Notre monde est détruit.
WWIII, l'ultime guerre, l'a anéanti il y a déjà deux ans.
Obligé de se cacher la première année, aucun survivant ne sait vraiment ce qui s’est produit.
Aujourd'hui, la terre n'est qu'un enfer perpétuel, où chacun tente de tenir un jour de plus.
Au cœur de cette horreur se trouve MadTown, seul vestige de notre civilisation passée.
Dans cette ville, la vie continue son cours, ignorant les affres de cette fin des temps.
Depuis sa découverte, les survivants se pressent aux parois du dôme.
Ceux qui refusent la surveillance permanente s'entassent aux alentours, quand ils ne rejoignent pas les rangs des dissidents.

Combien de temps encore, les immortels tiendront-ils la ville ?
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Wira

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Dim 24 Juin 2018, 10:49

Meharan
Wira
Métier/études : Policier ; Chien de BH/Immortels
Situation raciale : Saigneur Initié
Classe Social : Cerbère
Situation conjugale : Personne

▬ ft. Leonardo Watch de Kekkai Sensen

Âge : +/- 300 ans, son âge physique, il ne s'en souvient pas, mais il a été transformé à ses dix huits ans, bien que ses traits fassent penser à une croissance pas tout à fait achevée.
Nationalité/origines : Métis Berbère caucasien, il n'est pas sûr d'avoir connu son père biologique.
Carnation : Mate, ses origines marquant sa peau
Taille : 1m67
Corpulence : Dégingandé, tout en finesse comme un serpent avec une musculature subtile et dissimulé la plupart du temps avec des vêtements amples. Son visage est relativement rond, marqué par des traits juvéniles.
Cheveux : Brun cuivré, nuancé d'un roux sombre, ses cheveux sont épais et forment une masse rebelle, encadrant son visage et chatouillant sa nuque malgré qu'il soit plutôt courts, en dégradé
Yeux : Bleus perçants, brillants
Signe(s) distinctif(s) : Rien d'incroyable chez ce garçon... Enfin, si l'on oubli ses yeux robotisés d'un bleu étrange, prenant toute la place dans ses orbites et lui donnant des allures de fantôme ou d'alien. Un liseré blanc, sensible au mouvement fait office de pupille et se meut comme tel. Son bras gauche est aussi une prothèse mécanique à la forme et à la fonction similaire aux muscles, et Mais sans aucune peau artificielle pour la dissimuler. Sa colonne vertébrale est aussi un exosquelette qui s'étend de la nuque jusqu'à une sorte de queue préhensile de plus d'un mètre, ressemblant à des vertèbres métalliques qui finissent par un embout cylindrique qui dissimule un dard. Des cicatrices de fouet marquent aussi son dos et son torse garde des séquelles de déchirures. Une partie de son visage a aussi été reconstitué ; son orbite et sa pommette sont métalliques. Ses crocs sont souvent sortis.
Sexe : Homme


Orientation : Inconnu, possiblement asexuel. Il ne se souvient plus s'il a déjà été attiré sexuellement par quelqu'un ou s'il a consommé le péché de la chair.

Phobie : Il a peur de l'eau. Ça le terrifie, une peur primaire, comme l'obscurité. Fort heureusement, ce problème est pallié avec ses yeux. Il a peur de la mort, alors qu'il en est un excellent partenaire, mais sa pire crainte, c'est d'être abandonné, encore plus par la seule personne qui a réellement de l'importance à ses yeux.

Ambitions : Un enfant a des ambitions simples, et il ne fait pas exception ! Il veut juste vivre tranquille et faire ce qui lui plaît... Et qu'importe si cela peut nuire aux autres. Protéger celui qui est important en fait parti.

Capacités et Effets secondaires :

Réflexes accrus : En devenant Profane, Wira a développé sa capacité à vite réagir en situation particulière. Comme une alarme développé lors des premières années difficiles de sa vie, où les coups et blessures étaient son quotidien, il est plus alerte, plus apte à éviter un coup ou attraper un objet... Quand sa tendance volatile ne prend pas le dessus !

Télépathie : Lorsqu'il devint Initié, il gagna ce talent bien particulier. Si lire dans les pensées est un exercice qui lui donne vite mal à la tête et lui demande de la concentration qu'il n'a pas, il peut plus facilement parler dans la tête des gens, comme si ça n'était qu'un jeu. Inoffensif ? Peut être, passé la première surprise. Cela devient bien vite dérangé et même douloureux quand il "hurle" dans votre tête, envahit votre esprit de parasite jusqu'à une horrible migraine, voir la perte de connaissance... Ou la sienne. C'est un don qu'il ne maîtrise pas tout à fait, aussi parfois, il capte une pensée qu'il ne voulait pas, ou même une émotion qu'il est souvent incapable de comprendre. La portée est seulement de plusieurs mètres.

Cyborg : Surtout là pour remplacer ce qui a été perdu, ces petits joujous lui offrent quelques améliorations ; il a plus de force dans ces muscles factices qui ne ressentent pas la douleur, et ses yeux brillant sont capables de voir dans le noir. Cependant, cela n'est pas sans inconvénient. Son bras ne peut soulever un objet au poids trop conséquent, et le tenter risquerait de blesser le corps humain il est rattaché, tout comme endommager la mécanique. Il n'a aucune réelle sensation avec ce bras, malgré les capteurs qui lui informent de la température et du contact. Quant à ses yeux, la lumière du jour, ou celle de certains appareils sont souvent trop fortes, et la capter l'aveugle presque complètement. Il a donc besoin de porter des lunettes pour créer un écran qui le protège. La "queue" qui est rattaché à l'exosquelette dans son dos lui sert aussi d'arme grâce au dard rétractiles au bout. Elle est néanmoins limitée par la vitesse et la force du corps lui même.

Trouble de la mémoire : Petit à petit, la mémoire de Wira a présenté de nombreux point commun avec le gruyère ! L'amnésie amenée par sa transformation lui a fait perdre la mémoire d'une grande partie de sa vie. Il se souvient de certains événements marquant, de gens importants, de prénoms plus familiers que d'autres... Parfois, il a un flash, qui lui rappelle soudainement ce qu'il a pu vivre, avant que cela se retrouve à nouveau noyé dans le néant. Tout est un flot qui vient et va continuellement. Ces troubles sont encore présents aujourd'hui, et occasionne des problèmes de concentration.

Narcolepsie : Un problème plus "récent". Wira présente une forte aptitude à s'endormir très vite. Trop vite. Il est préférable pour lui de ne pas être assit trop longtemps, ou sinon, il fini assoupi ! Ce soucis entraîne aussi des troubles du sommeil durant la nuit, le rendant insomniaque.
Sociopathie : Sa transformation en Saigneur a eu des dégâts irréversibles, et depuis longtemps, Wira semble être incapable d'empathie, de compassion. Il a du mal à comprendre le monde autour de lui et finalement, il ne sait plus ce qui est bien et mal. Il n'a plus de notion de morale et ses valeurs ne sont que ce qu'on lui a dit de suivre. Des valeurs qu'il peut bien mettre de côté. Son comportement violent, voir sadique n'est en réalité que le résultat d'une indifférence à la souffrance d'autrui.

Hématophilie : Wira aime le sang. Peut être un peu trop. C'est un enfant gourmand, et s'il regarde un peu trop intensément votre cou, il est conseillé de vite détourner son attention ! La vue du sang le fascine, l'excite, d'un désir presque aussi physique que la luxure. Son envie est-elle que, quand il n'a rien d'autre sous la main, il se mord lui même pour épancher sa sanglante addiction.

Biens : Il porte toute la journée des lunettes aux verres épais et teintés orange adapté à ses "problèmes" de vue. Une plaque d'identité autour du cou pour ne pas oublier son nom. D'autres objets, outre les armes qui lui sont permises de porter ? Wira les accumule, encore et encore. Des objets trouvés dans une brocante ou même par terre. Il les recueille, fasciné par la plus simple des choses et l'entrepose avec les autres, l'oubliant très vite, mais laissant tout à sa place, sans jamais jeter, sans jamais faire le tri. Des biens, Wira en a beaucoup. Mais y en a-t-il vraiment un qui a de la valeur à ses yeux, autre que celui de l'obsession ?

" Character is how you treat those who can do nothing for you


Oh, beau jeune homme, jolie poupée... Tu sembles adorable, tu sembles gentil ! Quel beau sourire attirant, quelle douce peau toute dorée qu'on aimerait toucher. Envoûtante candeur, séduisante jeunesse. Oui, vraiment, tu es adorable, Wira, quand on te voit. On pourrait te donner le ciel et la lune. C'est peut être pour cela que l'on t'a sauvé. Parce que tu étais charmant comme tout, que tu ne méritais pas de périr, de souffrir. Trop jeune, trop fragile, fait pour être aimé et non pour être blessé. Oh, Wira... Tu es l'enfant que l'on aurait du laisser mourir. L'homme qu'on aurait du laisser vieillir dans son humanité.

Wira. Un joli prénom qui veut dire Héro. Sans nul doute que la personne qui l'a ainsi nommé l'aimait beaucoup, et avait de grandes attentes, de grands espoirs en lui. Et c'est vrai, qu'il l'aimait, et qu'il n'aurait jamais deviné ce qu'il serait devenu ! Parce que Wira a beau l'air d'un ange, d'un adulte encore un peu enfant, il n'est en rien fragile. Innocent ? Oui, et c'est peut être la la base de la pire des cruautés. Parce qu'il ne se rend jamais compte d'à quel point il peut faire mal. Il sait ce qu'est la violence, il en est persuadé ! Il l'a connu, il ya longtemps... Mais il est incapable de voir les limites, de se rendre compte de ses propres actes. Du moins, beaucoup trop rarement.Tout a une raison avec lui, et elle est bonne. Après tout, il fait toujours tout très bien, non ? Wira ne ment pas, puisqu'il est sûr de lui. Wira ? ll n'est pas fou, jamais. C'est les autres qu'ils le sont. Il n'est pas méchant, il n'est pas mauvais... S'il l'était, il regretterait ses actes. Wira, c'est celui qui s'émerveille devant un papillon, avant de lui arracher les ailes, juste pour voir, juste parce qu'il peut le faire. Wira, c'est la cruauté enfantine.

Et comme tout le monde, il est capable de devenir violent, en colère. Wira sait faire mal, comme on lui a fait mal, et il n'est jamais dont d'attiser un sentiment aussi virulent que celui-ci. Il en ressent peu, mais quand il le fait, c'est entièrement... Êtes vous vraiment sûr de vouloir énerver une personne qui pourrait vous tuer lentement ? Heureusement, ces cas-là restent rare... Mais personne n'est vraiment sauf. Comme dit, il ne se rend pas compte de la douleur qu'il peut infliger. Son cruel manque d'empathie le laisse avec une faible limite des actions qu'il peut faire, et dans certaines situations, il peut aller très loin pour le simple plaisir "de le faire". Parce que personne ne regarde, donc il a le droit. Il sourira en vous faisant mal, en trouvant ça drôle, incapable de comprendre la détresse... Et il aime ça, voir le sang couler. La vue est euphorique, belle, merveilleuse pour lui. Il adore en avoir sur les doigts, sur la langue, et s'en repaître. Ca lui donne une émotion, une sensation puissante qu'il ne ressent que rarement, l'extase ! Mais si Wira n'est pas un meurtrier à ses heures perdues, c'est bien parce qu'il a quelques valeurs qu'on lui a inculqué à l'époque où il était foncièrement sensible. Tuer était mal, si on n'y était pas obligé. Donc, il ne tue pas. Il se retient, parce que ce n'est pas "bien", même si pour lui, cette notion est vague, flou, et facile à oublier ! Cependant, la personne qui le lui a dit était assez importante pour qu'il tente de ne pas aller trop loin sans raison. Même si parfois, c'est tentant de jouer ! Et si la personne est sur la "liste", si elle est embêtante... Si il ne fait que jouer, un petit peu, est-ce vraiment mal ?

Vous l'aurez compris, Wira n'est pas quelqu'un de sensible avec les autres et il a parfois l'air détaché, prêtant peu attention à ce qui se passe autour de lui. Est-ce vraiment de sa faute ? Après tout, il ne sait plus ce que c'est. Il y a un mur, entre lui et les gens. Ce n'est pas qu'il les déteste, ce n'est pas qu'il a un besoin malsain, une "envie" de faire du mal juste pour le plaisir de faire mal... Juste, Wira ne sait pas faire la part des choses. Il y a lui avant tout, et parfois, de rares "chanceux" qui ont sa curiosité, voir, son obsession. Cette indifférence, cette incapacité émotionnelle à se mettre à la place des autres et à comprendre ses erreurs le laisse généralement dans une bulle "hors temps". Une bulle où il n'y a pas de problème et où il continu de sourire. Ses problèmes de mémoires l'ont d'ailleurs un peu plus éloigné de l'humanité et de la compassion. Après tout, il ne peut même pas vraiment rechercher dans son propre vécu pour comprendre la souffrance d'autrui ! Et il est peut être bon de ne pas éclater cette bulle de protection, de ne pas lui donner une raison de se sentir en danger... Vous vous rappelez de ce que j'ai écris plus haut, comme quoi il pouvait être dangereux ? Mais cette bulle ne renferme pas que de la colère. Vous savez ce qui ne va pas non plus avec Wira ? Ses propres émotions. S'il ressent rarement une émotion aussi forte que la colère, il ressent donc aussi difficilement d'autres choses élémentaires... Oh, il peut ressentir la joie, mais pas dans des situations très adéquate. Wira est incapable de bien des choses, dans sa petite bulle, et il n'en a même pas conscience. Et pourtant, quand tout éclate, c'est pour révéler ce qu'il a caché, enterré au loin. La peur avant tout. Ce qui rend faible, ce qui peut rendre fou... Et chez quelqu'un comme Wira, est-ce une bonne chose de la déterrer ?

Vous êtes un peu perdu avec lui ? Oui, moi aussi. Je ne suis pas psychiatre après tout, il m'est difficile de mettre de l'ordre dans un esprit aussi chaotique... Parlons quelque chose de simple. Comme l'amour. Ah ! L'amour ! Un des sentiments les plus basiques, vraiment. Tout le monde peut ressentir de l'amour, que ce soit amical, fraternel ou passionnel. C'est tellement simple que forcément, lui aussi le peut. Par exemple, il aime son père, il ferait tout pour le protéger. Et quand on est aussi concerné par quelqu'un, c'est forcément qu'on l'aime. Mais, Wira... Ne confond il pas amour et obsession ? Pour lui, non, il sait très bien ce que c'est. Avec sa mémoire trouble, il oubli parfois les gens. Ceux avec qui il a réussi à nouer quelque chose reviennent toujours cependant, dans sa tête. Wira se rappelle toujours qu'il y a quelqu'un d'important, quelqu'un qu'il doit voir. Il lui faut juste parfois du temps... Pour quelqu'un de si éloigné des normes humaines, cela pourrait être la preuve qu'il est effectivement capable d'émotion positive... Mais il est si possessif, si attaché que cela peut en devenir nocif. Dangereux pour ceux qui ont la grâce d'être dans son cercle d'intérêt, d'amour. Il n'aime pas partager et s'il peut néanmoins l'accepter, Wira supporte très mal d'être rejeté, d'être abandonné, trahi... La peur éclaterait et le chagrin avec. Pourtant, il fait tout bien, non ? Pourquoi le laisserait-on au profit de quelqu'un d'autre ? La peine, je n'en ai pas parlé... Mais il n'y en a pas besoin. Vous avez compris à quel point il pourrait être destructeur, même avec ceux qu'il dit aimer. Après tout, il n'est pas exempt d'émotion, et il peut ressentir avec violence... S'il est vraiment capable d'aimer, s'il ne fait pas effectivement l'amalgame ? C'est à vous de décider.

Cependant, nous nous emportons à ce sujet. Il est vrai qu'il est... Quelqu'un de difficile, un homme pareil à un enfant cruel et insouciant, difficile à prévoir. Particulier et instable, libre, faisant ce qu'il veut, presque avec égoïsme, plutôt sans se rendre compte du chaos qu'il pourrait semer. Il ment à son père, il n'écoute pas bien la hiérarchie, sauf quand ça l'intéresse... Fidèle, mais pas comme il le faudrait. Oui, il est difficilement contrôlable, mais on réussi à en faire à peu prés quelque chose, d'où sa présence parmi la police, et son rôle de "chien" de chasse. Une vraie petite arme, et l'être n'arrange clairement pas sa personnalité. Pour autant, nous ne devrions pas lui jeter autant la pierre, quand il tente d'être "convenable" pour satisfaire les autres. Il veut bien faire, et rendre fier son père, aussi il sait qu'il ne doit pas faire trop de bêtises. Et il lui cache des choses, juste pour ne pas perdre son amour. Mais il y a aussi les missions, ce pour quoi il est doué ; les traques et les exécutions. Les ordres lui permettent, il fait. Pour le reste, Wira tente de paraître "dans le moule", pour ne pas inquiéter. Les gens s'inquiètent et s'effraient si facilement !

Alors Wira sourit, beaucoup. Il a apprit que ça pouvait rassurer, de sourire. Il a donc pris l'habitude de le faire. Il sourit parfois tellement que ça dérange. Cependant, malgré le portrait que je viens de dresser, il faut le dire ; il ne parait pas forcément dangereux au premier coup d’œil. Certes, on pourrait se questionner de la présence d'une personne à l'allure aussi jeune dans la milice, à courir derrière des "criminelles". Son air "mignon" qui est accentué par sa corpulence pourrait en fourvoyer plus d'un et ses prothèses apitoyer. Et Wira sait parler, communiquer, avoir l'air gentil et presque normal quand on communique avec lui, avec un joli rire clair. Il n'est même pas si enfant que ça et il n'a pas toujours été instable. Avant, il était normal, avant, sa capacité émotionnelle n'était pas autant corrompu et les restes sont là, quelques part, soit endormi, soit aggravé. Peut être que l'équilibre peut se faire ? Ou peut être que le côtoyer amènera au danger. Cependant, il est bon de dire que certaines choses on subsisté à travers les âges, comme sa curiosité, son talent à s'émerveiller -même de choses à laquelle on ne devrait pas s'émerveiller- et il a un certain besoin... D'affection. Il est particulièrement tactile et joueur, enjoué et même agréable, malgré son indifférence, ses carences. Ses "bug".



Histoire
Les souvenirs sont là, s'effacent, s'étiolent et finissent par mourir définitivement. C'est parce que ma mémoire est défaillante, mais peut être aussi parce que je suis un peu trop vieux ? Je sais pas, les autres se souviennent bien, eux, même ceux qui sont plus âgés. Et il y en a pas beaucoup, des plus âgés. Il parait que ça arrive, que c'est un "symptôme", que je peux être chanceux de me rappeler... Oui. Ma mémoire n'est pas complètement détruite ; j'oublie peut être facilement les choses, mais certains souvenirs sont tenaces. Ça leur arrive de partir comme les autres, mais ils finissent toujours par revenir, pour que jamais j'oublie ce qui est important pour moi. ll y a les bons... Ceux dont je veux toujours me rappeler et avec quoi je suis content. Et il y avait les mauvais, dont je ne voulais pas... Mon souvenir le plus clair, mon tout premier, je crois, est l'un de ceux là.

...

Il fait sombre, et humide. On ne voit presque rien et tout tangue, tangue, tangue... C'est difficile de rester bien droit, mais de toute façon, personne ne peut tenir debout. Sauf moi, mais je peux pas. Trop mal au cœur, à force que tout bouge. Il fait froid, c'est étroit aussi et il y a cette femme qui me tient fort contre elle et qui me parle. Qui est-elle, déjà ? Je crois qu'elle est importante, pour moi... Oui... Elle l'est. J'étais accroché à elle, trop terrifié pour faire autre chose. J'ai peur, tout le monde a peur, et je comprend pas pourquoi on est tous là. Tous. On était pas tout seul. Il y avait des gens, beaucoup de gens. Ça râlait, ça pleurait, ça puait. Y en a qui sont assit, d'autres couchés. Depuis longtemps, même. Ils ont cessé de bouger, et ça pue. La femme, elle tente de me tenir à l'écart, elle ne veut pas que je sois en contact avec eux. Pourquoi... Est-ce qu'on était là, déjà ? J'arrive pas à me rappeler d'avant... Mais c'était pas un bon endroit non plus. J'ai souvent eu mal, là-bas. Partout dans les muscles, tout les jours. On a quitté cet endroit, avec la femme qui me tient contre elle. Elle me dit de dormir. J'y arrive pas. Trop de bruit, trop de remous... Je suis sûr que elle non plus, elle n'arrive pas à dormir. Pourquoi on est là ? La femme avait dit quoi, à ce sujet ? On va changer de maître. Qui était mon maître, avant ? Pourquoi j'en avais un ? Attend... Oui... Pour les gens comme nous, c'est normal d'en avoir un. C'est normal d'être vendu. Avant, on était dans un... Champ ? Avec beaucoup de gens comme nous. Je faisais parti des plus jeunes. Comme maintenant. Les plus faibles. La femme tente vraiment de me préserver. Elle vérifie souvent comment je vais et elle fait attention à la moindre de mes réactions. J'en ai presque pas, j'ai trop peur. Je destine le noir, je déteste l'eau qui s'infiltre. J'ai peur. Je veux partir, je veux respirer, je veux hurler. Mais ça fait déjà longtemps qu'on est là... J'ai l'impression que ça fait longtemps... Je veux respirer, je vais mourir. Je vais finir par mourir !

...

Je suis pas mort. Je suis encore vivant et la lumière fait mal aux yeux. On sort tous... Tous ? Certains sont traîné et laissé sur le côté, dans des petits tas de corps inanimés. C'est étrange, c'est comme des poupées de chiffons. La femme n'en fait pas parti, elle me tient la main avec toute la force dont elle peut faire preuve. Je la regarde. Elle est maigre, elle est fatigué. Je ne me souviens plus de son visage, mais je suis content qu'elle soit avec moi. J'ai un petit peu moins peur quand je la vois.

...

Il y a un trou entre ce passage et le moment où on est tous aligné. Il y en a beaucoup, des trous dans ma tête. On est propre, on est nettoyé. Ca fait du bien d'être propre et sec ! Les habits sont neufs aussi ! Il y a des hommes devant nous, qui sont beaucoup mieux habillés et ça me rend curieux. Oh ! Oui, je me rappelle ! Mon "ancien" maître était comme ça, lui aussi, avec une peau plus clair que la nôtre. Enfin, celle des autres. Je suis pas aussi brun. Juste un peu doré. Je crois que je ressemblais un peu à l'ancien maître, mais je suis pas sûr. Je crois qu'il allait voir les femmes, la nuit. Même le jour. Cette pensée m'effraie encore, me fait mal et je sais plus pourquoi. Il voyait aussi celle qui est toujours avec moi. Il m'aimait pas. Je me demande. Qui était mon père ? J'en avais un, au moins ? Les enfants ont besoin de parents, pour exister. Comme ceux que je vois, bien habillé eux aussi, tout clair de peau. Il faisait beau, ici, pourtant, pas comme l'endroit où on était avant, où il faisait souvent gris. Ils nous regardent, et je dois baisser les yeux. Je me rappelle que c'est pas bon de regarder, si on ne nous dit pas de le faire. La femme ne me lâche pas la main. Les autres parlent entre eux et puis, hop, on me tire. Je lâche la main et il y a des cris. La femme m'appelle... Je sais plus quel est le nom qu'elle utilise, mais elle tend les bras vers moi, pour me récupérer. Je fais pareil, j'ai peur, je ne veux pas ! Pourquoi, qu'est-ce que j'avais fait ? Je n'ai pas regardé dans les yeux, je me suis tenu bien droit. Je cris fort, je cris... Qui était elle déjà, pour moi ? On me frappe fort, pour me faire taire.

...

Je travail dans un champ, avec d'autres personnes comme moi. Mais je fais parti des plus petits ! On fait peu attention à moi, même si y en a certains qui m'aident à me relever, où qui tente rapidement de me permettre d'atteindre les plus hautes tiges... Les plantations, c'est comme un autre monde, où je suis caché dedans. J'aime bien. C'est fatiguant, je ne veux faire que dormir après, mais au moins, les gens me voient pas, ici. Mais je sais que je dois beaucoup travailler, parce qu'après, je dois suivre les autres à la fin. Et tout le monde montre ce qu'ils ont fait. Plus on fait, mieux c'est. On a moins de chance d'être puni. Je déteste être puni... J'ai mal au dos, après. Ça m'est arrivé plusieurs fois, parce que je peux pas faire autant que les autres et que parfois, je crois, l'homme a juste envie de frapper. Quand je suis plus dans les champs, tout le monde me voit. Je suis un peu différent des autres. J'aime pas ça, je déteste ça. Je déteste être seul avec lui, aussi. Il fait tellement mal que je recommence à pleurer. Pourtant, je veux plus crier. Ni parler. Travailler plus, ça me donne plus de chance de pas être puni. Aujourd'hui, j'espère que ça ira. J'espère qu'il sera satisfait.

...

Ça n'a pas marché.

...

J'ai faim, j'ai de plus en plus faim et je suis vraiment fatigué, aussi. L'un va avec l'autre, je sais... Parfois, je ne travail pas que dans les champs. On nous demande de faire pleins de choses et parfois, c'est plus prés des maisons, là où je peux souvent sentir des odeurs qui me font tordre le ventre. J'aimerais bien savoir ce qu'ils mangent. Ça doit être bon. Je sais que je ne pourrais pas en avoir. Ce soir, en m'endormant, je tenterais d'imaginer le goût que ça a.

...

Il s'est interposé. Je sais pas pourquoi il l'a fait. Je sais même plus pourquoi on a voulu me punir. Est-ce que, par la fatigue, j'ai cassé quelque chose ? Ou poussé par la faim, j'ai tenté de voler de quoi l'apaiser ? Je sais que j'allais être à nouveau frapper, qu'à nouveau, il y aurait du rouge et que les autres esclaves auraient tenté de me soigner un peu, comme d'habitude. Mais d'habitude, personne ne vient entre lui et moi, et se prendre le coup à ma place. Le fouet aurait du frapper mon dos nu, pas l'homme bien habillé. Personne s'y attendait, et même moi, j'ose me retourner pour voir ce qui se passe... C'est étrange, j'ai jamais vu celui qui surveillait et punissait aussi surpris. Et avoir peur. Il y a une autre personne, qui est avec celui qui a pris le coup et il est furieux. Je regarde ceux qui sont capables de tenir tête à celui qui fait du mal. Leurs visages, j'ai du mal à m'en rappeler, comme tout les visages, mais je me rappelle de l'attention qu'ils se portaient entre eux. Je peux que regarder sans rien dire, sans rien penser, sans bouger, même quand le blessé, l'homme qui m'a évité le fouet se tourne vers moi et me relève. Je le regarde et j'arrive à me demander ce qu'il attend de moi. Lui aussi, il me regarde en silence et il y a quelque chose qui le fait sourire, comme s'il avait enfin trouvé ce qu'il cherchait depuis longtemps. Je pense pas que ce soit, et pourtant, il me soulève dans ses bras. C'est... C'est gentil et c'est chaleureux. Ça me donne envie de pleurer, mais j'y arrive pas, je m'en empêche. Je serre juste les poings.

...

On m'a emmené loin des champs. On m'a lavé, on m'a donné des vêtements propres, bien plus jolis que ceux que j'avais... On m'a même brossé les cheveux avant de me donner un repas. Un vrai, je veux dire ! J'ai presque vomi quand je me suis mis à avaler trop vite, mais le monsieur qui m'a amené ici m'a aidé. Il est patient et gentil... Dorian, c'était son nom. Je sais pas pourquoi je suis là, ce qu'il attend de moi comme travail, mais j'arrive pas à me méfier. L'autre homme est encore là. Il est toujours avec Dorian. Il me fait un peu peur. Après tout, il a terrifié celui qui me faisait du mal... Mais il a ce regard, aussi. Comme si je devais pas être là... Il a raison. Je dois pas, je devais travailler. Ça me rend mal à l'aise et je tente de sortir de la table, sans rien dire. Je ne veux pas parler. Mais le gentil me retient, il me dit de rester là, pour manger. Mais j'ai plus faim. Quand il s'en rend compte, il dit que c'est pas grave, que je dois être fatigué. Je suis sûr qu'il a lancé un regard bizarre à l'autre monsieur. Le genre de regard qui dit qu'il faut parler.

...

Dorian est gentil, mais bizarre. Il a dit que je n'avais plus à travailler comme je l'avais fait. Qu'il va prendre soin de moi, et m'éduquer. Il m'a demandé si j'étais muet, j'ai fait non de la tête. Il a voulu savoir si je voulais lui demander quelque chose... J'aimerais savoir pourquoi il fait ça, oui. Mais je dis rien. Il m'a aussi dit de prendre mon temps, que c'était pas grave. Je l'aime bien, il ne me frappe pas. L'autre, c'est Kieran. Il est pas méchant, il frappe pas non plus, mais il me parle pas vraiment, ça fait un peu peur. Dorian l'a deviné. Il m'a dit de pas m'inquiéter pour ça aussi, qu'il était juste timide. Kieran a pas l'air timide.

...

Wira. C'est mon nom, maintenant. Comme j'ai pas donné le mien, Dorian m'en a choisi un. Ça veut dire... Je sais plus ce que ça veut dire, et je me rappelle plus du tout de mon premier prénom ! Est-ce que j'en avais un, avant ? Je préfère Wira, c'est plus joli, et ça fait plaisir à Dorian. J'ai envie de lui faire plaisir, moi aussi, parce que depuis qu'il est là, je mange et je dors bien. J'ai des cadeaux et avant, je n'en ai jamais eu... Et surtout, ses mains sont gentilles. Elles ne font pas mal. J'adore Dorian. Je pense que tout le monde l'adore. Kieran aussi doit l'adorer. Peut être qu'il veut pas que d'autres le fassent...

...

J'ai vu quelque chose de bizarre, cette nuit. J'ai le droit de me faufiler hors de ma -la mienne !- chambre même quand il fait sombre. Je prend toujours une bougie avec moi. Il fait pas trop obscure encore, et j'avais soif. En bas, il y avait Dorian et Kieran, enlacés. Je les ai déjà vu faire ça avant, ça me dérange pas. Mais il y avait quelque chose de différent... Kieran avait la tête dans le cou de Dorian. Il mordait. J'étais tout surpris, alors j'ai pas bougé. C'était un réflexe ; ne pas se faire remarquer ! J'ai eu peur, j'ai cru que j'avais vu quelque chose qu'il fallait pas voir, que j'allais être puni s'ils me remarquaient, et que toutes les choses biens dont j'ai eu droit aller disparaître... Ils m'ont vu. Mais ils m'ont pas frappé. Dorian a pensé que j'avais peur à cause de ce que j'avais vu, alors il m'a rassuré. Il m'a dit que ça allait, que ça arrivait souvent parce que Kieran était spécial et que je devais pas avoir peur de lui. Que si un jour, je me remettais à parler, je devais pas parler de ce que j'ai vu. Que c'était important. Je me demande pourquoi Kieran doit faire ça, c'est bizarre.

...

J'ai du mal à lire et à écrire, mais je fais de mon mieux. J'ai trop l'habitude de bouger partout. Dorian ne veut pas que je fasse ça, il dit que je suis trop jeune pour ça. C'est marrant, Dorian pense beaucoup de chose, mais c'était comme s'il était le seul à le penser. Kieran, lui, il dit rien. Je crois qu'il arrive pas à lui refuser quoique ce soit. Moi non plus, donc je fais de mon mieux.

...

Dorian a dit qu'il aimerait bien que je l’appelle père. Que ça serait bien que ce soit mes premiers mots, surtout que maintenant, j'ai son nom de famille. Il disait ça en riant, comme si c'était une blague... Quelques jours après, je l'ai fait. Je l'ai appelé père. Ma voix était toute bizarre, parce que je l'ai plus utilisé depuis longtemps. Mais ça fait... Un moment que je vis avec eux. Je sais pas qui est mon vrai père, mais je veux bien qu'il le soit. Il était heureux, il a couru le dire à Kieran. Est-ce que lui aussi, je dois l'appeler père ?

...

J'ai grandi et je parle bien, maintenant. J'ai appris à rire et à sourire. Dorian est fier de moi, ça me rend fier. Je suis heureux d’être avec lui, même avec Kieran ! Il a arrêté de me regarder étrangement depuis un moment, il s'est habitué à moi. Je me suis aussi habitué à lui, même s'il est différent de nous. Il change pas, il reste toujours "comme il est", et parfois, il fait un peu peur avec les autres. Parfois, il mord père pour boire son sang, mais il est toujours, toujours gentil avec lui. Et il est un peu gentil avec moi aussi. J'aime bien le voir avec mon père, parce qu'ils sont amusants tout les deux. Et ils s'aiment beaucoup. Je suis heureux, je suis bien avec eux. J'espère pouvoir rester pour toujours.

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J'ai l'habitude qu'ils partent. Parfois, ça prend un moment avant qu'ils ne reviennent. Ils font des choses importantes, ils tentent d'aider... Ou alors, Dorian aide et Kieran aide à aider, quelque chose comme ça... Je n'ai pas peur, quand ils s'en vont, parce que je sais qu'ils reviennent toujours, même quand ça prend du temps. Beaucoup plus de temps que d'habitude. Je n'ai pas peur.

...

Kieran est rentré, mais pas Dorian.

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Dorian ne rentrera plus. Dorian est mort ? Comment ? Je ne sais plus comment ! Ça remonte à loin, même un souvenir comme ça, je n'arrive plus à me rappeler... Est-ce que Kieran me l'a dit, au moins ? Kieran... Il est malheureux sans lui, je crois qu'il s'en veut. Je crois même qu'il veut mourir... Je le vois peu en ce moment, il se tient souvent à l'écart... Je comprend, moi aussi j'ai mal et j'ai envie de voir personne. Personne sauf Dorian, mais ça ne sera jamais possible. Après tout, les gens morts ne reviennent pas ! Je lui en veux presque d'être parti et de me faire pleurer à nouveau. Je m'étais promis de ne plus pleurer... Pourquoi a t-il brisé ma promesse ? Je me sens seul, ça fait déjà plusieurs jours, et j'ai le cœur écorché, à sang, vif et suintant de douleur. Peut être que j'aurais du m'en douter ; ma vie avait été si bien avec eux... Et les bonnes choses ont toujours une fin. J'aurais préféré une fin différente, où Dorian serait vivant. J'en viens même à me demander si c'est pas de ma faute ? Alors que j'étais pas là... J'en veux aussi à Kieran de l'avoir laissé mourir, mais je sais qu'il souffre, lui aussi. Il faut que je me reprenne... Mais pas tout de suite. J'ai encore besoin de rester prostré, et de ne plus bouger...

...

Ca fait un moment que j'ai pas vu Kieran. Il est dans la chambre, la plupart du temps. L'absence de mon père me fait toujours aussi mal, mais la sienne aussi... Il est vivant, mais tellement blessé ! J'aurais besoin de lui, même si à la base, il ne voulait pas de moi, même si lui m'aurait laissé dans les champs. Depuis le temps qu'on vit ensemble... Je comprend sa douleur, pourquoi ne veut il pas me voir ? Il ne veut plus ? J'ai envie de le voir, je ne veux pas être tout seul... J'ai peur, je suis triste, comme lui... J'ai peur. Est-ce qu'il va m'abandonner, maintenant qu'il n'y a plus Dorian ? Est-ce qu'il va se laisser mourir ? Je sais qu'il a besoin de sang, qu'il est spécial, et c'était toujours père qui lui donnait le sien... Je vois. Kieran prenait toujours soin de lui, mais pour vivre, il avait besoin de Dorian. Ils prenaient soin l'un de l'autre. Je dois à mon tour m'occuper de cet homme. Père voudrait que je le fasse. On était sa famille, tout les deux, et moi, je comprenais la douleur de son absence. Je comprenais Kieran, même s'il m'aime pas. Je vais tenter de trouver une solution pour pas qu'il meurt de faim. Ou de soif.

...

Quand je dis que quelqu'un est en danger, les gens viennent facilement. Je les amène à Kieran et j'attend qu'il fasse ce qu'il doit faire. Mais jamais il le fait. Je désespère, je sais plus quoi faire pour l'aider ! J'ai même proposé mon sang, mais ça n'a pas marché. Qu'est-ce que je dois ? Si ça continu, je vais être à nouveau seul...

...

Aujourd'hui, je suis allé voir Kieran. Aujourd'hui, je l'ai appelé père. Je ne l'ai jamais fait, parce qu'il ne l'a jamais demandé. Je n'ai jamais songé à essayer, une petite partie de moi craignant son rejet. Mais aujourd'hui, j'ai eu l'impression que je n'avais plus rien à perdre... Aujourd'hui, j'ai vu Kieran pleurer, après que j'ai dit ce mot. Je regrette, j'ai l'impression de l'avoir fait encore plus mal.

...

Ça va mieux. Kieran tente de remonter la pente. Je le vois un peu plus, il me regarde aussi... Je vais continuer à l'appeler père. Après tout, même si à la base, il avait jamais voulu de moi... C'est ce qu'il est pour moi.

...

Mon autre père me manque. Il nous manque à tout les deux. Je sais que je peux pas complètement le remplacer, mais je continu à faire attention à père. Mais j'ai peur d'un jour le laisser. J'ai peur de mourir. Dorian... Je sais que Kieran pouvait le transformer comme lui, qu'il le voulait. Je les ai déjà entendu en parler. Pourtant, Dorian a toujours refusé ! Je me demande pourquoi il voulait pas passer toute sa vie avec la personne qu'il aimait. J'y ai jamais vraiment songé, mais je crois qu'il faut que je reste avec ma famille. Kieran pouvait s'en occuper.

...

Je suis trop jeune. Il pense qu'on doit attendre encore que je sois plus âgé, moins un enfant. Il dit que c'est dangereux, que je pourrais en mourir, donc il faut du temps pour que mon corps soit un peu plus fort. Et que je réfléchisse. On va attendre.

...

J'ai mal, j'ai mal ! Ça me brûle, ça me tort dans tout les sens, j'ai l'impression de mourir ! Il avait dit que ça ferait mal, je pensais gérer. Je connais la douleur, mais ça... Faites que ça cesse !

...

La douleur... Elle est parti. Je suis... J'ai soif, et je suis fatigué. Père est là. Ça va, j'ai plus mal. Je ne ressens plus la peur, je ne ressens plus la douleur.
En fait, je ne ressens plus rien.

...

J'ai souvent soif. Père dit que ce n'est pas autant nécessaire, que je dois me contrôler. Il est patient avec moi, il m'aide. Il m'aide aussi avec mon nouveau pouvoir, pour éviter de penser trop fort dans la tête des gens, ou de voir les leurs. Il sait ce que je traverse, il ne va pas m'abandonner... Moi non plus, je ne vais pas l'abandonner. Je vais faire de mon mieux pour l'aider, surtout maintenant que je suis pareil, et que je peux encore plus le comprendre. Même si tout est différent, je crois. Je suis pas sûr, ma mémoire a quelques dératés. J'ai des absences, et je peux faire... Plus de chose qu'avant. C'est plus facile, j'ai moins de contraintes. Tout me parait plus simple, maintenant ! Les autres ne m’inquiètent plus, ne m’embarrassent plus, ne me font plus peur. Je suis plus fort, plus fort qu'eux... Je ne m’inquiète plus, il n'y a que père maintenant. Il m'a offert un cadeau, la chance d'être avec lui. Il me pardonne mes écarts, il m'éduque... Il sait que j'oublie vite, que je me concentre un peu moins bien, mais il est toujours là... Il me dit ce que je dois faire et ne doit pas faire. Il m'a pas abandonné. J'aime mon père, on va rester ensemble, maintenant. Mieux, je sais plus de chose ! Je sais qu'il est important, qu'on est pas tout seul non plus... Que ce qui m'a transformé vient d'un autre. Je crois qu'il n'était pas tout à fait d'accord pour moi, mais comme Kieran est important, il a pu faire changer d'avis l'autre... Je sais plus qui c'est. J'oublie les gens... Il ne faut pas que j'oublie Dorian, mon autre père. Il est trop important pour l'oublier.

...

Le temps qui passe est devenu un mystère pour moi. Avec ma mémoire un peu... Défaillante, j'ai du mal à en avoir une vraie conscience. Je me suis aussi rendu compte que je ne comprenais plus vraiment les gens autour de moi, et que je m'en moquais. Ca me dérange pas. En fait, je suis plutôt... Curieux. Et j'ai soif. Cependant, le temps qui avance veut dire que le monde change, et je suis toujours impressionné de ce qui est inventé. J'aide toujours père, je m'occupe de lui, et de ces affaires aussi. Il m'aide à comprendre le travail qu'il peut faire. Je me sens important et nécessaire, mais parfois, il me regarde un peu étrangement. Je me suis mis à sourire, beaucoup. Dorian le faisait souvent, et ça mettait les gens en confiance. Je dois mettre Kieran en confiance.

...

Le monde a beaucoup changé, et les autres aiment faire des expériences. Je m'intéresse pas vraiment aux cobayes, mais père oui, donc je sais qu'ils font des choses étranges, avec des animaux. Père a toujours été intelligent, il a envie de voir ça marcher. Je vais le suivre, comme toujours.

...

Il y a ce petit cobaye... Nathan. Difficile d'oublier ce nom. Père est vraiment intéressé par lui. Il le regarde souvent, veut l'approcher... Est-ce qu'il veut le transformer, lui aussi ? L'idée ne me charme pas du tout ; on était très bien tout les deux, pas besoin d'un nouveau frère !

...

Père m'a abandonné, comme l'autre. Ils le font tous, à chaque fois. Il m'a rien dit, il n'est simplement pas rentré. Je sais qu'il a disparu, qu'il s'est enfui... Des gens sont venus, et m'ont demandé à ce que je parle. J'ai dis la vérité ; je ne sais pas. J'étais tout seul, il était parti. Putain. J'avais tout fait pour lui, j'étais resté avec lui et il était juste parti. Pourquoi ? Pour un enfant ! C'était même pas pour en faire un "fils". J'avais bien compris sans vouloir l'accepter... Il l'aimait. Il voulait remplacer Dorian. Il l'avait fait et il m'avait délaissé, trahi. Il m'avait abandonné. Pourquoi ? Qu'est-ce que ce Nathan avait de plus que moi ? Tout le monde cherche Kieran, maintenant. Moi, on me surveille. Mais si je savais où était mon père, je serais déjà aller le retrouver ! C'est ce que je leur dis, aux autres. C'était de la faute de Kieran... Oh. Non. La faute de Nathan. C'était à cause de lui que père avait trahi les autre et m'avait laissé. C'était à cause de lui qu'il avait fait une erreur. Il avait corrompu mon père et moi, je n'avais pas su le protéger. Je regrette, j'aurais du être là, c'est mon travail de prendre soin de lui ! J'aurais du l'empêcher de faire ça, j'aurais du le voir venir... Mais pourquoi me l'a-t-il caché, pourquoi être parti sans rien dire ? Qu'est-ce qu'il avait de plus que moi... Je suis seul, je déteste être seul. On m'a abandonné. Je n'ai plus de raison de vivre. Ça fait mal, je déteste avoir mal. Père m'a abandonné. J'ai envie de tout détruire.

...

Ils l'ont retrouvé ! Ils l'ont retrouvé ! Mais je ne peux pas le voir. Cependant, ils m'ont dit qu'ils avaient Nathan, la "cause" de tout ça... Ils ont dit que si je faisais vraiment parti de leur "race", alors je devais m'en occuper... Honnêtement, je me moque d'eux, tous. Les autres Saigneurs ne sont rien pour moi. Mais Nathan a tout gâché. Je l'ai tué. J'ai tué la cause. J'espère que, maintenant que je l'ai éliminé, père pourra être libéré. Ça n'est pas de sa faute, et on peut pardonner une petite erreur, non ?

...

On a refusé à ce que je le vois. Ils ont dit qu'il ne pouvait plus être un Saigneur. J'ai demandé s'il était mort, on m'a dit que non. Ça va. J'ai demandé à le voir, on m'a dit non. J'ai insisté. J'allais faire mal, si ça continuait, vraiment. Alors, on a changé de discours. On m'a dit que si je faisais ce qu'il fallait, si je faisais ce qu'on me demanderait, alors je pourrais le revoir. Que tout irait bien pour Kieran si j'étais un "bon garçon". J'aime pas qu'ils disent ça, mais... Si je suis utile, j'aurais ce que je veux. J'ai accepté. J'ai été "rétrogradé puisque j'étais le second de mon père, mais ça m'importe peu. Je voulais pas m'occuper de quelqu'un d'autre de toute façon.

...

Parfois, je tue des gens. Parfois, je dois juste les neutraliser et parfois, j'inverse les choses, les ordres. Tuer est facile, de plus en plus. C'est difficile de pas tuer ; le sang me rend un peu... Excité. C'est ce qu'on me demande de faire et je le fais, depuis un moment, je crois. Pour... C'était pour quoi, déjà ? Je ne me souviens plus très bien, mais c'était très, très important.

...

Manchester. On m'a envoyé là-bas, comme certains des Saigneurs. Il y a pleins de choses qui se sont passé avec les laboratoires, mais ça reprend ici, dans cette ville. On m'a demandé de rejoindre la police... Je crois que c'est comme un test. Pour voir si je pouvais vivre parmi d'autres gens. Pff, c'est facile, il suffit de sourire ! Dans la ville, il y a des cobayes, et des cauchemars. Genre, pas des rêves, des "monstres" plutôt. On m'a dit que eux, ce serait certainement mes "missions" spéciales. Je dois obéir au Shérif, mais avant tout à Biohazard. D'accord. Ça me va, ce sont des choses que je sais faire. Et je dois le faire, je dois bien faire les choses pour... Pour quoi déjà ? Pas grave, je m'en rappellerais sûrement. J'ai sommeil.

...

Kieran ? Oui, Kieran, je me rappelle de lui ! Il est important pour moi, je dois le revoir ! Mais... Où est-il ? C'est vrai, je dois travailler, je dois me rendre utile. Je demanderais à Biohazard et aux Saigneurs au dessus de moi des informations. J'ai du assez travailler pour pouvoir le voir, non ?

...

Cauchemars, descendants des fugitifs de Chimera. Je m'en souviens un peu... Je sais beaucoup de chose, vu que j'étais proche des "grands". Il faut juste que je m'en souvienne. Ça me rappelle... Nathan. Ça me gêne pas de les tuer si on me le demande... D'ailleurs, c'était ça, ma mission d'aujourd'hui. Biohazard tente d'attirer les Cauchemars dans la ville, pour les "étudier". Et parfois, il les modifie. Ils ont voulu le faire si l'un d'eux, mais le type à très mal supporter et maintenant, on se retrouve avec un ours fou furieux ! Enfin... J'ai peut être pas bonne mémoire, mais je crois que les ours sont pas censés être aussi gros ! Ma mission, le tuer, car trop dangereux. On m'avait pas dit qu'il serait aussi gros. Et aussi fort. La douleur finit partout, entre ses crocs, ses griffes... J'ai cette idée folle qui me traverse, né d'une étrange lucidité à travers mon indifférence. Et si on m'avait envoyé mourir ? Et si depuis le début, on me manipulait, on se servait de moi ? Cette pensée, je l'ai oublié. Je dois me défendre, où je vais mourir. En fait, je crois que c'est le cas. Entre ses pattes, je finis brisé, j'arrive plus à bouger, et j'ai tellement mal, que je me demande encore si je ressens la douleur. Étrange à dire, pas vrai ? Mon bras ne répond pas, je n'arrive plus à me relever et il y a du rouge partout par terre et sur moi. Son museau est trop proche de mon torse. Il va me dévorer. Du sang partout. Non. J'ai une mission et je dois la finir, c'est important. Mon sursaut le surprend assez et me donne accès à sa gorge... Je crois que je ne suis pas censé boire le sang des Cauchemars, mais je m'en fiche. Je lui déchire la gorge, je continu, encore et encore. Son cri est partout dans mes oreilles, et j'aperçois sa patte, son énorme patte se lever en même temps qu'il s'arrache de mes crocs. Elle s'approche de mon visage. Mes yeux. Puis, plus rien.

...


Je pense que je vais mourir aujourd'hui. Je n'arrive plus à bouger, je ne vois plus, non plus. J'entend quelque chose de rauque, de presque trop discret... Ma respiration ? Oui. Mes derniers souffles de vie... Je pense que j'ai tué l'ours, ou alors il s'est enfui. Mon corps tente de lutter, une partie de mon esprit aussi. En fait, l'instinct de survie est là, hurlant à tout les niveaux... Puis il y a "moi" au milieu de tout ça, dans un étrange chagrin. Qui a dit qu'on revoit toute notre vie quand on meurt ? Il n'y avait rien, qui me venait, juste la constatation que c'était fini... Même quand j'entend du bruit, que je sens de la chaleur et que mes mâchoires bougent, faibles, tentant avec désespoir de mordre quelque chose, d'avoir du sang quand j'ai conscience de la présence de quelqu'un, prés de moi. Pour quoi je faisais tout ça, déjà ? Puis... Ça brûle, ça irradie et ce qui m'empêche de me débattre, c'est bien mon corps en charpie. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qu'il fait ? Ça fait mal...

...

Je suis pas mort. C'est bizarre. Je suis pas mort, même si je peux pas bouger. Je ne vois plus rien non plus, et ça me terrifie. J'ai des crises d'angoisse, de panique, donc la plupart du temps, on me garde en sommeil. Je crois... Qu'ils ont prévu des choses. Je crois que mon calvaire va continuer.

...

Ça a été long, je suis passé par plusieurs étapes -et plusieurs crises-, mais je crois que je suis considéré comme viable. En gros, j'ai été cassé, et on m'a rafistolé. Voilà. Du métal par-ci, par-là, on vérifie qu'il n'y ai pas de rejet... Des rouages pour remplacer la chair. Je me souviens vaguement que j'avais eu pas mal de douleur avec tout ça, mais j'étais souvent drogué aux médicaments. J'étais plus calme dés l'instant où j'ai eu de nouveaux yeux. Des yeux différents. Je suis sûr que j'avais pas cette couleur avant... Et ils avaient pas l'air "humain". Trop sensibles à la lumière aussi mais au moins, je voyais. Ils vont faire des lunettes spéciales pour m'aider à voir le jour. Prototype. C'était ce que j'étais, plus ou moins. J'ai un nouveau bras, mais ce qui me permet d'être autonome, c'est la colonne rajoutée dans mon dos, comme un énorme scolopendre. Quant à la... Queue ? Une nouvelle arme. Mh. J'allais devoir m'habituer. Ils vont me garder un moment, le temps que je m'entraîne.

...

J'ai pu retourner travailler. Les gens me regardent bizarrement. Oh, ils s'habitueront. Oh, et c'est plus le même shérif, je crois. Je me demande ce qu'il y a sous son cache-œil ?

...

Le dôme est fermé. Les gens sont inquiets. Je me demande... Où est père ? A l'extérieur ? Je me demande comment il va, j'imagine que je le reverrais pas immédiatement... Pour l'instant, on doit surveiller. les gens font des conneries, quand ils sont enfermés, et il faut veiller à ce que tout aille bien. Il y a de la restriction alimentaire aussi... Pas grave, avec l'hôpital, on peut avoir du sang. Ça n'est pas un problème, pour nous. Le dôme s'ouvrira sûrement de nouveau... Je sais pas pourquoi il s'est fermé, d'ailleurs et je me demande même si quelqu'un le sait. Je suis curieux, je m'imagine pleins de choses catastrophiques. On saura peut être un jour. Je dois aller travailler.

...

Ça s'est rouvert. Il y a des survivants aussi mais à part ça, il n'y a plus grand chose. Qu'est-ce qu'on fait des personnes à l'extérieur ? Doit on les tuer ?

...

Les choses ont encore changé. On a pris le pouvoir... Enfin, les Saigneurs l'ont. On a plus trop à se cacher, du coup. Et la police, les "Cerbères" ont aussi tout pouvoir. J'aime bien, ça me permet de traîner le soir... Et de pouvoir faire ce que je veux sans trop rendre de compte ! Sauf au Shérif, peut être. Et à Biohazard. Ou aux autres Immortels. Avec tout ça, je sais plus pour qui exactement je travaille. Je reçois toujours des ordres, parfois, quand il y a des "problèmes". J'ai appris à contrôler mes "particularités", et à force, ma capacité que j'ai en tant que Saigneur, j'ai appris à l'utiliser à mon avantage, quand j'y songe. Je ne m'inquiète pas de "l'apocalypse", des survivants, des cauchemars, des cobayes... Même des gens de mon espèce. Je sais que j'ai des choses à faire et que je dois le faire. c'est important.

...

Pourquoi est-ce important, déjà ?

Murphy
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