ces deux moments. Le petit e semblait plus... non pas sûr de lui, mais amusant, attrayant, attirant l'attention sur lui. Comme ces petites poupées magnifiquement travaillées, fragiles et délicates, que l'on veut protéger, choyer et mettre dans une vitrine pour éviter qu'elles ne se cassent. Ce n'est pas a moi on plus d'analyser les graphiques, courbes et autres données, mais je suis certain que quelque chose d'autre que bêtement lié au corps c'est produit. Je pense sincèrement que la volonté, le regard, les sourires, tout à un rôle dans cette pseudo séduction. Je pense aussi que c'est lié au cerveau. A la fin de l'opération, lorsque le petit fut recousu, bandé et soigné, laissé au repos dans son lit, il a fait une chute de tension phénoménale. Il a commencé à saigner du nez, convulser avant de faire un arrêt cardiaque. Le règlement stipulait que si cela se produisait, je ne devais en aucun cas me mêler de ça, et encore moins dépenser mon énergie à le sauver. Seulement je ne pouvais le regarder mourir sans agir. J'avais eu l'occasion de discuter avec lui et cet enfant méritait de vivre, comme probablement tous les autres. Et si je pouvais en sauver un, c'était déjà ça de pris.

Et le petit devait vouloir vivre, s'accrocher, car il survécut. Son cœur repartit, sa respiration reprit et trois jours plus tard, il était "sur pied" prêt à retourner à la boucherie. J'ai pu converser, encore, avec lui durant ses trois jours. J'ai pu lui offrir quelques bonbons et j'ai ri envoyant ses yeux s'illuminer en les goûtant. Quatre ans et ignorant de ce que c'était. Il a ses goûts favoris, il a un caractère facile à vivre, c'est un enfant curieux et souriant, naïf, mais bien moins qu'on ne le penserait. Il garde espoir mais sait qu'il n'y a pas trente-six possibilités pour lui. Quatre ans et il rassure les adultes en affirmant que la mort ne lui fait pas peur. Il ne sait rien de la vie et il dit que la mort doit être belle puisque tant de monde va la trouver. Quatre ans  et ignorant que sa survie va l'entraîner dans le tourment. Si je me suis attaché à cet enfant ? Évidemment. Qui ne s'attacherait pas ?

05 décembre 2001 ||| Costa-Rica
Enregistrement 1 - 01h26 - Sujet 326

Ça fonctionne ? Comment on peut savoir comment ça fonctionne ? C'est pas grave. On m'a dit que c'était utile de parler. Écrire. En fait, je ne suis pas censé le faire, c'est monsieur Indy, qui après une de mes visites chez lui, m'a offert un cahier tout beau avec un bic. Parce qu'un crayon, il me faudrait un taille-crayon et une gomme avec. Un bic, c'est plus utile. J'étais très heureux, mais j'ai dû le décevoir, parce que j'ai vu que sa figure était toute triste. Je veux lui faire plaisir, mais je ne sais pas comment. Il voulait que je mette mes sentiments, mes journées, mes peurs, tout sur papier, que ça m'aiderait. Mais je ne sais pas écrire. Je veux bien faire un effort, parce que je sais à quoi ressemblent les lettres, mais je ne sais pas comment vont les mots. J'écris pas sonorités et ce n'est pas bien. Je ne comprends pas non plus pourquoi je dois écrire si je ne sais même pas lire... Les gens ici ne sont pas gentils, ils font mal aux gens, et même si c'est pour faire du bien à d'autres, je commence à avoir peur d'eux. Normalement, leur travail serait de nous soigner et de nous envoyer à l'école, mais ils le font pas. Alors je pense que nous avons quelque chose de spécial et que nous avons fait une bêtise pour nous faire punir. J'essaye d'être le plus gentil des garçons et des filles, mais j'ai le même traitement que les autres. Je crois pourtant parfois que les médecins me font plus de piqûres qu'aux autres. J'aime pas les piqûres. Elles me font mal, j'ai l'impression de brûler, et que mon cerveau devient comme l'eau qu'on nous donne pendant les repas.

J'ai demandé à Nounours - c'est Indy, et comme il est gentil comme Winnie, et bien je l'appelle Nounours - et il a semblé tout gêné. Il a passé sa main dans mes cheveux et m'a dit de ne pas m'inquiéter. Mais il semblait encore triste, donc je n'ai pas posé plus de questions. Il me donne toujours des bonbons quand je vais chez lui. Il est gentil. Je...


*bruits indistincts. Fin d'enregistrement*

17 décembre 2001 ||| Costa-Rica
Eva Castellianos - Chef de projet Teygja - société River

Le projet est encore financé. River a cessé de protester en recevant la visite du ministre de la Défense. Apparemment sa rencontre avec notre petit sujet 326 a été plus que bénéfique. Nous avons également de belles courbes analysées. Le système cérébral du garçon est étonnant. Nous attendons encore quelques mois avant de réopérer le sujet et implanter une puce directement dans la zone F-950 de l'hémisphère droit. C'est là que se situe la zone du consentement. Le consentement à toute son importance dans nos recherches, et nous devons impérativement comprendre comment le sujet 326 parvient à soumettre les autres à sa volonté, malgré son jeune âge. Il a reçu moins de doses, moins d'expérimentation, mais il semblerait qu'il réagisse mieux au traitement. Nous devons savoir pourquoi.

09 janvier 2002 ||| Costa-Rica
Sujet 326 - 00h48 - Enregistrement 39

Bonsoir Judith. Aujourd'hui, ça a été une journée éprouvante. Je dis souvent ça, mais j'avoue que je suis tout particulièrement fatigué. Mais c'est important de te confier tout ce qui est arrivé ces derniers temps. Tu sais que monsieur le ministre de la Défense, Allan MacManran est venu il y a deux jours. En fait, il vient tous les mois depuis sa première visite et me demande à chaque fois, pour évaluer les avancées du projet. Si je ne suis pas présent, il patiente jusqu'à ce qu'on me libère de mes obligations. Monsieur le ministre est un peu effrayant. Il est grand, carré, et je suis certain qu'il a été comme ces gens armés, avant. Il est pas méchant avec moi, au contraire. Il m'a offert une peluche qui ressemble à un pingouin. Je l'adore déjà. Il adore poser des questions sur le fonctionnement du projet et je sais que je ne peux pas lui répondre honnêtement. Mais il me fait peur, même s'il est gentil, donc je préfère sourire à ses questions et jouer à l'idiot. Il n'aimerait pas savoir qu'hier, vingt-sept sujets d'expérimentations on dû être euthanasiés. Oui, t'as vu ! Je  connais un nouveau mot. Euthanasier. C'est pour quand on met fin aux souffrances de quelqu'un. Et c'est vrai qu'eux, ils soufraient beaucoup. Tous les soirs ils hurlaient, et la journée, on les emportait pour d'autres tests, et on les entendait encore. C'est bien qu'on les laisse tranquilles. Ils ont peut-être des papas et des mamans maintenant, et peut-être même qu'ils n'ont plus faim et dorment dans des lits confortables. Mais le ministre n'aurait pas aimé savoir qu'on a euthanasié une partie de son argent. Donc je n'ai pas parlé de ça.

Donc Monsieur Allan, comme il demande que je l'appelle, est venu hier. Il a affirmé que j'ai bien grandi. Je suis content ! Mais je n'étais pas bien ce jour-là, d'ailleurs, je ne me sens toujours pas bien. J'ai l'impression d'avoir quelque chose de lourd dans l'estomac, et que ma tête est en train de fondre. Encore. C'est de plus en plus, presque toutes les semaines maintenant, et j'ai tellement mal que j'aimerais bien pleurer, mais je sais que cela agacerait tout le monde. J'ai des pertes de mémoire aussi, et j'en ai parlé avec Nounours. Il a fait quelques tests, et apparemment, je vais très bien, je suis juste en train de changer, de devenir un homme. Alors j'ai demandé au ministre si devenir un homme faisait mal, si lui, il avait pleuré en en devenant un. Il n'a pas eu l'air de savoir de quoi je parlais. Il disait que devenir un homme, c'était très agréable. Je n'ai pas compris.

Je continue aussi mes cours avec Nounours. C'est difficile, parce qu'il n'est pas possible de beaucoup travailler, encore moins quand les médecins me font plein de tests. Le soir je suis alors très fatigué et je n'ai pas envie d'apprendre à lire et écrire. Mais Nounours dit que cela me sera très utile par la suite, et que cela va me démarquer. Que je vais être unique. Et que ça va peut-être me sauver. Je n'ai pas compris non plus. Je sais que beaucoup meurent, je sais que c'est pour améliorer la vie des autres, mais je suis encore vivant, donc pourquoi cela va-il me sauver ?


*Fin d'enregistrement*

25 mai 2002 ||| Costa-Rica
Indy Torry - Médecin en chef du complexe La Fleur d'Argent - société River

On m'a obligé à assister à la plus éprouvante des épreuves. J'ai déjà dit avoir une fille de l'âge de Valerian, plus ou moins. Valerian est aussi le nom que j'ai donné à l'enfant, puisque personne n'avait jamais songé à lui en donner un. Ni sa mère, ni l'orphelinat où on l'a trouvé. J'ai dû lui en trouver un et quel ne fut pas son bonheur ! Enfin quelque chose qui pouvait réellement lui appartenir. Je sais ce qui est arrivé à la peluche que le ministre de la Défense lui a donnée. On la lui arrachée et on l'a brûlée. Valerian n'est qu'un objet, un enfant parmi d'autres, un brin plus dégourdi et plus utile. Mais un objet quand même et il n'a aucune raison d'être traité différemment des autres enfants. J'étais attristé de songer que plus le temps avançait et plus le petit s'enfonçait dans la noirceur. Tous ces gosses sont condamnés, Valerian n'est pas encore touché par la rancœur, du moins, rien d'irréversible, mais rester ici va le rendre méprisable. Et le condamner à mort. Je ne peux tolérer cela. Et ce que j'ai vu aujourd'hui m'a fait prendre une décision, dangereuse, certes, mais elle devait être prise. Quelqu'un devait le faire et personne ne le  ferait ici. Il fallait sauver ses enfants. Sauver Valerian. Le faire fuir, lui faire prendre un bateau et lui permettre de débuter une nouvelle vie. Arrêter les horreurs que la chef de projet s'amusait à inventer pour observer et analyser ses réactions. J'ai assisté à une séance proche de la torture, juste pour voir si le don fonctionnait sous la contrainte, s'il était possible de le forcer. Si la douleur avait une incidence quelconque sur les résultats. J'étais là pour superviser cette ignominie. Vérifier qu'il n'allait pas mourir avant que cela ne soit terminer. Se fut un véritable crève-cœur que de le voir se tordre et se cambrer sous la douleur, hurler sa souffrance alors que le courant passait dans son corps et brûlait sa chair. Ce que cela a fait ? Probablement lui griller la cervelle, mais cela n'a rien activé de ce qu'il voulait, peu importe le nombre de Volts que l'on faisait passer. J'ai clairement vu la chair de son cou, là où étaient placées les électrodes, se déformer, limite brûler. l allait garder une cicatrice impressionnante. Tout comme les coupures diverses qu'ils pratiquèrent sur lui. On lui injecta d'autres produits encore, augmentant les doses habituelles du traitement qu'il devait suivre, ce qui le fit hurler plus encore, et ruer, puis supplier avant que le silence ne se fasse, effrayant.

Cela dura ainsi jusque tard dans la nuit. Il fut emmené à l'infirmerie pour être sommairement soigné, et ensuite être renvoyé dans le dortoir. Je l'empêchai. Je suis le chef de la section médicale après tout, et j'arguai que le faire retourner là si rapidement allait le tuer. Il reprit conscience plus tard et je discutai autant que je le pus avec lui. Il continuait d'affirmer que c'était pour le bien de l'humanité, que si lui subissait tout ça, ça allait peut-être éviter à quelqu'un d'autre de le subir. Et qu'avec un peu de chance, on allait l'euthanasier lui aussi. Comment un si petit être si bon et si gentil pouvait encore survivre ici ? Comment simplement pouvoir lui faire subir tout cela ? Il pensait toujours aux autres avant lui que cela en devenait simplement triste. On parla jusqu'à ce qu'il se sente trop épuisé, et je voyais dans son regard le doute, celui de l'enfant qui sait qu'on lui ment et qui finit par renoncer. Et je ne pouvais tolérer que ce qui restait d'innocence de cet enfant soit brûlé et utilisé comme tout le reste de son corps. Je lui fis la promesse de le protéger et de l'emmener en vacance dès que possible. Je devais simplement planifier le voyage, mais je lui assurai qu'il allait rencontrer mon épouse, ma fille et que tout le monde allait l'adorer, que plus jamais il n'aurait à supporter tout cela. Je commençai la planification de notre fuite dès ce soir là.

13 juillet 2002||| Costa-Rica
Eva Castellianos - Chef de projet Teygja - société River

Nous avons appris il y a peu que l'un des nôtre projetait de nous trahir et d'emporter avec lui l'un de nos sujets. Nous sommes particulièrement déçus de son comportement mais nous pouvons en tirer avantage. Dès le forfait découvert, nous avons dressé un plan pour le contrecarrer et le tourner à notre avantage. Tout sera filmé et analysé, ensuite nous aviserons de ce que nous ferons des fautifs. Pour le moment, nous agissons comme si de rien était. Nous avons agi comme si nous ne savions rien. Le plan semblait parfait. Le sujet 326 ne se doutait de rien, pas plus que du traître. Ils n'ont rien changé à leur planification et nous avons donc pu agir. Nous sommes entrés dans la chambre du Docteur Torry, nous l'avons maîtrisé et bâillonné. Nous ne voulions pas risquer qu'il prévienne d'une quelconque manière le sujet. Nous avons donc patienté jusqu'à l'heure du rendez-vous, moi, le docteur et six soldats armés. Si nous avions su... oh jamais je n'aurais agi différemment, mais peut-être aurais-je demandé à nos hommes d'utiliser des armes non létales.

L'enfant est arrivé à l'heure prévue, ce qui me fait m'interroger : comment pouvait-il connaître l'heure avec tant de précision ? Mais là n'était pas ma préoccupation première. Le Docteur Torry était agenouillé, une arme contre la tempe, une main sur l'épaule pour l'empêcher de bouger.  Il ne pleurait pas, ni ne se rebellait ou ne suppliait. Il restait fier. Et je n'éprouvais aucune sympathie pour ce manque de respect évident face à notre autorité. 326 est donc arrivé, a frappé à a porte et est entré, vêtu de ses habits rapiécés, et de... rien d'autre. Il ne possédait rien, nous nous en assurions.  Ses yeux se sont écarquillés, mais il prononcé aucun mot ne sortit de ses lèvres. Je suis pourtant intimement persuadée que ses yeux luisirent de haine. Il restait cependant très calme malgré les cinq fusils pointés vers lui. Les ordres étaient clairs pourtant : ne pas tirer sur lui. Il n'était pas censé le savoir cependant. N'importe quel gosse aurait été terrifié. Pas lui. Voici le compte rendu de la suite des événements, le plus fidèlement retranscrit :

- Tu voulais nous quitter, 326 ?
- Mon nom, c'est Valerian.

Sa voix était glaciale, ce qui aurait été ridicule si ses yeux n'étaient eux aussi, glacials. Mais personne n'était impressionné.

- Tu nous appartiens 326, il était stupide de croire que tu pouvais nous trahir.
- Qu'allez-vous faire de Nounours ?  

Son regard s'était dirigé vers le Docteur Torry qui semblait le supplier de détourner le regard. Mais 326 était peu sensible à ce genre de supplique. Il était trop stupide pour comprendre ce genre de message. Je dus toutefois revoir mon jugement lorsqu'il secoua la tête et me regarda directement, s'avançant sans craindre les armes. A travers la glace je voyais également l'interrogation et il dut à nouveau comprendre ce qui allait suivre parce que ses yeux se durcirent davantage. C'était surprenant comment ce simple cobaye pouvait sembler impressionnant. Et ce qui suivit, jamais la caméra ne pourra le retranscrire fidèlement. On peut croire que je vais exagérer mes propos, louer les particularités du gosse, mais ce n'est pas le cas. L'atmosphère changea, elle s'alourdit de plus en plus sans que cela ne devienne désagréable. Les gardes baissèrent légèrement leurs armes, fixant à présent 326 avec un regard neuf. Moi-même je ne pouvais ignorer l'affection qui commençait à étreindre mon cœur. Il m'apparaissait à présent comme un trésor, un être exceptionnel à aimer et protéger et quelque part, je devinais que cela n'avait rien de naturel. C'était le plus effrayant. Savoir, mais ne pas pouvoir lutter. Se trouver face à l'inéluctable sans pouvoir réagir. Se trouver devant la tentation et ne pas savoir y résister. Avoir conscience du danger imminent, mais s'en moquer et même si jeter à bras ouvert, juste pour lui.

- J'ai été gentil, n'est-ce pas ?
- Oui, me retrouvais-je à répondre, consciente que jamais je n'aurais fait cela en temps normal.
- C'est pour la science, que vous faites ça ?
- Oui...

Il sourit, et comme au ralenti, je le vis hocher la tête, tout le sérieux du monde collé au visage. Il se retourna vers les gardes et l'atmosphère changea encore, nous attirant littéralement vers le gamin. Il devenait soudainement le centre de notre univers et plus rien à part lui ne comptait. L'impression de danger s'efface pour ne laisser qu'une vérité : c'est lui, lui et encore lui.

- J'aimerai que vous fassiez quelque chose pour moi. Rien de bien difficile.

Il parlait différemment, sa voix semblait de velours, mélodieuse, un baume pour le cœur. C'était la plus merveilleuse mélodie qu'il nous avait été donné d'entendre et nous ne pouvions que boire ses paroles et attendre qu'il ordonne. Parce que nous ferions ce qu'il ordonnerait. Volontiers. Il frappa des mains, son sourire s'agrandissant en nous voyant littéralement en transe pour lui.

- Voilà, messieurs, j'aimerai que vous portiez vos armes contre votre tête... Parfait ! Non pas vous...

Celui qui maintenait Torry rabaissa son arme alors que tous les autres attendaient suite sans sourciller, sous le charme. Séduit.

- Et maintenant pour la science !
- POUR LA SCIENCE !

Il avait levé les bras comme un maestro l'aurait fait lors de son grand final, et là, se fut cinq coups de feu, du sang et de la cervelle, des corps s'échouant au sol, inanimé, sous le regard d'un gamin plus que satisfait. Il se passa négligemment une manche sous son nez, essuyant le liquide carmin qui s'écoulait, et tourna son attention sur moi. Il me fixa un long moment et je me souviens ne pas avoir paniqué, être heureuse d'avoir enfin toute son attention. Il fit signe au dernier soldat de pointer son arme sur moi, ce qu'il fit. Il n'y avait rien dans ma tête pouvant me donner l'envie de fuir. Tout ce que fit pourtant l'enfant fut de demander à Torry de se relever et de partir. Et Torry, comme nous tous, ne put qu'obéir. Valerian tint l'enchantement assez longtemps pour permettre au Docteur de s'enfuir... et il s'évanouit, la respiration laborieuse, le cœur affolé. Et nous laissant aussi perdu qu'intrigué. Et fasciné par l'immense tour de force qui venait de se jouer. Valerian était définitivement le chaînon manquant. Et il venait de prouver que ce projet pouvait être mené à bien, tout en restant extrêmement dangereux. Qui pourrait arrêter un être capable d'une telle prouesse ?

1er novembre juillet 2002||| Costa-Rica
Eva Castellianos - Chef de projet Teygja - société River

Valerian a survécu. Nous avons étouffé l'affaire même si ce genre de choses arrive fréquemment. Les gens meurent tous les jours après tout. Le nouveau chef de section médical est au courant de ce qui s'est passé avec son prédécesseur. Il ne refera pas la même erreur et voit en Valerian un nouveau sujet d'étude. Il n'est pas le dernier à proposer des examens qui ne sauront que nous être utiles pour la suite. Néanmoins, l'enfant reste le seul de nos sujets à développer aussi bien son pouvoir. Ses camarades parviennent certes à séduire, mais éprouvent des difficultés à tirer ce qu'ils veulent de leur cible. Ils sont donc inutiles. Les plus âgés et inefficaces sont tués: nous avons besoin de place pour parfaire nos données. Valerian est également devenu muet depuis que le docteur Torry s'est enfui. Je me méfie cependant du gosse, puisque nous savons à présent de quoi il est capable. Je sais cependant que nous devons impérativement le garder sous contrôle et donc, mieux le manipuler.

11 novembre 2002||| Costa-Rica
Eva Castellianos - Chef de projet Teygja - société River

Le ministre de la Défense est encore venu, et nous a proposé quelque chose à laquelle nous songions déjà. Une sorte de mise à l'épreuve, constater sur le terrain l'étendue du don de nos sujets. Mais bien entendu, ce n'est guère une mission pour le premier venu, et bien entendu, le ministre avait déjà sa petite idée du cobaye a envoyé. J'avoue ne pas être parfaitement rassurée. Nos manipulations sur le cerveau de Valerian ne sont pas encore complètes et toute rébellion n'est pas à écarter. J'ai prévenu le ministre qui n'a pas tenu compte de mes constatations. Il nous laisse un dernier mois pour terminer ce que nous devons terminer sur Valerian. Lui enseigner les derniers rudiments, parfaire son éducation commencée par le docteur Torry, et lui expliquer ce que nous attendons de lui. Je n'ai pas confiance en lui, je sais ce dont il est capable. Ce n'est plus un enfant, c'est une arme. Et une arme imparfaite ne doit jamais être utilisée.

13 décembre 2002||| Costa-Rica
Eva Castellianos - Chef de projet Teygja - société River

Je dois noter quelques changements d'importance chez Valerian, principalement dans sa physiologie. En effet, la couleur de ses cheveux à drastiquement changée. Elle est à présent blanche comme la neige, soyeuse et douce au toucher. Il ressemblerait à un vieillard, mais ce n'est évidemment pas le cas. Il a cinq ans, est un peu plus grand que la moyenne de ses camarades, connaît les rudiments de la langue du pays dans lequel nous allons l'envoyer. La puce que nous avons logée dans son cerveau le 30 septembre 2001 sera de toute première nécessité. C'est une occasion unique de savoir comment tout cela se passe dans la vie réelle, sans situation de stresse. Je sais que le sujet, s'il reste dangereux, est capable de prouesses.

Le ministre est venu le chercher aux premières lueurs de l'aube. Pour l'occasion, nous avons offert de nouveaux vêtements au sujet. Il fallait qu'il soit présentable. Il portait un petit t-shirt blanc, et une chemise bleue à carreaux. Son pantalon était large, gris clair, neuf. Ses chaussures étaient nouvelles également, confortables et de première qualité. Il fallait qu'il fasse bonne impression et si nous devions l'habiller, et bien, nous allions l'habiller. Nous lui avons également offert un bon repas, qu'il n'a pratiquement pas touché. Il devait pourtant être affamé, vu le genre de repas que nous servions en règle générale.

Il a pris la main du ministre avec le sourire dont il avait tellement l'habitude et ne s'est pas tracassé de savoir comment ils allaient voyager, ni même comment était le monde à l'extérieur. Il devait également souffrir de sa rencontre avec le docteur Fernado, mais il se tenait toujours très droit, toujours avec ce visage innocent. Quand le ministre lui a demandé ce qui était arrivé à ses cheveux, Valerian c'est contenté de répondre qu'il était le fils du Père Noël, et que cette couleur était normale.

14 décembre 2002 ||| Vol à destination de la Russie, vitesse de croisière - stratosphère.
Allan MacManran - Ministre de la Défense - Gouvernement américain

Le petit est assez volubile. Il est difficile de suivre la conversation, mais je ne pouvais espérer autre chose d'un si jeune soldat. Je ne doute pas de ses capacités, je sais qu'il sera à la hauteur de nos espérances. De toute manière, la mission n'est pas de la plus haute importance. Nous devons juste retrouver un homme, et le petit allait nous y aider. Personne ne se méfie des enfants, et Valerian est encore fort jeune. Personne ne soupçonnera qu'il travaille pour nous. Nous avons également la chance qu'il comprenne les bases du russe, cela nous sera utile lorsqu'il se trouvera devant nos ennemis. Je lui ai demandé d'essayer de parler en russe, justement, et il s'est volontiers plié à l'exercice, causant de tout et de rien, en russe, en français, en roumain et en anglais. C'était, comme je le disais, difficile de le suivre. J'ai demandé comment il connaissait autant de langue et apparemment, il a vécu ses premières années en Roumanie. L'anglais était la langue des scientifiques, et étant en immersion, il n'avait eu d'autre choix que d'apprendre. Le russe était obligatoire pour la mission et le français... Valerian s'est perdu dans ses souvenirs, son visage s'est fripé de tristesse et il n'a plus ouvert la bouche pendant une bonne heure. Ensuite il s'est relevé pour courir partout dans l'avion privé, jouant à je ne sais quoi et m'attendrissant plus que je ne l'aurais vraiment voulu. Quand il fut temps d'aller le laver, parce qu'il fallait bien une petite douche dans un avion tel que celui-ci, je l'ai aidé à se déshabiller, refusant de le laisser seul dans un avion où il pouvait y avoir des turbulences. J'ai été effrayé de voir les colorations de sa peau et les cicatrices qui couraient le long de sa chair. Il est une chose de savoir que l'on torture des enfants pour le bien du pays. Une autre d'en avoir la confirmation sous les yeux.

Il tenta de me rassurer en affirmant que cela ne faisait pas mal, que de toute façon, on allait l'euthanasier et que ça lui faisait plaisir. J'ai demandé s'il savait ce que cela signifiait et il m'a souri, encore, comme si c'était la seule chose réelle qu'on lui avait apprise. Il a souri, et il a répondu qu'on euthanasiait les gens pour qu'ils ne souffrent plus. Qu'ils partaient alors dans un monde meilleur. C'était comme un remerciement des scientifiques pour les enfants dont ils s'étaient servis. Alors la vérité me percuta : ces enfants étaient parfaitement conscients de n'être rien de plus que des rats de laboratoire et que leur destin était la mort. Ils la souhaitaient, sans pour autant le dire. Ils n'étaient pas naïfs. Ils manquaient d'éducation, mais ils n'étaient pas stupides. Il me prit le bras, le serra, s'avança et me fit un câlin, avant d'affirmer qu'il était heureux de pouvoir aider la science. J'ai cru entendre de l'ironie dans ses propos, mais je ne saurais en jurer.

La suite du voyage s'est déroulée dans de bonnes conditions, Valerian est resté sage, il a un peu étudié le russe, et a dormi le reste du temps. Le gosse est adorable, comme tous les gosses de cet âge. Avec son don et sa maîtrise - j'espère qu'il le maîtrise - il va faire des miracles.

16 décembre 2002 ||| Russie
Enregistrement 102 - 19h03 - Valerian

Il fait affreusement froid. J'ai même jamais eu aussi froid. Mais c'est magnifique ici. Les bâtiments, et puis entre tout le monde parler dans une langue, avec un accent, et je suis incapable de les comprendre, parce qu'ils parlent vite. On me regarde pas, mais c'est pas grave. Allan m'a déposé sur la place, et m'a affirmé que des hommes me surveillaient, pour qu'il ne m'arrive rien. C'est gentil de sa part, je suis content d'avoir trouvé un nouvel ami, mais j'ai peur qu'il lui arrive la même chose qu'à Nounours. Nounours me manque et je ne sais pas du tout où il est. Je ne sais pas non plus comment chercher le monsieur qu'on me demande de trouver. On m'a dit qu'il était important et qu'on comptait sur moi, que la madame du monsieur qui devait savoir où il était, était une madame gentille qui allait m'aider si je la trouvais. Mais je ne sais pas où elle est. Je suis un peu fatigué d'avoir autant marché, et j'ai un peu faim. Donc je me suis assis par terre, dans le truc blanc qu'on m'a dit être de la neige. C'est vraiment très beau, et très drôle. Quand je suis arrivé à l'aéroport, j'ai été émerveillé ! C'était blanc partout, c'était froid, et se rouler dedans, ça fait froid partout. Il y a moyen de faire des formes aussi, dans la neige, comme des anges ! il suffit de se laisser tomber en arrière et de bouger les bras et les jambes. J'en ai fait plein ! Ils vont peut-être aider Nounours. Et tous les autres. Je me suis donc assis par terre, et tant pis si je vais être mouillé, j'ai mal aux pieds.

Tout le monde passe devant moi sans me regarder et c'est bizarre, parce que chez moi, tout le monde me regarde tout le temps. Tout le monde m'observe et analyse mes réactions. Je crois que je n'aime pas passer inaperçu, encore moins quand je suis tout seul loin de chez moi. J'ai un peu peur, mais c'est encore facile de se calmer. Mais la nuit tombe et je ne sais toujours pas quoi faire. Je ne sais pas comment je suis censé faire, où chercher, qui demander. J'ai les noms, mais je sais pas qui ils sont. Ils sont censés m'aider, mais je sais pas où chercher ! Je commence à désespérer, je veux retourner dans l'avion, avec les sièges confortables et la douche minuscule à l'eau tiède. C'est plus que j'ai eu depuis que je suis là-bas. Au centre. Et puis le repas était délicieux. J'ai envie de retourner là et d'y passer ma vie. J'ai envie d'être dans une de ses familles qui se pressent de faire les derniers achats de Noël et de retourner au chaud chez eux. J'aimerai avoir une famille, savoir ce que c'est d'avoir une mère qui se fait du souci plutôt qu'une femme qui fait des tests sur les enfants, pour le bien de l'humanité. Je voudrais trouver un papa comme Indy, et le remercier tous les jours de m'aimer et me protéger. Sauf que je suis un "Orfan". Je n'ai pas de parents, ils m'ont abandonné. J'étais pas assez bien et ils ont préféré retenter leur chance. Je me dois d'accepter ce qu'on fait de moi et me montrer reconnaissant qu'on veuille de moi. Mais l'idée de retourner dans le grand bâtiment, de retrouver mes camarades, et bien, ça me déprime. Je peux peut-être fuir et jamais me retourner, faire ce que Nounours attendait de moi. Je suis dans une ville inconnue, y'a des gens qui me surveillent, mais je peux les dispenser, je suis assez petit comme ça. Je peux demander de l'aide aussi. Je peux espérer que je ne sois pas totalement seul. Je suis triste à l'idée de quitter Allan, mais je dois penser à moi ! Et à Nounours.

Je me relevai rapidement et me retrouvai face à une jeune femme qui semblait m'observer. Elle me sourit et immanquablement je souris. Elle parla et mon gros blanc dû lui faire dire que je ne parlais pas russe. Elle tenta de parler anglais, mais su fut si difficile pour elle que je me présentai, en russe, avec un fort accent qui la fit beaucoup rire. Elle me demanda où était mes parents et je luis dis qu'ils étaient au paradis. Elle me demanda si j'avais de la famille, et je répondis que le Père Noël était trop loin pour que je vienne le voir. Cela la fit rire encore. Elle me demanda si je savais où loger et j'ai secoué la tête. Elle a pris ma main et elle m'a amené chez elle.

Je suis resté près d'une semaine avec elle. Je n'ai pas usé de mon charme, pas que je me souvienne. Elle m'a amené chez le médecin, à un moment, parce qu'elle trouvait certaines de mes réactions étranges. Je n'ai pas les résultats des tests. Les tests qui faisaient moins mal que ceux de River. Mais ça, je le leur dis pas. Je parvins à trouver la fameuse épouse, aussi, grâce à un ami du médecin et un ami de l'ami d'une amie à la dame qui m'hébergeait et... Et comme finalement je suis parvenu à me faire aimer de l'épouse, j'ai dû quitter la gentille demoiselle. J'ai laissé un dessin, avec plein de cœurs, de fleurs, un dessin plein de couleur tout droit sortit de mon imagination. Je me suis appliqué, et j'ai dit aimer la demoiselle et je la remerciais de tout mon cœur, parce que je voulais une maman comme elle. Une maman qui venait dans ma chambre quand j'hurlais de terreur la nuit, et qui venait me bercer, me calmer et me chanter une berceuse. Une maman qui me faisait des crêpes-visages-sapins-méduses et qui riait quand je parlais.

Je suis parti, j'ai été trouver la Dame et j'ai trouvé le mari. Après, je suis resté deux semaines avec eux, et j'ai fait jouer mon charme, mais ça me demandait beaucoup d'énergie et je me sentais souvent malade. Mais ça marchait. Ils m'ont donné l'emplacement de la personne qu'on cherchait, et on a pu le trouver et le ramener. J'ai disparu avec, dans le sens, je suis retourné dans l'avion qui me ramenait chez moi. Je parle bien russe maintenant, en fait, je fais plein de fautes, mais tout le monde me comprend. Tout le monde félicitait mes progrès. Personne ne me faisait du mal, là-bas. Je restai silencieux durant tout le voyage du retour, inquiétant Allan. Mais tant pis, parce qu'il me ramenait dans l'antre des horreurs et que je voulais pas y retourner. Je voulais encore jouer dans la neige et rencontrer des gens gentils. L'humanité se portait très bien, elle n'avait pas besoin de nous.


12 mars 2005 ||| Costa-Rica
Enregistrement 357 - 20h16 - Valerian

Bonsoir Judith. Ça fait longtemps, je suis désolé. River ne me laisse pas de temps à moi. Tu sais que depuis la première mission, qui a été une réussite, Eva a observé les données et déclaré que j'étais, en quelque sorte, une réussite. Sauf que voilà, j'ai plusieurs effets secondaires, comme des pertes de mémoire. Ils travaillent là-dessus. Mais s'il n'y avait que ça, je me sentirais probablement des plus chanceux. Il paraît que si tout fonctionne si bien avec moi, c'est pare que je suis gravement malade. Ils ne m'ont rien dit, mais je sais que c'est assez grave pour me tuer. Finalement, c'est comme tous les autres. Nigel est aussi condamné. Tu sais, ce garçon qui dors à côté de moi. Lui c'est ça peau qui se nécrose de plus en plus, et je crois que d'ici un an, il vont le tuer. Je suis content pour lui, au moins, il n'aura pas à voir la suite. Émilie aussi est condamnée, elle s'est Alzheimer qui l'a prise. Un stade avancé et fulgurant. Elle tremble déjà comme une vieille madame. Elle ne sert plus à rien non plus puisqu'elle devrait pouvoir se souvenir des informations que l'on li donne. Si elle s'en souvient pas, elle ne sert à rien. Elle, elle survivra pas à l'année. Je lui donne une semaine. C'est triste de voir autant de gens que, si je ne les aime pas, au moins j'ai vécu avec eux. Ils méritaient pas ça.

On m'a envoyé souvent en mission ces derniers temps. C'est toujours la même rengaine : sauver le monde, sauver l'humanité, ramener des gens, en trouver d'autres, soutirer des informations et parfois suggérer un suicide ou deux. Je me retrouve systématiquement épuisé, pour ça que je demande souvent d'avoir un lit pour me reposer. Et des feuilles, pour écrire, parce que j'ai peur de perdre la mémoire et de me retrouver comme Émilie. Si je regrette l'avenir de ceux-là, moi, je ne veux pas mourir. J'ai aussi de grosses migraines. Au moins une par semaine, qui me cloue au lit et me fait supplier et hurler au moindre bruit et à la moindre lumière.

J'ai également eu une expérience... difficile. Je crois. Beaucoup disent que c'était très bien, que j'ai fait ce que je devais. Mes camarades Cobayes eux, disent que j'ai de la chance. Personnellement j'ai trouvé cela détestable. Je comprends ce que disait Allan en parlant de devenir un homme. Selon ses termes, j'en suis un. Mais ce n'était pas agréable. C'était pour la science, pour l'humanité... pour pour pour. Toujours des excuses, jamais les bonnes. Mon corps ne m'a jamais appartenu, j'en ais eu une nouvelle preuve. Je dois quand même avouer que l'homme s'est montré très... doux. Parce que c'est le terme qu'on utilise dans ce genre de situations. Il s'est montré.... prévenant et m'a tout bien expliqué, pour que je ne panique pas. De toute manière, il ne pouvait faire autrement que de bien me traiter. Si mes ordres étaient de tout faire pour le séduire, les siens, venant de moi, étaient de tout faire pour que je ne souffre pas. Il n'a pas respecté les termes du contrat, mais apparemment, c'est normal Difficile d'avoir une première fois non douloureuse, encore plus quand on est si jeune. De ce que j'ai compris.

Il s'agit apparemment de quelque chose qu'il sait, quelque chose en rapport avec River et ses projets. Et je crois qu'il ne le cautionne pas et souhaite faire éclater cela au grand jour. Il aurait des preuves, des sujets, bref, il est une menace. Et oui tout ce qu'il a dit s'est avéré exact. J'ai beaucoup appris sur River durant ces dernières heures, malheureusement, j'ai d'autres ordres. L'homme est trop dangereux, c'est une menace pour l'humanité paraît-il. J'ai reçu mon nouvel ordre et je l'ai appliqué, parce que c'est la seule chose à faire si je désire moi-même survivre. J'ai susurré à l'oreille de mon amant, et me suis assuré que rien d'autre n'ait d'importance. Il va rédiger une lettre, une lettre disant qu'il était désolé. Une lettre d'adieu. Et je suis parti, alors qu'il allait s'ouvrir les veines pour moi.


19 octobre 2006 ||| Costa-Rica
Enregistrement 402 - 19h32 - Valerian

Le complexe dans lequel j'ai vécu n'est plus le même. D'aussi loin que je me souvienne, il a été ma maison. Pas accueillante, pas chaleureuse, et encore moins aimante. Mais c'était ma maison, mon point de chute, l'endroit où on avait besoin de moi. C'était ce que j'avais longtemps cru, tu sais. Je suis pas stupide, même si j'ai pas été envoyé à l'école. On m'a donné plus d'éducation qu'à certains autres, parce que c'était nécessaire, et maintenant je me retrouve à comprendre que quelque chose clochait dans ce qui se passait. Une chambre, un lit, un peu plus de confort, de la nourriture plus abondante et la promesse de retrouver tout ça si je tuais mon adversaire du lendemain. Ce n'est pas mon premier meurtre, parce qu'on appelle ça comme ça normalement, mais ça ne veut pas dire que je suis particulièrement d'accord. Je n'ai pas le choix, de toute manière. C'est eux ou moi. S'est tuer ou être tué, et j'accorde plus d'importance à ma vie qu'à celle des autres. J'ai compris que dans ce monde, c'était toujours la loi du plus fort. Et je suis déterminé à être le plus fort. Toujours. De vivre, encore, de découvrir le monde, de voyager et de parler à des gens, d'apprendre d'eux. Je suis jeune, et même si c'est impensable que je puisse m'exprimer comme ça, je sais qu'ils m'ont volé mon enfance, je sais, quand je vois le monde extérieur, que jamais je n'aurais dû vivre ça. Ni moi, ni personne d'autre. C'est injuste.

26 octobre 2006 ||| Costa-Rica
Enregistrement 405 - 14h32 - Valerian

Cela fait seize jours que je suis dans cette chambre. Seize jours qu'on m'envoie dans cette arène, parce que ça peut pas être autre chose. Souvent, c'est des duels, et seul le plus fort survit. C'est ça ou être tué sans possibilité de se défendre. Et je veux vivre, je sais que j'ai plus de valeur que tous ceux-là. On m'a envoyé en mission, j'ai appris des choses, je peux m'en servir. Et je sais que le monde est cruel, je sais que je peux survivre dedans, alors pas question que je me fasse tuer par un type qui s'enflamme comme une allumette. J'ai eu la peur de ma vie, j'ai cru qu'il allait littéralement me brûler vivant, et sentir sa main contre mon bras... une torture ! J'ai cru me retrouver comme ce jour où on a posé des électrodes partout sur mon corps, et que les voltages ont pas arrêté d'être augmentés, jusqu'à ce que l'un deux me cuise la nuque, laissant une cicatrice... Bah c'est pareil, en cent fois pire. J'ai hurlé et me suis débattu, j'ai hurlé avant de sentir mon esprit glisser. La minute suivante, il m'avait lâché et suppliait que je lui pardonne, suppliait pour que j'accepte que la pauvre larve qu'il était, puisse me servir éternellement, ou si je ne voulais pas de lui, qu'il se donne dignement la mort. Je n'ai pas compris. Je n'avais donné aucun ordre. Mais en sentant le sang couler de mon nez, d'une de mes oreilles, et ma migraine plus puissante que jamais, ainsi que les tremblements de mon corps... J'ai su avoir encore passé un stade, et que cela me rapprocherait encore davantage de la mort.

02 novembre 2006 ||| Costa-Rica
Enregistrement 408 - 14h32 - Valerian

Je ne comprends pas. Les combats ont cessé. Le complexe est à présent fermé. Je crois avoir compris que le projet était un échec. Je crois que cela a un rapport avec nos capacités, et les effets secondaires que cela apporte. Je crois que les gens ne sont pas prêts à accepter que quelqu'un puisse les charmer et leur faire faire ou dire ce qu'il souhaite. Qu'ils ne soient que de pantins entre les mains d'une personne atteinte par la folie. On est pas contrôlable, alors qu'on a été élevé et éduqué pour mourir. Pourquoi cela se passerait-il mieux pour un humain normal ? Je crois qu'ils ont pris peur, que ce potentiel, entre de mauvaises mains, pourrait mener à la ruine. Alors tout a été arrêté. J'étais en train de grelotter dans mon lit, encore souffrant de ma brûlure, quand Lucas est venu me trouver, pour me dire qu'on quittait le Costa-Rica. On déménageait. Lui, son épouse, moi, d'autres scientifiques et quelques cobayes. Apparemment, nous attendent à... Manchester, un nouveau complexe, de nouveaux cobayes, et de nouvelles expérimentations. Nus avons été sélectionné parce que nous étions encore en vie, et surtout, parce qu'on contrôlait notre don. Parce que notre cerveau était peut-être déjà calibré pour la suite, parce qu'on nous avait déjà trifouillé la tête. Ce qui était certain par contre, c'est qu'on allait tous mourir si on devait encore subir tout ça, une seconde fois. Moi-même je me remets à peine du combat contre la Torche. La brûlure est suppurante, horrible, et ma migraine pulse encore. Je suis toujours pris de tremblement et je tiens à peine debout. Survivre durant les autres combats avait relevé du miracle. Et j'ai sans doute trop titillé ma chance pour encore en avoir maintenant.
Murphy
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Dim 24 Juin 2018, 10:05

Histoire

06 décembre 2006 ||| Manchester
Enregistrement 410 - 08h12 - Valerian

Manchester est... différent. Je préférais les paysages splendides du Costa-Rica. Le voyage, terminé il y a quelques semaines déjà, c'est bien passé. On est... moins nombreux, parce que les tests ont débuté et que le début des expérimentations ont commencé. Ils ont soigné mon bras, par souci de... par commodité on va dire. Ce n'est plus mon bras, ni ma migraine, ni mes tremblements, ni... ni rien de ce que je connaissais qui à présent me scie les jambes au point de me faire hurler à la mort. Je n'ai plus de voix tant j'ai hurlé pour qu'on me délivre. J'ai tenté de me sauver, j'ai essayé d'utiliser mon don, mais ils sont prudents. Quand ils sentent que quelque chose cloche, soit ils m'assomment, soit ils laissent les machines prendre le relais. Et je sais pas contrôler les machines... Tout mon corps est au supplice, je suis faible, épuisé, et la nourriture qu'ils nous servent est encore plus infâme qu'avant. Économies budgétaires, je suppose... On dort tous serrés, sans place pour nous détendre. Nous avons si rarement l'occasion d'aller aux toilettes et prendre des douches que certains cessent de se retenir et vont dans un coin pour vider leurs entrailles. La puanteur est intenable. Les conditions de vie - j'ai appris ce genre de chose en mission - sont épouvantables. Même les animaux sont mieux traités.

05 janvier 2007 ||| Manchester
Lucas Castellianos - Chef de projet Dreyma - société BioHazard

Nous avons perdu un nombre incalculable de sujets. Tous finissent par sombrer dans la folie, incapable de supporter les traitements exigés pour parfaire le projet. Certains finissent par se suicider, montrant des trésors d'ingéniosité. Le sujet 06, Valerian, est lui-même dans un piteux état. Ses camarades du projet Teygja ne se portent pas beaucoup mieux. Il faut avouer que nous les gavons de sédatifs et de drogue, tout autant pour observer ce que cela fera sur leur organisme que pour les tenir sous contrôle. Nous ne pouvons nous permettre un quelconque tour de charme, cela nous conduirait à notre perte. Nous avançons également rapidement, obtenant des résultats aussi improbables que prometteurs. Bientôt, nous changerons la face du monde.

11 janvier 2007 ||| Manchester
Lucas Castellianos - Chef de projet Dreyma - société BioHazard

Il semblerait que le sujet 06 soit en proie à un état hallucinatoire quasi permanent. Il ne distingue plus réalité d'imaginaire et commence à répondre à nos questions par des mots sans queue ni tête. Je crains qu'il ne faille bientôt se débarrasser de lui.

16 janvier 2007 ||| Manchester
Lucas Castellianos - Chef de projet Dreyma - société BioHazard

Le sujet 06 recommence à déranger ses camarades par ses hurlements de terreur. Les cauchemars qu'ils faisaient dans son enfance semblent être revenus et nous penchons pour des terreurs nocturnes. Cependant ses camarades semblent plus patients que par le passé. L'un deux s'est même pris d'affection pour lui. Je suis curieux de voir jusqu'où cette pseudo amitié nous sera profitable.

18 janvier 2007 ||| Manchester
Lucas Castellianos - Chef de projet Dreyma - société BioHazard

Les tests démontrent que le sujet 06 souffre d’oneirophrénie, de cyclothymie, et du syndrome de Ganser. Il pourrait être intéressant d'observer ses phénomènes, et de voir si d'autres cobayes en souffrent également. Cependant, je crois pouvoir affirmer que ces symptômes ne sont pas récurrents. Le risque est toutefois important : si le sujet ne peut faire la différence entre la réalité et l'imaginaire, il ne nous est d'aucune utilité.

20 janvier 2007 ||| Manchester
Lucas Castellianos - Chef de projet Dreyma - société BioHazard

J'ai décidé de poursuivre les tests afin d'analyser le souci du sujet 06. Pour se faire, j'ai décidé de réserver une salle sans fenêtre, sans lumière, sans objet. Le sujet y sera enfermé pour une durée indéterminée, le temps que nous analysions toutes les données et soyons satisfaits de ce que nous trouvons. Même dans la mort, ces déchets nous sont encore utiles. Nous placerons également une caméra infrarouge et un micro-enregistreur. Nous ne devons pas perdre une miette.

22 janvier 2007 ||| Manchester
Enregistrement 01 - 00h01 - Sujet 06 - première nuit

On ma réveillé rapidement. Je n'ai pas compris pourquoi. Ce n'était pas Adrian qui venait me secouer pour me réveiller, ni Adrian qui venait se glisser dans ma couchette pour me tenir contre lui, ni Adrian qui me murmurait que tout allait bien, que c'était juste un mauvais rêve. C'était un soldat, accompagné de Monsieur Lucas. Ils n'étaient pas doux, et je pouvais rien faire, rien refuser, mon corps encore engourdi des drogues qu'on m'avait données. Mais quand j'ai vu les couloirs peu éclairés, j'ai posé des questions. Quand j'ai vu plus de soldats encore, j'ai posé d'autres questions. Quand personne n'a répondu, j'ai commencé à m'inquiéter. Et groggy, je n'arrivais pas à m'extraire de cet état tout cotonneux. Je ne pouvais pas me défendre et c'était encore plus terrifiant. Quand on a descendu les marches menant vers un couloir encore plus sombre, je me suis arrêté, suppliant pour qu'on me ramène dans mon lit, que je serais sage et obéissant à l'avenir. Mais ils me tirèrent dort et je dus avancer, alors que je ne voulais que m'enfuir. Ils ouvrirent une porte, et seul le noir s'y trouvait. C'était une salle habitée par l'obscurité et le vide. Il n'y avait qu'un néant béant et il me jetèrent dedans. J'ai hurlé, hurlé à plein poumon, absolument terrifié à l'idée de me faire avaler par la bête tapie dans cette obscurité. Comme un froid qui rampe jusque dans vos os avant de vous ronger le cœur et de ne rien laisser de vous. J'ai hurlé encore plus fort, mon imagination galopant, me faisant créer d'horribles monstres se nourrissant de mon effroi. J'ai frappé, frappé encore et encore, jusqu'à m'ouvrir les mains, j'ai gratté la porte et les murs, jusqu'à m'en arracher les ongles, j'ai continué jusqu'à ce que je ne puisse même plus tenir debout, puis je me suis effondré, sanglotant, imaginant des ombres plus sombres que le noir, ramper dans l'obscurité, attendant le bon moment pour me happer et m'entraîner avec eux.

23 janvier 2007 ||| Manchester
Enregistrement 01 - Sujet 06 - Journée première

Aucune conscience du temps, des heures et des minutes. Une impression d'éternité et d'étouffement qui prend à la gorge et fait battre le cœur. Les murmures que je finis par entendre et que je suis bien en peine de reconnaître. Est-ce mon imagination ou un subterfuge des scientifiques ? J'ai bien essayé de savoir combien faisait la cellule, parce que je dois absolument occuper mon esprit, parce que si je ne le fais pas, je vais imaginer ce qui se tapit dans le noir, et tout ce que mes camarades subissent. Je ne suis pas à envier, parce que je sais parfaitement que c'est aussi un test, qu'on m'observe, qu'on me punit tout en m'analysant. Chair à canon, rat de laboratoire à qui on fait les pires horreurs sous des prétextes fallacieux. Fallacieux... Perfide, qui cherche à nuire. J'ai entendu ça dans un couloir. Les scientifiques ont si peu de considération pour nous qu'ils nous pensent incapables de réfléchir et écouter... Écouter... encore des murmures, j'ai beau tendre l'oreille, aucun mot n'est compréhensible. Ce n'est que quand je pense sentir un effleurement contre mon bras, quelque chose de visqueux et de froid, que je crie d'effroi, et que je recule jusqu'au fond de la cellule. Je ferme fort fort fort les yeux en espérant que cela fasse quelque chose, mais yeux fermés ou yeux ouverts, il fait toujours aussi noir. Je retiens ma respiration, je me couche par terre, genoux contre ma poitrine et je fais... le vide. Je pleure encore, je ne suis pas rassuré, mais la bête ne vient pas.

Je sens mon ventre se tordre de faim, mon estomac fait du bruit et je crains un instant que le monstre ne m'entende et vienne me manger, parce que lui aussi doit être affamé, et que je ne suis que de la viande. Je tente de parler, mais la peur me coupe dans mon élan. On peut se demander comment un corps peu rester autant de temps en éveille, supporter autant de pression... et cet état d'hypervigilance... En fait, il peut pas. J'ai entendu dire que l'hypervigilance était très néfaste. En plus d'épuiser moralement et physiquement une personne, ça la poussait à s'isoler du monde. C'est l'angoisse qui épuise la personne, on analyse constamment l'environnement, on réagit excessivement. On est préoccupé par les menaces, existantes ou non, on réagit à des bruits forts ou non dans des lieux généralement bondés. Et ils ont du mal à dormir ou rester endormit. Nous souffrons plus ou moins tous de ça ici, parce que les scientifiques font exprès de tenir un climat de terreur absolue. Ce qui fait peur à un homme fait peur à un autre. Si on connaît la peur, on pourra contrôler les autres. Si on sait ce qui peut terrifier, alors nos illusions seront les plus puissantes. Et si on contrôle notre peur... Alors on sera de parfaites armes. Mais qu'on se trompe pas, nous, on a aucun avenir.

Penser à ça me calme. Me souvenir que les gens qui sont notre "famille" discutent sans faire attention à nous, que finalement, on apprend, à leur insu, ça fait naître en moi le nouveau besoin de me relever, de continuer, de ne pas abandonner. Alors je me redresse, dos contre le mur, genoux contre la poitrine et bras autour d'eux, le regard rivé devant moi, la respiration calme, aussi calme que je peux le faire, en tentant de faire refluer la terreur. Les murmures lentement se taisent et là, j'entends le raclement de griffes sur le sol, le cliquetis de celles-ci sur le béton de ma cellule, et le bruit mouillé d'un corps visqueux glissant sur un sol dur. J'ai peur, mais je ne crie pas.


24 janvier 2007 ||| Manchester
Lucas Castellianos - Chef de projet Dreyma - société BioHazard

Le gros de notre travail est de déterminer précisément la région qui distingue l'imaginaire de la réalité. La mémoire a un travail important dans ce processus : elle doit garder intact ce qui c'est passé par rapport à ce que nous avons imaginé. Cette capacité est liée, d'après ce que nous avons récolté, à un pli à l'avant du cerveau, que certaines personnes ont, d'autre non, et d'autre à peine. Il s'avère en effet que plusieurs de nos sujets sont incapables de produire des illusions, que d'autres ne les contrôlent pas et se perdent dans ce qu'ils imaginent, jusqu'à devenir fous. C'est le cas du sujet 06. Ce dernier, utile lors de notre étude, a démontré une incapacité totale à faire la différence entre réalité et imaginaire. Nous poursuivons cependant l'étude car il est fort probable que cela soit lié à sa oneirophrénie. Nos recherches ont également démontré que les sujets n'ont absolument pas conscience de mélanger les mondes, ils ne savent pas lorsqu'ils mélangent les événements internes et externes, imaginaires et réels. Tout cela peut expliquer la schizophrénie, ce qui nous amène à créer une nouvelle branche d'étude afin d'étudier plus avant cette maladie et l'éradiquer. Mais ce n'est pas le but de notre recherche, juste un extra qui nous confirme que notre but final est bon.

06 est toujours dans sa cellule, nous comptons l'y laisser encore quelques jours, tout en lui fournissant une bouteille d'eau. Nous verrons s'il fait la différence entre le bruit réel et celui de son imaginaire et s'il trouve ladite bouteille. Dans le cas contraire, il risque fort de mourir de déshydratation. Il n'a pas besoin de recevoir de repas, son corps est de toute façon habitué aux privations. Eva m'a conseillé plusieurs nouveaux tests d'ailleurs, alliant injections, traumatismes et privations. Si les injections ne sont pas suffisamment puissantes et se perdent dans l'organisme au lieu d'aller directement dans le cerveau, autant piquer immédiatement à la tête. Toutefois, une telle opération est fastidieuse et coûteuse, aussi avons-nous décidé de nous y prendre autrement. Nous allons tester la nouvelle technique prochainement sur les sujets peu à même de contrôler leur imagination.

Nous devons également observer le système visuel, afin de comprendre parfaitement le mécanisme liant vision et cerveau. Les images ne faisant pas partie de la réalité et que pourtant le sujet, la cible, perçoit, dans une erreur d'interprétation. Nous devons déterminer comment faire pour que l'illusion ne soit plus simplement pour la personne qui l'imagine, mais soit projetée à une cible, directement dans son cortex. Nous devons impérativement trouver un moyen afin que les illusions, principalement dues à une mauvaise analyse des éléments situés autour de l'image que le sujet observe, soient correctement envoyées sur la cible. Cela relève de la télépathie ou tout du moins, de l'altération de l'environnement. Nous ignorons encore ce qui est le plus simple à contrôler, aussi avons-nous constitué trois groupes : altération de l'environnement, télépathie, altération et télépathie. Il est cependant certain que l'un a plus d'avantages que les autres. La "télépathie" envoie directement l'image dans le cerveau, dans le pli. Nous devons trouver un moyen de rendre cela possible, même pour les gens ne le possédant pas, d'où l'importance du canal visuel. Si nous parvenons à envoyer l'image voulue, tant dans le pli que dans le cortex visuel, la cible sera incapable de savoir que ce qu'elle voit n'est pas la réalité. Bien du travail nous attend encore.

27 janvier 2007 ||| Manchester
Lucas Castellianos - Chef de projet Dreyma - société BioHazard

Le sujet 06 a été sorti de sa cellule. Il était calme, presque hagard, mais présent. Nous avons remarqué un détachement, mais nous ne sommes pas inquiets. Nous lui laisserons quelques jours pour récupérer, mais surtout pour analyser les dernières données récoltées. Nous avons trouvé un début de solution pour implanter les illusions directement dans le cerveau de la cible, afin que nous seulement elle pense voir la chose, mais également la vivre et la sentir. En effet, le pli n'est pas le seul "organe" du cerveau important, et nous avons trouvé le moyen d'envoyer quelques micro-ondes, réveillant les synapses et neurones afin que tout se passe correctement. Ainsi, notre but qui est à présent de littéralement faire vivre l'illusion à la cible devient possible. Si le sujet décide de vous faire vivre une mauvaise chute, vous pourrez en ressentir la douleur. Si vous êtes intimement persuadés de mourir, votre cerveau enverra les signaux nécessaires et le cœur lâchera. Qui contrôle le cerveau contrôle le corps. Nous avons bon espoir d'avancer, mais les effets secondaires persistent et deviennent de plus en plus incontrôlables. Nous avons également remarqué que les sujets maîtrisant mieux les illusions ont non seulement le pli, mais également un cortex et des circonvolutions plus importants que les autres.

Pour en revenir au sujet 06, nous avons, avant de le laisser se reposer, fait un scanner. Nous avons donc pu constater qu'en effet, le gosse n'avait aucun problème à pouvoir utiliser les illusions - il possède le pli de manière indubitable - mais qu'en plus son cortex est parfaitement développé. S'il ne contrôle pas les illusions, c'est encore et toujours par le fait des effets secondaires, en plus d'un probable besoin de s'isoler du monde dans lequel il se trouve. Je pense que le laisser... fricoter avec le sujet Kz-1-569-S, alias Adrian, lui sera bénéfique. Nous allons donc penser à les laisser plus souvent ensemble.

03 février 2007 ||| Manchester
Valerian

On m'a encore réveillé, il semblerait que c'est un truc récurrent chez eux. J'ai cependant compris qu'il ne servait à rien de lutter et qu'il valait mieux garder mes forces pour les tests qu'ils allaient encore effectuer. Heureusement, ils ne m'emmènent pas dans le couloir sombre, mais dans un autre, et plus on avance, plus je dois cligner des yeux parce que les néons agressent mes yeux. Je sais où ils m'emmènent : dans les locaux aseptisés, les blocs opératoires, ces pièces où tant d'entre nous vont, mais où peu en reviennent. J'ai souvent été là, et je sais que c'est pas agréable, jamais. Je sais que ce n'est que la douleur, je sais qu'il n'y a que la souffrance et la terreur. Je sais qu'ils vont encore m'ouvrir la tête, ou bien le corps, ou peu importe, qu'ils vont encore apposer leur marque sur moi et que mon corps va devoir supporter alors qu'il est las et ne veux qu'abandonner. Alors je cesse d'avancer. Mes pieds refusent de continuer, mon corps répond plus à ma tête ou justement, il répond parfaitement à mon subconscient. Je secoue la tête, parce que je sais que les médecins - scientifiques - veulent absolument que je leur obéisse.

- Je ne veux pas, m'entends-je dire comme si les mots ne venaient pas de moi.
- C'est pour ton bien, ne fais pas l'enfant.

C'est pas tellement cet argument qui va me faire changer d'avis, pas même celui du bien de l'humanité. J'ai vu l'humanité, contrairement à beaucoup d'entre nous, et elle se porte très bien sans nous. Alors qu'on vienne pas me dire qu'on fait tout ça pour elle. Éviter les guerres... Les hommes aiment faire la guerre, ils adorent s'entre-tuer, se torturer et se faire mal. On nous créé pas pour les éviter, mais pour les gagner. Alors non, je veux pas avancer, je veux pas souffrir pour un tel mensonge, pas pour eux, pour personne, je veux vivre, partir et faire ma vie, retrouver Anna, la femme de Russie, je veux retrouver Nounours, je veux épouser Adrian et lui promettre de le protéger, lui promettre une longue vie, même si c'est un mensonge. Je veux pouvoir avoir des souvenirs qui valent la peine d'être ramenés à la surface et je veux en donner à Adrian.

- C'est pas vrai. Vous allez encore me faire mal, vous allez disséquer mon corps tout ça pour des gens qui veulent pas se mouiller. Un gouvernement pourrit ! Je sais parfaitement que vos projets sont ratés !

Je recule, sous leurs regards. Ils ont un peu de mal à me suivre, et je ne sais pas non plus où je peux en venir. Ou comment le dire, tout s'embrouille dans ma tête, mais je sais qu'ils mentent, qu'ils nous haïssent mais que nous leur sommes utiles. Sans nous, pas de projets, et sans projet, pas d'argent ! Les mots s'échappent encore et il doit y avoir quelque chose dans mes propos qui les choquent, parce qu'ils se regardent, parce que je ne devais probablement pas savoir ce que je venais de dire. Je sais que quelque chose ne va pas quand l'un des hommes hoche la tête et que je sens une aiguille s'enfoncer dans ma nuque. Quelques secondes suffisent à me terrasser et je m'écroule.

--

Quand j'ouvre les yeux, je suis solidement attaché à une table, autant les poignets, que le torse, que les jambes, et ma tête et rapidement, je vois approcher une sorte d'écarteur, et bientôt je ne peux même plus cligner des yeux. Je les entends chuchoter pour savoir ce qu'ils vont faire, puis la décision est prise : ils préfèrent ne pas "endormir" mes yeux, parce que ça pourrait donner de bonnes informations pour la suite, et me donner matière à travailler, me donner plus de possibilités à donner corps à mes illusions. A m'ancrer dans la réalité tout en envoyant les autres dans... dans l'horreur. En attendant, je dois la vivre pour pouvoir la contrôler. On me dit de surtout ne pas bouger parce que sinon ça ferait
vraiment mal. Je comprends que ça à un rapport avec mes yeux, parce qu'il m'est impossible de bouger le reste du corps, qu'ils veulent me garder les yeux ouverts, et pas endormis. Et j'ai soudain peur de ce qui va suivre, surtout quand ils branchent et calibrent la machine, avec une grande et fine aiguille. A mon côté droit. Je tente de bouger, je tente de me débatte, je sens la bile monter en moi, je sens la terreur s'enfoncer en moi, parce que je veux pas sentir cette chose dans mon œil. Ça doit faire... mal. Je veux encore moins voir ça ! Je tente d'utiliser mon charme, je tente d'envoyer des illusions, mais mon cerveau est tout engourdi et je parviens à peine à les faire revérifier les machines, pour être certain de pas m'esquinter de trop. J'ai envie de pleurer, mais je me doute que c'est pas la solution, encore moins quand l'aiguille s'avance. Je tente de parler, mais je suis toujours bloqué, et je dois convulser quelque part, parce que je les vois s'agiter, parce qu'ils ont pas encore suffisamment de données.

Je dois me calmer parce que quand j'arrive à reprendre pied, j'ai toujours horriblement mal à la tête, mon œil droit me fait souffrir comme jamais, et le garder ouvert est presque impossible, mais je vois. Je ne suis pas... aveugle. Je les entends chuchoter, parce qu'un truc bizarre à dû se passer. J'entends "doré" et "tant pis" et encore "à observer" mais je suis trop épuisé que pour m'y attarder. Je suis encore en vie.


Date inconnue ||| Manchester
Valerian

On me laisse en paix pour le moment et je ne sais pas si c'est une bonne chose. Je n'arrive plus à savoir quel jour on est et personne ne me répond. Dans mes camarades d'Enfer, personne ne peut me répondre, le temps ne joue pas en notre faveur, il n'y a donc pas de raison à nous souvenir d'une telle chose. Je sais juste que j'ai dix ans et que j'ai plus vécu que tout le monde dehors, que j'en ai assez de souffrir et que je veux sortir. J'ai toujours mal à l'œil, mais ça va mieux, c'est supportable. Dans le noir, ça va, c'est moins étrange aussi, parce que maintenant, plus personne ne me regarde dans les yeux, ou justement, tout le monde reste bloqué sur cette pupille dorée. Je tournai la tête, entendant un froissement de draps, et Adrian se glisse dans ma couchette et je me sens presque aussitôt mieux. Je me tourne vers lui, je passe un bras autour de sa taille et je le rapproche. Je m'en fiche s'il y a des caméras et des micros, je m'en fiche s'ils voient combien j'aime Adrian. Je veux juste profiter de sa présence, parce qu'il est mon point dans ce monde, ma réalité. Il est plus âgé que moi, parce qu'ils l'ont pris dans la moyenne. Il avait un peu plus de six ans, et si je calcule bien, il a donc trois ans de plus que moi, donc il a treize ans, mais ça change rien. Moi j'en connais plus que lui, j'ai déjà vécu un projet, et même s'il me rassure la nuit, le jour c'est moi qui le rassure. Il m'est aussi vital que je le suis pour lui, et même si je doute de la véracité de ses sentiments, je préfère le garder que de le jeter. Il sait que jamais je ne pourrai être sûr de l'amour et l'affection des autres, à cause du premier projet, mais il m'assure que c'est vrai, chaque fois qu'il voit un brouillard dans mes yeux. Il me sourit et me dit m'adorer, et il me sert contre lui et répète qu'il même et que j'ai pas le droit de douter. Sauf que je doute, je doute de tout et c'est la seule manière que j'ai de vivre maintenant.

Il me redresse le visage, et je fronce les sourcils, parce que je ne comprends pas pourquoi il a l'air aussi préoccupé. Je sais qu'il ne veut pas parler de sa journée, d'ailleurs, personne ne le fait jamais. On est tous trop mal pour le faire, et parler de souffrance qui recommencera demain... non, on a besoin de nos forces, de dormir, alors on parle pas, ou peu. Donc je comprends pas pourquoi il a l'air de vouloir me dire quelque chose, mais se retient. Il veut faire quelque chose, mais il est pas sûr de savoir s'il peut. Je crois. Alors j'essaye de le calmer, comme j'ai appris à le faire avec lui, et comme il le fait avec moi, en caressant doucement et tendrement le bas de son dos, allant sur ses hanches avant de migrer dans le creux de ses reins. Je lui souris et je pose mon front contre le sien. Tout va bien, on est vivant. Il hésite encore et je peux comprendre que c'est quelque chose de difficile qu'il veut dire, mais si c'est pour avouer qu'il va mourir bientôt, il n'y a pas besoin de mots. Je le sais. On est tous condamnés, mais pour le moment, on respire. On vit. Et il existe peut-être quelque chose, quelque part, qui nous sauvera.
01 mai 2008 ||| Manchester
Valerian

Les gens commencent à s'agiter. J'entends dire dans les couloirs que d'autres gens sont sélectionnés, des...spécimens. Apparemment les scientifiques seraient parvenus à diminuer ou totalement éradiquer les effets secondaires en diminuant la concentration du produit. Donc les gens seront moins forts, mais ils auront pas d'effets secondaires et ils vont pas mourir. Je vais essayer de voir s'il n'y a pas un moyen aussi pour nous d'enlever ces effets, ou de trouver un vaccin. Je sais qu'il existe des gens immortels, des gens qui reçoivent des injections et vont tout de suite beaucoup mieux. Si j'arrive à séduire le bon scientifique, si j'arrive à lui faire cracher le morceau, peut-être que je pourrai sauver Adrian.

07 août 2008 ||| Manchester
Valerian - Enregistrement 431 - Récapitulatif

Je sais qu'ils m'écoutent, c'est pour ça que je suis pas dans le dortoir. C'est facile maintenant pour moi de séduire les gens et de leur faire faire ce que je veux. J'ai l'impression que plus je deviens vieux, plus ça attire le regard. J'ai donc charmé un médecin, je suis dans sa chambre là, et je sais qu'ils filment pas la chambre des médecins et scientifiques, juste les couloirs et les dortoirs. Ici, je suis tranquille. Adrian doit m'en vouloir, je lui avais promis de rester avec lui parce qu'il est de plus en plus malade. Mais je peux pas, si je veux le soigner, je dois rompre cette promesse. Ce n'est pas grave. Je fais ça pour lui, et je sais qu'il me pardonnera. Il me pardonnera ça, mais pas de me mettre en danger. J'ai pas peur, de toute manière. Gaspari n'est pas méchant et s'il est pas bête non plus, il s'est pas méfié en me voyant arriver. On a pas dû le prévenir sur mes capacités, ou alors il a oublié. C'est normal, la plupart des cobayes du premier projet sont morts. Donc me trouver dans son lit et l'interroger, c'est facile. Tout comme le laisser dormir et fouiller son ordinateur à la recherche d'informations. Je sais que c'est lui qui s'occupe principalement d'Adrian, donc son cas dit se trouver là. Je suis pas stupide non plus et à force de rester près de gens parlant science, et bien, j'ai appris certaines choses, et ce que je lis n'est pas bon, ça condamne Adrian. Ca le condamne rapidement et... Je ne veux pas. Il est tout ce que j'ai, alors forcément que je fais tout pour le sauver. J'essaye de savoir comment inhiber les effets, je cherche à savoir comment faire pour le transformer en... Seigneur ? Parce que le vaccin me semble trop beau pour être vrai, parce que si les effets secondaires sont encore présents, comment on peut vivre ? D'ailleurs, il faut que je trouve où il est, le fameux vaccin, que quelqu'un le vole, qu'on le substitue au produit habituel et qu'on sauve Adrian. Le reste n'a pas d'importance. Et là, bien entendu, entre en compte mon ami Gaspari.

09 septembre 2008 ||| Manchester
Valerian - Enregistrement 433

Je supervise l'avancée de mon projet. Je passe beaucoup de temps avec Gaspari, et bien entendu, tout le monde voit ça d'un mauvais œil. Moi je dis que ces gens auraient dû réfléchir avant de me laisser en liberté. Ils auraient dû penser qu'à force de me bourrer de machins et de truc, mon corps allait s'adapter. Je dis pas que ça ne me fait plus rien, mais j'ai appris l'art de la manipulation et du mensonge. Me faire passer pour drogué et comateux, c'est facile. On augmente pas les doses et je peux utiliser comme je veux le Teygja. Gaspari y est particulièrement sensible, justement parce que je reste longtemps avec lui. Alors mon pouvoir, longtemps mais à petites doses, ça s'insinue en lui et lui mange le cerveau. C'est pas un esclave hein, mais il m'est... fidèle. Comme une personne amoureuse, ou un père aimant. Peu importe, du moment qu'il obéisse même loin de moi. Et apparemment, d'après ce qu'il me dit, il est parvenu à contacter quelqu'un qui saurait lui faire parvenir le vaccin, quelques doses. Assez pour sauver Adrian, ou au moins essayer. Il va aller les récupérer dans quelques jours, trois pour être précis. Mais apparemment, on doit aussi se dépêcher, parce que le projet Dreyma touche à sa fin. Grâce aux données récoltées, ils peuvent savoir précisément comment faire pour... Pour bientôt commercialiser le produit, et il est aussi hors de question qu'une telle abomination soit remise entre les mains de soldats.

29 septembre 2008 ||| Manchester
Lucas Castellianos - Chef de projet Dreyma - société BioHazard

Nous avons appris le vole d'un sérum d'immortalité. Il aurait fallu nous en parler avant afin que nous puissions agir au mieux. Malheureusement, BioHazard a trouvé bon d'étouffer l'affaire, comme il le fait chaque fois. Maintenant nous nous retrouvons avec un problème sur les bras, un cobaye ou un scientifique jouant les apprentis sorciers et s'injectant des doses pour devenir un Saigneur. Je crains ce que cela pourrait donner si jamais cela fonctionnait et rendait immortel l'un de nos sujets. Un être doté d'immortalité, résistant à la souffrance, capable de contrôler les illusions et ne devant rien à personne... serait la pire chose qui pourrait arriver à notre projet, une cause d'arrêt même ! Nous devons trouver le sujet potentiellement immortel et le tuer. Faire passer cela pour naturel et surtout ne pas sembler au pied du mur. Je soupçonne Valerian d'être derrière tout cela, il a déjà démontré à de nombreuses reprises qu'il était apte à mener à bien des missions délicates et retourner les esprits des gens les plus endurcis. Ses minauderies et ses yeux de biches font chavirer le cœur de n'importe qui. Le tout est de savoir qui, et comment il a pu mettre au point un tel plan. Valerian est un chef d'œuvre, nous devons autant le conserver que le détruire, ou mieux ; parfaitement le contrôler jusqu'à date de péremption... si le Sérum ne lui a pas été administré. Je prie pour que cela ne soit pas le cas... ou nous serions tous condamné.

13 décembre 2008 ||| Manchester
Lucas Castellianos - Chef de projet Dreyma - société BioHazard

Nous pensons avoir trouvé le sujet ayant peut-être subis les injections. Kz-1-569-S. Nous aurions dû y penser plus tôt. 06 est tellement obnubilé par celui-ci qu'il est logique qu'il l'ai fait passé en premier. Le projet est quasiment terminé aussi nous avons trouvé un moyen d'éliminer Kz-1-569-S sans faire plus de tumultes. Nous le transférons, en secret, dans une autre aile, afin qu'il devienne purgeur. Nous espérons qu'il survive assez longtemps pour rencontrer une certaine personne. Pour le reste, Valerian payera pour sa rébellion. Il doit se souvenir de qui sont les maîtres et qu'il n'est qu'un cafard sous notre botte. Il ne sera pas tué, du moins, s'il est aussi puissant que nous le pensons, il ne mourra pas. En revanche, il va souffrir.

02 février 2009 ||| Manchester
Lucas Castellianos - Chef de projet Dreyma - société BioHazard

La première phase est terminée, les sujets les plus prometteurs sont gardés en vie et transférés. Les autres sont simplement éliminés. La phase deux peut être enclenchée, j'ai bon espoir. D'ici moins d'un an, nous pourrons faire les injections directement chez les patients.
Concernant le cas d'Adrian, nous avons trouvé une utilité bien plus... fascinante. Nous avons appris que les injections avaient été volées, empêchant ainsi monsieur Gaspari de mener à bien sa tâche. Nous avons donc annulé le transfère du sujet pour le mener autre part, toujours en grand secret. Depuis des semaines, une équipe s'affaire à annihiler les effets secondaires et rendre ainsi la vie au gosse. C'est un initié, il a la jeunesse éternelle, ayant reçu le sérum. Il est "immortel" mais nous trouverons un moyen, et avons trouvé un moyen de lui sauver définitivement la vie. Ses effets secondaires n'étaient pas si terribles, aussi il est sauvé. Et nous nous servirons de lui pour nous assurer de la docilité de Valerian. Nous savons qu'il fera tout pour sauver Adrian, et tant que nous détenons l'un, nous détenons l'autre.

12 avril 2009 ||| Manchester
Lucas Castellianos - Chef de projet Dreyma - société BioHazard

Nous avons annoncé à Valerian que nous avions un moyen de sauver Adrian. Il ignore évidemment où il se trouve, et qu'il est déjà sauvé. Nous savons en revanche que si nous avions menti, le petit l'aurait su. Et nous n'aurions plus eu de moyen de pression. A présent qu'il sait que nous le détenons et sommes prêt à lui venir en aide, il nous obéira. J'ai particulièrement aimé voir la lueur farouche dans son regard, et la colère danser dans ses prunelles. Mais il n'a rien dit, c'est contenté d'accepter et de demander ce que nous attendions de lui. En apprenant qu'il retournait dans les fosses, ou plutôt, qu'il allait reprendre les combats contre ses petits camarades, il n'a pas proféré la moindre réflexion. Il s'en est sorti une fois, il doit probablement penser qu'il s'en sortira une seconde. Mais personne n'a autant de chance et nous veillerons simplement à ce qu'il survive assez longtemps que pour souffrir. Qu'il garde espoir pour son ami et tienne jusqu'à ce que nous les montions l'un contre l'autre. Ils vont devoir s'entre-tuer et cela sera bien drôle. Malheureusement, peu partagent mon humour, surtout lorsque nous avons dépensé autant d'argent pour sauver un petit monstre.

25 juin 2009 ||| Manchester
Valerian

Je suis de retour dans cette chambre, qui si elle ne ressemble en rien à celle du Costa-Rica, est tout aussi pu confortable. J'ai l'habitude de dormir avec quelqu'un et de toute manière, je n'arrive pas à dormir sans Adrian. Au moins je sais qu'il est vivant, même si je peux pas vraiment faire confiance à ces gens. Par doute, je préfère me plier à leur volonté et ne plus trop me faire remarquer. Je me contente d'accepter de combattre chaque soir, de gagner et de revenir dans ma chambre, de dormir, manger, combattre. Tous les jours. De tuer mes camarades, quels qu'ils soient, des gens que je connais ou non, des gens qui de toute façon sont destinés à mourir. Difficile de m'en sortir sans dommage, parce que chaque fois il devient de plus en plus difficile de m'en sortir, d'utiliser mes pouvoirs et de ne pas subir trop d'effets secondaires. Je suis fatigué et je sais que plus le temps passe, plus je me rapproche de la mort. La seule chose qui me raccroche à la vie, c'est la volonté de faire cesser cette expérimentation qui a tué tellement d'enfants. Je veux libérer Adrian. C'est tout. Après, je pourrais enfin dormir en paix et cesser de vivre. C'est peut-être lâche, mais je crois en avoir assez fait. J'ai posé ma pierre en ce monde, j'ai suffisamment aidé, j'ai assez espéré. J'ai assez souffert pour des idéaux qui n'ont jamais été les miens.

09 février 2010 ||| Manchester
Valerian

Je pensais pas revoir la lumière du jour. J'espérais même pas vivre encore jusqu'à aujourd'hui. Apparemment on a encore besoin de moi, et tenir encore et encore, ça aide. Allan est revenu, il a demandé à ce que je l'aide, parce qu'il me connaît. La mission était simple finalement, et cela permettait de montrer à l'agence que j'étais encore utile, pas un pion à jeter. Je sais pas ce qui est advenu d'Adrian, mais comme je suis obéissant, c'est pas un problème. Je tente évidemment d'en savoir plus en posant des questions, mais comme d'habitude, on répond pas. Maintenant que je suis aussi dehors, je peux mettre en place un autre de mes plans. Je sais qu'ils sont en train de préparer la phase suivante, aussi dois-je me dépêcher. Je ne serais évidemment pas tout seul et ma nouvelle autorisation à me balader dans et hors du complexe me donne pas mal de liberté. Je rencontre des gens, des gens de tous les horizons. BioHazard pense m'utiliser pour espionner les autres cobayes, ceux en liberté, ceux enfuit, les Cauchemars, les Saigneurs. Bref, je suis au courant de pas mal de chose et je suis l'une des personnes les mieux placées pour obtenir les informations nécessaires. Ce qui fait que je suis dehors et je vis, je découvre le monde et il n'est pas aussi beau que je pouvais l'espérer. Je rencontre les gens et j'apprends. Je parviens à... manipuler certains, convaincre d'autres, et finalement tout ce met en place, dans le plus grand secret, pour assassiner Lucas Castellianos.

[right]20 février 2010 ||| Manchester
Valerian


Lucas est mort. Le projet a coulé avec lui. Le monde est sauf, et les morts du projet sont vengés. Je ne suis pas inquiété, je me suis assuré que personne ne remontrait jusqu'à moi.


Murphy
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